‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 102 sur 128 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Des armées, matacions, assamblees et conquestes qui furent lors (aictes, tant en Flandres, Artois, comme ailleurs.

En ce temps, les Flamens se mirent sus en armes, tant d'Yppre, de Gassel, comme d'aultres pais, en nombre de XYI à XYII mille : et estoit leur cappitaine le seigneur de Doulieu*, et ung aultre nonunë Waultier Doye, bailly de Bergues Sainct Wygnoc; et s'en vindrent tenir auprez de Saint Omer, entre Arques et Renescure, ung lieu que Yen appelle le Noeuf Fossé, pour deffendre que les ftancois n'entrassent en Flandres. Et illec furent une très grant * espace de temps, au despens du pais, et bruUerent autoor . d'eulx aulcunes places et censés, affîn que les François ne leur fissent grief; car ceulx de la garnison de Therouanne le visitoient et escarmuchoient souvent.

En ce temps meismes, ceulx de Gand se mirent en armes, ceulx de Bruges, d'Yppre, Louvain, Malifies et aultres du pais de Brabant, pour avoir, comme l'en 4isoit, leurs previleges,x[ui disoient leurs estre oste^ par les ducs Philippes et Charle% de Bourgongn^. Et prindrent ceulx de Gand ung nombre des principaulx gouverneurs de ladicte ville : prindrent aussy le chancellier de Bourgongne, le seigneur de Humbercoui;{, et le coadjuteur de Therouanne. Uz cuyderent aussy prendre maistre Jehan le Gros*, audiencier, et

i. Ce seigneur assistait, en i465, à la bataille de Montlehery, dans la compagnie du seigneur de Tiennes, et, en 1405, è celle contre les Liégois, dans la compagnie de Jean de Luxembourg. (Hayviii, 12, 100.)

2. a Le quatrième jour du mois de ferrier (1471, y. s.)... fu le jour des noches de mestre Jehan Gros, par ung mardy, en la -ville de Bruges,

APPENDICE. sa

aultres de l'hostel du duc Charles ; mais ilz eschapperent, par subtil moyen. Tautost aprez furent amenez sur le grand marché de Gand lesditz chancellier et le seigneur de Humbercourt, et illec, publicqucment, sur ung hourt, furent décapitez, et avec eulx ung chevalier nommé sire Jehan Wauselle* : mirent en oultre à mort tous ceulx que bon leur sambla de leur dicte ville. Ledit coadjuteur de Therouanne fut longuement prisonnier, puis eschappa par caution, et trouva moyen d'entrer en mer : et de là se tira en France devers le roy, qui le fist evesque de Poictiers.

Quant le roy de France eut mis en son obéissance ceulx d*Arras, il se tira, à tout son armée, vers Çesdin ; et luy fiit rendue la ville, sans grand contredit, par les gens de guerre et ceulx de la ville ; mais ceulx du chasteau n'y vauldrent obéir. Pour quoy le roy les fist assaillir à grant dilligence, auquel assault et siège il y eut moult de francz archiers du roy mors et aultres, d'un costé et d'aultre; mais, finablement, ceulx du chastel se rendirent, sauf leurs corps et leurs biens, et les receupt le roy et les retint à gaiges, ceulx qui luy vauldrent faire serment, et les aultres laissa aller où bon leur sambla. Ung nommé messire Jehan de Lannoy, et messire Raoul de Lannoy', son (rere, estoient les princi-

leqael estoit pnimier secrétaire audieDcier du seel et coDU*eroleur des domaines ei ÛDanoes de Mgr le duc de Bourgogne, et de demoiselle Guie de Messey, niese de M' de Saillant, chevalier et chanselier de moo dit Sgr le duc ; auquelle noches on requist très erfeotneusement de par mon dit Sgr de Bourgogne, et prian de par le dit canselier et audiensier tous prelas, abesses, chononnes, doîens,chartrons, ordre mandians, barons, ohcTaliers, bonnes villes et notables bourgois de ton les paîs et segnourie de mon dit Sgr le duc, a estre on a faire toute l'onneur, faveur et asistence que bonnement on poroit ferre, de quoi pluseurs et grant nonbre y alerte ou en- ▼oierte, et estirooit on le reut à cbent mille escus qui monteroite à deus cens et cbuynquaute mille livres monnoie de Haynau. » (Hathin, 196.)

i. Jean 'Van Melle, ancien trésorier de la ville. (Babastb, édit. de M. Gachard, U, 717, Appendice.)

