Esoovm (d'aheo/uiêre), cacher
4. Le pasiage qoi concerne le doc de %Mirgogne n'est pas dan» ^^ teite anglais.
146 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1471]
lettres' mouk amiables à ceub de Bruges, dont la teneur s'ensieult. > ,
a Edouard, par la grâce de Dieu, roy d'Angleterre et de France, seigneur d'Irlande , à nos très chiers et especiaux amis les nobles hommes, Escoutette, Burgmaistres, Eschevins et Conseil de la ville de Bruges, et à chascun deulz, salut et.dillec^on. Très chiers et bi^ especiaulx amis, nous vous mercyons, tant et si cordialement que faire povons, de la bonne chiere et grande courtoisie que, de vostre très begnivolente affection , vous a pieu de nous faire et demoustrer gracieusement et laidement, au bien et consollation de nous, et de nos gens, pendant le t^empz que nous es* tions.Qn vostre viUe^ Nous nous, en tenons grandement tenus à vous : ce que nous recqngnoisterons par effect, se chose est que jamais puissons faire bonne* ment pour le bien de vous et de la dicte, ville, voua signifiant qu'il a pieu à nostre benoit Créateur, de sa grâce, nous donner, depuis que partismes de la dite ville et . arriva^m,es en cestui nostre royaulme, si bonne prospérité, et gracieuse fortune, qu^nous avons obtenu la victore de tous nos annemis et rebelles de par de chà , et sommes paisiblement resaisis et possessez de nostre ro(yaulme, couronne çt iregalité, et bien deuement obey, comme par le porteur de cestes en porrez estre adcertenez plus amplement; dont nous rendons très singollieres grâces et mercis à Nos-
1. Cette lettre manque dm» Vimprmé ang^;' mais on la retrouTe à la fin d'un autre récit du recouvrement du royaame d'Anglete^e par Edouard IV (Voyez les Mémoires de Philippe, dt. Qommynn^ 111, 281); Cette dernière nami^n paraît être un abrégé de cdle qii*on ▼ient de lire dans ^^VWvrin.
[J47i] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, xxxu. 447
trè Rédempteur, lequel, très chiers et especiaulz amis, prions vous avoir tousjours en sa sainte garde.
« Donné soubz nostre signe, en nostre cité de Canterbery, le xxix* jour de may, Fan mil ini** lxxi, »
4insy signé : EDO^ABD^
1. Ici 8*aiTéte notre manuscrit, sans que rien indique Tachèrement de TceuTre. Si l'on prend garde qa'à la tête et à la fin des trente-cinq lirres qoi précèdent celui-ci Wavrin a eu le soin d'énoncer minutieusement qu'ici commence et là finit tel ou tel li'n^, on se croira fondé, peut-être, à penser que l'unique copie des Anciennes chroniques d'Angleterre qui soit réputée complète est cependant inachevée? Nous ne partageons pas cet avis. Le nombre de chapitres annoncé au commencement du sixième li'n^ (voy. ci-dessus, page i) est complet, et, suivant nous, c'est à la seule inadvertance du copiste qo'il ùml attribuer l'absence de l'indication que nous avons signalée.
PIECES JUSTIFICATITES.
(Voy. t n, page 58, note i.)
L'an mil cgccxl (sic) monseigneilf de Bourgogne estant à Chalon, vint à luy ang ambassadeur de part Tampereur de Constantinoble, qui luy présenta, de part le dit ampereur, pluseurs reliques, et luy requist aide et secours contre les Turs, lesquieulx luy faisoieot grant guerre, et s'aparailloient de f^ire ancores plus grande. Et, après pluseurs remonstrances et requestes, mon dit seigneur luy accorda, pour alcr à son secours, sa grosse nave armée, sept gualees et une gualiote; lesquieuk yroient en son aide, avec ung légat et armée que nostre saint Père Eugène y anvoioit. Et pour armer quatre gualees , anvoia mon dit seigneur monseigneur de Wavrin à Venize, et anvoia messire Joffroy de Thoisy à Nice, en Provence, où estoit sa dite grosse nave et trois gualees, et une gualiote que là avoit fût faire, lesquelles le dit messire Joffiroy de
152 CRONICQUES D*ENGLETERRE.
Thoisyfist prestement très bien armer; et, pour ce qui scavoit que la dite armée de Yenize n'estoit ancores preste, courut toute la Barbarie, depuis One^ jusques à Auffrique*, où y guaigna pluseurs navires ; et de là traversa à Corfo, y cuidant trouver la dite armée de nostre saint Père et le dit monseigneur de Wavrin, lesquieuk ancores n'y estoient; mais là, fut acertenés le dit Joffroy de Thoisy que le Souldan, atout grande puissance, anvoioit asseger Roddes, lesquieulx avoient très grant besoing d'estre secourus; car, sans avoir secours, estoient en voie d'estre perdus. Pour quoy le dit Joffroy, avec les trois dites gualees et la gualiote moult bien armée, tyra ativement celle part, et trouva la dite cyté très devisee; car monseigneur le Maistre du dit Roddes n'avoit des frères de son Ordre pas deux cent, que vieux que jones; et lessodoiers, lesquieulx estoient de pluseurs nacions, gueres n'avoient bonne voulenté d'atendre le dit siège; et pour avoir couleur de eulx en aler, pour ce qu'ilz scavoient que mon dit seigneur le Maistre n'avoit point d'argent, luy demandoient la paie de quatre ou sinq mois, ou aultrement ilz s'en vouloient aJer.
