Greenwich, dans le comté de Kent, à 3 milles de Londres
[1460] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xxix-xxx.
sur la Thamise, à mi milles de Londres, où estoit le roy, adcompaignié de très grant triumpbe de seigneurs, dames et damoiselles, quy tous ensamble festoierent et recbeurent le conte et sa compaignie moult bonnourablement ; et illec présenta le conte sa mere et sa femme à la personne du roy, en luy remonstrant les grans tors et injures que l’en avoit dit d’elles en plusieurs lieux parmy le roiaulme ; lui présentant aussi le seigneur de Rivières et son filz, ausquelz fut illec tout pardonné. Puis, quant le conte de Warewic eut illec esté aulcuns jours bien festoié du roy et des seigneurs et dames, il s’en alla à Londres. Si fut grans merveilles des seigneurs et du peuple quy vindrent audevant de luy bors de la ville, et mesmement les en fans portoient grans estandars et aboient chantant comme s’il eust esté dieu.
Ainsi, comme vous oez, à grant sollempnité et joye fut le conte de Warewic recbeu en la cité de Londres, et menez ou conduis jusques à son logis, ouquel lui descendu, vindrent tantost devers luy le Maisre de Londres, les bourgois et marchans pour le remercyer des grans biens que ja piecha avoit fais et pourcliassiés au pays, et ancores faisoit journellement. Si lui presentoient de grans dons, et auz dames pareillement de beaux joiaulz. Sy en fist on grant feste parmy la ville.
1192. Comment le conte de Warewic se party de Londres pour aller devers le duc d’Yorc : et de ce qui luy advint en chemin. XXX.
Quant ce vint lendemain que le dit conte de Warewic fut arrivé à Londres, il se tyra devers le roy pour
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prendre congié; car il voulloit aller en son pays, où passé longtemps n’avoit esté, et aussi se trouver audevant du duc d’Yorc quy venoit d’Yrlande. Puis, quant il fut venu devers le roy, il parla au conte de la Marche et au conte de Salsebery, son pere, et au conte de Fauquembergue, son oncle, lesquelz lui pryerent qu'il retournast le plutost qu’il porroit, et mesmes le roy lui commanda, pour ce que le Parlement se devoit briefment tenir. Et le conte de Warewic aussi recommanda fort la personne du roy auz seigneurs dessus nommez.
Ce fait, le conte s’en retourna en son liostel à Londres, commandant à ses gens que chascun se preparast pour le lendemain partir, laquele chose ilz firent. Si chargèrent baguages et sommiers ; puis montèrent les dames sur les haquenees. Si se partirent le conte de Warewic et son estât, et tant chevaulcherent qu’ilz arrivèrent en leur pays, où le conte et les siens furent grandement festoiez. Et luy là venu, les seigneurs de la contrée et les dames se complaindirent à luy des grans maulz et dommages qu’ilz avoient recheus par le duc de Sombresset quy les avoit pilliés et robez, et destruit leurs villes et chasteaulz, mesmement, avoit prins aulcunes places du dit conte; mais, non obstant quelzconcques maulz que ilz eussent souffers , ilz loerent Nostre Seigneur de sa joieuse venue.
Adont, le conte de Warewic et madame sa femme s’en alerenl esbattre de place en autre, tant qu’ilz vindrent en ung pelrinage qui s’apele Walsinghuem h
1. Walsingliam, dans le comté de Norfolk, à 113 milles de Londres. L’image de Notre-Dame de Walsingliam était alors très-vénérée, et visi-
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Et lors fut de ce adverty le conte de Norfhumbelland1,
dont il fut moult joyeulz, non pas pour bien qu’il luy vouisist ; mais tantost il fist ung grant amas de gens d’armes et de trait, tant qu’il assambla bien xm hommes, pour ce qu’il avoit esté adverty que le dit de Warewic estoit venu à petite compaignie. Si lui sambloit que legierement il le prenderoit mort ou vif; mais le conte de Warewic en fut adcertené de bonne heure; pourquoy il se retraist de là, et s’en alla en une ville nommee [Lislefil *], et par ainsi ne abordèrent point ensemble. Et, d’autre part, le seigneur de Willebic3 s’apensa de luy mesmes que bonnement il n’estoit licite encommenchier guerre, pour ce que le jour du Parlement aprochoit, où tous les seigneurs d’Engleterre estoient adjournez estre en personne, sicque, adfin qu’on ne deistque par luy la guerre feust recommencié, il s’en déporta ceste fois.
1193. Comment le conte de Warewic vint devers le duc d’Yorc; et du conseil que ceulz de Galles donnèrent au dit duc. XXXI.
Or advint [que], durant le tempz que le conte de Warewic sejournoit à Lislefil, lui vindrent nouvelles que le duc d’Yorc s’estoit party d’Yrlancle et venus à Bristo4
tée même par les étrangers. (Moule, I, 236.) Elle était d’un travail merveilleux, et fut brûlée, en 1538, à Chelsea, où on l’avait transportée. ( Fenns , original letters , I, 22.)