2 . Voy . , sur Tun et l'antre, une note placée à leur nom dans la Table des matières,

»2î CRONICQUES D'ENGLETERRE.

paulx cappitaines du chastel, lesquelz firent serment au roj : et incontinent que le roy estoit asseuré des villes où ses gens entroient, et il sentoit qu'il y en avoit aulcuns qu ilz n estoient fermes et à sa poste, il les envoioit ou pais de France demourer, et leur faisoit assigner la ville et pais là où il volloit qu'ilz allassent. Ce pendant, et le roy estant à Hesdin, il y eut XX hommes du commun d'Arras qui partirent de la ville, esperans de eulx tirer à Gand vers la demoiselle Marie de Bourgongne; mais ilz furent espiez et prins des François qui estoient sur les frontières, et furent menez à Hesdin vers le roy, lequel en fist trencher les testes à xvn, et les aultres envoia morir en aultre lieu, conune pour donner exemple aux aultres. Commune renommée estoit lors que aux dessusditz le roy avoit donné saufconduict pour aller vers ladicte demoiselle Marie : ce non obstant, quoy qu'il en (iit, ilz eurent cela pour leur salaire. Aprez que le roy eut esté à Hesdin tant qu'il luy pleut, il tira vei*s Boullongne sur la mer, laquelle fist ung petit de resistence ; mais quant ils veirentles puissances du roy et qu'ilz n'y povoient bonnement résister ne obvier, ne qu'ilz n'esperoient aulcun secours, ilz se rendirent, et il les receupt, sauf leurs corps et leurs biens.

En cest an LXXVII, ainchois que le roi venist à Hesdin ny à Boullongne, demoiselle Marie de Bourgongne envop à Boullongne quérir le conte de Montbeliart, que le duc son père avoit fait tenir long temps en prison ou chastel de ladicte ville, et l' avoit en garde le seigneur Desquerdes, lequel le fist mener à Gand vers ladicte demoiselle : et envoya aussy icelle demoiselle quérir le duc de Gueldres, que son dit père avoit fait tenir longuement au chastel de Courtraj, et quant il y eut esté une espace de temps, il fut ordonne pour conduire et mener les gens de guerre de ladite ville de Gand.

Quand le roy eut esté une espace de temps tant à Hes-

din comme à BouUongae , et qu'il eut mis tout le pais eu son obéissance j il s*en retourna au pais de Haynau , et envoya son armée devant Douay, laquelle y fut xv jours ou trois sepmaines, là où il y eut pluseurs fais de guerre; mais enfin le roy n'y gaigna riens et fist retirer se^ gens sans aultre chose faire. En ce meismes temps^ les villes de Bethune, Lil- 1ers et autres se tournèrent, que envis que volontiers, du parti du roy : mîst le roy une grosse corapaignie de gens de guerre en la ville de Tournay, du gré de ceulx de la ville, combien qu'ilz eussent promis de non prendre garnison d'un parti ne d'aultre : et puis trouva le roy moyen , par beau parler , d'entrer en la ville de Cambray , où il mist gens de guerre à son bon plaisir , et brief toutte la conté d'Artois luy fut rendue, réservé Sainct Omer et Aire.

En cest an, ceulx de Gand issirent de leur ville en très grant nombre et s'en allèrent autour de Tournay; mais ung jour advint que lesditz Gantois allèrent coeuUier le bestiail qui estoit enclos en une pasture, lez ladicte ville, et ceulx de dedens, voyans emmener leur bestiail, saillirent hors, à grant eflTort vindrent escarmucher sur lesditz Gantois, et le duc de Gueldres retourna sur eux cuydant estre sievy desditz Gantois, desquelz il estoit cappitaine, et avoir secours et ayde de eux; mais il demeura luy v* ou luy vi* seullement, et [fut] porté son corps en ladicte ville par iceulx Ij^rancois, et les Flamens s'en allèrent à tout leur butin. Pendant ce temps que le roy estoit devant Douay, les François trouvèrent moyen d'entrer dedens la ville d'Ardre, par ceulx de la ville qui les mirent dedens de leur gré ; et, incontinent, ung chevallier du parti de Bourgongne, nommé messire Lancelot de Berlemont % s'en alla loger, à tout quarante ou cincquante

i . Lanodot de Berlemont aMutait au tiége de Neass, en 1475. (MoLcntr, I, 80-81.) U eit porté sur Tétat de la maison de Maximilien, duc d'Autriche et de Bourgogne, en qualité de chambellan, en septembre 1477. (Ctrmpte rendu* des séances de la Commission d^ histoire de Belgique^ t. IX,

