‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 36 sur 146 · Voyez ci-dessus, tome II, page 303, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, tome II, page 303, note

ùt CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1470]

lande, le seigneur de Halluins et autres, jusques au nombre de xxxvi navires, contendans à combattre le conte de Warewic; mais il avoit colloquië son navire en si fort lieu qu'il estoit mal possible de le grever.

Pareillement le duc de Bretaigne mist grant navire sur mer pour trouver aussi Warewic ; mais, anchois que les navires des ducz de Bourguoigne et de Bretaigne se peussent esquipper de leurs havres , le dit seigneur de Scalles trouva la flqtte de Warewic et le combatty telement que v ou vi^ en furent mors ; et reconcquirent Anglois le navire des marchans que le dit Warewic avoit destroussez jusques au nombre de XL vaisseaulz, et plusieurs prisonniers. Et ceulz qui peurent eschaper se trayrent sur la frontière de Northmandie. Laquele victore escripvi le roy Edouard au roial duc de Bourguoigne, dont il fut moult joieux.

En l'an dessus dit, ou mois de septembre, tost aprez celle besongne, le bastard de Faucquenbergue*, Anglois, tenant le party de Warewic, rencontra sur la mer xvi navires de marchans du pays de Flandres, lesquelz il assailly et concquist ; où furent occis XII hommes que femmes desdis navires. Sy courut commune renommée que les Anglois y avoient guaignié plus de cent mil escus, lesquelz inconveniens vanus à la congnoissance du duc de Bourguoigne , et que les Anglois avoient leurs proyes vendues en Northmandie

1. Joue de Haleiwin, leignettr de Halwio. Mort le 23 Beptembre 1472. (AjrsBUCBy III , 911.)

2. Thomas NeTille, fils naturel de William, lord Faoconbridge. n fat décapité Tannée suivante, c Thomas Fauconhrid^ his head was jresterday set upon London Bridge looking into Kent ward. > (Lettre de John Paston à son frère, en date du 28 septembre 1471. Fenn*s origuuU iL«f/eri,II, 85.)

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et ailleurs, ou royaulme de Francei et mesmement que le roy les favorisoil j souslenoit et aydoit de vivres, de gens et de tout ce dont ilz avoient besoing, et que le conte de Warewic sç tenoit en Northmandie et tout son navire, du gré et consentement du roy, qui le tenoit pour l'un de ses bons amis, le dit duc en fut grandement esmerveillié et troublé. Pour quoy il en envoia devers le roy, pour luy remonstrer^, et sur ce scavoir sa vouUenté. Et lors, voiant qu'en ce le roy ne mettoit quelque provision, il envoia par tous ses pays, où il fist arrester et mettre en sa main tous les biens qu'on y peult trouver apartenans auz marchans de France, excep* tez ceulz qui apartenoient auz subgectz des ducz de Guyenne et de Bretaigne.

En ce tempz, par ung dimence, xni* jour du mois de may*, fut comme toute arse par feu, de meschief, la ville deMondidier, en moins de une heure; et y furent ars X ou xii que hommes, que femmes et enfans, cuidans saulver leurs biens, ne n'y demoura d'entier sinon l'église et xv ou xvi maisons.

Quant doncques le duc de Bourguoigne vey que le roy de France favorisoit si grandement le conte de Warewic en son royaulme, il fist adenierer tous les dis biens des François, trouvez à ceste heure parmy ses pays, et tout ce que les marchans du royaulme avoient acheté à la foire d'Anvers, pour restituer les marchans de ses pays que les Anglois avoient des-

1. La lettre da duc de Bourgogne, adressée k I^uis XI , est datée de Hiddelbonrg en Zélande, le 19 mai 1470.(LENGurr, III, 1!22.)

2. Ici Warriu interrertit Tordre des faita , car il vient de parler plus haut d*une entreprise du bâtard de Faucquenbergue , exécutée an mois dt Septembre,

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troussez sur la mer, comme j'ay dit cy dessus : pour laquele perte de leurs biens furent les marchans de France moult troublez. Si pryerent instamment au roy qu'il y Toulsist remédier le plutost qu'il porroit, feust par voie de guerre ou autrement. Et tost aprez le roy fist defTendre' par cry publicque, en son roiaulme, sur confiscation de corpz et de biens, que uulz, quelz qu'il feust, ne menast marchandises queizconcques es pays du duc de Bourguoigne jusques à ce que le roy aroit rapellé celle defTence. Depuis lequel edit ainsi fait toutes marchandises cessèrent leurs cours de Tun pays en l'autre, et lors aulcuns Bourguignons qui cui* derent amener des vins en Pycardie , furent par les François prins et détenus, tonneaulz, charriotz et charrettes, chevaulz et vins*.

