‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 125 sur 146 · CHAPITRE t · texte numérisé non relu

CHAPITRE t

En ce temps, les Flamens se mirent sus en aimes, tant d'Yppie, de Cassel, conune d'aultres pais, en nombre de XVI à XVll mille : et estoit leur cappttaine le seigneur de Doulieu*, et ung aultre nommé Waultîer Doye, bailly de Bergues Sainct Wygnoci ^' ^'^^ vindrent tenir auprès de Saint Orner, entre Arques et Renescure, ung lieu que l'en appelle le Noenf Fossé, pour deffendre que les François n'entrassent en Flandres. Et illec furent une très grant espace de temps, au despens du pais, et brullerent autour d'eulx aulcunes places et censés, affin que les François ne leur 6ssent grief; car ceulx de la garnison de Tberouanne le visitoient et escarmuchoient souvent.

En ce temps meismes, ceulx de Gand se mirent en armes, ceulx de Bruges, d'Yppre, Louvain, Malioes et aultres du pais de Brabant, pour avoir, comme l'en disoit, leurs previleges, qui dJsoient leurs estre ostez par les ducs Pbilippes et Charles de Bourgongne. Et priiidrent ceulx de Gand ung nombre des principaulx gouverneurs de ladicte ville : prindrent aussy le chancellîer de Bourgongne, le seigneur de llumbercourt, et le coadjuteur de Tberouanne. Hz cuydeprendre maistre Jehan le Gros*, audiencier, et

near auUtait, en t46b, à la bataille àr Montlelmy, dan* k .u seigneur de Ficnucn, el, en HKi, ■ celle contre le* Ij^compagnie de Jean de Luxembourg. (HiTmi, 13, 100.) lalrieme jour du mois de Tevrier (UTl, t. s,)... fu le jour e meure Jehan Groa, par ung mardy, en la Tille de Bnige*,

APPENDICE. 3ii

zvltreÈ de Vhostel du duc Charles ; mais ilz eschapperent, par subtil moyen. Taatost aprez furent amenez sur le grand marche de Gand lesditz chancellier et le seigneur de Humbercourt, et illec, puhlicquement, sur ung hourt, furent décapitez, et avec eulx ung chevalier nommé sire Jehan Wauselle' : mirent en oultre à mort tous ceulx que bon leur sambla de leur dicte ville. Ledit coadjuteur de The* rouanne fut longuement prisonnier, puis eschappa par caution, et trouva moyen d'entrer en mer : et de là se tira en France devers le ixiy, qui le fist evesque de Poictiers.

Quant le roy de France eut mis en son obéissance ceuls d*Arras, il se tira, à tout son armée, vers Hesdin; et luy (ut rendue la ville, sans grand contredit, par les gens de guerre et ceulx de la ville ; mais ceulx du chasteau n'y vauU drent obéir. Pour quoy le roy les fist assaillir à grant dilligence, auquel assault et siège il y eut moult de francz archiers du roy mors et aultres, d'un costé et d'aultre; mais, finablement, ceulx du chastel se rendirent, sauf leurs corps et leurs biens, et les receupt le roy et les retint à gaiges, ceulx qui luy vauldrent faire serment, et les aultres laissa aller où bon leur sambla. Ung nommé messire Jehan de Lannoy, et messire Raoul de Lannoy ', son frère, estoient les princi-

leqod ettoit prumier secrétaire andiencier du seel et coDtreroleur des domaines et finances de Mgr le duc de Bourgogne, et de demoiselle Guie de Messejy niese de M' de Saillant, cheyalier etchanselier de mon dit Sgr le duc ; auqnelle noches on reqoist très effecf uensement de par mon dit Sgr de Bourgogne, et prian de par le dit canselier et audiensier tous prelas, abesses, chononnes, doîens, chartrons, ordre mandians, barons, cheyaliers, bonnes Tilles et notables bourgoîs de tou les pais et segnonrie de mon dit Sgr le doCy • estre on a faire toute Tonnear, faTenr et asistence que bonnement on poroit ferre, de quoi plusenrs et grant nonbre j alerte ou en- Toierte, et estimoit on le reut à chent mille escus qui monteroite à deus cens et cbuynquante mille livres monnoie de Haynau. > (ILkTVlir, 196.)

