Marie, mariée 1» au lord Bojd, et S» au lord Hamilton
PIÈGES JUSTIFICATIVES. idl
Item. En après, la royne (îit conseillée, par aucuns qui estoient contraires au dit roy Henry, de mener le roy son filz^ devers les marches d'Escosse ; et ilecques vindrent au devant d'eulx, le conte de War- ^yk" et plusieurs autres seigneurs du conseil du roy Edouart, lesquels communiquèrent ensemble pour avoir longues trêves et de faire doubles aliances et amitiez. Sur lesquelles choses ilz eurent advis à délayer leur conclusions jusques après le prochain parlement, lequel fut ordonné estre tenu à Sterling, comme il a esté. Et illecques tous les seigneurs furent d accord de tenir la dite journée, parmy ce, toutesvoyes, que je alasse avecques eulx en personne. Et aussi les Angloys disoient que, si je n'y aloye, ilz ne ^endroient jà à la dite journée; k laquelle je reffusay «pressement d'aler : et, par ainsi , faillit leurs dictes assemblées.
Item. Et bien tost après furent envoiez troys ou quatre chevaliers d'Angleterre en Escoce, pour cuider Couver, par soutilles persuasions, aultres convencions ^* appoinctemens pour parvenir à la fin qu*ilz desil'oient : toutes lesquelles choses je feis rompre et mectre au néant, comme devant.
Item. Ettantost après le très crestien roy, qui âpre- ^pt est, envoya ses lectres exhortatoires à mon souve- "^n seigneur et à moy, pour assister au dit roy Henry
*• Jacques III, mort en juin 148S.
. 5; ^•^l *^62, sdon Wyrcestre (493), Warwick rencontra Marie ^mines,poiir affaires de mariage. Pinkerton dit (I, 251) que Warwick ja»t aitifideiiaeinent détaché Marie de la cause de Henri VI, en lui été^^*"* ^'^tt»eF le nouveau monarque anglais, et que la reine avait
^^me à Carliste pour avancer les négociations.
168 CRONICQUES D*ENGLETERRE.
son cousin y comme dit est, avecques aultres ses lettres patentes ^ soubz son grant seau, en lui signifiant comment il assistoit au dit roy Henry en toute puissance, avecques tous ses subgetz et amis, en faisant faire inhibicion à tous ceulx de son royaume que homme ne feust si hardy d'avoir comraunicacion avecques ceulx du party du dit roy Ëdouart, ne de îaire marchandises avecques eulx, ne aucune aultre conver« sacion, avecques plusieurs aultres articles, bien favorarâbles pour le dit roy Henry, contenuz en ses dites lettres.
Item. Et, peu de temps après, vint le conte de Maulevrier, qui aporta à mon dit souverain seigneur pareilles lettres closes et patentes, de par le dit très crestien prince, avecques très cordiale recommandacion et créance : lesquelles lectres, comme disoit le dit seigneur de Maulevrier, estoient proclamées en France publicquement, par son de trompe, en plusieurs bonnes villes, citez et pors de son royaume. lesquelles lectres, et la publicacion d'icelles, me causoient de plus en plus de montrer ma bonne v^ulenté au dit roy Henry, son cousin.
Item. Et quant la dite royne et les seigneurs de ce royaume virent que le dit très crestien roy de France
i. Chastellaîn (2i9) cite cette partie de rordonnance sans en donner la date : c De guerre n'avoit (Louis XI) i nulluy, fors tant seuUement que lui meismes s^en bailla au roy E^louart auquel il fit crier et publier à son de trompe par tout son realme inimitié mortelle , et que nuls , sur paine de mort, de ceux de son realme, commuuicassentne en marchandise ne aultrement avec les Anglais du parti du dict Edouart. • Le comte de Maulevrier étant porteur de semblable lettre pour le roi d^Écosse, ne pot les remettre à ce prince qu'après le mois d'octobre 1462, car ce fut à cette époque que la reine Marguerite revint en Angleterre accompagnée de ce seigneur. (Lutoard, TI, 558.)
ne roist point à exécution sa dite proclamacion pour le dit roy Henry, comme ses dites lettres portoient, leurs couraiges se refroydirent et leur bon voulcnr se changa, et se mirent à complaire au dit roy Edouart et à ceulx de son party, voyant qu'il prospéra de jour en jour en son fait, et Taultre n'avoit point de aide ne confort, fors que, tant seulement, le royaume d*Escoce. Par quoy le dit roy Henry et son conseil se doubtoient à demourer si près des Marches, comme à Edemboui^h^, paour que les Anglois et aucuns Escossoys, qui mieulx aymoient le party contraire que luy, ne feissent aucune convencion ou préjudice de luy et de son beau filz, le Prince. Par quoy il desiroit, pour la seureté de sa personne, venir en ma place de Saint Andry, là où il fut bien recueilly, selon ma petite puissance, et
1. William Diaitknd (Q, 634) dit qu'après la perte de la bataille de de Tewton, Henri YI, sa femme et son fils s*enfnirenty en premier à Berwick , pois à Édimboorg, où ce malheureux prince trouva un asile honorable. James Kennedy, évéque de Saint-Andrew, fut la personne à laquelle le roi fugitif fut le plus rederable en cette occasion, par Tinflnence de ce digne et vénérable prélat.
