CHAPITRE LI
Gomment le noble duc Maximillian, filz de TEmpereor, espoiua, à Gand, dame Marie de fionrgongne, à grant noblesse et resjon jsfement ; pins vient la fin de ce traicté.
En ce temps, environ la fin d'aoust an LXXVI!, vint le filz de TEmpereur, nommé Maximillian, duc d'Austrice, en la ville de Gand, à noble compaignie de pluseurs grans seigneurs de son pais, etillec espousa demoiselle Marie de Bourgongne, seulle fille et héritière du duc Charles. A Tentree du duc, furent cincq ou six cens lances d'Allemans, armez au cler, portans penons de noir, et houchiez tous de noir en doeul, qui estoit noble chose à veoir. Et devant ceste noble compaignie estoient trompettes, clarons, tambourins et aultres instrumens, en si grant nombre que Ten n^ eust ouy Dieu tonner. Les bourgois , marchans et doyens de Gand furent à son entrée, moult richement enhabillés *. Et fut en ce point mené jusques à la court, là où il fiit receu honnorablement des dames et demoiselles , et en grans pompes passèrent la nuict. Les rues furent pleines de hours, et tendues de tapisseries et aultres aornemens, conune increables. Le duc de Jullers, à six cens chevaulx, vint jusques à Malines avec ledit Maximilien ; mais il ne vault venir à Gand, ne scay pourquoy. Et, le lendemain, ledit duc espousa' ladicte demoiselle de Bourgongne, et fist l'office l'evesque de Tournay*. De parler des metz et entremetz, des diners et des joustes, tournois et esbatemens que Ten y fist ce jour, et des bancquets, tant en la ville comme en ladicte court, trop longue chose seroit à raconter; mais tant en poeult on