Le 14 juillet U75. (Lwglbt, II, S
de France en leur ost, largement, vins et viTres qui leur donna. Et, de là, s^en retournèrent à Calaix, le plus hastîvement qu*ilz peurent, sans faire grant dommage au pais, sinon de vivres, de bled et d'avaines, qu'ilz trouvoient moeurs par les champs.
En ce meismes an, et tost aprez, furent trèfles trouvées entre le roy de France et le duc de Bourgogne , à Vervins en Terrache , pour noeuf ans continuelz : et debvoit chascun,~tant d'un parti que d'aultre, ravoir ses terres et seignouries, tant seigneurs d^eglises que temporelz, et aultres quelconques gens :«qui fut ung grant resjouissement pour le pais, et dont l'en fist grant feste, qui tantost aprez fut convertie en grant doeul, comme il apperra cy aprez. Les trefves prinses et criées par tous les pais du duc de Bourgongne, il se partit, et toutte son armée, et s'en alla en Savoie, devant Grantson, où il mist le siège; et luy fut rendue la ville et le cbasteau à sa volonté, et il les 6st tous morir sans pitié.
Ce temps pendant, messire Loys de Luxembourg, conte de Sainct Pol et connestable de France, se partit de Sainct Quentin et s'en alla à Mons, en Haynau, cuydant tirer devers le duc, comme Ten disoit ; mais il luy fut dit de par le duc qu'il ne partit d'icelle ville. Incontinent qu'il (îit parti, le petit Mouy* vint enda ville, de par le roy de France, à tout grand armée, et fut mis dedans pgr ceulx de la ville, et tous les gens du connestable mis et bouttez dehors ; car ilz n'estoient point les plus fors : et se tint seur, ledit Moy, de la ville. Ce fait, fist tant le roy fle France, que le connestable fut livré
i . Cest sans doute Jacqnefl de Moy que le ctironiqueur désigne ainsi. Il était fils de Golard de Moy : tons deux sont portés sur un état des pensionnaires du roi en 1475, le père comme bailli du Cotentin , et le fils comme bailli de Tournai. {Bibl. imp,, Mss., fonds Gaipiières, qo 772*, p. 638.) Il était qualifié seigneur et baron de Moy, conseiller et chambellan du roi, maître des eaux et forêts de Normandie et de Picardie, capitaine de Saint-Quentin et de Ribemont, Tan 1500. Marié à Jacqueline d*EstouteTille. {Ibid,, Cabinet des titres.)
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par le chanoellier de Bourgongne^ et aultres, du con«eU du duc, aux gens du roy; lesquek incontinent se tinrent seors, et le menèrent à Paris, en la compaignie de cincq cens lances qui le estoient venus quérir. Luy venu à Paris, le mirent en la bastide Sainct Anthoine, et ne luy laissèrent avec luy que ung seul page. Quant ledit connestable eust esté en ladicte bastide, est assavoir tant que son procez fut fait par le chancellier de France et tout le Parlement , finablement il fut condempné à mort et d'avoir la teste tranchée. De finit, fut amené en la place que on nomme Sainct Jehan en Greffe, devant l'hostel de la ville, là où il fut décollé * publicquement, sur ung eschaffault que Ton y avoit fait tout propice. Ce fait, le corps fut prins et porté aux Cordeliers d'icelle ville de Paris pour enterrer : ce qui luy fut ordonné et octroyé par lesditz seigneurs, comme Ten disoit, à cause qu'il avoit espousé la soeur de la royne de France, dont il avoit eu pluseurs enfans*
Quand le duc de Bourgongne eut fait sa volenté de la ville de Grantson, en Savoie, il se partit et tira pour entrer ou pais des Suysses : et, en entrant oudil pais, fut rencontré de certain nombre desditz Suisses, desquelz il fut mis en desroy, luy et ses geus, et là perdit il très grant quantité de gens et de chevance, qui furent tuez par lesditz Suisses. De là, se retira legierement à Lozane, et là rassambla plus grant nombre de gens que devant. Et là vint la ducesse de Savoye', à tout son armée, pour aider à saulver ses pab, comme elle disoit. Là furent le duc de Bourgogne et la du« cesse de Savoie longue espace ensamble, et illec passa le duc et son armée l'yver."
1. Guillaame Hugonet, seigneur de Saillans, créé chaDodier de Bonr» gogneleii mai 1471. (La Bahes, II, 357.) Décapité le 3 avril 1476, v.s. (Amu.Ms, IV, 861.)