I. U s’ouvrit le 7 octobre. (Carte, II
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1189. Comment le seigneur de Scalles rendy la tour de Londres, et de sa mort. XXVII.
Or doncques, pour retourner à la matière brisee, quant les contes de la Marche et de Warewic passèrent parmy Londres pour aller combattre l’armee du roy Henry à Nortlianton, ilz laissèrent, comme dit est dessus, audit lieu de Londres le conte de Salseberv
avec les Londriens pour assegier dedens la tour du dit Londres le seigneur de Scalles et ceulz quy s’i tenoient avec lui ; lesquelz tindrentla dite tour trois sepmaines aprez le partement des dis seigneurs, comme n’a gueres est touchié ; et y eut de moult grandes escarmuches faites par mer et par terre, et eust eu ancores plus, se ne feussent les dames qui laians estoient, lesqueles, toutes ensamble, vindrent pryer au seigneur de Scalles que, pour l’amour de Dieu, il voulsist prendre apointement et acorcl avec le conte de Salsbery, et que impossible luy estoit longuement soy tenir, et à elles povoir plus endurer la paour et povreté qu’elles avoient. Alors le seigneur de Scalles, quy tousjours avoit esté ung vaillant chevallier et qui loyaulment avoit servy le roy et la couronne d’Engleterre, eut pitié et regard que les dames lui disoient vérité ; car il veoit bien que vivres leur failloient et que il ne luy estoit aparant d’avoir secours, avec ce cpie le roy avoit perdu la battaille, si estoient mors ceulz en quy ilz se fy oient. Pourquoy il appela ses gens à part, leur demandant quel chose estoit mieulz à faire. Sy conclurrent, tous ensamble, de trouver apointement avec les dis seigneurs.
Et adont, par ung mardy matin, demandèrent au guet quy se tenoit devant le boliewert s’il n’v avoit
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nul gentilhomme : il leur fut dit que oyl, encquerant quel chose ilz demandoient. Et ceulx de dedens respondirent qu’ilz voulloient parler àeulz, à quoy ilz s’acorderent : et ainsi se devisèrent, disant ceulz de dedens qu’ilz avoient grant désir de practiquier quelque bon apointement avec le conte de Salsbery, pryant qu’on luy volsist ce faire scavoir de par le seigneur de Scalles, comme on fist; car, incontinent, party de sa garde ung escuyer, lequel alla dire au conte ce qu’il avoit oy du guet du chastel. Sy envoya le conte ung noble homme de son hostel pour scavoir quel chose le dit seigneur de Scalles voulloit dire ; et, lui venu devant la tour, demanda quel apointement ilz voulloient avoir. Sachant, doncques, le seigneur de Scalles [que le conte de Salsbery] avoit envoie vers eulz, il assambla tous ceulz de la place pour scavoir quel apointement ilz demanderoient, ausquelz ainsi assamblez il remonstra le cas; et ilz conclurrent qu’ilz demanderoient de partir corpz et biens saulz , comme ilz le baillèrent par escript.
Quant le gentil homme que le conte de Salsbery avoit illec envoie pour oyr la parolle du seigneur de Scalles eut la demande par escript , il le porta au conte son maistre, le Mayeur de Londres présent. Si se misrent sur ce les seigneurs en conseil, où ilz conclurrent que cel acord ne se povoit pas faire general; car il avoit laians gens de plusieurs fâchons, lesquelz s’estoient bouttez dedens, comme Lombars et autres, et que, par ceste facbon ne se povoit faire. Et, quant ilz eurent tout bien regardé, dirent au dit gentil homme qu’il retournast devers le seigneur de Scalles luy dire que, s’il voulloit partir, luy et les compai-
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gnons s’en yroient en leurs robes, et tous les Lornbars demourroient prisonniers; mais le seigneur de Scalles serroit mis es mains des seigneurs de Londres, tant qu’il eust parlé auz contes de la Marche et de Warewic, et les dames serroient mises auz Freres. Le seigneur de Scalles aiant oy ce que le conte et les Londriens lui mandoient, il ne sceut que respondre, voiant mesmes tous ses gens recreans et non voullans plus garder ne deffendre la tour ; pourquoy il fut constraint de prendre l’apointement tel qu’on lui voult baillier : mais s’il eust eu vivres et gens encoragiés d’eulz deffendre, il ne l’eust pas sitost rendue.