1. Jean Van Melle, ancien trésorier de la Tille. (Baraitts, édit. de M. Gacbard, H, 717, Appendice.)

3. Voy., snr Tun et l'autre, une note placée à leur nom dans la TtihU du matières.

322 GROINIGQUES D'ENGLETERRE.

paulx cappitaines du cbastel, lesquelz firent serment au roy : et incontinent que le roy estoit asseuré des villes où ses gens entroient, et il sentoit qu'il y en avoit aulcuns qu ilz n'estoient fermes et à sa poste, il les envoioit ou pais de France demourer, et leur faisoit assigner la ville et pais là où il volloit qu'ilz allassent. Ce pendant, et le roy estant à Hesdin, il y eut XX hommes du commun d'Ârras qui partirent de la ville, esperans de eulx tirer à Gand vers la demoiselle Marie de Bourgongne ; mais ilz furent espiez et prins des François qui estoient sur les frontières, et furent menez à Hesdin vers le roy, lequel en fist trencher les testes à xvu, et les aultres envoia morir en aultre lieu, comme pour donner exemple aux aultres. Conunune renonmiee estoit lors que aux dessusditz le roy avoit donné saufconduict pour aller vers ladicte demoiselle Marie : ce non obstant, quoy qu'il en fut, ilz eurent cela pour leur salaire. Aprez que le roy eut esté à Hesdin tant qu'il luy pleut, il tira vers Boullongne sur la mer, laquelle fist ung petit de resistence ; mais quant ils veîrent les puissances du roy et qu'ilz n'y povoient bonnement résister ne obvier, ne qu'ilz n'esperoient aulcun secours, ilz se rendirent, et il les receupt, sauf leurs corps et leurs biens.

En cest an LXXVH, ainchois que le roi venist à Hesdin ny à Boullongne, demoiselle Marie de Bourgongne envoya à Boullongne quérir le conte de Montbeliart, que le duc son père avoit fait tenir long temps en prison ou chastel de ladicte ville, et l' avoit en garde le seigneur Desquerdes, lequel le fist mener à Gand vers ladicte demoiselle : et envoya aussy icelle demoiselle quérir le duc de Gueldres, que son dit père avoit fait tenir longuement au chastel de Courtray, et quant il y eut esté une espace de temps, il fut ordonné pour conduire et mener les gens de guerre de ladite ville de Gand.

Quand le roy eut esté une espace de temps tant à Hes->

din comme à Boullongne , et qu*il eut mis tout le pais en son obéissance y il sVn retourna au pais de Haynau, et envoya son armée devant Douay, laquelle y fut xv jours ou trois sepmaines, là où il y eut pluseurs fais de guerre; mais enfin le roy n'y gaigna riens et fist retirer ses gens sans aultre chose faire. En ce meismes temps, les villes de Bethune, Lil- 1ers et autres se tournèrent, que envis que volontiers, du parti du roy : mist le ipy une grosse compaignie de gens de guerre en la ville de Tournay, du gré de ceulx de la ville, combien qu'ilz eussent promis de non prendre garnison d'un parti ne d^aultre : et puis trouva le roy moyen , par beau parler, d'entrer en la ville de Cambray , où il mist gens de guerre à son bon plaisir, et brief toutte la conté d'Artois luy fut rendue, réservé Sainct Omer et Aire.

En cest an, ceulx de Gand issirent de leur ville en très grant nombre et s'en allèrent autour de Tournay; mais ung jour advint que lesditz Gantois allèrent coeuUier le bestiail qui estoit enclos en une pasture, lez ladicte ville, et ceulx de dedens, voyans emmener leur bestiail, saillirent hors, à grant effort vindrent escarmucher sm* lesditz Gantois, et le duc de Gueldres retourna sur eux cuydant estre sievy desditz Gantois, desquelz il estoit cappitaine, et avoir secours et ayde de eux ; mais il demeura luy v"" ou luy vi* seullement, et [iîit] porté son corps en ladicte ville par iceulx François, et les Flamens s'en allèrent à tout leur butin. Pendant ce temps que le roy estoit devant Douay, les François trouvèrent moyen d'entrer dedens la ville d* Ardre, par ceulx de la ville qui les mirent dedens de leur gré ; et, incontinent, ung chevallier du parti de Bourgongne, nommé messire Lancelot de Berlemont^, s'en alla loger, à tout quarante ou cincquante

I . Lancelot de Berlemont assistait an siège de Neuss, en 1475. (MoLnritT, I, 80-81.) U est porté sur Tétat de la maison de Maximilien, doc d* Autriche et de Bourgogne, en qualité de cfaambellaD, en septembre 1477. [Compte rendu des séances de ia Commission tT histoire de Belgique, t. IX,