1 305 . Comment le conte de Warewic se party de ce fort lieu , où il s^estoit longuement tenu ; et comment les Boui^^uignons le cuiderent combattre, mais il s*en(uy : puis parle d'une battaille que le seigneur de Scalles guaigua. XII.

Ou mois de juUet, le conte de Warewic, désirant retourner en Engleterre , fist desancrer son navire de ce fort lieu où il estoit et avoit esté longue espace, delez Homfleu, sur la coste de Northmandie; maissitost qu'il fut aparceu par ceulz des navires du duc de

1 . L'ordonnance par laqnelle Liooia XI défend de faire le commerce sur les terres du duc de Bourgogne porte la date dn 8 octobre 1470. (SAr.A7.4WDy iV, Preuves, gci.xxxix.)

2. Ce chapitre, dans le lis. n^ 432, Ponds Sorionné, finit ainsi: c On dit an, courant une Toix par tout le royalme de France que la roync de Franche estoit acouchyé d'un filz le derrenier jour de juing ou dit an, lequel airoit esté baptisié et nommé Charles, par rarche?esque de Lyon qui fil son principal parin aveucq le prinche de Gales, nommé Edouard , fil7. du roy Henry d'Angleterre, duquel son dit père estoit tenu prisonnier

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Bourguoigne, ilz singlerent celle part à grant exploit pour le combattre ; ce que voullentiers eussent fait, comme gens d'emprinse qu'Oz estoient; mais Warewic, accoustum^ de fuyr et tousjours partyr de bonne heure, se retraist hastivement et remist son navire en û fort lieu que ses annemis ne le povoient aprochier sans trop grant péril. Toutesvoies , aulcuns du navire Bourguignon descendirent celle part à terre par ar* deur de grever les Anglois; mais les François sourvindrent iUec en si grant nombre au secours des Anglois, qu*il convint Bourguignons retraire aprez qu'ilz eurent occis XVIII ou XX des gens [de] Warewic.

Ancores en cest an, ou mois d'aoust, ung puissant conte* d'Engleterre, quy avoit espousë la seur de la contesse de Warewic, avoit assamblé une puissante armée, atendant la venue de son beau frère en Englelerre, selon qu'ilz Tavoient conclu eusamble^ pour combattre le roy Edouard; mais Warewic ne polt passer ceste fois pour estre à la journée entr'eulz assignée, tant pour le vent contraire, comme par Tempeschement que luy firent les Bourguignons : et avoit lors Ware^^ic eslevé grant plenté de François pour les mener en Engleterre àTencontre du roy. Et, pour tant, sitost que le roy Edouard fut de ceste assamblee ad-

en Engleterre^ et le filz estoit exilliez da pays. La marine fa la sear da roy, femme du duc de Bourbon. Ponr laquelle natiTité furent faittes grans fettes et grans feus par tout le royalme. Je ne scay encoirez m l'enfant yit ou fl*3 est mort; et, pourtant, je m'en taîz et n'en scauroie dire plus avant. » I. Dugdale ne fait aucune mention d'un beau-frère de Warwick qui ait encouru la peine capitale pour avoir servi contre Edouard. Les historiens se taisent aussi sur ce sujet. Lingard (II, 579) parle bien d'une ruse de guerre employée par lord Fitzhugh pour attirer le roi dans le Nor« thnmberland, mais, à l'approche de ce prince, il se retira au delà des frontières d'Ecosse : il n'est point question de sa mort.

36 CRONIOQUES D'ENGLETERRE. [1470]

verti, il mist sus une grosse puissance qu'il bailla au seigneur de Scalles pour les aller combattre, comme il fist : et là desconKst ses annemis, desquelz furent occis de m à im°^, et plusieurs prisonniers , entre lesquelz fut le dit conte, prins et menez au roy Edouard qui prestement lui fist la teste trenchier.

Ancores en cest an lxx , ou mois de septembre, vindrent nouvelles au duc de Bourguoigne que les Turcz avoient prins Nygrepont, une moult noble cité apartenant auz Vénitiens, devant laquele le Turcq avoit sis de v à vi mois, adcompaignië de bien trois cens mille payens, ou plus. Et ainsi la tint assegié par mer et par terre, telement que oncques le roy de Hongrie, ne les Vénitiens n'y peurent remédier qu'elle ne Teust concquise ; qui fut moult grant perte pour la crestienneté, et fait bien à doubter qu'il n'en concquere beaucop [d'aultres], se Dieu, par sa miséricorde, n'y pourvoit, mettant bonne paix en la crestienneté, et donnant auz princes d'ycelle vouUenté de eulz dreschier contre ledit Turc et tous les infidèles ^

1306. Comment le conte de Warewic et le duc de Glarenoe allèrent devers le roy Loys de France, et des alyances qu'ilz firent ensamble. XIU.

