CHAPITRE XLIX
De la battaîUe de Nansy, où le dac Charles fut de rechief desconfiz,
qai fut la dernière de ses battailles.
Quand le duc de Bourgongne eust esté tenant le siège devant Nansy, le duc de Lorraine, qui estoit allé au secours, vint audit siège le V*jour de janvier, veille de TEpiphanie, acompaigné des Suisses et Lorrains, avec aultres gens en grant nombre; et meismes le conte de Gampobasse', Lombart, à toutte sa compaignie, qui long temps avoit servi le duc de Bourgogne à gaiges, retourna contre luy à ceste heure, et fut de rechief le duc de Bourgongne mis en desroy, et toutte son armée. Ceste fut la dernière battaille du duc; car luy et les siens y' tarent tous mors ou prins. Entre les prisonniers qui furent, c'est asscavoir messire Anthoine, bastard de Bourgongne, le seigneur de Groy et de Renty, le seigneur de Quievrain, le seigneur de Ghimay, le seigneur du Fresnoy ^, et pluseurs grans seigneurs. Et tantost
4. Nicolas de Montfort, comte de Campobasso, conducteur des gens de guerre italiens. (Lenglet, III, 395.) II est compris (1472) au nombre des chambellans du duc de Bourgogne, dans VEstat de la maison de Charles, dernier duc de Bourgogne, (Bill, imp,, Mss., n» 8430*| fol. 6.)
2. lie seigneur de Fresnoy fut fait prisonnier par les Français, en 1 487, au siège de Sain^Omer. (Moliubt, III, 146.) Il était porté, en 1496, sur
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que le roy de France fut aoertené de ladicte journée, 3 euTOja le seigneur de Torssy, lequel residoit pour lors à Amiens, en garnison, à tout une grande compaignie de gens de guerre, et Tint à Abbeville sommer oeulx d'Abbeville de eux rendre au roy. Et, aprez pluseurs parlemens fais avec les gens de guerre estans en ladicte ville, et aussy ceulx de la yille, se rendirent finablement audit seigneur de Torssy, ou nom du roy, pareillement le chasteau du Crottoy, qui estoit place comme imprenable. Mais, incontinent que le seigneur de Torssy y envoya pour les sommer, ung nommé Jehan de May ^, natif d*Âbbeville, qui long temps en avoit esté cappitaine, commis par monseigneur Desquerdes qui en estoit principal cappitaine, le rendit sans aulcun contredit, dont ledit seigneur Desquerdes monstra semblant d^en estre desplaisant. Et pareillement se rendit la ville de Rue, dont ledit seigneur Desquerdes estoit cappitaine. Et, ce fiiit, le seigneur de Torssy se tira à Monstroeul, qui pareillement luy fut rendue pour le roy. Et lors manda, luy estant oudit Monstroeul, les priticipaulx de la ville de Therouanne et aultres des plus notables de la regalle, et, finablement, aprez pluseurs parlemens, ladicte ville fut mise en la main dudit seigneur de Torssy pour le roy : lequel de Tors^ y vint et print tous les biens moeubles quUl y trouva appartenant au coadjuteur ' de Tevesque de Therouanne, pour ce qu'il tenoit le parti contraire.
Pendant, doncques, que le seigneur de Torssy faisoit ces dilligences, le roy en personne, avec une grosse puissance,
PEtat de l*h6tel de Philippe le Bel, duc de Bourgogne, comme pensioDnaire. (Compte rendu des séances de la Commission rojrale tt histoire de Mgiqu€,%, a, p. 680.)
t. Pent-'étre est-ce Jean de May, escaier, seigneur de Gratien d'Eitrée, conseiller du dac de Bourgogne, qui était lieutenant du bailli d* Amiens au mois de novembre 1468. (Mss. de Dom Grenier^ I, p. 454.)
2. Guillaume de Glngny, éréque de Therouanne, nommé à réréché de Poitiers en 1479; mort yers 1480. {GaUia christiana, U, f 201 .)
s'en vint à Peronne, laquelle luyfiit baillée par me Guillame Bîche, seigneur de Qeri * et grant maistre d'hostel du due Charles. Et, incontinent, Tadmiral de France, bastard de Bourbon, tira sur le costé d'Arras avec ung grant nombre de gens d'armes, et fut logé au mont Saint Eloy et à l'enyiron une grande espace. Et, en ce pendant, alla devers le roy, à Peronne, une ambassade de par mademoiselle Marie de Bourgongne, fille et seulle héritière du duc Charles, laquelle s'en retourna sans riens faire. Et puis y revindrent aultres; mais, finablement, ilz ne furent point d'accord envers le roy, et se trouva le seigneur Desquerdes, cappitaine gênerai de Picardie, et pour lors résident à Arras, avec ladicte ambassade, lesquels s'en retournèrent tous comme les aultres, sans besongner.
Et, en ce temps, les François allèrent à Avesnes, en Haynau, là où ils firent pluseurs escarmuches et fais de guerre : mais, en fin, elle fut prinse d'assault, pillée, brullee, et tous ceulx de dedens mis à mort piteusement. Et pareil* lement brullerent tous les villages à Tenviron, et la plus part du plat pais de Haynau. Ceulx de Douay firent démolir tous leurs fauzbourgs, églises et aultres logis, jusques à une lieue à Tenviron, et fortiffierent ladicte ville à toute dilligence, et tellement, que gens de guerre maintenoient qu'elle estoit comme imprenable, mais qu'il y eut vivres et gens dedens. Ce pendant le roy et son armée vindrent en la cité d' ArraSi laquelle fist ouverture au roy; et puis aprez ceulx de la ville d'Airas, aprez pluseurs parlemens fais avec les gens du roy, ilz les mirent dedens par ung appoinctement de beau lan^
1. Guillaume Bische, « natif de Molins Eogilbert, en Nivernoisi (Com- I, livre V, chap. 15), était, en 1472, seignenr de déry et premier mahre d'hôtel de Charles, dacde Bourgogne. (La Barhb, II, S78.) Un acte du 5 août 147S lui donne» ontre le premier de ces titres, ceux de chevalier, conseiller et chambellan de Louis XI, gouverneur de Péronne, Montdidîer et Roye. (Bihl. imp,, Gahinet des titres.)
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gage, ou quel estoit dit que le roy ne debvoît point eoirer à puissance eu ladicte ville que ceulx de la TÎlle ne fussent les plus fois.