Quant, doncques, le seigneur de Scalles se fut conclu de prendre cest apointement, il s’en alla devers les dames ausqueles il raconta comment il avoit besongnie; dont elles furent moult esbahies, pour ce, mesmement, qu elles n’avoient ancores eu nulles nouvelles de leurs maris. Et quant ce vint lendemain, que la rendition de la place se devoit faire, le conte de Salsebery vint pour faire partir ceulz de la tour; sy vindrent [lui et les aultres] jusques à la porte, et là demandèrent les dames pour ycelles faire issir. Et quant le conte fut sceu là estre par le seigneur de Scalles, il lui amena illec les dites dames, si les luy présenta : et lors fut illec relaté tout l’apointement ou acord, et adont prya le seigneur de Scalles au conte qu’il voulsist avoir pitié des marchans estant layans; à quov respondy le seigneur d’Ondelay que, quant le conte de la Marche serroit venu, qu’on -en feroit bien. Et par ainsi furent mis hors tous les gens de guerre, exceptez vi, qui furent gardez jusques à la venue des princes dessus dis; et le seigneur de Scalles fust mis
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en une barge pour mener à Westmonstre. Si advint, ainsi comme ils alloient nagant parmy la riviere, qu’il y eut de grosses parolles entre le dit seigneur de Scalles et les marinniers, en tant qu’ilz lemurdrireiitlà entr’eulz, dont il y eut grant bruit ; et en furent les seigneurs tous desplaisans et courouchiés. Si fut son corpz porté à Sudewest1, en une eglise appelée Sainte Marie au Roy, sur le bort de laThamise, où il fut deux jours ancliois que il feust enterrez. Puis, quant les princes furent retournez de Northanton, on fist le service du seigneur de Scalles, auquel eut moult de nobles gens. Or renterrons en nostre matière, ycelle poursievant en fourme decente.
1190. Cy fait mention du retour que fist le conte de Warewic à Callaix. XXVIII.
Or advint, doncques, aprez l’obsequedu seigneur de Scalles, [que] les princes dessus dis, à scavoir les contes de la Marche et de Warewic, aians fait leurs ordonnances touchant le gouvernement du roy et aussi de evocquier au Parlement general tous les nobles , le conte de Warewic, qui moult desiroit de retourner à Callaix pour veoir sa femme, sa mere, et aussi ceulz de la ville, avec Pestât d’ ycelle, nonobstant qu’il pensast à brief retourner pour estre au dit Parlement, il prinst congié du roy et des seigneurs, et exploita telement, aprez le congié prins, qu’il vint a Zand vieil, ou il monta en mer. Si eut vent a souhait tant qu il fut arrivé au havre de Callaix , où il fut grandement recheu des seigneurs de la ville, bourgois et mardi ans*
1 , Southwark,
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et aussi des sauldoyers , tous lesquelz il remercya très benignement de ce que si bien avoient gardé la -ville, sa mere et sa femme alencontre de ses annemis. Puis, apres les remercyemens , lendemain assambla tous ceulz de Callaix et leur remonstra comment ilz avoient relevé le royaulme et remys le roy en bon estât, à l’ayde de ceulz du pays; dont ceulz de Callaix le remercyerent, disant qu’ilz estaient dutout à luy. Aprez lesqueles choses ilz parlèrent ensamble du duc de Sombresset, qui ancores estoit, de ceste heure, à Guines ; sur quoy ilz tindrent grant conseil de la maniéré comment ilz s’en pourraient chevir ; car ilz doubtoient que, se le conte de Warewic leslaissoit et retournoit en Engleterre, le dit duc de Sombresset, avant son retour, ne leur feist de grans dommages et destourbiers sur le pays.
