‹ Anchiennes cronicques d'EngleterreChapitre 97 sur 128 · Le Ujailleti475. (Lxngut, II · texte numérisé non relu

Le Ujailleti475. (Lxngut, II

de France en leur ost, lai|[ement9 vins et vivres qui leur donna. Et, de là, s'en retournèrent à Calaix le plus hastivement qu'ilz peurent, sans faire grant dommage au pais, sinon de vivres, de bled et d'avaines, qu'ilz trouvoient moeurs par les champs.

En ce meismes an, et tost aprez, furent trèfles trouvées entre le roy de France et le duc de Bourgogne , à Vervins en Terrache , pour noeuf ans continuelz : et debvoit chascun, tant d'un parti que d'aultre, ravoir ses terres et seignouries, tant seigneurs d'églises que temporelz, et aultres quelconques gens : qui fut ung grant resjouissement pour le pais, et dont l'en fist grant feste, qui tan tost aprez fut convertie en grant doeul, comme il apperra cy aprez. Les trefves prinses et criées par tous les pais du duc de Bourgongne, il se partit, et toutte son armée, et s'en alla en Savoie, devant Grantson, où il mist le siège; et luy fut rendue la ville et le chasteau à sa volonté, et il les fist tous morir sans pitié;

Ce temps pendant, messire Loys de Luxembourg, conte de Sainct Poletconnestabtede France, se partit de SftinctQuen- ^ tin et s'en alla à Mons, en Haynau, cuydant tirer devers le • duc, comme l'en disoit ; mais il luy fut dit de pQr le duc qu'il ne partii d'icelle ville. Incontinent qu'il fut parti, le petit Mouy * vint en la ville, de par le roy de France, à tout grand armée, et fut mis 4ed^ps par ceulx de la ville, et tous les gens du connestable mis et bouttez dehors ; car ilz n'estoient point les plus fors : et se tint seur, ledit Mpy, de la ville. Ce fait, fist tant le roy de France, que le conneM^le fut livré

i. CesltmAus doute Jacques de Moy que le chroniqueur désigne ainsi. 11 était fils de Colard de Moy : tous deux sont portés sur un état des pensi^naires dû roi en 1475, le père comme bailli du Cotentin, et le fils comme "baflU de Tournai. (Bibl. imp.^ Mss., fonds Gaignières, * n» 772*, p. 638.) Il était qualifié seigneur et baron de Moy, conseiller et chambellan du roi, maître des eaux et forêts de Normandie et de Picardie, capitaine de Saint-Quentin et de Ribemont, l'an 1500. Marié à* Jacqueline d*£stouteyille. {lind.y Cabinet des titres.)

314 CROIMICQUES D'ENGLETEREE.

par le ciiftiiceUier de Bourgongae^ et aultres, du conseil* du duc, aux gens du roy ; lesquels incontinent se tinrent seurs, et le menèrent à Paris, en la compaignie de cincq cens lances qui le estoient venus quérir. Luy venu à Paris, le mirent eo la bastide Sainct Anthoine , et ne luy laissèrent avec luy ^ que ung seul page. Quant ledit connestable eust esté en ladicte bastide, est assavoir tant que son procez fut fait par le chancellier de France et tout le Parlement , finablement il fut condempnë à mort et d'avoir la teste trenchee. De (iût, fut amené en la place que on nomme Sainct Jehan en Grefve, devant Thostel de la ville, là où il fut décollé ^ publicquement, sur ung eschaffault que Ton y avoit fait tout propice. Ce fait, le corps fut prins et porté aux Cordeliers d'icelle ville de Paris pour enterrer : ce qui luy fut ordonné et octroyé pat lesditz seigneurs, comme Ten disoit, à cause qu'il avoit espousé la soeur de la royne de France, dont il. avoit eu pluseurs enfans.

Quand le duc de Bourgoogne eut fait sa volenlé de la ^ ville de Grantson, en Savoie, il se partit et tira pour entrer . ou pais des Suysses : et, en entrant oudit pais, fut rencontré de cenaîti -'nombre desditz. Suisses, desquelz il fîit mis en désroy, luy et ses geus, et ]k perdit il très grant quantité de ' gens et de dïevance, qui furent tuez par lesditz Suisses. De là, se retira legierement à Lozane, «t là rassambla plus grant nombre de gens que devant. Et là vint là ducesse de Savoye*, à tqut fton armée, pour aider à saùlver ses pais, comme elle djsoit. Là furent le duc de Bourgogne et la docesse dt Savoie longue£space ensamble, et illec passa le duc et son armée l'yver. ^■

i . Guillaume Hugonet, seigneur de SailUns, créé chaucdier àAonr» gognele22 mai 1471. (La Barre, II, 257.) Décapité le tavlU i476, v.s. (AwfRLMB, IV, 861.) •

3. Le 19 décembre U75. (Lriiglbt, III, 452-456.) 3. Yolande de France, sœur de Louis XT» mariée à Amédée IX, doc de Savoie. Morte le 39 août 1478. (Arselmb, I, 118.)

Pendant ce temps que le duc estoit oudit pais de Savoie, il y eust si grant famine que ce fut pitié, car les povres gens moroient de fain : et, incontinent qu'ilz avoient quelque petit de pain ou aultres vivres, les aultres gens de guerre leur ostoient, qui par force de famine moroient comme les aultres ; car le pais est povre, et si avoient à porter charge de T armée du duc et celle à la ducesse de Savoie, qui leur estoit pesant fais, entre les aultres. A leur retour, aulcuns gentilzhomraes de Thostel du duc veoient journellement venir les povres gens devant Thostel du duc requérir Taumosne, et morir illec'de fain; meismes les fenmies tenans leurs petis enfans en leurs bras moroient illec, et leurs enfans, en la présence du duc, auquel n*est merveilles sHl en faisoit mal , mais il ne povoit amender : neantmoins il leur faisoit du bien selon sa possibUHté.

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