On peut Toir, par la lettre qui suit, que le roi Henri VI était à Edimbourg le 28 mars 1461, y. s.
< A très bault et puissant prince nostre très chier et très amé cousin germain de France,
< Très hanlt et puissant Prince, très chier et très amé cousin germain de France, nous arons esté bien amplement informez par plusieurs fois que toujours tous estes monstre nostre bon cousin et amy , et tous estes tousjours bien encline en toutes les affaires de nous et la recourranoe de nostre dit royaume, à voz grans constz et despens, tant de gens, d*argen comme aultrement , dont très fort nous en reputons tenuz à tous.
ff Nous envoyons présentement par devers vous plusieurs de nozgens et ambaxadeurs, comme plus à plaiu porrez veoir par noz aultres lettres que. vous rescripvons entre lesquelx noz gens et amheuuideurs y est nostre amé et féal chanceUier Jehan Fortescu, chevalier, auquel sommes fort atenuz,
170 CRONICQUES D*RI96LETERRE.
bien réconforte , tant dedens, comme de kiy prester or et argeqt monnoyé et a monnoyer, et auitres cboses à luy nécessaires, en luy faisant aussi bonne qlliere comme je luy ay sceu ne peu &ire : «t d*iUeoques le convoyay en une aultre de mes places sur b
car à ses despens nous a toasjoart entretenu nostre estât et fait plnsieart aaltres services, dont Iny sommes fort atenuz. Pour lesqoeUet-choseSytres hanlt et puissant Prince, très chier et très amé cousin, nous tous prions, tant et si affectueusement que pins poTonsque icelluy nostre cbanceUier, en nostie faveur et prières, tous Tueillez faTorablement traider et loy secourir et aider comme à nostre propre personne en toutes les necessitex et affaires qu^ peut aTOÎr, tant pour nous et noz affaires, comme pour luy mesmes , afin qu'il puisse congnoii^ que nos prières luy aient prouf* fité en aucune manière. £t quant Dieu plaira, que nous atons la joissanoe et recouTrance de nostre dit royanme, nous ferons aTecques tous en telle manière que toute Tostre noble royalle Magesté n'ara jamais cause de s*en douloir : en tous priant que Tueillex tousjour^ de raienli en mieulx continuer ainsi, comme bien y aTons nostre singulière et parfaite confiance, aidant le benoist filz de Dieu, Ires baalt et puissant Prince, très chier et très amé cousin , qu*il vous Ttteille aToir el tenir en sa sainc(e et benoiste garde.
c Donné à Ed3mburgh , le xurnfi jour de mars.
c Hbitbt. • (Signature autographe.)
{Bièl, imp.^ Mss.^ Fonds Baluze, n» 9037', fol. 176.)
La lettre suÎTante , prise à la même source , semble un appendice naturel à celle qu*on Tient de lire.
' c Au Roy, nostre souTendn teignenr.
