Tewkesbur
avoir leur pardon : et puis, tantost aprez, touttes lea tiUm du pais se reoûrent en Tobeissance du dit roy Edouart. En ce point fut le roy acertené que le bastard de Falguergoe *, avec aulcuns souldoien de Galaix, ayoient traicteuaement contre luy conspiré et qu^ilz avoient grant poeuple assamblé au pais Couvent ^ pour la querelle du roy Henry, et tellement qu'ilz vindrent devant Londres le x* jour de may, disant qu'ils volloient avoir le roy Henry hors de la tour de Londres, et qu'ilz iroient quérir le roy Edouart, où qu'il fut, pour le combatre, car ilz estoient bien xviii mille combatans. Le roy 9 adverti de ces choses, envoya hastivement une partie de son ost pour conforter ceulx de Londres ; et il, de sa pefionne, se partit de Gonventry deux jours après, c'est asscavoir le xv' jour de may, pour aller à Londres. Lesquelz ennemis, advertîs de sa venue, repassèrent la rivière de Thamise et s'en allèrent assaillir la cité de Londres, tirans flesches dedans la ville et coups de canons, et boutterent le feu en anlcunes maisons, sur le pont de Londres, et en deux portes tout à une fois. Mais le duc d'Excestre et le conte de Rivières, et aulcuns aultres serviteurs et amys du roy, à l'ayde .des citoyens, issirent sur eulx et les assaillirent si radement qu'ilz en occirent plus de deux mille, et les aultres mirent en fiiitte. Ceulx cy se retrairent es montaignes à quatre lieues de Londres, en grant nombre, et là se tindrent. trois ou quatre jours. Mais quant ils sceurent que le roy venoit vers eulx, ilz s'enfuirent et tirèrent vers la mer. Aprez toultes ces choses, le roy entra en sa cité de Londres le xxvi* jour de may, grandement acompaignié des seigneurs et gentilz honmies de son royalme, et de leur gens ; si qu'ilz estoient bien trente mille hommes à cheval. Et, tost aprez, luy furent amenez devers la royne Marguerite et pluseurs aultres du
i. Faoconberg.
S. Keat.
292 GRONICQU£S D'ENGUTEERE.
parti du prince de Galles, son filz, jà mort, comme dit est. Qu'il en fist, je ne scay encores. Mais le roj Henry, Ion estant en la tour de Londres, touttes ces choses ouyes, en print si grand courroux et si grand desplaisir qu*il en mourut le XXIII* jour de may .
Ou dit an se partit de I^ndres le roy Edoaart, à grosse armée, pour tirer aprez ses ennemis, lesquelz se estoient deppartis en plusieurs parties, excepté le bastard de Falquembergue, lequel, à grant nombre de mariniers, estoit entré en la yille de Zandvich, là où il avoit pour luy, et dont il estoit chef, quarante deux navires. Uz envoyèrent devers le roy pour eslre remis en sa grâce et pour avoir appoinctement avec luy, lequel ilz obtindrent de luy : et, ce Aict, ilz remirent en la main du roy laditte ville de Zandvidi et tous leurs navires, le xxvi* jour du dit mois. Âinsy doncqnes recouvra son royalme d'Eogleterre le roy Edouart, quart de ce nom, en moins de trois mois, par le port, faveur et ayde du duc de Bourgongne, son beau frère, moiennant sa vaillance et hardie entreprise, et, tout premièrement, par la grâce et bonté de Dieu, qui donne la victoire à qui qu'il luy plaist, laquelle victoire est tournée à grant confusion à ses hayneurs et ennemis.