‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 6 sur 128 · GoTenUy, daiu le Warwiduhire · texte numérisé non relu

GoTenUy, daiu le Warwiduhire

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justicié lesdis seigneurs de Vellus et ses complices prisonniers -pour les parverses et de^yalles trahisons par eutz commises alencontre de sa royalle magestë. Si commanda illec le roy présentement sur les champz, dcsoubz sa baniere, yceolz eslre exécutez jusques à mort, comme ilz furent. Et, ce fait, Bst le roy marchier son ost avant vers lesdis rebelles, et au joindre les battailles, les communes cryoient : « Clarence à Warewic! d et portoit messire Robert de Vellus, leur capitaine, la livrée du duc de Clarence. Si eut illec grant occision ; mais il pleut à Nostre Seigneur envoler au roy Edouard la victore sur sesannemis, qui estoient plus dé XXX mille hommes, dont la pluspart eussent este occis se ne (eust la plentureuse grâce et bénignité du roy, qui, voiant leur descomfiture, se mist en paine et labeur de faire cesser la dicte occision pour saulver ses subgectz. Et en ceste chasse fut occis ung des gens au duc de Clarence, sur lequel furent trouvées plusieurs lettres contenans matières sedicieuses pour subvertir le peuple du roy, avec les plus grandes, horribles et abhominables trahisons machinées et conspirees contre le roy et bien publicque de son royaume que oncques furent veues ne pourpensees : lesqueles escriptures le roy fist garder pour ycelles mettre avant quant heure luy en sambleroit. Et fut prins à ladicte chasse sire Thomas de La Lande ^, chevallier. Aprez laquele victoire' eue, le roy s'en retourna audit lieu d'Estamfort, luy et son ost, où, en

1. Thomas de La Laund, écuyer, marié à une des sœurs de Richard Welle». Décapité après la bataille. (Dugdai^, II, 12.)

i. La bataille de Stamfort se donna le 12 mars 1469 (v. s.) (Cabtk, U, 780).

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la grarit église d'ycelle ville, rendy grâces et loenges à Nostre Seigneur de la victore qu'il lui avoit envoiee de ses dis annemis.

1299. Ck)mmeDt les conspirateurs et capittaines des communes furent prins, lesquelz confessèrent que par le duc de Clarence et le conte de Warewic s'estoient eslevez. VI.

Or advint que, le xiiii* jour dudit mois de marc, le roy estant audit lieu d'Estamfort, non soy ancores deffiant du duc son dit frère ne du conte de Warewic, leur rescripvi deux lettres de sa propre main, lesqueles il leur envoia par ung sien escuiier de corpz, nommé Jelian Don^ par ycelles leur signifiant comment il avoit pieu à Nostre Seigneur lui avoir donne la victore : par quoy il les enhortoit qu'ilz départissent le peuple par eulz assamblé, et qu*ilz venissent devers lui avec compétent nombre de gens, selon leur estât ; car il luy sanibloit très nécessaire de mettre rigle en la conte de LincoUe, pour le bien de luy et de son peuple, du tempz à venir ; car le roy cuidoit que lesdis duc et conte eussent esté à IJnceslre, ainsi qu'ilz luy avoient escript, comme dessus est dit, et fait acroire qu'ilz eussent esté le mardy, au plus tard, s'ilz n'eussent eu nouvelle de ladicte victore; et aussi que ancores n'avoient pas le nombre de peuple qu'ilz atendoient, ou ce que ledit messire Robert de Vellus tourna son chemin vers Stamford atout sa compaignie, en intencion de rescourre son père, par quoy ilz tardèrent à Conventry.

Or doucques, pour retourner à nostre matière, le merquedy et joesdy xv« et xvi* jours de marc, le roy

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estant à Grawnteo , les capittainès de sa compaignie coururent et prindrent aulcuns capittainès des dis re* belles, telz que ledit messire Robert de Wellus, Richard Waren ' et autres. Si les amenèrent devant le roy, où ilz furent cbascun à part examinez sur les villains cas par eulz commis , et ilz confessèrent , de leurs frances vouUentez, que lesdis duc de Clarence et le conte de Warewic estoieut, non pas seuUement participans, mais chiefz de toutes leurs trahisons que fait et machiné avoient , et que leur propos estoit, outreemeut, de destruire le roy et faire le dit duc de Clarence couronner. Lesqueles confessions , à l'heure qu'ilz furent excecutez à mort, ilz affermèrent ancores estre vrayes, publicquementy devant toute la multitude des assistens en Tost du roy.

Vous avez bien oy, cy dessus, comment le roy Edouard, aprezceste victore eue, envoia lettres à son frère, le duc de Clarence, et à son cousin de Warewic, lesquelz le messagier trouva à Conventry, comme dit a esté , où il leur délivra les lettres du roy : et ycelles par eulz veues^ ilz promisrent audit Jehan Don, que en toute dilligence yroient devers le roy atout mil hommes en leur compaignie, ou xv^' au plus, délaissant leurs autres gens derrière. Non obstant laquele promesse, à leur partement de Conventry, avec toute leur compaignie prindrent le chemin vers Bru^ ten *, sur Tarente. Laquele chose voiant, ledit Jehan

1. Richard Wareyn. Voir les prodamations datées des xm, xxm et XXXI mars , dans lesquelles sont rappelés les griefs de ceux qui ont pris part à rinsarrection du comté de Lincoln. {WarkwortUU Chronicie, 52- 59, notes.)

â. fimton sur Treut, dans le Staffordshire.

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Don leur dist qu'ilz n'estoient pas sur leur droite voie pour aller devers le roy : et ilz respondirent qu'il leur convenoit aller par là, pour parler à leurs piétons. Lequel adont, courtoisement, sans plus parler, prinst congié d'eulz : et, sur ceste couUeur, ilz allèrent audit lieu de Bruton, et de là à Derby*, pour eslever le peuple, et eulz emforchier, autant qu'ilz pourroient, à rencontre du roy, continuant en leur maulvaise dissimulation»

Ancores, durant ces choses, le roy entendy que, en sa conté de Richemonl*, le seigneur de Strop* et autres, à Tincitacion du duc de Clarence et du conle de Warewic, esmouvoient le peuple à rencontre de luy . Pour quoy il envoia en Northumbelland et en Westland * signifier que chascun feust prest pour résister à rencontre d'eulz, ou cas qu'ilz vendroient en ces contrées : et de ce rescripvi au conte de Northumbelland , marquis de Montagu*^, lui commandant de les rencontrer atout la puissance des dis pays. Laquele chose venue à la congnoissance dudit seigneur de Strop et ses complices, avec la nouvelle de la victore du roy, tout bien considéré, veu que c'estoit contre le roy qu'ilz estoient enhortez de gens assambler, craignans qu'il ne venist brierment celle part, se désistèrent de ceste emprinse.

i. Dans le Derbyshire.

:2. Richmondy dans le Yorkshire, à vingt-six milles d'York.

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