c Nostre souTerain Seigneur, nous nous recommandons k TOStre bonne grâce tant et si très humblement comme plus poTOns. Et tous plaise saToir,iioftresouTerain Seigneur, que au jourd*uy sont entrez par coàgié, en oeste Tille de Rouen , le conte de Pennebrocet messire Jehan Forescn, chcTalier. chancelier du roy Henry d'Angleterre , lesquels sont Tenns derers noiM, et nous ont remonstré que, de par le dit roy Henry, ilz estoient euToiez comme ambaxadeurs deTersTou8,et aToientprinsla charge soubz la confidence du congié gênerai d'aler et Tenir par toz pays, qu'O TOUS pleust octroyer en la faTcur dudit roy Henry à tous ses subgiét tenans son party ; mais, pour ce qu'ili aToient sceu, eulx estans en Flandres, la deffense generalle faite aux Anglois de non eulx trourer en
PIÈCES JUSnnCATIVES. 171
mer, et de là le transmis seurement en son royaume. Et tout ce luy feys, pour Tonneur du dit très crestien roy de France et pour luy complaire, lequel m'atoit sur ce très gradeusement escript et requis, et si,
TOttreroyanoM aans aToir sarofcondoit , ilz cttoient tournez derera mon- — îgn^w^i de CharoloU» qui leur aToit octroyer, pour leur jeurté, eertainet kt&«« réquisitoires à tons toz justiciers et lientenans, lesquelles ilz nous monstrerenty enseoible unes lettres missires que nous escripToit en leur dreor mon dit seigneur de Charok>is, pour les laisser passer, ainsi 'que porez Te^ir, se c*est yostre bon plaisir, par ic^Ies lettres missives^ et mesmes par double des lettres réquisitoires de mon dit seigneur de Charolois, cy dedens encloses; et nous requeroîent de seurté de filer devers TOUS y disans qu'ilz aToient lettres que mon dit seigneur de Charolois ▼DUS escripToit pour leur fait. Sur quoy, Sire, après que avons debatu la matere avec aucuns de vostre conseil estans par deçà , avons remonstré aodttconteetohanceîliérqneyau regard delà defïense qui faite avoit esté, elle estoit generalle pour tous les Auglots, tant de çeubc du costé du roy Henry, que de Tautre part, par complaintes qui vous aypient esté faites des inéonveniens qui estoient advenus et povoient advenir à voz sub'giez par connes et pîlleries, pour raison de la frequentacion que avoient eue par deçà ceulx du party dudit roy Henry, dont aucuns s^stoient tournez de l'autre costé, et pour autres causes qui à ce vous avoient men : e puis que aihn estoit que la deffence avoit esté faite, et par cry publique, que à nous n'estoit pas de y toucher; maïs, toutèi voys, que, considéré leureaset qu*ilz atermoient aler devers vous, et aussi qu'ilz disoient porter lettres de mon dit seigneur de Charolois , ne leur donnerions aucoa empescbement , et advisassent à ce qu'ilz avoient à foire. Par quoy, Sire, ib ont prins le cheinin pour tirer devers vous, comme ik dient : et, pour ces causes, envc^ons ce message en toute diligence devers vous, afin que en soiez adverty avant leur venue, en ensuivant ce qu'il vous a pieu BOUS escripre et commander, de vous advatir tou^ouH de ce qui sui^ viendroit des nouveUes des dits Ânglois pour, on surplus, ordonner vostre bon plaisir. Nostre souverain Seigneur, nous prions le benoist filz de IXenqi:^ vous ait en sa saîncte garde, et vous doint très bonne vie et longue , et acompUssement de voz très nobles désirs, c Escript à Rouen, le xm* jour de ji^ngX1462).
ff Vos très humbles et très obeissans subgiez et serviteurs ,
« L'evesque de Saint Brieuc , Louys d'Estoutevîlle et Jehan Amonlfin. £. Pubast. h
{/6., U,^ fol. 177.)
Ht CRONICQUES D*ENGLETERBE.
savove bicfn que le dit roy Henry n'avoit de quoy me récompenser.
Item. Et voyant par le dit roy Edouart la grand division qui estoit entre nous, s'effbrsa de toute sa puissance de nous venir courir sus, pour nous cuider mectre en subjection, et, par especial, tous ceulx qui estoient amis et bien vueillans du dit roy Henry. Et, sur ce, envoya devant luy le traictre de Douglas* a tout grant quantité de finance,pour recueillir et souldoyer gens de legier couraige, près des marches; et lequel traictre, par aucuns moyens qu'il trouva et dons qu'il donna, assembla grant nombre de meschantes gens qui firent grant dommaige ou pays. Et si estoit bien taillé, à l'aide du dit roy Edouart et de son host, qui estoit pour icelle cause assemblé, d'avoir mis le royaume en voye de perdicion, mesmement veu et considéré le temps de Taage du dit roy, mon dit souverain seigneur, et la division qui estoit ou dit royaume, se Dieu, de sa grâce, n'y eust mis remède. Et tout ce mal et péril fut imputé sur moy, par quoy j'estoye bien taillé d'estre finablement destruit par les gens du pays, pour ce que j'estoye cause de Tinterrupcion des journées devant dictes pour enfraindre les accords qui appoinctés estoient entre le royaume d'Escoce et le dit Edouart. Et, non obstant ce que n'estoye pas bien disposé en ma personne, ne accoustumé d'aler en guerre, encores me preparay y aler en personne , avecques mon souverain seigneur, à rencontre du dit traictre, en grant dangier de noz personnes et de toute sa conn-
1. James IX* du nom, comte de Douglas, mort le iS aTril i4S8. (DouOLÂi, Peerage ofSeotland^ p. f 88, 189.)
paignie, considérées les choses dessus dictes : et à la parfin, ainsi qu'il a pieu à Dieu, Tentreprinse du dit roy Ëdouart fut rompue, et le dit traictre rebouté , et justice faite de son frère et de plusieurs aultres ses complices *.
