I . Antoine, bâtard de Bourgogne
PIÈGES JUSTIFIGAUVES. 209
est en la main du roy, de quoy je suys très joieuse. Mons' de Capanes* et moy sommes demourez pour faire au roy, à l'ayde de Dieu, tout service à nous possible : je suys seure que mon dit seigneur de Gapanes le servira bien et lealment. Mon cas est tel que j'ay perdu tous mes meubles, bagues et habillemens; car tout estoit en Flandres. Je vous prie qu'il vous plese à me ramentevoir au roy, afiin qu*il ait pitié de moy et que je puisse avoir quelque provision de vivre tant que je me puisse ung peut revestir et remeubler. J'ay renvoie j depuis la prinse d'Aire, à Saint Omer une femme et ay escript à Jacques de Compignys, lequel m'a remandé qu'il n'estoit pas heure de parler et que son maistre estoit trop courcbié ; mais en briefz jours il me feroit savoir de bonnes nouvelles et tout par le consentement de monseigneur de Magnyé. Je vous prie qu'il vous plese à me escripre ce que j'ay à faire, et je le feray à l'ayde de Dieu, lequel je prie qu'il vous veuille avoir en sa saincte garde.
Escript à Ayre, ce xi* jour d'aoust.
La toute vostre, Anthoinette de Contât. »
(Id., ibid., If 8452, fol. 84.)