Nous avons dit cy dessus comment le conte, de

1 . Ce chapitre setermioe ainsi dans le manoscrit n^ 432 , Fonds Sorhonme : c Le XII* jour dudit moisdeseptembre, ou dit an, que le duc deBour^ gongne sejoumoit à Hesdin, et que une ambassade de Bretaigne estoit iUec venue devers luy , ioelluy duc de Bourgongne, preseus ceulx de celle ambassade, et que tous ceulx de son conseil et de son hostel, fist une grande proposition et declaira illec^en audience, les causes et les raisons pourquoy le sei» gneur d'Ârguel s^estoit mal contenté de luy, pour nng pit>ces * jugié contre

* Voir à ce snjet ChutelluB^ p. 898 et raÎT.

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Warewic et le duc de Clarence, atout leurs navires, lurent rebouttez des Bourguignons : pour qiioy ycellui conte , voiant qu'il n'estoit pas fort assez à soy retourner en Engleterre sans autre puissance, il délaissa son navire au port de Harfleu. Si se tyra, avec luy son gendre de Clarence, devers le roy de France*, dut|uel ilz furent grandement conjouis et bieuviengniés*. Sy trouvèrent illec la royneMargueritte, femme

hiy : lequel proeet aToît esté Tea et Tiseté par plnîaean conselliien et grant derci, et finableraent jugié ao proufBt da seigneur de La Rochegnyon, fih da prince d*OreDges. Duquel prince, icelluy seigneur d*Arguel, aléa hors de Tostel dudit duc mal content, faignant qu'il alast voler; et s'en ah rcCrairederers le duc de Bretaigne, quy estoit son onde : et pour ce qu'il s'en estoit ainsj a lez estrangement, le duc, quy en fu mal content, le de* BOQea et declaira banny de tout ses pays, et tous ses biens k luy confiequies : disans, onitre, qu'il ne luy avait pas gardé la fidélité et la leaulté qu'il deroit à luy, quy estoit son seigneur. Et, touttes Toies, il neentendoit Iny avoir fisit'synon raison et justice, et par meure et longue délibération de tous cenlx de son conseil et des conseilliers d'Amiens, de Monstreul et de plniseurs aultres villes. Cestuy seigneur d'Arguel avoît espousee une des fiUet de Bourbon, cousine germaine au duc de Bourgongne : laquelle bonne dame fut moult désolée de veoir ainsy son mary en la maie grâce d'ycdlny due ; mais amender ne le povoît. i

1 . € An mois de may 1470, le conte de Warwicb et le duc de Qarence, avec leurs femmes, qui dechassez avoient esté par le roy Edouard d'An» {^erre s'en vinrent prendre terre en Normandie Illec ilz trouverait M. l'admira], qui les recueillit Ledit de Warwicb séjourna et

demeora depuis certain temps, c'est assavoir durant le dit mois de juin, au dit Honnefleur, s {ChroHique seûnJalêtuê. Voy. Lkvglst, II, 84.)

S. On va voir, par lès lettres qui suivent, que Louis XI ne fut pas tièft-content de cette arrivée et qu'il n'épargna rien pour renvoyer an pftas vile Warwick et son gendre.

« Mcmsienr de Gongressaut, et vous, monsieur Du Pleaseys, j'ay reoeu vos lettres et veu bien à plain le contenu en icelles, aussi en la petite ame^ qui estoit dedens, [en iûqueU?] m*advertisses très bien de la venue de

* Amb, bUlei inclus dans une Uttre. IVont ictroarons, cent ans plus tard, le mot mme employé aree eette signification, c Je sais en un traitté qni m*est commandé dn roi, qae too» entendrés par ce qni sera en diiffre en Vame indnse en rette lettre. > {Mémoires de Pk. de Monuty ; k La Foiett, I6S5, in-4«, tome II, p. 9.)

38 CRONICQUES D'ENGLETERRE. t^470]

du roy Henry d'Engleterre, et son filz Edouard, qu*OD appeloit Prince de Galles : et là firent ensamble plusieurs convenances et alyances au préjudice de qui que bon leur sambla, en especial du roy Edouard

meitieun de Qerenoe et de WaroTych, et [coiiun«] , sor tontes choses, ilx désirent parler à moy ; mais toqs ne me respondez point [au quare\y c'est au parlement des navires, et savex bien que c'est la chose [dont poiu] ay expresseement charger, et dont me peut pins venir d'inconvénient.