Item. Et après toutes ces choses, nous avons entendu comme le dit très crestien roy de France avoit prins abstinence de guerre* avecques ledit roy Edouart, sans ce que ce dit royaume y fîist comprins en aucune manière, de quoy tout le dit royaume en estoit bien esbay et esmervueillé, veu et considéré la division d'icelluy et le temps de Faage du dit roy, cpmme dessus est dit, et aussi le grant dangier en quoy le dict royaume estoit en icelluy temps : par quoy il fut advisé et trouvé expédient que j^envoiasse aucuns de mes gens especiaulx, comme de mon propre mouvement, et non point de par le roy ni le royaume, au conté de Warwyk, conduiseur dudit royaume d* Angleterre dessoubz le dit roy Edouart, pour trouver moyen avecques luy d'avoir trêves et abstinance de guerre. Laquelle chaîne je accomply , et envoyay ung chevalier et ung escuier, lesquelx appoincterent et prindrent certaines abstinances pour aucuns temps, et jour mis
1. Les • historiens ne font nulle mention de cette prise d'armes d*ÉdoQard IV oontre le jeune roi d'Ecosse , ni de la présence du comte de Oooglas et de \k justice qui fbt faite de son finère. Le comte n*en avait pks qu'on seol à ce moment, nommé J<Am lord BalTeny. Cette entreprise n'a pa avoir lien qoe pen après le 15 juillet 1463, puisque, comme on le Toit dans la Pièce justiBcative III«, le comte de Douglas menait alors orte guerre en Escœhe et se tenait es montaigne de Gabois (Galloway), et qa*Édouard IV était en chemin vers le nord, sans doute pour se joindre au comte y ainsi que le dit Pévéque de Saint- André.
3. Proba b lemen t latrôve du 37 octobre 1463. (Rtmu, V, partie III, p. 117.)
174 CRCmCQUES D*£NGLET£RA£.
pour faire assembler certain nomlnre de seigneurs, tant d'un cousté que d^aultre, pour eulx trouver et assembler en certain lieu et temps nommez ; c'est assavoir au Neufchastel, en Angleterre, le vi'' jour de mars ^, au quel jour les Anglois faillirent de venir : et, ce non ohstant, je renvoyay les dessus dictes gensde rechief, de mon propre mouvement, par souffrance, toutesfoiz, de mon souverain seigneur, lesquelx alors appoincterent ung jour non doutable, si comme j'éspoir, là où certains seigneurs des dics deux ro jaumes se doyvent trouver et assembler, comme devant^ audit lieu de Neufchastel le xi* jour d'avril prochain venant à laquelle journée au plaisir de Dieu bon appoinctement se trouvera pour le bien. des dics deux royaumes. Et, par adventure^ aucuns moyens se trouveront pour avoir longue paix entre iceulx royaumes, comme expédiant sera veu aux seigneurs qui envoiez seront de tous les dics deux coustez; car en verit^ de- Dieu, le royaume a souvent esté mis en grand péril de perdicion, à l'occasion des guerres qui si longtemps ont duré -entre les dics deux royaumes, ou temps passé, comme il peut àparoir par maintes raisons qui longues seroient à escripre.
Item. Et, finablement, pour remonster au dit très crestien roy de France comme j'estoye servitem' de son feu progeniteur, à qui Dieu pardoiut, de toute ma puissance; et^ se je savoye que mon service luy feust agréable, très volontiers et de bon cuer luy seroye,en pareille forme et manière comme j'esloye àsoq dict feu
\ , Cette date et celle qui suit prouvent éridemment que le pi^élat donna ces initructions entre le 6 mars 4463 (▼. t.) et le 30 avril totraDt
progeniteur ou mieulx, se mieulx povoye, et devant tous vivans, excepté mon dit souverain seigneiu* et le bien de son royaume ; et quelque chose qu'il adviengne, je seray et suis tousjours de bon vouloir, et de toute ma puissance m'enploieray et tendray la main que les anciennes aliances des royaumes de France et d'Escoce soient inviolablement observez et gardez, devant toutes trêves, cpnfederacions et aliances qui se porroientjaraaiz trouver entre les dicts royaumes d'Ëscoce et d'Angleterre, en suppliant et requérant sa haultesse et royale Alagesté qu'il ne vueilie pancer le contraire en moy^ suppose que voulentiers je me voulusse emploier à la bouter pour le bien et transquilité du dici royaume, dont je suis de la Maison descendu ; car, quant le dict royaumese portera bien, le dict seigneur en ara plus d'aoïis et serviteurs, et quant il sera en tribulacion et adversitez, ceulx du dict royaume ne luypourroientsi bonneipent faire service comme leur^ ancestres ont fait à ses progeniteurs roys de France, pour le temps passé, ne comme lui feroient -de kurs propres couraiges, voulentiers et de toute leur puissance, quant il ara besoing d'eulx. Et, par ainsi^ je repute sa haultesse ayant grant trésor en ce royaume des loyaulx couraiges des gens, se sa haultesse le voulsistbien considérer, 3i comme je croye fermement, sans doubte, que sa prudence et discreciou le saura laieulx considérer que je ne sauroye deviser*
{BUf. imp.y Mss., Fonds BaUze^ n* 9987, fol.
