Don Henri de Menesès, eomte de Viana
[1471] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, zut. 95
de Bergauge^^ par terre, atout v" hommes à pied, tous arballestriers et culvriniers , et environ deux mi] hommes à cheval, et, par mer, xiin craveles, devers celle dite ville de Tangere ; laquele ilz trouvèrent toute seuUe, comme ditavoit esté au roy. Si entrèrent dedens ycelle , quy estoit toute saine et entière ; les maisons bien estoflees de meubles et tous vivres , excepte chars et vins, telement que assez en avoient pour trois ans; et sy trouvèrent aussi bombardes , canons , pouldres et toute autre artillerie en grant souRisance. Ainsi que vous oez, se habandonna la ville de Tangere auz Por» tugallois, qui mainteffois paravaut leur avoit donné assez à faire.
Ceulz de la ville de Calez, quy est du royaulme d'Espaigne, séant delà la mer, fort doubtans l'yre du roy, à cause de certaines emprinses que fait avoient sur aulcunes cravelles du roy chargiés de marchandises, eovoierent en Portugal vi^' quintauz de graines de paradis et plusieurs moriens quMlz avoient prins. Et leur marquis , qui tousjours au dit royaulme avoit esté fort contraire, envoia offrir au roy, par son scelle , que il voulloit devenir son homme , et le servir à son povoir en toutes manières possibles.
Ancores aprez ces nouvelles, avec les gallees de Venise, arrivèrent certaines naves de Byscayns, qui dirent que ung maistre des nefz de la flotte du roy, quy avoit esté à la prinse de ces deux villes, leur certiffia que le roy des Fez, sitost qu'il sceut la venue du roy de Portugal , qu'il assambla vi*° hommes de cheval, et de pédestres très grant nombre, pen-