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A 72 millet de Londres, dans le Northamptonshire

118 GROinCQUES D'ENGLETERHE. [1471]

et heureuse adventure qui debvoit advenir par la main de Dieu, au dit roy, en la méditation de ceste benoitte matronne sainte Anne.

Yray est que quant le roy Edouard estoit hors de son royaulme, en grant trouble et pensée par Tadvei^ site devant ditte, il requeroit souvent nostre seigneur Dieu , sa glorieuse Mère et les beneurez sains et saijQtes de Paradis, entre lesquelz il avoit especiale dévotion à madame sainte Anne , le pryant qu'elle le voulsist ayder en sa querele, et à elle se voua, disant que à la première ymage pourtraite ou taillié à la samblance d'elle qu'il trouveroit, ilyferoit ses priieres et offrandes. Or advint que en ce saint dimence de Pasques flories, ainsi que le roy alloit à procession, et tout son peuple aprezluy, par bonne dévotion, comme au service du jour apartenoit, ainsi que la procession fut revenue dedens l'église et arrestee devant le Crucefix, où le peuple s'agenouilla reveramment, le roy pareillement se mist à genoux pour honnourer le Crucefix, et là, à ung piller, pendoit à l'encontre du roy ung tableau fermé et cloz d'une cheville de fer, comme il est coustume en quaresme de muchier toutes ymages es églises : dedens lequel tableau ainsi fermé avoit une petite ymage d'allebastre fourmee et taillié selon la figure et samblance de madame sainte Anne; lequel tablet, ainsi fermé que dist est, se ouvry soubdainement en rompant ceste dite cheville de fer, laquele chose bien aparcheurent le roy et tout le peuple, qui là estoit présent. £t quant le rôy congneut l'ymage, il luy souvint soubdainement de son veu, remercyant Dieu et sainte Anne, et prenant ce pour bon espoir de prospereuse adventure que Dieu luy vouUoit envoier

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en sa querelle. Si honnoura Tymage en donnant illec ses ofirandes humblement et dévotement : aus^ firent tous les assistensy moult esmerveilliés dudit miracle.

Le roy, aprez ses priieres et offrandes faites à Dieu et à sainte Anne, comme dit est, se party de Daventry, et, avec luy tout son ost, s'en alla en une bonne ville, appelée Morthampnon ', où il fut très bien recheu; et d'illec prinst la droite voye vers Londres. Icy eschiet de ramembrer que durant le tempz que le roy Edouard, séjournant à Warewic , s'appareilloit pour aprochier Londres, Emond, soy disant duc de Sombresset*, son frère, appelé le marquis de Dorset*, et Thomas Courtenay, soy apellant conte de Domestiere^, estans à Londres, eurent certaines nouvelles que la royne Margueritte, son filz, qu'ilz nommoient Prince de Galles, la contesse de Warewic, le Prieur de Saint Jehan*, le seigneur de Venqelok ', avec pluiseurs autres, tenans leur parti, à toute la puissance qu'ilz avoient peu as* sambler, coeilloient en France navires pour passer en Engleterre ; proposant arriver en la contrée de West* Pour quoy le dessus dis Emond et les autres se partirent de Londres , et s'en allèrent sur la dite bende de West] où ilz se misrent en paine d'assambler gens à grant force pour recepvoir la dite royne, son filz et

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