‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 39 sur 128 · A i 1 milles de Londres, dans le Hertfordthire · texte numérisé non relu

A i 1 milles de Londres, dans le Hertfordthire

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estoit à demye lieue prez de là^ soubz la costierre d'upe haye, prest et reugié en arroy de battaille.

Le Roy, doncques, venu en ladite ville de Baraet, entendant ces nouvelles par ses ditz avantcoureurs, ne voult souffrir que nulz sejournast en la dite ville ; ains commanda que chascun tyrast auz champz en sa cornpaignie ; mais, pour ce que la nuit aprochoitet qu il ne povoit nullement veoir ses annemis, qui, comme dit est, estoient rengiés en battaille, il se loga et tout son ost plus prez d'eulz beaucop qu'il ne cuidoit, où il mist ses gens en bonne ordonnance, commandant que, ceUe nuit, nul ne menast bruit ou noise.

Les deux ostz estoient moult bien garnis de tous engiens à pouldre ; mais le conte , sans comparoison, en avoit plus que le Roy : et pour ce, toute la nuit, cuidaut faire reculler le Roy et son ost par le trait de ses engiens, commanda que toute la nuit on ne cessast de tyrer. Mais le trait passoit tout oultre Tarmee sans les grever, et la cause fut pour ce qu'ilz estoient plus prez des annemis beaucop qu'ilz ne cuidoient. Et là, le Roy et tout son peuple se tindrent celle nuit tous coys, sans noise faire, ne nulz engiens gecter. Parquoy ses annemis ne peurent plainement congnoistre la place ou il estoit logië : ce quy fut à luy et aux siens moult prouffitable.

Le demain au matin, le Roy, voiant le jour crever et poindre, chevaulcha parmy son ost donnant corage à ses gens, en leur remoustrant que, comme il avoit bon droit et vraye querelle, proposoit, au Dieu plaisir, combattre ses annemis. Puis, quant ce vint entre chincq et vi heures, non obstant la grande bruyne que pour lors il faisoit, recommanda et mist sa que-

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relie en la voullenté de Dieu tout puissant, soy advanchanty desploiant ses bannières et faisant sonner ses trompettes. Là commencer^at les archiers de la battaille du roy à tyrer saiettes puissamment, puis tantost se joindirent main à main , où leurs annemis les recheurent corageusement. Si fut la battaille moult cruele et mortele, où furent maint vaillant homme mort et navré; car, de commencement, se deffendoient vaillamment les Warewicz, telement que sur Tun des boutz de la battaille du roy firent grant destourse et occisioD. Par quoy aulcuns de cest endroit prindrent la fuite, dont les aulcuns fuyrent jusques à Londres. Si en fut la cité fort esmeute. Maisneantmoinsle résidu de la battaille, où le vaillant roy estoit, qui riens n'avoient aparcheu de la dite malle adventure par l'empeschemeot de la dite bruyne, se maintindrent moult hardiement. Par la descomfiture devant déclarée s'espardireDt nouvelles par tout le pays d'environ , que le roy Edouard et tout son ost estoient descomfis ; mais, comme il pleut à Dieu, il en fut tout autrement, comme vous orez. Là furent faites de grans apartises d'armes delà partie du rpy , especialement de sa personne; car, comme vaillant, corageux et hardy, se mist au millieu et au plus fort de la meslee, où nul n'arrestoit devant luy qu'il ne feust abattu à terre. Moult ^ chevalleureusement aussi s'i portèrent les ducz de Clarence et de Clocestre, frères du roy : si firent le conte de Rivières, le seigneur de Hastingues et plusieurs autres vaillans hommes, serviteurs et bons amis du roy Edouard.

1 . Tout ce qui suit, jusqu'à tourna tous Us rebelles en fuite, manque dans Tanglait.

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De Tadverse partie, faisoit aussi merveilles le seigneur de MoDtagu, marquis, frère au conte de Warewic , en detrenchant testes et bracz , et tout ce qu'il encontroit. Mais, non obstant son chevallereuz corage et grant hardiesse, il fut, en la fin, abattu par terre et navre à mort. De laquele chose le conte de Warewîc, son frère, adcertené, ftit ipoult courouchié et effraé, comme cellui qui nul courage en luy n'avoit , voire presques confus et descomfy ; mais, en fin, de la battaille cruele demoura la victore au roy Edouard quy tourna tous les rebelles en fuite, où fut occis ledit conte de Warewic*. Aussi furent plusieurs chevalliers et nobles hommes de sa partie , desquelz je ne scai les noms ; aussi fut abattu par terre le duc d'Excestre , tenant le parti de Warewic, moult fort navré et tenu pour mort, avec les occis qui en grant nombre estoient, non congnoissant que ce feust il. Le conte de Oxemfort, en fuiant, énchey en la compaignie d'aulcuns frigitifzdu Norlh, avec lesquelz il tyravers Escoce. Cesle battaille dont la victore, par la vouUenté de Dieu, le mérite des glorieuz Sains et moieunant la vraye querelle, demoura au roy Edouard, dura par l'espace de quatre heures", et y estoient ses annemis plus de xxx", comme il fut sceu de vray , contre ix°* : non plus n'en avoit. Aprez laquele battaille ainsi finee, le roy haultement remercya Nostre Seigneur de la belle grâce que fait lui avoit en ceste journée. Puis s'en retourna à la ville de Bamet, où il se rafreschy , et rassambla tout

i . Voir anx Pièces jmtificatwes^ n»IX, une lettre de Marguerite d'York à la docheste douairière de Bourgogne, où il est rendu compte de cette bataille. — c Ther was also slayne the marques Montagwe. »

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