XXXIV NOTICE
et c^estoit le mariage quy se traittoit de sa fille au duc de Clarence, frere au roy Edouard, lesqueles se parfirent, y ou VI jours aprez mon parlement, dedens le chaste! de Callaix, où il n'avoit gueres gens. Si ne dura la Teste que deux jours^.»
On voit par le passage ci-dessus que le titre de chroniqueur était reconnu à Wavrin par les Anglais et le duc de Bourgogne, et que les renseignements puisés auprès de si hauts personnages ne pouvaient être que très-authentiques et du plus grand intérêt pour l'histoitie.
Tous les événements de ces dix années, passés, pour ainsi dire , sous les yeux de notre historien , furent consignés par lui dans son œuvre, que leur récit conduit jusqu'à la fin du sixième volume. Résidant, pendant ce temps , à la cour du duc de Bourgogne , protégé dans ses travaux par. ce prince, il fut à même de recueillir, au fur et à mesure que se déroulaient ces événements, tous les matériaux nécessaires à Tachèvement de ses Chroniques, tels que procès-verbaux des hérauts d'armes anglais et bourguignons, contenant des récits de batailles ou la description de fêles données à la cour de Bourgogne : tout cela lui fut communiqué, ainsi que des nouvelles étrangères insérées dans des lettres particulières adressées au duc de Bourgogne^. Les documents ne lui firent donc pas défaut; il en eut même de surabondants. Nous avons constate^, en efiet, deux différents récits^ des batailles de Bloreheath, Ludlow et de Northamptou : c*est, probablement, par suite de Finattention du copiste de
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Wavrin que Ton trouve dans ses Chroniques deni narrations de mêmes &its.
Après la réinstallation d'Edouard sur le trÀne d'Angleterre (1471), Wavrin, voyant sans doute que rien, désormais, ne pouvait troubler ce prince dans cette reprise de possession, conçut le projet de dédier au roi victorieux un exemplaire de ses Chroniques augmentées de documents que cette nouvelle ère de règne allait lui fournir. 11 annonce, dans le Prologue ^^ qui accompagna l'hommage de sou premier volume, Tintenlion d'ajouter à son œuvre un septième volume. Voici en quels termes il s'exprime : a Prologue de l'acteur sur la totalle recollation des sept volumes des Ancbiennes et nouvelles croniques d'Ënglelerre. » Il est fort difficile de déterminer, à la lecture de ce prologue, si le septième volume qui s'y trouve annoncé a eu un commencement d'exécution, ou s'il en est resté seulement à l'état de projet. Le style si emphatique, si boursouflé et si amphigourique qu'aiïectaient d'employer les chroniqueurs de ce temps dans leurs dédicaces ne permet pas ici d'oser interpréter le sens de ce Prologue. Tout ce qu'on peut raisonnablement présumer, c'est que le grand âge de notre historien, qui, en 1 471 » devait avoir près de soixante-seize ans (si notre supposition qu'il était âgé d'environ vingt ans en 1415 est juste), ne lui aura pas permis d'enregistrer bien longtemps les nouveaux faits et gestes d'Edouard IV. A-t-il continué son travail « jusques en l'an LXXII, » ainsi qu'il l'annonce à la (in de son quatrième volume? Nous posons cette question sans
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pouvoir la résoudre : car le sixième et dernier volume se terminant par une Jettre d'Edouard, adressée aux habitants de Bruges , en date du 29 mai 1471, on doit présumer que l'œuvre, au moins dans la plus ample copie i(ui nous en reste, est demeuré inachevé. Nous avons essayé de coordonner le moins confusément possible les renseignements recueillis par nous sur la personne de Wavrin , et sur les différents manuscrits de ses chroniques. 11 nous reste à jeter un coup d'œil Sûr l'ensemble de son œuvre, pour indiquer, avec plus de précision que nous ne Tavons pu faire dans les annotations très-succinctes qui suivent les rubriques de chapitres, quel sens il faut donner à ces notes. Pour cet examen, il convient de partager tout l'ouvrage en huit sections, chacune desquelles sera l'objet de nos remarques.