1191. De la paix d’entre le duc de Sombresset et le conte de Warewic; et du passage du dit conte en Engleterre. XXIX.
Quant le duc de Sombresset, quy estoit à Guynes, fut adverty que le conte de Warewic estoit retourné à Callaix, scachant le vray delà battaillede Northanton et aussi comment le roy Henry estoit au gouvernement des dis contes de la Marche et de Warewic, il appela Andrieu Trolot et autres de son conseil pour regarder comment ilz se porroient conduire, pourveu qu’ilz estaient fourclos de tout secours venant d’ Engleterre : lesquelz, quant ilz eurent oy parler le duc et sur ce un peu pensé, ils conclurrent ensamble, d’un commun acord, qu’il serrait bon d’envoier devers le conte de Warewic et tant faire devers lui qu’ilz feussent en la
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grâce du roy et de soy mesmes. Si conclurrentd’envoier à Callaix de par le duc, pour Taire celle ambaxade devers le conte, le connestable de Guy nés, quy y alla et parla premièrement au seigneur de Strop, adfin que il feist son moyen de parler au conte.
Quant le dist connestable fut venu à Callaix , ainsi que ordonné luy estoit, il dist auz seigneurs que le duc de Sombresset l’envoioit illec pour requérir d’apointement au conte de Warewic ; lequel conte, quant il en fut adverty, manda venir le connestable devant lui, et là lui fist relater la cause de sa venue : et il dist en somme au conte que le duc de Sombresset parleroit voullentiers à luy. A quoy le conte respondy qu’il en estoit bien content et que seurement povoit venir à Saint Pierre, auquel lieu il se trouveroit audevant de lui. Aprez laquele responce, le connestable s’en retourna à Guynes faire son raport au duc de Sombresset touchant ce qu’il avoit oy du dit conte de Warewic. Laquele chose oye , le duc assambla tous ses gens , si parlèrent ensamble ; et quant ilz eurent à tout bien regardé, ilz conclurrent qu’il n’y auroit que bien. Pourquoy, tantost, le duc se mist en point : si emmena avec lui le seigneur de Ros1 et x ou xn gentilz hommes. Si se tyra vers Saint Pierre, de lez Callaix, et envoia au conte de Warewic lui nunchier sa venue , lequel se party de Callaix et alla audevant de lui; mais il ne sceut sitost venir à Saint Pierre qu’il n’y trouvast le duc ja arrivé. Si s’entrefirent grant chiere et honneurs à l’aborder , puis se
1. Thomas, lord Ross de Hamlake. Mort à Newcastle, dans la première année (1-461-1462) du règne d’Édouard IV. (Dugdajje, I, 553.)
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devisèrent ensamble de plusieurs choses, bien l’espace d’une bonne heure, sans plus eulz deux, et telement que le duc de Sombresset promist au conte que jamais ne se armeroit contre luy ne les siens ; et sur ce point se départirent l’un de l’autre. Le duc s’en retourna à Guines, et le conte à Callaix. Et là il raconta au maistre de l’Estaple et auz seigneurs, bourgois et marchans de la ville, l’apointement qu’ilz avoient prins ensamble, luy et le duc de Sombresset, dont tous ceulz de Callaix furent moult joyeulz. Et lors leur dist le conte qu’il s’en povoit bien aller puisqu’il les laissoit en bonne paix amoureuse , leur pryant que, d’ores en avant, se gouvernaissent doulcement avec leurs voisins; car il le convenoit passer en Engleterre pour estre au jour du Parlement illec assigné. Si prinst atant congié de ceulz de Callaix, en les remerciant de la bonne compaignie que fait luy avoient. Aprez le congié prins par le conte de Warewic à tous ceulz de Callaix, il vint au port et monta sur sa navire qu’il trouva preste, et singla tant au vent, qui estoit bon, que en peu d’heure il vint descendre à Zandvich , où il fut fort festoié des seigneurs et du peuple qui moult l’amoient. Si emmena avec luy le seigneur de la Rivière et son filz *, qui avoient esté bonne espace prisonniers à Callaix.
Le conte de Warewic, aprez qu’il eut esté bien festoiez à Zandvich, il prinst congié de ceulz de la ville et tyra son chemin vers Londres. Si s’en vint descendre à une place qui s’appele Grinwic % séant