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compaignons , ou chastel de le Montoire, prez de ladicté ville d'Ardre, et livroient escarmuches ausditz François. Mais, ung jour que ledit de Berlemont estoit allé à Aire , lesditz François yindrent assiéger ledit chastel, affusterent engins à Tencontre et livrèrent si dur assault que, finablement, ilz firent ung trou du costé où aultrefois il y avoit eu une faulse porte, et n estoit là le mur gaires espès; mais les Bourguignons ne se donnèrent de garde: Quand les François entrèrent par là, les prindrent et les mirent à mort inhumainement , puis boutterent le feu en ladicte place , et la démolirent de tous poinctz et tous les fors de là entour, comme Creseque et aultres. Trouvèrent lesditz François manière d'entrer ou chastel de Fiennes, qui estoit belle et forte place , et que oncques les Engloix n'avoient sceu trouva* manière de l'avoir, et y mirent* pour cappitaine messire George de Courteheuse, seigneur de Creseque, lequel s'estoit rendu François. Mais il n'y eut gaires esté que le seigneur de Fiennes y renvoya gens de guerre qui le reprindrent par subtil moyen , par ce que ceulx de dedens ne s'en doubtoient : et y fut prins prisonnier ledit seigneur de Creseque, et mené à Sainct Omer, et depuis au chasteau de Lille; et le bastard de FoucquessoUes demeura cappitaine de la place. Ne demeura gaires que lesditz François ne reprindrent ledit chastel de Fiennes, lequel ilz brullerent et rasèrent jusques aux fondemens. En ce temps meismes prindrent la ville de Falquembergue, et se tira le conte du lieu à Sainct Omer, avec pluseurs de ses subgetz de ladicte ville. Prindrent aussy

p. 118.) Assistait au siège et à la reddition d*Utrecht, en ii83. cMessire Lancelot de Bellamont, fier comme un Rolland, prompt aux armes et expérimenté, avoit la charge de mille piétons.» (MouaBTyII,38d.) U hi assassiné, cette même année , à la suite d'un démêlé arec Philippe, fils do duc d'Autriche. « Voilà , dit Molinet (IT^ ^00), le porre guerdon qu'il récent, après qu'il avoit faict plusieurs vaillances de son corps; car il estoit homme sans peur, fort et expérimenté au noble style de la guerre.»

les François le chastel de Renty, le chastel de Selles, en BouUenois, appartenant au seigneur de Norguermes*, et pluseurs aultres places oudit pais , tant qu'il fut du tout en Tobeissence du roy. Les Flamens qui estoient au Noeuf Fosséy comme dit est, en grant nombre, se partirent ung jour avec aulcuns de Sainct Omer, et s'en allèrent à Ardre, à tout artillerie et aultres habillemens de guerre ; mais les François de dedens s'en partirent, et lesditz Flamens pillèrent la ville tout au nect, et si démolirent une partie des murs et puis s'en retournèrent avec leur proye, et fut en la fin de jullet. En ce temps, les François de Boullongne, de Therouanne et d'ailleurs vindrent au pais de Bredenarde , et le pillèrent et mirent en proye , là où ils prindrent tant de gens et de bestiail comme sans nombre, et, comme de jour à aultre, estoient devant Sainct Omer, là où ilz faisoient tous les maulx du monde. Et pareillement ceulx de Sainct Omer issoient souvent, et rencontroient Tun l'aultre, et dommagoient le plus quilz povoient. Ce pais de Bredenarde est ung bon pais et fertile merveilleusement, et où il y avoit moult de biens. Le roy, estant au pays de Haynau, se conclud de tirer vers Sainct Omer : et quant ceulx de Sainct Omer furent de ce advertis, ilz firent démolir tous leurs fausbourgz, tant à la porte de Boullenois, Saincte Croix et du Brulle, lesquelz estoient beaulx et riches à merveilles, et les plus beaulx gardinages et myeulx clos que l'en eut sceu deviser*, firent démolir l'église et couvent des cordeliers de l'Observance, le convent de Saincte Claire, l'église et couvent des frères prescheurSy qui estoient les trois plus riches cloistres et myeulx édifiez hors bonnes villes qui fussent deçà les montz ; mais ilz eussent pu porter grant dommage à la ville, pour tant qu'ilz estoient trop prez. Et pour ce que l'armée du roy se

1. Ce seigneur fat £iit cheraHer en 1453, arant la bataille contre let Gantois. (Dn Clbhcq, XIII, 105.) Il est nommé Noirqusrmes^ et était Flamand. Ce nom est peut-être estropié par les deux chroniqueurs.