<9rect. — 21 verso.)
176 GRONIGQUËS D*£NGLETERE£.
(Voy. t. n, page 316, note 2.)
Nos Margareta, regioa ÂngUe, fatemur nos recejHsse ab illustrissimo et serenissimo principe cognato nostro germano Francie Ludovico viginti milia libras tiironensis monete nunc currentis in Francia, ad quorum viginti milium librarum turonensium solucionem, virtute commissionis et potestatis nobis date a serenissimo principe domino meo rege Ânglie, obligamus dicto cognato nostro, per expressum, villam et castrum Calesie sub forma que sequitur, videlicet : Quod quam cito dictus Dominus meus rex Anglie récupéraverit antedictam villam et castrum Calesie, vel aliquis de suis pro eo et in ejus nomine ea recuperaverit, Dominus meus antedictus constituet ibi predilectum fratrem nostrum Jasperem, comitem Pembrochie, vel dilectum consanguineum nostrum Johannem de Foix, comitem de Hendale, in capitaneum, qui jurabit et promittet reddere, tradere et deliberare antedicta villam et castrum Calesie in manus illustrissimi prin« cipis cognati nostri Francie antedicti, vel in manus suorum commissariorum infra annum ex tune venturum, vel alias reddere et restituere eidem consanguineo nostro Francie antedicto predictam summam viginti milium librarum infra annum predictum. Ita tamen quod si dicta summa viginti milium librarum non (uerit predicto cognato nostro Francie infra
annum, ut premittitur, soluta, obligamus nos per presentesy et in vim prefate nostre commissiouis facere tradi et deliberari predicto cognato nostro villam et castrum Calesie antedicta : cum hoc quod idem cognatus noster solvat domino nostro régi Ânglie antedicto quadraginta milia scutorum ultra viginti milia libras prenomiuatas. Ac eciam promittimus per présentes quod dominus meus rex Ânglie antedictus obligabit seipsum ad omnia premissa ut prémittitur ohservanda, et super hiis deliberare faciemus litteras convenientes in manus comitis de Maulevrier, vel alicujus alterius persone, ad complacenciam dicti cognati nostri, apud Dominum meum antedictum pro ea re transmittende. In cujus rei testimonium signetum meum presentibus manu nostra propria subscriptis apposuimus.
Datum apud Gaynonem, xxiij* die mensis Junii, anno Domini millesimo cccc'"^ lxii^ et regni Domini mei antedicti quadragesimo.
Marguerte. Manfeld.
Sceau en cire rouge sur simple queue.
[Jrchhes impériales^ TaisoR dbs Chabtbs, J. 648, u9 2.)
i78 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
(Voy. t. II, pages 316-317*.)
CoppiE DES msTRUcnoNS BAiLLÉss (déchiré) a kessibe CoussiNcyr* {déchiré) et autbes articles doht {déchiré) CHARGE OULTRE SES DITES mSTRUGTIONS.
Oultre mes instructions. Pour ce que la royned^An* gleterre avoit escript plusieurs lettres au roy Henry et à ceulx de son conseil^ les uns par ung nommé Jehan Bron^ et les autres par ung nommé Willem Bacquier, qui fut au duc de Xestre, lesquelles lettres contenoient, entre autres choses, qu'elle avoit eu de bonnes nouvelles du duc de Bretaigne et de monseigneur de
1. Voici le passage des Croniequês auquel la présente pièce jusdficitÎTe se rattache :
t Doncques, ou mois d'aoost de Pan ucn^le roy Loys de France, Toiaot sa cousine y la royne Marguerite, estre Tenue devers luy en si poTre estât.... luy fist délivrer deux mille corobatans de bonne estoHe, desquels il fist capittaine messire Pierre de Brezy.... Il s*y porta si sagement que à son commencement qu'il fut entrez en Engleterre , il y conoquist plusieurs places, lesqueles il tint, espérant secours du duc de Sombresset, qui apoit promis grans gens de par lui avec une grande et grosse armée d'Escosse , qui ensamble se dévoient joindre avec la dite royne et In François, i
2. Guillaume II Cousinot, seigneur de Montrenil, chambellan de Louis XI , « fut employé successivement par ce prince dans toutes les afibires ardues de son règne , il accomplit également au dehors divenes ambassades. » U mourut en i48i. (M. Vaixbt db VmvnxBy Chroniqm dt la Pucetie^ p. 22-32.) D fut fidt chevalier en 1449» à U prise de Rouen, et bailly de cette ville. (Mathieu d'Escsoucbt, X, 190 et 204.)
