Le manuscrit porte enhabituez
3. Le 18 août ii77. (Barabte, Histoire des ducs de Bourgogne^ édît. de Gachard, II, 577, note 3.) 3. Ferry de Qngny.
APPENDICE. tiZi
dire que, puis cent ans, ne furent yeues si soUemneiles ne si magnificcpies nopces de roy ne de prince, comme elles furent. Tost aprez, le roy de France et le duc d* Austrice accordèrent unes trefVes pour dix jours, et se assamblerent les parties à Lens, en Artois, là où ilz conclurent unes trefves qui pou durèrent; car, durant icelles, les François vindrent courre devant Saint Omer, sans riens signifBer à la ville ne aultre part, ainsy que ladicte trefve le contenoit, et qui debvoit durer quatre jours aprez. Et pour ce que les bonnes gens des villages estoient aux champs et leui^ bestes, eulx confians esdictes trefves , ilz furent tous prins prisonniers et leur bestiail ravy, et eulx mis à rencon, sans avoir aulcun regard ausdittes trefves : et si en y eut beaucoup de mors, de gens de guerre et aultres. Et maiutenoient les François que ceulx de Douay avoient premier enfrainct les trefves, et qu'ilz avoient tué largement de leurs gens. Le roy estant à Arras ce pendant, asseist ses garnisons par touttes les places en son obéissance : et, ce fait, s'en retourna à tout son estât à Amboise , pour illec faire son yver. Et ceulx de BouUongne, Therouanne,^ et d'ailleurs, couroient et pilloient journellement tout le pais de Flandres, et environ Sainct Omer et Aire, qui estoit une piteuse chose pour le poeuple; car ilz n* avoient riens despouillé, Tan passé, ne riens semé pour Tan advenir, autour dudit Sainct Omer ne ailleurs, es frontières où lesditz François estoient. Dieu, par sa grâce, y voeuUe remédier !
Environ le commencement du mois d'octobre, oudit an LXXVII, ung chevalier de Haynau estoit en garnison en la ville de Sainct Omer, nommé Lancelot de Berlemont, lequel avoit esté cappitaine de le Montoire, dont cy dessus est faicte mencion, et lequel alloit souvent courir et escarmucher les François, et leur faisoit beaucoup de peine et de perte. Mais ung jour advint qu il se partit dudit Sainct Omer et s'en alla courre devant Therouanne, environ xxx che-
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vauix, où ilz prindrent du butin ; mais, au retourner, ili furent attains desditz François et le butin rescous, et si y fut prins prisonnier ledit Lancelot, luy v« ou luy vi*, et mené à Therouanne ; et, quant il y eut esté une espace, le roy le fist amener devers luy. Par ung samedi, le xti* jour de novembre, audit an LXXVII, les François estoient allex courre devant Renescure, prez de Sainct Orner; et quand la garnison dudit Sainct Omer en furent advertb, ilz issireat une quantité de gens de guerre : et quant il^.vindrent au dehors d'Arqués, leurs avantcoureurs perceurent que les François estoient trop fors et en très grant nombre , par quoy ilz se mirent au retour, en desroy, pour eulx saulver. Et le seigneur de Piennes, Flameng, qui estoit pour lors leur cappitaine, ne se destourna point : pour quoy il fîit prias et son enseigne, avec la trompette, et aulcuns aultres en petit nombre, et furent menez à Therouanne, et les aultres s'en retournèrent en ladicte ville de Sainct Omer.