Et pour ce, avant que conclorre leor venue, faites qne tout lenr navire soient |yNir/j«], car je ne les verray point tant qn^ilz aient leur navire par délia : et s*ilz vouloient laisser les navires pour leurs personnes à Honnefleu ne le souffrez pas, car jamais ne seray i mon ayse tant que je sai^e au certain que tous leurs navires soient partis et qu*il n'en soit demonié nng tout seul ; et leur dites qu'ils pourront mettre les dits navires de leurs corps dedens leâ hahles de Harfleu, Grantville, Ghierbonrg on ail* leurs, ou bas pais, et qu'ils y soient menez en manière que les bourguignons ne puissent savoir qu'ils sont devenus.

Et s'ils disoient que, après qu'ils auront parlé à moy, ils ne ponrroient pas recouvrer leurs navires, vous leur direz, et aussi la Tenté est telle, qne de Yaujoux ils seront plus près de leurs dits navires, quant ils seront an bas pais, qu'ils ne seroient s'ils estoient à Honnefleu : et, d*antre part, que s'ils ont afaire de navire pour leurs personnes quant ils auront parlé à moy, qne je leur feray bailler la grant nef de monsieur l'admirai, ou de Tai»tre navire tout ce qu'ils en vouldront; mais gardes, sur tout ce qne me voulez servir, que &cies incontinent partir tout leur dit navire, et le m'es* cripves à toute diligence incontinent qu'il sera party.

Aussi, monsieur Du Plesseys, je vous baille charge d'envoyer incontinent devers les gens de monsieur de Bouigongne, et lenr mandez que je vous ay envoyé par delJa pour recouvrer tout ce que vous pourres trouver des biens des subgects de mondit sieur de Bourgongne. Et, pour ce, qne s*ilz veulent envoier devers vous, qne vous leur feres rendre tout ce qne vous en pourres trouver : et s*il y en a aucune chose, faictes le faire, et je le feray incontinent paier à mon dit sieur de Warovych.

Je vous ay mandé tout l'expédition des vitaiUes par maistre Gnillaume Picart.

«^Et incontinent que tout leur dit navire sera party, mandes moy le jour que je me rendray k Vaujoux : et je m'y rendray pour parler à enlx, et m'escripves chacun jour de vos nouvelles.

Vous me faites enrager dejmettre et laisser les dames si près de Sejme et de ces marches : et, pour ce, je vous prie, &îtes qu'elkf aillent plus bas

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d^Engleterre, el de son serouge le duc de Bourguoigne; car le roy de France traicta lors le mariage de son cousin Edouard , prince de Galles , filz du roy Henry prisonnier et de celle royne Margueritte , sa femme,

et me denat îl contter le double des despens ; car je les paiera^ très toqlentiers.

Et dites franchement à monsîenr de Waroyych que je ne les puis aider en ces marches que monsieur de Bonrgongne ne le sache incontinent par les gens de monsienr le connestable, ponr ce qu'il est gou- Tcmeor du pais et que ses gens sont logez tout à Tenviron. Aussi il pourra recouvrer plus aiseement les dites dames, elles estans on bas pais, et en plus grant senrté qu'il ne feroit de nulle des abbayes où il les yenlt mettre : aussi, attendu que les dites abbayes ne sont point fortes, Ton pourroit £ure d'une nnyt desplaisir à cenlx qui seroient avecques elles, qui me seroit le plus grant desplaisir du monde ; et, pour ce, je vous prie que le remonstrez si bien à mon dit sieur de Waroyych qu'il les mette ou bas pais et qu'il ne les laisse point esdites abbayes.

Je ne seray jamais à mon ayse tant que je sache que tout le navire de mon dit seigneur de WarvoTych soit bon de Seyne, et quant il sera on bas pais, je pourré dire que c*est monsienr Tad mirai qui les soustient et qui les a mis en ses bables et non pas moy : et s*ilz estoient en Seyne, je ne le pourroye faire, pour ce que, comme savez, monsieur de Bonrgongne le sauroit tons les jours par les gens de monsieur le connestable.

