‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 40 sur 128 · By the spaoe of thre howrs · texte numérisé non relu

By the spaoe of thre howrs

128 CRONICQDES D'ENGLETERRE. [U71]

SOD peuple qui demouré luy estoit : entre laqaele multitude ne furent pas trouvez aulcuns seigneurs et nobles hommes qui à la battaille avoient esté , car les ungz estoient navrez piteusement et les autres occis, [gisans] parmy le champ^ dont le Roy eut grant dommage et fut moult desplaisant. Non obstant laquele chose, aprez que le roy et son ost furent radreschiés et rafreschis, il se mist à chemin vers Londres, où il (ut recheu moult honnourablement du Mayeur, Ëschevins, bourgois, marchans et commun de la cité, lesquelz tous ensamble rendirent grâces à Dieu de la victore qu'il avoit obtenue.

Lendemain, commanda le Roy que les corpz du conte de Warewic et de son frère le marquis feussent aportez à Saint Pol de Londres, et là, descouvers, monstrez à tout le peuple , adfîn que de là en avant ne feussent plus nulz abus de sa personne,' comme par avant avoient esté; car, sans doubte, se ainsi n'eussent esté demonstrez au commun, la rumeur eust tantost couru parmy le royaulme qu'ilz feussent ancores vivans tous deux , aumoins le conte ; par lesqueles murmures se peussent estre eslevees nouvelles insurrections ou rebellions entre le peuple mal disposé.

1322. Comment la royne Margueritte et le Prince de Galles, son filz, retournèrent de France en Engleterre, et de ce qu'il en advint. XXIX.

Âprez toutes ces choses ainsi advenues , ainsi que dit avons, le [jeudy après Pasques], xvi* jour d'apvril, vindrent certaines nouvelles au roy Edouard, que la royne Margueritte, son filz, appelle Prince de Galles,

[«47i] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, xxtoi-xxix. i29

la contesse de.Warewic, femme au conte defunct, le Priem* de Saint Jehan , pour lors appelé le Trésorier d'Engleterre, le seigneur de Venlok et plusieurs autres cberalliers et escuiers de leur partie, qui par long tempz avoient esté hors du pays d'Engleterre, estoient arrivez au costé du Westland sur le jour de grans Pasques, à ung port qu'on appelé illec Waimouth ' , lesquelz avoient longuement waucré sur la mer; car eulz entendant passer de Northmandie eu Ëngleterre, prindrent premièrement mer à Homfleu le xxnii* jour de mars ; mais, de là en avant, eurent ilz tousjours vent contraire jusques au xm* jourd'apvril, qui fut la veille de Pasques. Par quoy, ce tempz pendant, furent maintes fois constrains et rebouttez à terre. Mais quant le vent les accueilla, ilz arrivèrent lendemain, quy fut jour de Pasques, au port dessusdit. Et arriva tout pre* miers la contesse deWarewic, pour ce qu'elle avoit une nef advantageuse, à ung havre appelé Portemonth*: puis, elle descendue à terre, alla à Souhampton*, adfin de trouver la royne Margueritte, qui, comme oy avez, avoit prins terre à Waymonth ; auquel lieu de Souhampton elle eut nouvelles certaines que le roy Edouard avoit vaincu son mary en battaille, où il avoit esté occis : dont elle fut moult esbahie, doullente et courouchié en son ceur, dont elle ne fist nulle mention; anchois, sans plus avant aller de son droit chemin, passa une rivière* et se tyra le plus secrètement

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