‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 5)Chapitre 37 sur 146 · Worcester · texte numérisé non relu

Worcester

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hommes de leur parti, qui se fraperent es gens du roy, quy, Yoiant cest inconvénient, guaigna ung pont, lequel fut reconcquis sur luy par les dessus dis. Pour laquele cause , le roy, adfin d'eschiever ce dangier, adverti que Warewic estoit si prez de lui atout bien L mille hommes, considérant comment les dis seigneurs, frères de Warewic, le trahissoient^ villainement

I . Void on' document relatif à cette trahison, intitulé : c La Traison faicte en Angleterre au roy Edouard d'Angleterre, comme Ta etcript monûenr le baiUy de Dijon, qui ett en Flandres, à monsieur le preûdent des parlemens de Bourgongne, et resseues à Dijon le %xyi* jour d'octobre mil mie I.XX. >

Le samedy, xzn* jour d'octobre, sont Tenus à Hcsdin devers monseigneur deux gentilz hommes du roy d'Angleterre, qui ont afFermé pour ▼ray que le roy estoit k la Haye, avec luy monsieur d'Escales, frère de la royne, monsieur d'Astingues, son premier chambellan, qui a espousé Tune des seurs du conte de Verwich, et plusieurs autres grans seigneurs, le tout au nombre de deux mille hommes, angloia.

Dirent à mon dit seigneur les dits gentilz hommes que le roy meist ses gens d'armes aux champs pour combatre le dit de Verwich, qui estoient en pinsienn parts ; et pour les assembler ordonna le roy au seigneur de Montagu, frère du dit conte de Verwich, ooquel il se fyoit très fort, qu'il assemblast toute son armée, et lui bailla la charge de son ayant garde, où estoit une grant partie de son armée. £t le roy demeura pour oyr messe en une Tille ditte d'Ozestre et bien petite compaignie; car il se fyoit du tout on dit seigneur de Montagu, lequel s'en Tint contre le dit roy en la plus grosse flote* de tous ses gens d*armes, ausquek il deist: 1 Messieurs, n'estes tous pas contens de faire ce que je feray, et de tenir le party que je tiendray, et TiTre et moryr avec moy ? « lesquels dirent tons que oy . Et lors il leur dit, hault et cler : c Pay ohangié maistre, et suis de présent au roy Henry et à monsieur de Verwich, et tous adverty que œulz qui tiendront ce party, je les feray tous riches; et ceulx qui tiendront le party du roy Edouard, je leur feray trancher les testes, t Et alors tous crièrent : « VItc le roy Henry I • Et, incontinent, le dit de Mon-

* Flots, troupe ^ réunion, < Les gens à chenal, qoe les Anglois aaoient mis au bois dessus dit, saillirent tnjhte, » (Juthial des Uasms, Histoire de Charlet FI ; Part», 1663, in-fol., p. 84 6.) — « Et en estoient ia nonnelles en plnsienrs gamiaona eXjlete^ de gens d'armes. » [Le Jouuencel , fol. x, rerao.) Sainte-Palajre, k qui BOBS empruntons ces exemples de Temploi da mot flote, en dte enoore plnaâeors aaties.

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en prendant party contraire , se tyra faasdvement en la ville de Hepshuye*, où il trouva, d'aventure, navire. Si passa en Hollandes, luy adcompaignié de sou frère, duc de Clocestre, du conte de Rivière, seigneur deScalles, son serouge, le seigneur de Hastinglies, le seigneur de Duras et autres. Si vint arriver à la Haye*, ouquel lieu Fut envoie par le duc de Bourguoigne le seigneur de LaGruthuse, prince de Steinbuse, pour lors gouverneur du dit pays de Hollande , qui honnourablement le recheut, comme bien faire le scavoit; et là le festoia bonne espace parmy ledit pays de Hollande , et si au gré du dit roy se conduisi , que grandement depuis s'en loa, comme bien y parut; car il