Escript i Amboyse, le xix« jour de may. Lots, de Cerisajr. » (BiiL anp.^ Mss., Fonds Gaignières^ n» 303, fol. 44.)

c Monsieur du Plesseiz, vous savez assez le désir que j'ay et doy avoir du retour de monsieur de Warvyk en Angleterre, tant pour le bien que ce me seroit de le voir andessus de ses querelles, ou, à tout le moins, que par son moien le royaume d'Angleterre fust en brouilliz ; comme pour éviter les questions qui pour sa demeure par deçà pourroient avenir, dont vous en avez congneu descommencemens. Ponr quoy vouspry quemetez peine, tant de vous mesme comme en sollicitant monsieur l'admirai, monsieur de Concressanlt et autres de par delà, de tellement besongner avec ledit monsieur de Warvyk que il parte pour aller audit pats d'Angleterre le plus prestement que faire se pourra, et, pour ce faire, luy dire toutes les causes et raisons dont vous et eulx vous saurez ad viser ; mais j'entens que ce soit par toutes les plus douces voyes que pourrez et en manière qu'il n*aparcoive que ce soit pour autres fins que pour son avantage : et anssy ferez aprester de mes navires pour le conduire, si sans conduicte

^0 CROmOQUES D'ENGLETERRE. [1470]

qui estoient germains dudit roy Loys^ : c'est à scavoir le dit roy Henry filz de dame Katherine de France, belle ante dudit roy Loys, et la dite dame Marguerite fille du roy Régnier de Sezille , oncle de par la mère

ne Touloit partir, car tous sayez que ces Bretons et Boorgongnons ne tendent à autres fins que de trouTcr moyen de rompre la paix sur coalear de la demeure du dit de Warrik par deçà, et par tant oob« mencer la guerre ; laquelle je ne Touldrojre point reoir commencée sur oeste couleur. Et pour ce que vous congnoissez mes affaires plus que autre, et que j'ay toute ma fiance en vous, je n'escripz à présent à nul que à TOUS de oeste matière. Si tous prie, monsieur de Plesseys, que tous y besongnez en manière que je congnoisse le Touloir que aTez à me bien serrir an grant besoing.

Donné à Amboyse, le zzn* jour de juing. Lors. Ia Clerc» > (Id., i^., fol. 98.) Cette lettre est imprimée dans V Histoire de Louis XI ^ par Do* clos (m, 3:».)

c Monsieur du Plessis, j*ay receu toz lettres faisant mention des causes pourquoy tous semble que monsieur de WaroTyc n'est pas si prest d*al* 1er en Angleterre comme je Tentenz, pour quoy demandez comme tous aTCi à TOUS gouTemer toucbant l'argent. Vous aTez jà soeu comme la royne d'Angleterre et le dit de Warvyc se doiTent assembler au Mans, là où ils auront tost fait ou failly : pour quoy le dit de WarTic n*aura cause de faire plus long séjour par de ca ; mais, au regard de l'argent, je croy que Tostre adTiz est bon, si non que Teîssiez que autrement faire feust cause de abregier la matière, et que congneussiez qu'il en feust nécessité. Je res* ponz à monsieur l'admirai de tout le surplus.

Donné à Tours, le m* jour de juillet. Lots. Le CUre» a (Ii>-> *^*% fol. 09.) Imprimée dans Dudos, (III , 355.)

t Monsieur du Plessiz, baillez et deliTrez de l'argent que tous aTez entre mains, à monsieur de War^yk, la somme de trois mil liTres tournois, pour départir à ses gens et autrement, ainsi qu'il adTÎiera.

Donné au pont de See, le xti* jour de juillet. Lots. Flameng, » (Id., i^., fol. 97.)

i. c Par cette manière doncques, dit Ghastellain (501), fut fait «a mariage. Dieu sut quel, et par l'inTention de deux personnages, cbactm béant à son prétendre; le roy, pour renvoyer Warwyc en Angleterre, soubz nouveau tiltre, encontre Eduard, et Warwyc, pour retourner en Angleterre, soubz le confort de France, pour soi Tengier de sa bonté ; et finablement les deux appetis du roy Loys et de Warwyc tendirent à une

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an dit roy Loys de France; car laroine Marie, mère du roy Loys, estoit seur audit roy Régnier, duc d'Anjou. Lequel mariage dudit Edouard fut fait à la fille du conte de Warewic, moiennant et par condition que Warewic restitueroit le roy Henry, son père, en la couronne et dignité royalle d'Engleterre : ouquel traitié faisant furent acordees plusieurs promesses et grosses convenances, déclarées à plain en la lettre sur ce £ûte, dont la teneur s ensieult.