Charoloisy et qu^ilz estoient tout ung ensemble, et tous fermez et joings pour* secourir le roy Henry en tout ce qu'il leur séroit possible : et avec ce, estoît venu devers le dit roy Henry ung nommé Preston, qui demeure avec mon dit seigneur de CharoUois, lequel lui avoit apporté lettres du dit mon dit seigneur de Charolois, bien gracieuses et confortatives^ avec créance de bouche pour lui donner toute l'espérance qu'il estoit possible tant de secours et aide que de bon vouloir qu'il avoit à luy; et qu'il tendroit tousjours son parti sans varier. Et aussi il estoit venu ung navire de Bretaigne à Quicombri% en Escosse, duquel les Bretons qui estoient dedens, en disoient autant touchant Bretaigne, et qu'ilz avoient charge, de par le duc, de bailler au dit roy Henri tout ce qu'il leur demanderoient de leur marchandise, il fut advisé par le dit roy Henri et ceulx de son conseil que, après ce que j'aurois esté devers le roy, je m'en iroye devers la dite royne d'Angleterre pour ces matières, et lui declaireroie Testât d'Angleterre et ce que monseigneur de Sombresset avoit rapporté; c'est assavoir qu'il avoit le serment et scellé de xvii hommes dé Galles des plus grans qui feussent ou pays, lesquelx il nomma au roy Henri, et pareillement luy nomma plusieurs autres qui sont devers le West et devers le Su, qui semblablement estoient tous joings et fermez ensemble pour icellui roy Henry. Et, à ceste cause, avoye charge de dire à la dite reyne d'Angleterre que, en entretenant les choses qui estoient entre elle et les dits duc de Bretaigne et monseigneur
i, Kirkudbright.
180 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
de CharrolloiSy elle voulsist tendre à troys fins cy après declairees.
La première, qu'il y eust bonne amour et bonne aliance entre les dits duc de Bretaigne et monseigneur de CharoUois ; et que par vertu du povoir que la dite royne d'Angleterre avoit elle y comprensist le dit roy Henry, se jà ne Tavoit fait, en telle forme et manière comme elle adviseroit à faire pour le mieulx, et qu'elle en baillast telles seurtez comme les autres Youdroient avoir; et le dit roy Henri les ratiffieroit.
La seconde fin à quoy la dite royne d'Angleterre devoit tendre, estoit que icelle dame trouvast fisisson, par le moien du roy de Secille et des dits duc de Bretaigne et monseigneur de CharoUois , que tous les seigneurs de France voulsissent supplier au roy qu'il ne prensist aucunes trêves ne appoinctement avec le roy Edouart.
La tierce fin estoit que la dite dame trouvast moien avec mon dit seigneur de CharoUoys qu'il envoiast aucun secours à Bambourg* d'artillerie ou de vitailles, et que le roy de Secille y envoiast des canonniers et des culuvrynes, et avec ce que icelle dame trouvast quelque fasson pour avoir ung peu d'argent pour entretenir ceulx qui estoient au dit de Bambourg et es autres places.
Et, d'autre part, que la dite dame envoiast devers le duc de Bretaigne, et que moy mesmes y vousisse aller pour ceste cause : c'est assavoir pour trouver manière
i . Cette place fut rendue par le duc de Somerset, le S4 décembre 1463. Voj. ci-detsus, tome II, p. 287, note i.
qu'il envoiast en Galles mons de Pennebrok *y avec quelque armée, et ne fust elle ores que de mille ou y"" hommes, et que en faisant ces choses et donnant à faire au roy Edouart par les deux boutz du royaume, avec les faveurs que le dit roy Henri avoit dedans le dit royaume, le dit roy Henry ne faisoit point de doubte que le peuple ne se levast de tous costez et qu'il ne le remist sus ainsi qu'il estoit auparavant; et avoit ferme espérance le dit roy Henry, veu ainsi que lui avoit esté mandé auparavant, que le dit duc de Bretaigne feroit pour luy ce que dessus est dit, et toutes choses qui luy seroient possibles, et en ce ne mectoit aucune difBcuté*.
{Bibl. imp.^ Mss.^ fonds Baluze, n^9037% fol. 184.)
1. En 1462, le comte de Pembroke était en Irlande , essayant de procurer assistance à Henri VI. {Fenns letters^ t. I, 266, note.)