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hasta plus qu'ilz ne cuydoient, ilz fiirent constrainclz de boutter le feu esditz Frères prescheurs et Saincte Claire, et en touttes les aultres places c[ui n estoient point touttes démolies. Firent pareillement démolir Teglise paroissiale de Sainct Martin, prez lesdits Frères prescheurs, laquelle estoit moult ancienne et la première qui avoit esté fondée en ladicte ville. Quand les Flamens furent acertenés de la venue desditz François et de Farmee du roy, qui fut en la &n de jullet, ou dit an lxxvii, ilz se partirent en desroy dudit Noeuf Fossé hastivement : et si avoient esté illec gisans de vu à viii mois, en nombre xiiii ou xv mille hommes, aux despens du paisde Flandres. Et estoient leurs cappitaines le seigneur de Doulieu et le bailly de Bergues Sainct Wynoc , nommé Waultier Doye; et n'attendirent point, ne dommagerent les François en riens, dont pluseurs furent esmerveillez , veu qu^ilz y avoient esté si longuement, et qu'il sembloit, à les veoîr, qu ilz deussent tuer Karesme et faire merveilles. Environ, doncques, le premier jour d'aoust, oudit an lxxvii, Tarmee du roy vint devant Sainct Orner , entre la ville et la ville d'Arqués , et partie de ladicte armée à Blendecque , au plus prez. Et se fermèrent lesditz François en ung parc , au dehors de ladicte ville d'Ai-ques , et tantost commencèrent à escarmucber devant ladicte ville par Tille, par où il y a grans maretz et fossez, car ilz estoient bien advertis que c'estoit le plus feible de la ville ; mais ceulx du hault pont et dudit lieu de Tille se deffendirent moult bien, le premier jour, car ilz y avoient fait ungbolvert entre Arques et Sainct Omer,en ladicte lUe, lequel ilz tindrent , à Tayde d'aulcuns compaignons de guerre qui les secouroient, jusques au vespre, contre la puissance des François, que moult durement les escarmuchoient et oppressoient, et le prindrent en la fin. Le vespre venu, les François gaignerent ledit bolvert et y tuèrent ung nommé Pierre Wedemarc , rice brasseur , qui tousjours avoit esté comme cappitaine desditz Islaires : duquel bolvert ainsy

APPENDICaE. 327

gaigné par lesditz François ilz en eiu^nt si grant joye, qu'il sembloit , à les ouyr, que la yilie fust gaignee ; mais il s'en falloit beaucoup, car, ceste nuict, lesditz Islaires refirent ung aultre bohert plus prez de la ville de Sainct Orner, plus fort et plus asseuré cent fois que le premier , qui estoit plus prez d'Ârques que dudit Sainct Orner ; lequel second boWert fut par lesditz Islaires et les survenans, de quati*e à dncq jours très vaillamment [deffendu]. Et, au chief desditz jours, ilz levèrent compaignons de guerre, qui gaignerent bons gaiges, pour garder leur dit bolvert, là où ilz y faisoient leurs logis : dont les François povoient prendre ^etitte espérance d'avoir ladicte ville par là, quand ilz veirent qu'ilz ne povoient conquester la tente estant entre la ville et eux , sans les escarmuces qui se faisoient journellement en ladicte Ille , se faisoient aussy à la porte du Brulle et Boullisienne , ausquelles les François se trouvèrent très rudement receupz; et encores eussent ilz eu plus affaire, se les cappitaines eussent laissé issir les compaignons à leur volonté , que non de la partie des Bourguignons. Tant d'engins comme esditz escarmuches, on n'y eut seu oncques compter plus hault de quinze hommes mors ou environ ; mais, du costé des François , je n'en scay le nombre.