taga et set gens marchèrent en ordonnance contre le roy Edooard qui AToit très petite compaignie et caidoit que le dit de Montagu Tint pour Ini, jnsqaes il congneat que les archiers dndit Montagn tirèrent contre lai et ses gens, et fut contraint, quant il congneut la desloyanlté du dit de Montagu et sa traison, d'abandonner tout et se tirer, pour soy sauver, contre le port nommé Pouret, o& il trouTa des nayires qui attendoient le conte de Yerwich pour le sauver, ou cas qn*il etist en le pire de la bataille : et les aYoit (ait tenir le dit conte tous prez pour le reccToir, s'il en aToit nécessité. Lors se bouta dedans et se feist mener en Hollande arec les dessus dits, et se noyèrent plusieurs de la compaignie du roy qui ne peorent entrer es dits navires. Le roy Edouard aToit encores le duc de Clocestre, son frère, qui estoit des siens, et le conte de Northunberllant, qui aToient moult grosse compaignie de gens d*armes et tenoient an secours du roy ; mais le conte de Yerwich et le dit de Montagu firent par tout publier que le roy estoit mort, par quoy chascun prînt son party. s {BièL împ,^ Mss , no 3887, fol. 85.)

1. Ipswich, sur la ririère d'Onrell , a 60 milles de Londres, dans le comté de Suffolk. Les historiens disent à Lynn. Cette dernière ville est située sur la rivière d'Ouse, à 70 milles de Londres , dans le comté de Norfolk.

2. f Le roy Edouard d'Angleterre arriva à la Haye le i I octobre (1 470), le duc de Bourgogne luy fit donner cinq cens escns d'or de quarante* huit gros pièce, par mois, pour son entretien, outre plusieurs antres sommes de deniers et dons qu'il luy fit avant son départ pour l'Angleterre, s {Chronique tcandaUme; voy. LasaLBr, II, 496.)

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luy eslai^, ainsi que digne de plus grant honnour et prééminence, la contée de Wincestre^ en Engle* terre*.

i. Voir le cnrîeiix récit de aon arriirée en Angleterre, et de sa création de comte de Winchester, dans Arckaeohgia Br'U,^ XXVI, 275-284.

2. Ce chapitre diflère tellement dans le manuscrit vfi 432, Ponds Sonhornuy que nous croyons devoir le rapporter ici comme variante :

< Oo dit an ij(x, environ la fin de septembre, le conte de Warvich se parti du pays de Normendye i tontte son armée de mer, et s'en alla descendre en Angleterre, sans ce que l'armée du doc de Bonrgongne qoy tenoient la mer, et dévoient guetter snr loy , luy baillaissent qu^elqne empeschement. Et dist on qu'il se party sy secrètement, par temps de bm^ne, sy que leurs ennemis ne les povoient Teolr. Hz arrivèrent en Angleterre k nng port de Dartemue, et de ce port s*en ala VITarvich à Londres, oà il fu recheu à moalt grant joye ; et tost appres il fist le peupple assambler, et leur remonstra, en grant samblant d'humilité, qu'il avoit mal (ait d*avoir deboutté le roy Henry, et pour en avoir pardon il a envoiet à Romme : lequel pardon il a obtenu, par telle condition qu'il avoit promis de remettre icellny roy Henry en sa majesté royale, et de en deboutter le roy Edouard, et que, pour ce faire, il estoit revenus ou pays. A la Tenté, il avoit promis ce faire au roy Loys de France....

Quant le roy Edouard, qui lors estoit à trois journées de Londres pour assambler gens d'armes, seeult que Warvich estoit retourné au pays, el comment ceulx de Londres l'aYoient honnourablement rechen, il se parti et liia vers Londres, toutte sa puissance avecq luy, pour combatre son anemy ; et Warvich s'en yssy aussy de Londfcs pour le combattre. Dont advint, à Fapprocier les ungs des aultres, que le frère de Warvich, marquis de Montagu, quy menoit l'advantgarde du roy Edouard, se tourna avecq Warvich, et y mena toutte celle arantgarde et aultres pluiseurs à son exemple, et ne demourerent avecq Edouard que ung petit nombre de nobles hommes quy luy conseillierent qu'il se saulyast le plus tost qu'il pouiroit, disans que le pluspart de leur armée estoit tournée ayeoq Warvich k rencontre de luy.

Quant le roy Edouard enbtbien entendu et pensé sur le conseil que on luy donnoit, et Toyans que ses gens es quelz il se fyoit le plus l'avoient ainsy habandonné, et doublant, se son aneroy le tenoit, qu'il le feist morir, incontinent il se parti et tyra vers la mer ; trouva bateaulx esquelz il se bomta, et se fist passer en Hollande, aveuoq luy le seigneur de Scalles et pluiseurs autres.