En ce temps, et depuis le commencement de la guerret que le roy commença à marchier esditz pais de Picardie, il envoya aussy une grosse armée en Bourgongoe , qui pareillement menoient guerre audit pais, pour luy, au plus qu'ilz povoient, les nobles du pais avec leurs alUez. Et, entre les aultres , mirent le siège lesditz François devant Dolle; mais, en la fin, il fut levé par ceulx du pais et leonditz alliez, et y eut ung très grant nombre de francz archien du roy et d'aullres gens de guerre mis à mort : et toujours grefvoient l'un l'aultre, devant et aprez, ce qu'ilz povoient. Le vendredi, v* jour de décembre, les François d'Arras allèrent comTe devant Douay : ceulx de Douay issireot, et trouvèrent les ungz les aultres environ à deux lieues dudit Douay. Aprez pluseurs escarmuches d'un costé et d'aultre, les François tournèrent en fuitte , et iceulx de Douay les poursievirent jusques à une lieue d'Arras , et en prindrent ung grant nombre de hommes d'armes ; et s'en retournèrent,
à tout leur butin, à Douay. L'endemain, jour de Sainct Nicolas, oudit mois , ceulx de la garnison de Therouanne Tindrent [mettre] au plus prez d'Aire deux embûches, et puis envoyèrent leurs coureurs devant ladicte ville. Les Bourguignons issirent en grmnt nombre, et sievirent lesditz coureurs jusques à la première et seconde embûche, et quant il fut heure, les François encloirent lesditz Bourguignons et en prindrent, de gens d^eslite, hommes d'armes et archiers, iiii" et xvi, et si gaignerent bien six vingtz chevaulx bien bons, dont ilz firent ^ant feste : et puis retournèrent à grant jd^e à Therouanne , et ceulx qui peurent eschapper retournèrent à Aire.
Le XII* jour dudit mois, par ung vendredi, que les François conduisoient ung trez grant nombre de chariotz et de charrettes qui menoient à Tournay, la garnison de Lille en fut advertie, et issirent de ladicte ville en grant nombre : et estoit leur chief le seigneur des Pierres*, et trouvèrent lesditz François entre Lille et Tournay, là où il y eut une grande et merveilleuse rencontre, et de gens mors d'un costé et d'aultre; mais, en la fin, ceulx de Lille n'eurent pas le plus beau, et convint qu'ilz retournassent, aprez qu'il y eut bien de leur costé plus de cent cincquante mors que prins, et passèrent les François leurs vivres là où ilz les vauldrent mener. Les xxi et xxii jours de janvier, oudit an, les Prancob de Therouanne allèrent courre devant Sainct Omer, et, à chacune fois, ceulx dudit lieu vindrent sur eulx et poursui voient les François bien loingz. Les François, doncques, voyans que lesditz Bourguignons les voloient ainsy sievir, pensèrent qui les tromperoient par celle manière : mandèrent ceulx de Boullongne, de Hesdin et d'ailleurs, tant qu'ilz se treuverent en très grant nombre, et le lende-
i . Le teigneor des Pierres assistait à la bataille de Guinegate, en 1479. (MouinT, U, 310.)
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main, jour de vendredi, xxiii* jour dudit mois, se partirent de Therouanne, eulx ainsy assamblez comme dit est, et mirent leurs piétons en embûche à ung petit chastel nommé Edequines, et une aultre embûche de cheval mirent ilz assez prez de Sainct Omer, au bois de Wisque ; et puis l'aultre partie se monstra et firent leurs courses les ungz jusques bien prez des bailles d'icelle ville, là où ung seul compaignon de guerre se trouva au millieu de cincq ou six François, lequd oncques ne desmarcha, ains tira des flèches aprez eulx de si grant corage qu'il en abbatit ung jus de son chevd ; mais, pour ce qu'il n'avoit point pour poursievir son co^, ledit François se remonta et s'en alla à tout le coup qu'il avoit en la teste. Ceulx, doncques, de Sainct Omer voyans iceulx François, saillirent sur eulx, environ quarante chevaulx : et, tantost, lesditz François coureurs firent manière de eux retraire, comme les aultres jours precedens. Et lesditz Bourguignons les sievirent si avant qu'il en y eut xv ou seize, de plus entreprenans, qui se trouvèrent bien prez de Edequines, où les piétons François estoient embuchez. Les aultres Bourguignons, qui se doubterent, retournèrent hastivement à Sainct Omer, et aussy cuyderent retourner lesditz avancoureurs, mais ilz furent enclos des François de cheval : neantmoins, quant ilz se veirent en dangier d'estre mors ou prins, ilz prindrent corage et hardement, et mirent les lances es arretz, et se boutterent dedens lesditz François par telle force, qu'ilz passèrent oultre et se saulverent, voulsi^ent les François ou non, excepté ung seuUement, qui fut prins prisonnier; et des François en y eut dix ou douze que mors que navrés, selon commune renommée.
FIN DE l'appendice.