3. Cette pièce ne porte aucune date; mais, selon toute apparence, ces instructions doivent avoir été données durant le court séjoar que la reine Marguerite fit en France; c'est-à-dire entre le 16 avril 1461 (v. s.), et le mois d'octobre 1462. (Pihkbbton, I, 249, 250.)
Le 16 août 4462 , Louis XI écrivait au vicomte de Ponteaudemer : c Comme puis n'agueres, par certains appoinctemens faits entre nous, d'une part , et très haute et puissante princesse nostre très chère et très amee cousine la rojne d'Angleterre, pour et au nom de très haut et puissant prince le roy Henry, son mary, nous nous soyons déclarez de porter et &voriser la part de nos ditz cousin et cousine à l'encontre de Edouard de la Marche , subject rebelle et désobéissant envers nostre dit cousin, soy efforçant de luy oster sa seigneurie, pour la recouvrance de laquelle nostre dite cousine se soit disposée s'en retourner devers son dit espoux en grande diligence, pour le passage de laquelle, et de sa compagnie y nous vous mandons que vous vous transportiez par tous les ports de mer de Normandie et de Picardie , et faictes commandement à tous maistres de navire que ils vous baillent les navires que leur requerrez, et à tons matelots et mariniers que ils viennent servir, etc.
« Donné à Rouen, le 16 d'aonst 1462. » (Lbhglst, II, 373.)
18â CRONIGQUES D'EMGLETERRE.
(Voy. t. n, pages 310-319*0
(f Mon souverain Seigneur^ tant et si humblement que plus puis je me recommande à vostre bonne noble grâce. Et vous soit plaisir de scavoir, mon souverain Seigneur, que^ depuis mes dernières lettres que vous ay envoyées, j'ay esté à Guisnes devers Richart Witel pour oyr de toutes nouvelles touchant les matières que scavez : duquel, obstant Tatente de monseigneur de Lannoy en Angleterre, lequel passa la mer le xvu* jour de ce mois, je n'ay peu riens scavoir de luy sinon ce qu'il vous pourra apparoir par une lettre que M' de Warvich luy a rescriptes que vous envoie, ensemble la copie d'icelles translatés d'anglois en franchois de la main dudit Richart Witel, cy dedans enclose. Outre plus, m'a dit le dit Witel vous dire et avertir les nouvelles qui s'ensuit.
Premier, que l'ambassade d*Espagne qui estoit nagueres partie de devers le roy d'Angleterre, est retournée par devers luy.
1. La pièce se rapporte au pavage toÎTant des Cronicques : c Et si n'eurent nulz secours des escodiiers ks dis François , lesqueb, se ilz eussent ce sceu , ne feussent pas si loDgnement demonrez es places par euli concquises, comme Brambourgy Berric en Galles, Amunchie,
Durem et planté d*autres forteresses » fut ordonné le conte de Wa-
rewic, à une puissance de gens d'armes et de trait ^ aller assegier et reconcquerre les places <{ue les dis François aToient prins«s. Et, de fait, les reconcquiftt toutes. »
Item. Est le roy d'Angleterre délibéré, ces Pasques passées ou tost après, aler mettre le siège devant Bandebourg' où est le roy Henry, et deux autres places de son obéissance.
Item. Est le peuple d'Angleterre mal content de ce que ung nommé Pierre Cousinot, qui est vostre subget et de vostre royaume est au dit lieu de Bandebourg à l'aide et tenant le party du dit roy Henry.
Item. Est conclud que monseigneur le chancellier d'Angleterre vendra sans quelque faulte à la conven* tion qui se doit tenir pour l'apaisement des differens, combien que le dit Witel m'a dit que M. de Lannoy pourra si bien besongner par de là qui ne sera besoing de tenir la dite journée.
Item. M'a monstre le dit Witel unes lettres qu'il vous a pieu luy envoier touchant ung nommé maistre Estienne, nagueres détenu prisonnier au dit lieu de Guisnes, et, avec ce, la déposition par luy faite sur plusieurs poins et articles quHl dit avoir esté interrogié, luy estant au dit lieu de Guisnes, par le dit Witel, dont le contenu en icelle : il se donne grant merveilles, et m'a chargié vous dire qui n'est besoing que de ceste matière en escripviez au roy d'Angleterre pour l'excusation des chaînes baillées par ledit maistre Estienne, et congnoist bien que ce ne sont que menchounes et choses controuvees, en quoy faisans semble audit Witel que icelluy maistre Estienne est digne de grant pugnition.
D'autre part, mais je n'ay point chaîne du dit Witel
I . Bamboroogh Tat reprise le )5 aTril 1464 par le comte de Wanrick. (LaicARD,II,S60, S61.)
