Voy. ci-dessus, tome II, p. 377, note
31 CRONICQUES ,D'ENGLETERRE.
les seigneurs de Contay et de Marcourt', le cappitaine <W Belle Motte, lez Ârras, etpluseurs aultresy furent prisonniers; et les amenèrent lesditz François à Dourlens, et de là yers le roy. Le vendredi, doncques, Tendemain du Sacrement, ladicte trompette se partit dudit Sainct Bicquier, un gentpl^ homme nommé Jehan de Courteville, et en sa compaignie Jacques de Courteheuse*, le bort de Bforguermes, Guillade Cawart, et aultres gentilshommes, jusques au nombre de xx à xxY lances, lesquelz vindrent sommer ceulx de Sainct Riequier qu'ilz se rendissent au duc de Bourgongne.^Aprezpluseurs parlemens fais entre lesditz gens de guerre et ceulx de la ville, ilz mirent ledit de Courteville et sa compaignie^* dens, firent sonner les cloches dubeflfroy et de Teglise, allumèrent feuz et firent grant chiere , firent nouveau serment au duc de Bourgongne, non obfltant qu'ilz eussent fiait paravant serment au roy, qui en fut très mal content, et aussy furent les cappitaines qui estoient à Amiens, conmie ilz le monstrerent environ quinze jours aprez. j|
Quant les Bourguignons eurent esté environ trois sepmainés, peu plus, peu moins , oudit Sainct Ricquier , ilz furent acertenez que les François venoient à grant puissance , par le pais de Yymeu, passer au pont de RemjT) pour venir audit Sainct Ricquier : lesditz Bourguignons se partirent hastiver ment, et tirèrent à Âbbeville , ceulx du chastel de Drugi et ceulx du chastel de la Frette pareillement , et demourerent ceulx de Sainct Ricquier sans ayde. Et lors lesditz François, doiit estoit chef Tadmiral de France, vindrent devant la ville,
1. Ne serait-ce pas plutôt le seigneur de Miremont qu'il faudrait lire? Ce seigneur est désigné, ainsi que ceux de Contay, de Romont, ei Jacques de Luxembourg, dans une lettre de Louis XI au comte de Dampmartin,en date du 30 juin 1475, dans laquelle sont donnés les défails de cette affaire. (CoMMmrES, I, 327, note 2.)
2. Le bAtard de Nolcalines, dont le nom est sans doute estropié, fut accusé d^aToir Tendu Saint-Omer aux Français, en 1487^ conjointement avec d'autres. (Molinht, III, 147.
APPENDICE. 3il
laquelle ne fist point de resistence , par quoy les François V entrèrent de legier, et fiit par ung dimence au matin.
"Bt ledit jour, au soir, flrent crier à son de trompe que ceulx de la yille fussent Ten demain, à six heures du matin, sur le hart, hommes, femmes et enfans, hors de la yille, à la porte Nostre Dame, povr aller là où lesditz François les Touldront moser : ce qu'ih firent en grand doubte et cremeur, car ilz cuidoient tous morir. Et le lendemain, quant ilz furent tous assamblez, lesditz François les firent tous mener jusques en [la] ville d'Amiens : et quant ilz furent eslongiez environ une li^mé^ fit que les François eurent pillié la ville, et à leur aise et plaisir, ''Hz bouttefent le feu dedens , qui estoit jour de lundi, et ardirent tout au net ladicte ville, tellement qu'il n'ydemoura que THostel Dieu, une maison auprez, appartenant à David Leschoppier, censier de Noeufville, Thostel de Tipetot , appartenant à Hugues de Hesdin ; brullerent le comble du befi&oy, et touttes les cloches, qui y estoient bcmnes et riches, furent fondues. En oultre, en ung moment, brullerent TegUse dudit lieu de Sainct Ricquier, le clochier et VIII cloches, qui furent touttes fondues, et les édifices de ladicte abbaye, tant que vieux que nouveaux. En oultre,
g brullerent le chastel de Drugi et une partie de la ville, le chastel de la Frette, la censé et village de Bugny, Auvillers, Hïd>ergues, Willencourt et le mollin abbë y séant, avec la censé dudit Wyllencourt , tous appartenans à ladicte église de Sainct Ricquier, et le chastel de la Frette appartenoit au seigneur de Ghastillon. Brullerent, oultre, tout le pais à renvîrori jusques à la Vacquerie le Bourg, qui brullerent en ce voyage, et pluseurs aultres choses qui seroient trop longues à escripre.
En ce temps, print le duc de Bourgongne appoinctement avec l'empereur Federic , aprez pluseui*s rencontres qu'ilz avoient eu d'un costé et d'aultre, là où il y avoit mort grant nombre de gens : et fîit ledit appoinctement trouve
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par le moyen et à la requeste de nostre Sainct Père le Pape Sixte, quart de ce nom, qui avoit illec envoyé ung légat, lequel mist grant peine et grant dfUigence de trouvef W ti*aictier.
Ce pendant, le roy d'Engleterre, acompaignié du duc de Clocestre et du duc de Glarence, ses deux frères, avec plusem*s aultres grans princes et seigheurs, et toutte sa puissaflce, descendit à Calaiz : et lors ledit duc de JSoiïrgoagne laissa son armée et s'en vint, à trez petltte compaignie, vers le roy d'Engleterre, oudit lieu de Calaix*, où ilz parlèrent ensamble; et, ce fait, le roy d'Engleterre se partit de ^^iÉ^ûx et vint tendre son parc prez de Sainct %ner,à ung* arb^ que l'on nomme Tarbre Daveron, là où il fut aulcuns jours, eî illec le alla veoir le duc. De là, se partit le roy et son armée, et tira à Blangi, en Ternois, puis à Encre et à Peronne, et le convoya le duc jusques au lieu de Peronne. Et lors print congé le duc au roy d'Engleterre, et s'en retourna à son arraee qu'il avoit laissée à Luxembourg, et passa par Talenciennes: et illec vint devers luy le connestable de France, et parj lerent pluseurs fois ensamble ; mais quelle chose ilz besongnerent, l'en n'en scet riens ; et s'en retourna de là le connestable à Sainct Quentin, en Vermendois, où ihsetenoitt pour lors, et le duc retourna à son armée. Il fist pluseurs exploix de guerre, par quoy il conquesta et mist en son obéissance toutte la conté de Waudemont. Le roy d'Engleterre et son armée se retira et vint auprez d'Amiens, et d'illec à Picquigny, là où ilz se trouvèrent ensamble, le roy de France et luy. Et, de faict, prindrent trefve ensamble, et aultres appoinctemens, et entrèrent les Anglois dedens Amiens, et non pas les plus fors : et fut pour aller en pèlerinage au chief Sainct Jehan, et pour eux rabiller et faire grant chiere, lesquelzy furent fort festoies; et meismes leur envoya le roy