1307. Coppie des coavenances et alyances faites entre le roy de France et le conte de Warewic*. XUII.

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France , à tous

eomnrane fin prinàpaley qui eitoit de deffaire la maison de Bourgogne, ee qui faire ne le pooit, fi non par deffaire, premier, le roy Ednard. >

Le 25 juillet, le roi écnToit an seigneur dn Plessiz : c M. dn Plessiz, n'a gnieres ay enyoyé mesure Yvon dn Fou par delà pour mettre le fait de moncienr de Warryk en senreté : et, présentement, luy mande qu'il mette telle prorision et ordre que les gens dudit monsieur de Wanryk n'aient point de nécessité jusques à ce qu'il soit par de U. Jujour^hi^ ttçoms fait le mariagt* de la roy ne Jt Angleterre et delai^ et demain espère faToir du tout depesché, prest à s'en partir, eto {BibL imp,, Mss. , Fonds GaigmUres^ n« 303, fol. 96. Imprimée dans Duclos, III, 355.) C'est le ▼icaire de Bayeux qui fit ce mariage, comme on le voit dans un compte de dépenses de la oour de Louis XI : c A maistre Jehau Le Marchant, prebtre, la somme de XXVII £X* t., pour vingt escnz d'or à luy donnée parle roy.... pour le restituer de semblable somme que, par l'ordonnance d'icelhii seigneur, il aToit baillée du ûen an vicaire de Bayeux^ auquel icdlui seigneur en a fait don en faveur de ee qu^'d est venu espouser U prince de Galles à la fille du conte de WarwUk, > (Id. , ihid, , Supplément frast* fou^ no 1866*, fol. 144 Terso.)

I. Le 13 de novembre 1470, le roi Louis XI euToyoit comme ambas-

* Ce sont, sans doute, les fiançailles qui m firent ce jour-là ; car fl eat dît dans on tet des dépenses do Roi qa*il accorde « à Bernard Hnicao la somme de...., poor nsf voyage par loi fait, partant d* Angers le 4 4*yo»r d'aoust 4470, à Rennes et Laon , derers les arcberesqnes et ereaques des dits lieux, lenr porter lettre de par iccUuî seigneBr, poor saToir d'eolz s'ils aboient pouvoir de dispenser d**ispouser le prùue de Galles a lajille dm eanie de fFarvick. » (lo. , Hid., SuppL françiis, n*4499, i^ ft7Tcno.)

42 GRONIGQUES D'ENGLETERRE. [1470]

ceulz quy ces présentes lettres verront ou orront, salut. Comme nostre très chieret amé cousin Edouard, par la grâce de Dieu prince de Galles , duc de Cornuaille et conte d'Excestre, nous ait baillié ses lettres patentes scellées de son seel, par lesqueles, et pour les causes contenues en ycelles, il ait juré et promis par Dieu nostre Créateur, par la foy et serment de son corpz, sur son honneur , et en parolle de prince , et s'est déclaré qu'il fera et fera faire guerre ouverte à tousjours, par tous ceulz quy voldront faire pour luy, à l'encontre du duc de Bourguoigne et de ses adherens, sans aulcune chose y espargnier , et que jamais il ne fera ou souffrira faire traictié, paix , accord, ne apointement, trêves, ne abstinences de guerre avec ledit duc de Bourguoigne , ne n'en tendra parolle, pour quele chose quy puist estre ou advenir, sans nous, nostre sceu et exprès vouUoir et consentement; mais poursieuvratout oultre , conduira et continuera la guerre jusques à la fin de la concqueste d'ycellui duc de Bourguoigne et de tous ses pays, terres et signouries , et que celluy quy aura premiers achevé de son costé pour tant ne laissera il la guerre, ains sera tenu d'aller à toute sa puissance, aidier et secourir à l'autre jusques à ce que la dite concqueste soit parachevée : et, en oultre, il a

ttulear en Angleterre t Loys de Harecoort, patriarche de Jenualem, e?esque de Baienx; Tangny dn Chattel, YÎconte de La Belliere, gooTernenr de Ronxillon et de Sardaigne ; Guillaume de Mesypeny, seigneor de Congressaut ; Y?es, seigneur du Fou ; NichoUe Michel, docteur en théologie, penitancier et chanoine des églises de Baieux et de Constances; et Guillaume de Cerisay, greffier de la court de Parlement, » avec pleins pouvoirs de traiter avec le roi d'Angleterre. (Rtmbh, V, partie II, page 179.) Voir aux Pièces jiutifieathes^ u» VIII, quelles étaient les proposations de Louis XI.

