‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 110 sur 146 · CHAPITRE XLIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIY

Comment le doc Gharlct fist ardoir la Tille de Nelle, et paît il prinit la Tille de Roye par compotitiony pois t'en alla derant Beauyais.

En Tan mil quatre cens lxxii, mist le duc Charles de Boui^ongne, après les trefres rompues d'entre le roy de France et luy, une grosse armée sus, et s*en alla vers Nelle, en Vermendois, laquelle il envoya sommer par ung herault ; laquel herault ceulx de la ville tuèrent d'une arbalestre, et incontinent fut ladite ville assaillie et prinse, non obstant leur deflence, et tous ceulx de leens occis, réservé aulcuns, comme gens d'église, femmes et enfans. Et, avec ce, fut la ville toutte arse et démolie totallement. De la ville de Nelle, s'en alla assiéger Roye, là où il y avoit pluseurs de par le Foy, entre lesquelz estoit le seigneur de Reubempré*. Et, aprez pluseurs escarmuches et beaulx fais de guerre fais d'un costé et d'aultre, lesditz François se rendirent, sauf leurs corps seullement, sinon que chacun chevalier eut ung petit cheval, pour aller dessus là où bon leur sembla. De Roye, incontinent que le duc et ses gens se furent ung petit raffireschis, ilz se tirèrent hastivement devant Beauvais; mais les François vindrent oudit lieu, à grosse armée et puissante, et, à l'approce que le duc y fist pour assiéger ladicte ville cuydant le prendre d'assault , il y eust moult de notables fais d'armes, là où il y morut pluseurs gens de bien. Et y fut, le duc et son armée, une grand espace à pou de son proffit ; car les François y arrivoient journellement, que bien y povoient entrer, non obstant la puissance du duc, par Taultre costé de la rivière, vers France. Quant le

1. Charles, seigneur de Rubempré et d'Aothies, frère aine de Jean de Rnbempré, seigneur de Rièrres, nommé capitaine de la ?iUe d'Amiens en 1404. (La MoRuiBB, 61.) Fait chevalier, en 1477, par le seigneur de Chimay. (Moumrr. II, 117.)

294 CRONIGQUES D'£NGLETERRE.

duc veit qu*il ne poToit riens gaigner devant Beauvais, il se paitist à toutte son armée, et 8*en vint à Poix : là, fist bmller la ville et le chasteau ; de là vint à Oysemont, qu'il fist bruller etpluseurs aul très villages. Et, ung petit devant, ung chevalier de la partie du duc, nommé messire Olivier de la Marche *, bourguignon, lequel avoit charge de cinquante lances, qui se tenoit de par le duc en garnison à Abbeville, s'en alla à Gamaches et prinst le chastel d'assault, lequel il fist bruller et la ville, laquelle ville appartenoit à Joachim Rohault^, lors mareschal de France, qui s'i estoit tenu depuis le commencement de la guerre; mais pour lors il s*en estoit allé. Quant le duc partit d'Oisëmont, il traversa le pais de Vjrmeu, lequel fut pillié totallement et mis en proje : et quant oeulx de Sainct Waleri, dont estoit cappitaine Robinet du Quesnoy', furent advertis de la venue du duc, ilz se partirent de haulte heure. Et lors ung chevallier, nommé messire Baur duin de Lannoy *, estant à Abbeville, en garnison, adverti

i . Olivier de la Marche, cooieiller, chambellan et capitaine des gardes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, depuis premier maître d*hôCel de Parchiduc d'Autriche, fits de Philippe de La Marche et de Jeanne Bouton, marié à Isabeau Machefrin. Il testa k Bruxelles, le 8 octobre 1501 . (Bihl. imp,^ Cabinet des titres). C'est le chroniqueur, c Olivier de La Mai^ che, dit Molinet (I, 55), très preux et hardi chevalier de la nation de Bourgogne, homme de petite stature, mais de très grande prudence, cler en vertu, riche en éloquence et de vif pénétrant entendement. >

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