184 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
le VOUS dire, moy estant au dit Guisnes, auquel lieu j'ay séjourné sept ou huit jours, sont venus aucuns de Calais pour deviser et composer à y faire deux boeuvres pour la fortification de la dite place, à la façon desquels l'on besongne journellement à grant diligence. Et si a aussi nouvellement venu es dits lieux de Calais et de Guisnes beaucoup de menu artillerie, conune ceux de la place m'ont dit ; font aussi grant provision de bled, doubtant avoir le siège, les trêves passées, dont ils voudroient bien estre assourez du contraire; car ils dient qu'ils n'ont, quant à présent, que deux chiefs en Angleterre, dont M' de Warwich en est F un, et le second ay oublié le nom. Et, pour leur donner bon couraige, leur respondeis que le cas advienne qu'ils ne se scaueront où bouter; car, de prime face, vous avez vos garnisons à Gravelines, à Ardre, à le Montoire, à Fresnes, à Hardenthun et à Boulongne, qui sont toutes places voisines et frontières de leur pays, dont ils ne furent gueres joyeux, et, au propos, me respondirent ung mot que ne vous puis dire sinon de bouche : ce que feray moi estre par devers vous.
Item. Se sont partis, jusques au nombre de xxx ou XL hommes de guerre de^ la garnison de la dite ville de Calais, et s'en vont, tant soubz M' le Bastard comme autrement, sur le Turcq^
Item. Quant au Besgue de Bizemont, il se tient en un village qui s'appelle la Rouge Moustier, à une
i . c Au dit an soixante quatre, le Tingt uniesme jour de mai, Antoine, bastard de Bourgogne..., accompagnié de..., se partirent du dit lieu (de TËsduse) et slnglerent en mer sur les ennemis de la foi chrestienne. » (DuouaoQ, XIV, 341.)
PIÈCES JUSTinCAUVES. 485
lieue de Guines, qui est terre Englesse, et d'illec ne se part, pour double d'estre aprehendé, et se garde fort, car, à ce que j'ay peu scavoir, il est assez adverty.
Item. Je vous envoyé ung advis dont il vous pleut moy chargier, vous estans à Saint Riquier', pour instituer et faire acheter en vostre pays de Picardie, '
Mon souvain Seigneur, j'ay esté adverty que M' d'Auxy vous a demandé, ou a intention de demander, vostre hostel en ceste ville d'Âbbeville, qui est le lieu ouquel, a cent ans, vos receveurs de ceste vostre conté ont accoustumé faire leur résidence, et à céste ôause s'appelle Hostel de la recepte, ouquel mes prédécesseurs en office ont demouré et demeurent quant à présent, et en icelluy ont eu et ay aussi en garde tout le trésor des Chartres et registres de vostre dit comté de Pontieu, vous suppliant, en toute humilité, mon souverain Seigneur, me entretenir eu mes droits, libertés et franchises qui appartiennent à mon dit office, selon la fourme et teneur de mes lettres de receveur, à cause de mon estât de vostre officier et receveur de vostre dit comté. Et combien que mon dit sf d*Âuxy ait par cy devant tenu la dite maison, toutesfois il en rendoit à mes dits prédécesseurs, chacun an, par manière de louage^ xx ou XXV frans, dont messeigneurs de vos finances wént bien du tout advertis, considéré aussi les grands ouvrages et mises que ay faites à reparer et remettre à point le dit hostel. Si vous supplie de rechief, mon souverain Seigneur, attendu ce que dit es!;, moy avoir en
\ . Loms XI était dans cette Tille le 19 décembre précédent, 1463. Il t*agit ici do racbat des Tillet de la Somme.
186 GROmCQUES IVENGLETERRE.
ceste partie pour recommaDdë, et moy commander vos hauts et nobles plaisirs pour les faire et accomplir à moD povre et petit povoir, comme faire doy, à l'aide de Nostre Seigneur, ouquel je prie, mon souverain Seigneur, qu'il vous doint entier accomplissement de vos désirs.
Escript en vostre ville d'Âbbeville, le dernier jour de mars (1463)*.
Le dit Richart Witel m'a cfaargié, aptes ce que aurez veues les lettres de mon dit seigneur de Warwich, de lesluy reporter ou envoyer. »
{Bib. imp.^ Mss., Suppl. fr., n* 2875*S pièce 188. Legrand, t. XII.)
(Voy. t. II, page 344, note 2.)
Lettre de IVilliam Menypeny^^ ambassadeur de France auprès dEdouard, au roi Louis XI.
« Sire, maistre Robert Neuville et moy primes terre à SandSvic en Angleterre le jeudy devant Noël, car le