[i 470] SIXIÈME PARTie , LIVRE VI , xmi. 43

promis de bonne foy faire son leal debvoir envers Ires hault et très puissant prince nostre très chier et très amë cousin le roy Henry d'Engleterre , son père, que samblablement il se déclarera comme luy à faire guerre ouverte par lui , ses subgectz et alyez à rencontre dudit duc de Bourguoigne; et pour ce que ycellui duc s'est alyë de piecha à Edouard de La Marcbe, qui, contre Dieu et raison, s'est efforchié de usurper ledit royaulme d'Engleterre, et avoir mis en servage et captivité nostre dit cousin le roy Henry, lequel il detenoit en la tour de Londres , avoit aussi enchassié nostre dit cousin le prince de Galles et nostre très chiere et très amee cousine la royne Margueritte , sa mère , du dit royaulme d'Engleterre, prétendant, par le moyen de ce duc de Boui^uoigne, et par son ayde et faveur , de tous poins destruire nos dis cousins et cousines , et nous aussi , qui tousjours les aurions favorisiës, secourus et aydez se faire l'eussions peu ; mais Nostre Créateur, qui est droiturier, y a pourveu en tele manière que nostre dit cousin le roy Henry a esté mis au délivre', et fait paisible de son

1 . Henry étoit déjà libre dès le 8 octobre 1470, ainsi qa'on le peut Toir par la lettre qui sait, adressée à Louu XI par le comte de Warwick :

c Sire, je me recommande à Tostre bonne grâce le plus humblement (pie je puis, k laquelle plaise saToir que, à l'aide de Dieu et de la Tostre, dont je ne tous sauroie assez remercier, tout oestuy royaume est à présent mis en l'obéissance du roy mon souTerain seigneur, et le usurpant Edward cbassé hors, et mon dit souTcrain seigneur releré du grant dangier en quy il a long temps esté, et mis en son estât royal, et ne y a, de oeste heure, nulle personne qui ne soit en sa droitte obéissance, comme plus à plain ce porteur tous en fera relacion, s'il tous plaist ; auquel je TOUS supplie de adjouster créance et de ne estre desplaisant de ce qu'il a tant demouré ; car ce a esté à mon désir, pour ce que mieulx il eust la ooDgnoissance de toutes choses jusques à présent, et qu'il Tcist et congneust depuis le comencement jusques à nostre entrée en ceste cité de

44 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [U70]

dit royaulme, et ledit Edouard de La Marche dechassié et expulsé d'ycellui, non obstant les faiseurs à lui données par ledit duc de Bourguoigne, lequel recoeilly et reytere pour veoir se il porroit trouver manière de povoir ancores guerroier le roy Henry, nostre dit cousin et Nous, ce que Dieu ne voeille : à laquele cause et adfin que, à Fayde de Nostre Créateur, Nous, et nostre cousin le roy Henry , puissons résister à la maulvaistié et dampnable emprinse des dis duc de Bourguoigne et Edouard de La Marche, jurons et pro* mettons à nostre dit cousin le prince de Galles, par Dieu Nostre Créateur, et par la foy et serment de nostre corpz, sur nostre honneur et en paroUe de roy, et dès maintenant Nous déclarons par ces présentes que Nous Ferons et ferons faire guerre ouverte, par Nous et par tous nos subgectz, à Tencontre dudit duc de Bourguoigne et de ses adherens, sans aulcune

Londres, et de luy octroier TOttre (aTouralile grâce ; car en tontes chofct il s*est incliné d'acomplir Tostre commandement et mes detin. Sire, monseigneur de Qarence et moy ayons entendu que n'estes pas bien content de fflcnsieur l'admirai, pour ce que on tous a donné à entendre qu'il aToît entreprins de nous deliyrer au duc de Bonrgoigne, quelle chose nous tient fort an cner; car nous congnoissons sans faulte que cenlx qui tous ont ainsi enformé n*ont pas bien fait, et, sauf TOStre grâce, tous ont dit le contraire de la Tcrité. Et pour ce, le plus humblement que je puis, je ▼ons supplie on nom de mon dit seigneur de Clarence et de moy de ne citre mal content de luy, ne de croire telle informacion, mais toutdis continuer yostre bonne grâce envers lui et de mieulx en mienlx pour l'amour de nous, s*il tous plaist ; car, sans faulte, nous sommes fort atenn i luy pour Tonnenr et bien qu'il nous a fait par deli en cengnoissant TOStre commandement : ce sceit le Tout Puissant à qui, Sire, je supplie de TOUS octroier les mieulx amex de tox désirs.

Escript i Londres, le Tin* jour d'octobre (1470.) WAmwrcB. » (Bi6i. imp., Mss., Fomiis Gcigtiiirts, n» 304, fol. 19.) Dugdale (II, 163) se trompe donc en datant du 25 octobre cette mise en libôté.

