PREFACE
U peat sembler étrange, au premier abord, de voir les Anciennes chroniques d'Angleterre prendre place parmi les ouvrages publiés sous les auspices de la Société de lliistoire de France. Cependant, si l'on considère que, durant un laps de temps assez long, les démêlés des deux royaumes ont amené des événements communs à Tune et à Fautre nation, on comprendra facilement que le récit de ces faits, bien qu'écrit à un point de vue exclusivement aqglais , puisse avoir une haute importance pour les personnes qui se liyiTeui plus spécialement à l'étude de notre histoire. Sous l'influence de cette idée, nous avons entrepris d'extraire de l'œuvre de Wavrin, tout ce qui offrait ce genre d'intérêt, ayant soin de n'admettre que ce qui lui appartient en propre ; car, conformément aux haiMtudes bien connues des anciens chroniqueurs , WaviÎD a puisé largement chez les auteurs ses confrères^ Froissart*, par exemple, Monstrêlet, Saint-Remy, etc. Leurs œuvres étant depuis longtemps entre les mains de tout le monde, ce qu'il a emprunté a dû être élagué par nous.
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Éliminatioo ainsi Ëûte : 1* de la portion des chroniques excltisivement relative à T Angleterre; 2* des chapitres appartenant à Froissart, à Monstrelet ou à d^autres, il nous restait à relier ensemble les fragments, parfois très-épars, que notre travail de comparaison du texte de Wavrin avec celui des chroniqueurs susnommés nous donnait le droit d'attribuer au compilateur des Anciennes chroniques. Ce travail de suture pouvait s'opérer par deux moyens consistant, l'un à combler par une analyse sommaire des faits rapportés par Wavrin l'intervalle existant entre les différents chapitres admis pour notre publication ; l'autre à donner la série complète des rubriques de tout l'ouvrage : c^est cette dernière méthode que nous avons adoptée. Elle a le double avantage de conserver à notre travail la physionomie des chroniques de Wavrin, et (chaque rubrique étant, par le fait, un résumé succint de tout ce qui doit, être rapporté dans le chapitre auquel elle sert d'intitulé) de tenir lieu du travail d'analyse que nous nous serions imposé.
Elle nous a permis, en outre, d'indiquer avec précision pour tout chapitre rejeté, soit qu'U est inédit, soit qu'il appartient à tel ou tel chroniqueur. Le plan que nous avons suivi nous a offert une plus grande facilité pour saisir çà et là, et classer à leur véritable place, quelques additions faites par Wavrin au récit des chroniqueurs que, à ces additions près, il copie presque textuellement.
Quelque scrupule que nous ayons apporté à n'admettre que des parties inédites des Chroniques, nous
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en avons rencontré qui se liaient si intimement à des chapitres déjà connus de Monstrelet et leur faisaient tellement suite, que la narration inédite eût élé incomplète et presque inintelligible si nous eussions persisté dans notre système d'élimination; ces cas, d'ailleurs peu nombreux, ont été signalés chaque fois qu ils se sont présentés.
Les Anciennes chroniques d'Angleterre, telles au moins qu'elles sont parvenues jusqu'à nous, se composent de six volumes, chacun desquels se subdivise en six livres. Malgré l'ardeur et la ténacité de nos recherches, nous n'en avons pu trouver qu'un seul exemplaire com[det, celui d'après lequel, naturellement, nous avons établi notre texte. Ce magnifique manuscrit, provenant de la riche collection du seigneur de la Gruthuyse, appartient aujourd'hui à la Bibliothèque impériale', qui possède, en outre, quelques volumes isolés d'autres exemplaires*, volumes conformes en tout, ainsi que nous nous en sommes assurée, aux parties de l'ouvrage entier auxquelles ils se rapportent.
De cette parfaite identité entre notre manuscrit principal et ceux que nous venons de mentionner, il est résulté que les derniers ne nous ont été d'aucun secours. Il en a été de même d'un exemplaire moins incomplet de la bibliothèque de l'Institut. Cette copie, fort peu fidèle, de notre principal manuscrit a été faite dans le dix-septième siècle pour l'historien Godefroy.
Nous ne connaissons que par ce qu'en ont dit MM. Frédéric Madden^ et F. Michel', deux volumes
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des chroniques de Wavrin existants au British-Mu* seum. Au Prologue près, ces manuscrits sont exactement semblables à nos premier et troisième volumes : nous ne leur pvons donc emprunté que ce Prologue, qu'on trouvera ci-après.
A ce nombre d'exemplaires, plus ou moins complets, se borne tout ce que nous avons pu connaître de manuscrits de l'œuvre de Wavrin.
Froissart, Monstrelet , Saint-Remy et du Clercq , que nous n'avions pas nommé, ne sont peut-être pas les seuls chroniqueurs auxquels Wavrin ait fait des emprunts. Nous disons peut,-étre, parce que dans quelques compilations que nous allons citer, se trouvent certaines parties des Anciennes chroniques d'Angleterre. Wavrin les a-t-il copiées ? Est-ce lui, au contraire, que leurs auteurs ont mis à contribution ? C'est une question qu'il nous a été impossible de résoudre.
Les manuscrits que nous avons en vue, et qui appartiennent tous à la Bibliothèque impériale, sont :
l"" Le numéro 432, du fonds Sorbonne.
T Le numéro 724 du fonds Dupuy^.
3** Le numéro 91 du fonds Saint-Germain.
4* Le numéro 6762 du fonds français'^.
Et 5* le numéro 427 du fonds Sorbonne^ double fort incomplet du numéro précédent.
De ces cinq manuscrits, les deux premiers seuls nous ont été de quelque utilité : ils nous ont fourni soit des leçons meilleures pour le texte, soit des additions que nous avons recueillies en variantes*. C'est