Les François estant devant Sainct Omer, comme dit est, le roy y alloit et venoit souvent en personne ; mais il n'y sejournoit gaires, ains y commettoit le seigneur Desquerdes et le gouverneur du Daulphiné, comme principaulx cappitaines de sa dicte armée. Et, pour ladicte demoiselle de Bourgongne, estoit dedens Sainct Omer le seigneur de Chanteraine*, chevalier croisié de Roddes, et le seigneur de Me-

i . Le commandeur de Ghanteraine est porté sur TËtat de la maison de Charles, duc de Bourgogne (1^72), en qualité de chambellan. {Bibl. imp., Mss.y no 8i30*, fol. i 1 , yerso.) Il l'était aussi de Maximilien d'Autriche, en septembre 1477. {Compte rendu des séances de la Commu^ slon royale d'histoire de Belgique, t. IX, p. 117.) «Le seigneur de Chan-

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niel , Flameng , cappitaioe de ceuix de Bruges qui estoient venus au secours de iadicte ville de Sainct Omer : et le seigneur de Bevres , filz de Anthoine , le bastard de Bourgongne , estoit Cjappîtaine gênerai dudict Sainct Omer et d'Aire ; mais, pour lors, il estoit dedens Aire. Les François estant devant Sainct Omer, comme dit est, pendant que Tune partie escarmuchoit ceulx de la ville , Taultre brulloit et pilloit le pais à Tenviron , qui estoit ung grant pitié à regarder. Brullerent une grande partie des Chartreux et n'y laissèrent entier que les cloistres et Teglise ; puis allèrent bruller à Clermaretz touttes les maisons de la basse court de rhostel, là où ilz tenoient leur bestiail, c'est asscavoir leur charroy , bestes à corne et moutons , et n'y laissèrent que le corps de Feglise entier , reffectoir et cloistres, et la maison où Tabbé se tient, pour tant que bonnement ne le povoient bruller sans bruller l'église : emportèrent tous les vaisseaulx de Thostel, tant d'arain comme d'estain, et tous les biens moeubles , et meismes emportèrent le plomb qui peurent oster de Iadicte [maison] , que l'en estimoit à plus de cent mille livres de pesant; osterent et emmenèrent trois mille bestes à corne, et tout l'aultre bestiail, et en ce firent si grant dommage que l'en ne scauroit estimer. Ce pendant, allèrent lesditz François à Cassel , brullerent et mirent en pouldre toutte la ville, les églises, tant coUegialles comme les paroisses, et brullerent toutte la vallée de Cassel. D'iilec s'en allèrent à Watenes, laquelle ilz brullerent et mirent en pouldre, réservé l'église, et ne brullerent que une estable

tereine, cheralier de grande emprinse, moQlt subtil et bien docte tu mestier de la guerre, » défendait Lille, en 1477, contre les armées de Louis XI. (MouHBT, II, 34.) Assistait au siège de Nancy en cette même année, c Le seigneur de Gbantereyne, très preux et Taillant cheTalier de Rbodes, receilla les gentils hommes de Thostel du duc de Booi^gogne après sa mort, si les nourrit, soustint, entretint, habilla et monta.» Id., I, 237.) Il vivait encore en 1488. (/^., OI, 490.)

et le moUn ; brullerent en oultre et pillèrent tons les villages qui peurent trouver ou pais de Flandres, si avant qu'ilz peurent aller.

Quant les François eurent esté devant Sainct Orner l'espace de XX jours, ilz se partirent le xxi* Jour d'aoust : et, au partir, brullerent la ville et chasteau d*Arques, appartenant à l'abbé et couvent de Sainct Bertin. Brullerent pareillement Blendecque , là où ilz estoient logez, et tous leurs fors, réservé qu'ilz laissèrent entière l'abbaye dudit lieu et le molin; mais ilz brullerent les chasteaulx et fors de ladicte ville ; brullerent audit abbé de Sainct Bertin la plus part de leurs villages, comme Longuenesse, Sahornich, le Vieil Monstier et pluseurs aultres, là où il y avoit pluseurs beaulx et notables édifices et maisons de plaisance , là où lesditz religieux alloient, trois ou quatre fois Tan, prendre leur récréation, en belle et honnorable ordonnance.

Ce pendant, et ung peu devant le mois de jullet , le roy estant encores en Picardie, le duc de Nemours, qui longuement avoit esté prisonnier à Paris , fut condempné par parlement, au commandement du roy, à mort et à avoir la teste trencbee, et estre escartellé : et fut mené aux Halles, là où il fina sa vie par mort ^ en la manière que dit est. Quant le roy fut parti de Sainct Omer , comme dit est , luy et son armée se tirèrent à Bethune et illec entour, et, de là, autour de Lille, à Armentieres , à Halbourdin et autres gros villages , et tousjours en destruisaut le pais à leur povoir.

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