3t4 CROmOQUES D*ENGLETERR£.

compaignons , ou chastel de le Montoire, prei de ladicte ▼ille d'Ardre, et liTroient escarmuches auaditz France». Mais, ung joar que ledit de Berlemoat estoit allé à Aire , lesditz François yindrent assiéger ledit chastel, affiisterent engins à Tencontre et livrèrent si dur assault que, finaUement, ilz firent ung trou du costé où aultrefois il y avmt ea une faulse porte, et n estoit là le mur gaires espès; mak les Bourguignons ne se donnèrent de garde. Quand les François entrèrent par là, les prindrent et les mirent à mort inhumainement , puis boutterent le feu en ladicte place , et la démolirent de tous poinctz et tous les fors de là entxmr, comme Greseque et aultres. Trouvèrent lesditz François manière d'entrer ou chastel de Fiennes, qui estoit belle et Ibite place , et que oncques les Engloix n'avoient soeo trouver manière de l'avoir, et y mirent pour cappitaine mesire George de Courteheuse, seigneur de Greseque, lequel s'estoit rendu François. Mais il n y eut gaires esté que le seigneur de Fiennes y renvoya gens de guerre qui le reprindre&t par subtil moyen , par ce que ceulx de dedens ne s'en donbtoient : et y fut prins prisonnier ledit seigneur de Greseque, et mené à Sainct Omer, et depuis au chasteau de lille; et le bastard de FoucquessoUes demeura cappitaine de la place. Ne demeura gaires que lesditz François ne reprindrent ledit chastel de Fiennes, lequel ilz bruUerent et rasèrent jusqnes aux fondemens. En ce temps meismes prindrent la ville de Falquembergue, et se tira le conte du lieu à Sainct Omer, avec pluseurs de ses subgetz de ladicte ville. Prindrent aos^

p. 1 18.) Assistait aa siège et à la reddition d'Utrecht, en 1483. cMadK Lancelot de Bellamont, fier comme on Rolland, prompt aax armes et expérimenté, avoit la charge de mille piétons.» (Molibst,II,383.) U fat assassiné, cette même année, à la suite d'un démêlé avec Philippe, fils da duc d'Auuiche. c Voilà, dit Molinet (II, iOO), le porre guerdoB ^'il récent, après qn*il aToit faict plusieurs yaillances de aon corps; car il estoit homme sans peur, fort et expérimenté an noble itjk de la guerre, a

les Fnaecm le cbsutel de Rentj , le chastel de Selles, en BoaUeno», tf^rtenant au seigneur de Norguermes^, et pliieeiir» aultres places oudit pais, tant qu'il fut du tout en Tobeissence du roy. Les Flamens qui estoient au Noeuf Fossé, comme dit est, en grant nombre, se partirent ung jour avec aulcuns de Sainct Orner, et s'en allèrent à Ardre, à tout artillerie et aultres habillemens de guerre ; mais les François de dedens s'en partirent, et lesditz Flamens pillèrent la ville tout au nect, et si démolirent une partie des murs et puis s'en retournèrent avec leur proye, et fut en la fin de juUet. En ce temps, les François de Boullongne, de Therouanne et d'ailleurs vindrent au pais de Bredenarde , et le pillèrent et mirent en proye , là où ils prindrent tant de gens et de bestiail comme sans nombre, et, comme de jour à aultre, estoient devant Sainct Orner, là où ilz faisoient tous les maulx du monde. Et pareillement oeulx de Sainct Orner issoient souvent^ et rencontroient l'un l'aultre, et dommagoient le plus quilz povoient. Ce pais de Bredenarde est ung bon pais et fertile merveilleusement, et où il y avoit mouk de Inens. Le roy, estant au pays de Haynau, se conclud de tirer vers Sainct Omer : et quant ceulx de Sainct Orner furent deceadvertis, ilz firent démolir tous leurs fausbogrgz, tant à la porte de Boullenois, Saincte Croix et du Brulle, lesquels estoient beaulx et riches à merveilles, et les plus beaulx gar* dinages et myeulx clos que l'en eut sceu deviser ; firent démolir l'église et couvent des cordeliers de l'Observance, le coovent de Saincte Claire, l'église et couvent des frères prescbeurs, qui estoient les trois plus riches cloistres et myeulx édifiez hors bonnes villes qui fussent deçà les montz; mais ilz eussent pu porter grant dommage à la ville, pour tant qu'ilz estoient trop prez. Et pour ce que l'armée du roy se

1. Ce seigneur fut fiiît cbevalier en 1453, aTant la bauille contre les Gantois. (I^ CuuicQ, XIII, 105.) Il ett nommé Noirqiurmes, et était FlaiMnd. Ce nom cit peuv-étre estropié par let deux chroniqaeara.