Le dit Joffroy, arrivés en la dicte ville, fust prestemeiit informes des choses dessus dites; pour quoy anvoia devers mon dit seigneur le Maistre luy dire que ly vouloit aler faire la révérence, et luy dire aucunes choses» presens les nacions et les principaulx de la dite ville, en luy priant que il les feist assambler. Et, ce fait, presens tous, luy présenta, de part monsei-
i. Bone, en Algérie.
S. Africa, en Tunisie.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i83
gneur le duc, mile cômbatans estans en ces navires, et que, supposé que tous eulx abandonnasse la dite ville, à Taide de Dieu, il la garderait , et en randroit bon compte. Desquelles paroles tout le peuple fust réconfortés, et ceux des dites nations confus. Et, pour ce que yls ne scavoie ou estoit la dite armée du Souldan, le lendemain se party le dit Joffroy, pour scavoir où elle estoit; laquelle il trouva en Turquie, à lx miles de Roddes, où ilz avoie deschai^és et aflutee leur grosse artilerie, affin qui n'y failly riens quant ilz viendroie au dit siège. Et tantost les gualees du dit Joffroy s'aprocherent d'eulx, à la sye, la poupe devers eulx, lesquelles gualees estoient très bien artilee, et especialment de canons, desquieulx toutes les chambres estoient paillées et propres pour chacun canon; et ne tyroient que des canons de la dite poupe, et s'aidoient de toutes les chambres des aultres canons; pour quoy de chacun canon ilz tyroient presque aussy tost que d'unne arbalaste : cy en tirarent tant que ilz leur tuèrent assez de leurs gens , et, entre les autres, ung de leurs amiralx ; car à tyrer en leur flote, laquelle estoit sarree, ne povoient faillir, et les nostres gualees estoient esparse, pour quoy ne les povoie cy bien assigner. Pour laquelle chose, toute la nuyt rechargèrent leurs chevalx et leur dite artilerie, et, au matin, fyrent voele et vindrent devant Roddes, où ilz myrent le siège; et Taultre jour emsuivant, leurs bonbardes et bricoles prestes pour gecter^ et tout ainsy que ilz se logoient, le dit Joflroy logoit ces gens devant eulx, entre la fausse et la vraye muraille, et ly se loga devant leur capitaine : et chacun jour y eu saillies esquelles furent mors pluseurs d'ung costé et d'aultre, plus
154 CRONICQUÉS B^ENGLETERRE.
beaucopt desdits Sdrrasitiâ que des no^tres ; car durant le dit siège, qui dura xl jours, n'y eu ung seur homme pris à mercy .
Or avint que, aprefe pluseur» jours, de pluseurs bonbardes ili eurent «l^atuz ung grant pan de muraiUe, tellement qu'elle estoit en cheoir, et, elle cheue^ eulx tous prest pour assaillir. Pour quoy le dit Joffroy, toute la ûuyt, fist apourter de grans sacs de coton, et leé fist par cy bonne manière atacher à la dite muraille, que depuis <cos^ de leurs dites bonbardes n'y povoie grever; et les dits Sarrazins veans se, fyrent afhiter partie de leurs dites bonbardes sur le mole Sainct Nycolas, pour destruire les naves et gualees estant au port du dit Roddes. Et là les faisoient garder par aucun nombre de gens, espérant que, se grant charge leur venoit de la dite ville, que par ung passage, qui esloh près de la tour, Tost les povoit secourir. Or fu, par nécessité, donclute la saillie pour gaigner les dites bonbardes; car, aultrement, tous les dits navires estoient destruis; et, pour ce que le dit passage estre bien gardés, on povoit seurement gaigner les dictes bonbardes, on bailla au dit Joflroy et à 'ces gens la chaîne de garder le dit passage ; lequel ne Tandura refuser. Et pour secourir, quant la grant charge viendroit, on ordonna le chàstellain d'Ânposte, atout six vins hommes, lesquieulx se tiendroient à my voie de la dite ville et du dit Joffroy, pour estre...... •• La dite saillie fiist sur le vespre; et
chacun ala où il estoit ordonnés, et toute la piûs-