Quant le duc de Bonrgongne en fu adverty, il envoya tantost devers luy, et par son premier maistre d'ostel luy envoya de l'argent et le fist

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1309. Gomment le conte [de] Warewic.misthorsdela tour de Londres le roy Henry, et le Bst de rechief couronner roy. XVI.

Tantost aprez le roy Edouard party d'Engleterre, comme oy avez j le conte de Warewic et sa compaignie tyrerent à Londres , où ilz misrent le roy Henry

réconforter le mienlx qu'il pealt. En ce pays de Hollande ae tmd le roy une espace de tempa ; et, entretant, le conte de Warvich fist en partie tout che qu'il youloit partout le royalme d'Angleterre ; et fiât mettre à déli- -vrance le roy Henry, quy longuement eubt esté prisonnier ou chastel de Londres, et le remist en son premier estât royal, hounouré et obey du peupple comme devant.

Le XX" jour de novembre, ou dit an lxx, le duc de Bourgongne estant à Hesdin, messire Bauduin, bastard de Bourgongne, son frère, ae parti soudainement de Tostel du duc et s'en alla en France devers le roy, luy m* seulement, portant ung arbaleste comme pour aler traire aux bestes sauvages : ce qu'il faisoit souvent et voulentiers. Le lendemain au matin, se partit aussy de Hesdin ung gentil bomme de -l'ostel du duc, nommé Jehan d'Arson, panetier du duc de Bourgongne, et maistre d'ostel de messire Antboine, bastard de Bourgongne, et gouverneur de messire Philippe, son filz. Cestuy d'Arson estoit natif de Bonrbonnoys, et ettoit très bien en la grâce du duc de Bourgongne. Encoirea ung pou devant, Txn jours, s'estoit ainsy tiré devers le roy le seigneur de Monssures, che- Talier, chambellan du duc et cappitaine du duc en Amiens : lequel, renonçant au service du duc et à la dicte cappitainerye, envoya lettres an duc par lesquelles il le remercyoit des biens qu'il luy aroit fais.

La cause pourquoy Bauduin le bastard se partit ainsy, fu, selon commune renommée, pour ce que ung chevalier, nommé messire Jehan de Chassa, que eut esté filz d'un nommé Benetru, quy s'estoit tiré devers le roy environ ung an devant, avoit aulcuns secrets parlemens aveucq ceulx cy par lettres quy leur envoioit, et par messages. Ce Benetru, son père, avoit esté serviteur du duc Philippe, et, par faire le folastre, avoit eu grans biens de luy, sy que deux filz qu'il laissa trouvèrent grans biens appres sa mort, et estoit l'un, bailly de Bruges ; et l'aultre, estoit chevalier, seigneur de Monnet, nommé communemente messire Jehan de Chassa. Cestuy chy, qui estoit prodigue, estoit à l'arriére et en debte; et, pour tant, s'en estoit alez i la court du roy, puis pou de temps devant les aultres, et leur envoioit lettres par ung coustnrier quy eut esté son serviteur. Que les lettres contenoient, je ne le scay encoires, mais Pon disoit communément qn'ilz tendoient à faire morir le duc de Bourgongne par

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hors de la tour. Si le allèrent de rechief couronner en l'église de Saint Pol, et fut retenu pour roy depuis le jour saint Michiel de cest an, jusques au jour de Pasques ensievant de nii*" hxxi. Pendant lequel tampz toutes choses estoient conduites en Engleterre soubz la main du conte de Warewic '; et se tenoit le dit roy Henry