326 GRONIGQUES DlËNGLETERRE.

hasta plus qullz ne cuydoient, ilz furent oonstrainctz de boutter le feu esditz Frères prescheurs et Saincte Claire, et en touttes les aultres places qui n estoient point touttes démolies. Firent pareillement démolir l'église paroissiale de Sainct Martin, prez lesdits Frères prescheurs, laquelle estoit moult ancienne et la première qui avoit esté fondée en ladicte ville. Quand les Flamens furent acertenés de la venue desditz François et de Tarmee du roy, qui fut en la fin de juUet, ou dit an lxxvii , ilz se partirent en desroy dudit Noeuf Fossé hastivement : et si avoient esté illec gisans de vu à viii mois, en nombre xiiii ou xv mille hommes, aux despens du pais de Flandres. Et estoient leurs cappitaines le seigneur de Doulieu et le bailly de Bergues Sainct Wynoc , nommé Waultier Doye; et n*attendirent point, ne dommagerent les François en riens, dont pluseurs furent esmerveillez, veu qu'ilz y avoient esté si longuement, et qu'il sembloit, à les veoir, qu ilz deussent tuer Karesme et faire merveilles. Environ, doncques, le premier jour d^aoust, oudit an lxxvii, Tarmee du roy vint devant Sainct Ckner , entre la ville et la ville d'Arqués, et partie de ladicte armée à Blendecque, au plus prez. Et se fermèrent lesditz François en ung parc , au dehors de ladicte ville d'Ai-ques , et tantost commencèrent à escarmucber de* vant ladicte ville par Tille, par où il y a grans maretz et fossez, car ilz estoient bien advertis que c' estoit le plus feible de la ville ; mais ceulx du hault pont et dudit lieu de Tille se deffendirent moult bien, le premier jour, car ilz y avoieot fait ung bolvert entre Arques et Sainct Omer, en ladicte Ille, lequel ilz tindrent, àTayde d'aulcuns compaignons de guerre qui les secouroient, jusques au vespre, contre la puissance des François, que moult durement les escarmuchoient et oppressoient, et le prindrent en la fin. Le vespre venu, les François gaignerent ledit bolvert et y tuèrent ung nommé Pierre Wedemarc, rice brasseur, qui tousjours avoit esté comme cappitaine desditz Islaires : duquel bolvert ainsy

gaigné par lesditz François ilz en eurent si grant joje, qu'il serobloit , à les ouyr, que la ville fust gaignee ; mais il s*en fiilloit beaucoup, car, ceste nuict, lesditz Islaires refirent ung aultre bolvert plus prez de la ville de Sainct Orner, plus fort et plus asseuré cent fois que le premier , qui estoit plus prez d'Arqués que dudit Sainct Omer ; lequel second bolvert fut par lesditz Islaires et les survenans, de quatre à cincq jours très vaillamment [deffendu]. Et, au chief desditz jours, ilz levèrent compaignons de guerre, qui gaignerent bons gaiges, pour garder leur dit bolvert, là où ilz y faisoient leurs logis : dont les François povoient prendre petitte espérance d'avoir ladicte ville par là, quand ilz veirent qu'ilz ne povoient conquester la tente estant entre la ville et eux , sans les escarmuces qui se faisoient journellement en ladicte Ule , se faisoient aussy à la porte du BruUe et BouUisienne , ausquelles les François se trouvèrent très rudement receupz; et encores eussent ilz eu plus affaire, se les cappitâines eussent laissé issir les compaignons à leur volonté , que non de la partie des Bourguignons. Tant d'engins comme esditz escarmuches, on n'y eut seu oncques compter plus hault de quinze hommes mors ou environ ; mais, du costé des François , je n'en scay le nombre.