[1470] SIXIÈME PàETIE, LIVUE VI, xit-zt. 45

chose espai^ier : et que jamais nous ne ferons ne faire ferons traitië , accord , paix , ne apointement , trêves ne abstinences de guerre avec ycellui duc de Bourguoigne, ne n'en tendrons paroUe, pour quelque chose quy puist advenir, sans nostre dit cousin le prince de Galles, et sans son sceu et exprès voulloir, et consentement; mais serons tenus de poursievir tout oultre, conduire et continuer la guerre jusques à la fin de la concqueste dudit duc de Bourguoigne et de tous ses pays, terres et seignouries, et que cellui qui aura premiers achevé de son costé pour riens ne laisse la dite guerre , ains soit tenu d'aller avec sa puissance' ayder et secourir Pun l'autre , jusques à ce que la dite concqueste soit achevée. En tesmoig de ce, Nous avons signé ces présentes de nostre main, et fait sceller de nostre seel de secret. A Amboise, le xxviii* jour de novembre^ l'an de grâce mil quatre cens lxx, el de nostre rengne le x*. Ainsi signé: Lors*.

1308. G>iDmeQt le conte de Warewic et le duc de Clarence letoumerent en Engleterre ; et comment le roy Edouard passa la mer et vint en Hollande. XV .

Ou mois de septembre, an LXX, se trouvèrent les

f . Le 13 déeeoibre taÎTaiit, Loqîs XI éciÎToit an comte de Dampmartin: c Mon ficre de Goicnne s'en ala hyer bien ooment ; aossi la reyne d'An- ^Ictencet madame de Warric s'en yront demain. » {B^l, '"V** ^^«9 Foadâ BétMuMe, n* 8453» fol. 51.) — c A madame la royne d'Angleterre, pour tes dépens, da prince de Galles, son fils, madame Anne, fille de Boosieor de Warwicb, femme da dit prince, es mois d'aonst, septembre et octobre 1470, 3550 £; pour le mois de noTcmbre et décembre, pour le iait de lenr argenterie, Î830 £ et 1000 pour ses plaisirs. > (4* compte de Jeban Briçonnet. Id., iiid.^ Fonds Gaignières, n« 779*, fol. 500 Terso.)

S. Cette lettre se trouve dans Sai^^zabo. (IV, Preupes, ocxcit) et au ma- 8448«, fol. 113(A«^/. /V)

46 CROinCQUES D'ENGLETEBRE. [i470]

disWarewic et Clarence, et leur compaignie, en Engleterre ' : lesquelz, illec arrivez, descendirent à Bristo *, où ilz recouvrèrent vu ou viu"" hommes en leur ayde, puis se misrent auz cbampz , tyrant droit vers le roy Edouard ; et tousjours leur croissoient gens de toutes pars. Mesmement, passant parmy la duchië de Sombresset^ se vindrent joindre à eulz le seigneur de Cbyrosbury y filz du seigneur de Thalboth ', et le sire Scanlay ^, lesquelz seigneurs avoient avec [eulz] v " hommes.

Alors estoient le roy Edouard et les siens en la ducié d' Yorc , en une ville, nommée Dancastre ', avec luy le conte de Rivière, seigneur de Scalles, le seigneur de Hastinghesy le conte de Ourxestre* et le mar* quis de Montagu, auquel le roy avoit donné grant terre et seignourie, et sy estoit Tarchevesque d'Yorc ; les gens desquelz archevesque et Montagu prindrent débat à ceulz du roy Edouard. Si n'estoit, adont, pas plus loingz que à une journée de eulz : et avoient lesdis archevesque et Montagu bien quatre mille

1. c Donné à Ricliard de Nenyille, conte de VITarwich en Angleterre, pour s'en retourner an dit royanme, 467 000 £ et 34 000 escnz. (4* compte de J^an Briçonnet pour l'année finie en septembre 1470. {Bihl. imp,^ Mas., Fonds Gaignièret, n» 772*, fol. 499.)

2. Brixton? près la ririère d*Yealm, dans le Deponihire, oo Buriom Bradstock, sur la nirière de Bridy, dans le Dorsetthin, Les historiens s'accordent à dire que le comte prit terre à Darmonth, dans le DcYonshire, à 204 milles de Londres. M. John Bruce dans son introduction (page x) à V Histoire de tarrivée ^Edouard IV en Angleterre^ met Wepnoutk^ dans le Dorsetshire, à 135 milles de Londres.

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