empoîsomienient, par cop de dague, oa par trait d'arbaleatre ; et que le roy leur avoit promis grao< biens à faire ; mais, touttesToyes, commune renommée n'est pas toujours à croire. Une fois advint que oe cousturier, lonspecbonné de porter ces lettres, fut envoyé quérir à Saint Orner, pour ce qu'il avoit baillié les lettres que Chassa eut envoie à messire Bauduin à ung garchon, pour les porter à Hesdin, et le garchon, cuidant adrescbier à messire Bauduin, adrescha à messire Anthoine, son frère, aussy bastard de Bonrgongne, premier chambellan du duc, lequel lut ces lettres, présent ledit Bauduin, quy se percent, et s*eo alla, comme dit est, luy troi- Âme devers le roy, tout le plus tost qu*il penlt. Et le roy le rechnpt bonnonrablement, le tind de sou hostel, et luy donna bonne pensyon. Quand doncqnes messire Anthoine eut yeues ces lettres, il le alla dire au duc, et disoit on lors qu*il avoit les lettres arses, et que le duc n'en fut pas bien content. Le garchon dist que le cousturier luy avoit ces lettres bailliés à Saint Omer, où il estoit, pour les baillier à messire Bauduin, et plus avant n'en scavoit. Le cousturier fut envoiez quérir à Saint Omer, et fut amenez devers le duc à Hesdin, quy le tind illec longuement prisonnier, pour tonsjours tendre à scavoir la vérité de celle besongne : et, quy ne fait à taire, ioelluy messire Bauduin, auparavant, estoit très bien en la grâce du doc son Crere, et avoit grans revenues anuelement, que le duc Phelippe, son père, luy avoit laissiés et données, et sy prenoit de pensyon, tons les ans, sur le duc Charles, xviii*^ francs, et se luj^ donnoit par conrtoisye, tous les ans, de un à vi mille francs } il estoit datif de Lille, de par sa mère, femme de petit lieu. Tost appres le partement de ce bastard, le duc envoya devers le roy Luxembourg, son herault ; lequel il y alla moult eouiz, doubtant la fureur du roy, quy estoit périlleux à conrouchier. Neantmoins, il porta au roy les lettres du duc quy estoient poingnans, comme Ton dist, et ne luy fist, le roy, quelque mal. Ains s'en revint sain et sauf icellny herault, plus joyeux qn*il n*y alla. »

i. c Le dict de Warwyc, qui estoit homme cruel là où il estoit à son dessenre, fist des grans outrages beaucoup en Londres, et par especial sur cenU lesquels savoit estre du party de Eduard, et en fit exécuter tyranniqnement ; usa de volentés en la maison des grans roarchans ; et n'y avoit ne justice, ne règle, ne ordre en tout le royanlme ; tout y alloit

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en Thostel de Tevesque de Londres. Âdont fist le dit conte de Warewic forgîer monnoie d'or en Engleterre, où estoit d'ung costé empraint ung roy en une nef, et de l'autre ung ymage de saint Michiel, et y a voit escript : Henricus, Dei gracia^ Rex Anglie et Francie , dominus Hjbernjre , et les appela on angeles d'Engleterre.

Tantost aprez la restitution du roy Henry, fut prins le conte de Deuxestre ^ qui n'alla pas avec le roy Edouard, lequel conte amené à Londres, fut incontinent decapitté.

1810. Comment le roy [de] France envoia sommer ceulz d'Amiens qu'ilz le rendissent en son obéissance, et de la responce que ceulz d'Amiens firent; et comment ceulz de Saint Quentin se rendirent François. XVII.

Durant ce tempz, le roy de France envoia devant Amiens une grant compaignie de gens d'armes, et fist sommer à ceulz de la ville qu'ilz se meissent en leur obéissance, qui estoit leur souverain seigneur, délaissant le duc de Boui^oigne. En laquele cité estoit lors le seigneur de Creveceur % bailly dVcelle et

ce dessus deMoubs : les marchans pread*ommes s*en espoentoient ; les nations estnmges s*en lameutoient et s'en feassent yolentiers enfuis; mes ne pooient. Tout y alloient contre poil et contre ongle ; y avoit ung roy assis en cfaaiere; autant y eust fiiit ung sac de laine que Ton traîne par les oreilles. Estoit une ombre en un paroit, et un seigneur comme cil que l'on bufTeUe as yeux bendés. Les commandemens se faisoient de par ly , et les exécutions se faisoient contre ly et encontre son honneur : le roy y estoit subgect et muet comme ung yeau couronné, et le subgect y estoit gouverneur et dictateur du royaulnie, et fiiisoit à son roy la moe : tel gouyernement y avoit il en Londres et non mieux en Calais. « (Cjias- TaixA», 486-487.)

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