Les François estant devant Sainct Omer, comme dit est, le roy y alloit et venoit souvent en personne; mais il n'y sejoumoit gaires, ains y commettoit le seigneur Desquerdes et le gouverneur du Daulphiné, conmie principaulx cappitâines de sa dicte armée. Et, pour ladicte demoiselle de Bourgongne, estoit dedens Sainct Omer le seigneur de Chanteraine^, chevalier croisié de Roddes, et le seigneur de Me-

1 . Le commandenr de Ghanteraine est porté snr l'Etat de la maison de Charles, duc de Bourgogne (1472), en qualité de chambellan. {Bi6l. imp,, Mss., no8430*, fol. il,Terso.) U Tétait aussi de Maximilien d'Autriche, en septembre 1477. {Compte rendu des séances de la Commis^ sion royale et histoire de Belgique^ t. IX, p. il7.) c Le seigneur de Chan-

3t8 CRONIGQUES 0'ENGLETERRE.

ruely Flameng , cappitaine de ceulx de Brugea qui ealoient venus au secours de ladicte ville de Sainct Qmer : f t le seigneur de Bevres , filz de Anthoine , le bastard de Boor* gongne , estoit cappitaine gênerai dudict Sainct Orner et d*Aire ; mais, pour lors, il estoit dedens Aire. Les François estant devant Sainct Orner, comme dit est» pendant que Tane partie escarmuchoit ceulx de la ville, Taultre brulloit et pilloit le pais à Tenviron, qui estoit ung grant pitié à regarder. Brullerent une grande partie des Chartreux et n*y laissèrent entier que les cloistres et l'église ; puis allèrent bruUer à Glermaretz touttes les maisons de la basse court de Fhostel, là où ilz tenoient leur bestiail, c'est asscavoir leur charroy, bestes à corne et moutons, et n*y laissèrent que le corps de Teglise entier , reffectoir et cloistres, et la maison où Tabbé se tient, pour tant que bonnement ne le povoient bruUer sans bruller Teglise : emportèrent tous les vaisseaulx de Thostel, tant d'arain comme d'estain, et tous les biens moeubles, et meismes emportèrent le plomb qui peurent oster de ladicte [maison] , que Ten estimoit à plu» de cent mille livres de pesant; osterent et emmenèrent trois mille bestes à corne, et tout Taultre bestiail, et en ce firent si grant dommage que Ten ne scauroit estimer. Ce pendant, allèrent lesditz François à Cassel , brullerent et mirent en pouldre toutte la ville, les églises, tant collegialles comme les paroisses, et brullerent toutte la vallée de Cassel. D*illec s'en allèrent à Watenes, laquelle ilz brullerent et mirent en pouldre , réservé Teglise, et ne brullerent que une estable

tereine, cheyalier de grande emprinse, moult subtil et bien docte aa mestier de la guerre, • défendait Lille, en ii77, contre let armées de Louis XI. (MouBST, II, 34.) AssisUit au siège de Nancy en cette méoie année, c Le seigneur de Chantereyne, très preux et vaillant chevalier de Rhodes, receilla les gen.tils hommes de Thostel du duc de Bomgogne après sa mort, si les nourrit , soustint , entretint, habilla et monta. » Id., I, 337.) U vivait encore en 1488. (/J., OI, 490.)

APPENDICE. 3t0

et le molin ; bmllerent en oultre et pillèrent tons les yQlages qui peurent trouver ou pais de Flandres , si avant qu'ilx peurent aller.

Quant les François eurent esté devant Sainct Omer l'espace de xz jours, ilz se partirent le xxi* jour d*aoust : et, au partir, bmllerent la ville et chasteau d'Arqués, appartenant à Tabbé et convent de Sainct Bertin. Bmllerent pareillement Blendecque , là où ilz estoient logez, et tous leurs fors, réservé qu'ilz laissèrent entière Tabbaye dudit lieu et le molin; mais ilz bmllerent les chasteaulx et fors de ladicte ville ; bmllerent audit abbé de Sainct Bertin la plus part de leurs villages, comme Longuenesse, Sabomich , le Vieil Moustier et pluseurs aultres, là où il y avoit pluseurs beaulx et notables édifices et maisons de plaisance , là où lesditz religieux alloient, trois ou quatre fois Tan, prendre leur récréation, en belle et honnorable ordonnance.

Ce pendant, et ung peu devant le mob de jullet , le roy estant encores en Picardie, le duc de Nemours, qui longuement avoit esté prisonnier à Paris , fut condempné par parlement, au commandement du roy, à mort et à avoir la teste trencbee, et estre escartellé : et fut mené aux Halles, là où il fina sa vie par mort * en la manière que dit est. Quant le roy fut parti de Sainct Omer , comme dit est , luy et son armée se tirèrent à Bethune et illec entour, et, de là, autour de Lille, à Armentieres , à Halbourdin et autres gros villages , et tousjours en destruisant le pais à leur povoir.

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