CHAPITRE VIL
D'une compaignie de gens de guerre que le duc envoya à Kens, en Normendie \ et d'aulcuns malfaicteurs exécutez pour leurs démérites *.
L'an mil quatre cens lxviii, environ la fin de juing, se partirent de TExcluse, en Flandres, messire Pierre de Myraumont, chevalier, et le seigneur de Rabodengues, bailly de Sainct Omer, acompagniés de trente à quarante hommes d'armes et de cinq cens archiers de Picardie 5 entrèrent illec en mer, s'en allèrent en Normendie pour entrer en la ville de Ken, que tenoient les bretons pour
\ . Jeanne, dite de Constantinople, comtesse de Flandres, fille de Baudoin IX, fonda, en 1336, un hospice que le peuple désigna sous le nom de Hôpital^omtesse. Mariée à Ferrand de Portugal, morte en 1244. (Voy. Dbbodb, t. ï, p. 88 et suiv.)
2. Ce chapitre, placé entre le XXXV« et le XXXVI«, manque dans Wavrin.
«68 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
monseigneur Charles^ de France, attendant îUec» tous les jours, que le roy les envoyast assiéger et prendre. Pour
1. Nous avons dit de ce prince (toj. ci-dessus, t. II, TGly note 1) qu*il mourut le 12 mai 1472, selon le P. Anselme; ou le 28 du m^me mois, d'après Vaissèt^ Cette dernière date parait être ériAmment &utiye, et peut-être bien Anselme a-t-il raison. CTest aujourd'hui notre «vis.
La Chronique scandaleuse (voy. Leiiglkt, II, 240) dit, à la date du jeudi 14 mai 1|72 : c Ce jour, le roy eut certaines nouvelles, que lai fist assavoir Mgr de Malicorne, serviteur et bie^ fort aimé de mon dit seigneur de Guyenne, que le dit seigneur et maistrç estoit aie dfc vk à trèspas en la ville de Bordeaux. »
Le roi était- au Plessis^lu-Parc, qu'il ne quittait pas depuis qadque temps, lorsqu'il reçut l'annonce de cette mort, nouvelle qu'il attendait à tout moment avec la plus grande anxiété, et, afin qu'elle lui fût transmise le plus promptement possible, dès courriers durent être placëb de dis« tance en distance pour lui apporter, jour par jour, le bulletin de U santé de son frère. Or, l'espace de quatre-vingts lieues qui sépare Bordeaux de la ville de Tours, pouvait aisément être franchi en quarante-huit heures par les émissaires de Louis XI. De sorte, donc, que la date assignée par Anselme à la mort du duc de Guienne concorde parfaitement avec celle du jour où le roi en fut informé ; et ce qui pourrait encore rendre plus admissible cette date du 12 mai, c'est une lettre de Louis XI, écrite ce même jour, par laquelle il commet les seigneurs de Chabanne et de la Forest, pour remettre en ton obéissance le pays de Poitou. Le roi avciti,saDS doute dès la veille, que son frère touchait à ses derniers moments, s'empressait d'ordonner la réunion à sa couronne des pays possédés par le duc de Guienne.
Quant à Terreur où est tombé Dom ViiSiiète en plaçant la mort de ce prince au 28 mai, les extraits des lettres de Louis XI qui suivent, la démontrent, ce nous semble, irréfutablement.
2 décembre i47i. (Montilz lez Tours.) —Aux seigneurs de Graon et d'OrioUe.
« Des nouvelles de M. de Guienne, il est tousjourt empiré depuis mes autres lettres, et l'ont porté en litière à une ville qui s'appelle Jaune , qui est sur le bort des pays de M. de Foix , entour SainC Sever et le dit pays. > (Duclos, III, 324.)
29 décembre. (Montib les Tours.) — Au Grant maistre DampoaitiB. .
quoy, à la requeste du dit monseigneur Charles et du duc de Bretaigne, le duc de Bourgongne y envoya les dessus nom-
c .... Hz ont amené à Jaune M. de Galenne, qui a les fieTres cartes. » (Id., ih., 327; et Lbnglet, II, 243.)
18 mars 1471, v. s. (Montilz lez Tours.) — Au Grant maistre.
• Depuis les derrenieres lettres que je vous ay escriptes, j'ay eu nouvelles que M. de Guienne se meurt, et n'y a point de remède en son fait; et le méfait savoir ung des plus privez qu'il ait avecques lui, par homme exprès. Et ne croyt pas, ainsi qu'il dit, qu'il soit vif à XV jours d'icy, au plus qu'on le puisse mener. {*} » (Duclos, III, 328 ; et Lkuglbt, U,2U.)
8 may 1472. (Plessîs du Parc.) — Au vicontede la Belliere.
« M. le gouverneur, j'ay receu vos lettres. Je vous prie que vous tenez à Niort, et n'en boug?z jusques à ce que aiez flfiuvelles de moy, et /l'm-
treprenez riens sur la Rochelle , Xaintes et Sfiint Jean M. de Bourgogne
ne voudroit point que, jusques à ce qu'il eust entre s«f mains les places qui lay doivent estre baillées, que je prlnsse riens sur M. de Guienne, » (DucLM^ m, 329; Lbnglbt, III, 186.)
9 mai. (Plessis du Parc.)-«^ Au viconte de la Belliere.
t Je vous ay escript que vous ne entreprenez riens juiques à ce
que aiez nouvelles de moy ; et, pour ce, je vous prie que ne mettez rient
k exécution d'icy à deux ou trois jours Au regart ^ l'artillerie, je vous
en escripvy hi^, et, quant il sera temps, elle est près de vous, et la porrez avoir incontinent : et, cependant, s'il y a nulles bonnes places qui se veu«
* Le mamiscrit fonds Béthune, n* 8453, fol. 62, où se trouve cette lettre, a subi à la date odc malencontreuse rectification : de mars on a fait maji^ C'est à tort ; car, comme on le verra ci-après, le roi était le ^18 may à Montrenil Bellay. Dados a eu raison de ne pas tenir compte de la rectification.
Cest sans doute à la nouvelle que renfermait cette lettre qn*on doit attribuer le brait qui conrut, à cette époque, de la mort du duc de Guyenne. A la fin de Tannée 4471 (Pâques de Tannée 4 472 tombant le 29 mars), la Chronique scanda* leose dit : «Tint et fut nouvelle que mon dit seigneur de Guienne estoit mort à Bor- X, dont il n'estoit rien. » (Lsholet, II , 92.)
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mez, et leur dit bien, au partir, que s'ilz avoient affaire de secours qu*il les secourroit à plus grosse armée ; car aussy
lent meure en voz roains, ne les reffuiez pas. > (Bibl. imp,^ Mss., fonds Gaignières, no 37i, fol. 46.)
12 mai. (Plessis du Parc.)
Le roi commet Antoine de Chabannes, avec Louis de Beaumont, sieur de la Forest , pour remettre en son obéissance le pays de Poitou^ et, ensemble, donner grâce aux villes, yassaux et subjeçts. (Lkhglbt, II, 327.)