‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 119 sur 146 · Voy. ci-dessus, tome II, p. 377, note i · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, tome II, p. 377, note i

310 CROmCQUES D'E1«6LETER]|£.

les seigneurs de Contay et de Marcouit ', le cappitûne de Belle ]^ptte, lez Arras, etpluseurs aultres y furent prisonniers; et les amenèrent lesditz François à Dourlens, et de là vers leroy. Le vendredi^ donoques, Tendemain du Sacrement, \aT dicte trompette se partit dudit Sainct Ricquier, un gentil» homme nommé Jehan de Courteville, et en sa compaignie Jacques de Courteheuse', le bort de Norguermes, Guillame Cawart, et aultres gentil/hommes, jusques au nombre de xx a XXV lances, lesquelz vindrent sommer ceulx de Sainct Ricquier qu*ilz se rendissent au duc de Bourgongne. Aprez pli»seurs parlemens fais entre lesditz gens de guerre et ceulx de la ville, ilz mirent ledit de Courteville et sa compaignie de«> dens, firent sonner les cloches dubeffroy et de Teglise, allu*' merent feuz et firent grant chiere , firent nouveau serment au duc de Bourgongne, non obstant qu'ilz eussent fait pai^ avant serment au roy, qui en fut très mal content, et aussy furent les cappitaines qui estoient à Amiens, comme ilz le monstrerent environ quinze jours aprez.

Quant les Bourguignons eurent esté environ trois sepmainés, peu plus, peu moins , oudit Sainct Ricquier , ilz furent acertenez que les François venoient à grant puissance, par le pais de Vymeu, passer au pont de Remy, pour venir audit Sainct Ricquier : lesditz Bourguignons se partirent hastivement, et tirèrent à Abbeville, ceulx du chastel de Drugi ^ ceulx du chastel de la Frette pareillement , et demourerent ceulx de Sainct Ricquier sans ayde. Et lors lesditz François, dont estoit chef Tadmiral de France, vindrent devant la ville,

1. Ne serait-ce pas plutôt le seigneur de Miremoni qo*îl faudrait lire? Ce seigneur est désigné, ainsi que ceux de Contay, de Romont, et Jacques de Luxembourg, dan^ une lettre de Louis XI au comte de Damj^ martin,en date du 30 juin 147;^, dans laquelle sont donnés les détails de cette affaire. (Commthrs, I, 327, note 2.)

S. Le bâtard de Nolcalines, dont le nom est sans doute estropié, fut accusé d'avoir vendu Saint-Otncr aux Français, en 1487, conjointement avec d*autres. (Moloikt, III, 147.

laquelle ne fist point de resistenoe , par quoy les François y entrèrent de legier, et fut par ung dimence au matin. Et ledit jour, au soir, firent crier à son de trompe que ceulx de la ville fussent Tendemain, à six heures du matin, sur le hart, hommes, femmes et enfans, hors de la ville, à la porte Nostre Dame, pour aller là où lesditz François les vouldront mener : ce qu'ilz firent en grand doubte et cremeur, car ilz cuidoient tous morir. Et le lendemain, quant ilz furent tous assamblez, lesditz François les firent tous mener jusques en [la] villepd' Amiens : et quant ilz furent eslongiez environ une lieue, et que les François eurent pillië la ville, et à leur aise et plaisir, ilz boutterent le feu dedens , qui estoit jour de lundi ^ et ardirent tout au net ladi^te ville , tellement qu'il n y demoura que THostel Dieu, une maison auprez, appartenant à David Leschoppier, censier de Noeufville, Thostel de Tipetot , appartenant à Hugues de Hesdin ; brullerent le comble du beffroy, et touttes les cloches, qui y estoient bonnes et riches, furent fondues. En oultre, en ung moment, brullerent Teglise dudit heu de Sainct Ricquier, le clochier et VIII cloches, qui furent touttes fondues, et les édifices de ladide abbaye, tant que vieux que nouveaux. En oultre, brullerent le chastel de Drugi et une partie de la ville, le chastel de la Frette, la censé et village de Bugny, Auvillers, Habergues, Willencourt et le mollin abbé y séant, avec la censé dudit Wyllencourt , tous appartenans à ladicte église de Sainct Ricquier, et le chastel de la Frette appartenoit au seigneur de Chastîllon. Brullerent, oultre, tout le pais à l'environ jusques à la Vacquerie le Bourg, qui brullerent en ce voyage, et pluseurs aultres choses qui seroient trop longues à escripre.

En ce temps, print le duc de Bourgongne appoinctement avec Tempereur Federic , aprez pluseurs rencontres qu^ilz «ivoient eu d'un costé et d'aulti'e, là où il y avoit mort grant nombre de gens : et fiit ledit appoinctement trouvé

312 CRONIGQUES D'ANGLETERRE.

par le moyen et à la requeste de nostre Sainct Père le Pape Sixte, quart de«<« nom, qui avoit iUec envoyé ung légat, lequel mist grant peine et grant dâllgence de trouver le traictier.

Ce pendant, le roy d*Engleterre, acompaignié du duc de Clooestre et du duc de Glarence, ses deux frères, avec pluseui*s aultres grans princes et seigneurs, et toutte sa puissance, descendit à Calaiz : et lors ledit d«|c de Bourgongne laissa son armée et s'en vint, à trez petitte compaignie, vers le roy d^Engleterre, oudit lieu de Galaix*, où ilz parlei%nt ensamble; et, ce fait, le roy d*£ngleterre se partit de Callaix et vint tendre son parc prez de Sainct Omer,à ung arbre que Ton nomme l'arbre Daveron, là où il fut aulcuns jours, et illec le alla veoir le duc. De là, se partit le roy et son armée, et tira à Blangi, en Temois, puis à Encre et à Peronne, et le convoya le duc jusques au lieu de Peronne. Et lors priât congé le duc au roy d'Engleterre, et s'en retourna à son armée qu'il avoit laissée à Luxembourg, et passa par Valenciennes: et illec vint devers luy le connestable de France, et parlèrent pluseurs fois ensamble ; mais quelle chose ilz besongnerent, l'en n'en scet riens ; et s'en retourna de là le "connestable à Sainct Quentin , en Vermendois, où il se tenoit pour lors, et le duc retourna à son armée. Il fist pluseurs exploix de guerre, par quoy il conquesta et mist en son obéissance toutte la conté de Waudemont. Le roy d^Engleterre et son armée se retira et vint auprez d'Amiens, et d'illec à Picquigny, là où ilz se trouvèrent ensamble, le roy de France et luy. Et, de faict, prindrent trefee ensamble, et aultres appoinctemens, et entrèrent les Anglois dedens Amiens, et non pas les plus fors : et fut pour aller en pèlerinage au chief Sainct Jehan, et pour eux rabiller et faire grant chiere, lesquelzy furent fort festoies; et meismes leur envoya le roY

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