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DES CHANTRES ET DU CHANT DES OFFICES DIVINS

nuerint , graviter ac severe jutlicenlur, etc. Stephano papa, qui deposilo et decalvato ij^aïa-

Plus velinl in leclione et caiitu populi ccilifica- vissiino Francoruni rcL^eCliilderico, se ad regni

tioiiem, qiiam popularem vanissimam adula- gubernacula, anti(iuorum Patrum more per-

tionem (Régula Canonicor., c. l, li). » uuxit, aliquos carminum divinorum peritis-

Ce furent là les sages préceptes que le con- sinios clericos inipetrare curavit. Qui bonic

ciled'Aix-la-Cliapc[le,tenuen8il)(Can.(:xxxvii), illius voluntatl et studiis divinitus inspiralis

sous l'empereur Louis le Débonnaire, donna assensum priubens, secundum numerum \n

aux chantres, les ayant indubitablement em- Apostolorum, deSedc Apostolicaduodecim cle-

pruntés de Crodogangus, qui fut fait évèque de ricos doctissimos cantilenae ad eum in Fran-

Metz par le roi Pépin le Bref, sous le règne du- ciam direxit (L. i, c. 10). »

quel il mourut aussi, au rapport de Paul, 111. Il est bon de (aire un peu de réflexion

diacre, dans son histoire des é\êques de iMctz. sur les raisons qui portèrent Pépin et Charle-

Ce même auteur raconte que Crododangus magne à faire ce changement si important

fut envoyé à Rome, par le roi Pépin, pour con- dans les offices divins des églises de leur

duire en France le pape Etienne, selon l'ar- royaume.

dente passion que tous les Français en avaient; La diversité du chant, des cérémonies et des qu'après cela, il persuada à tout son clergé de offices était si grande, non-seulement entre vivre en communauté dans un même cloître , les provinces et les pays, mais aussi entre les leur presciivit une règle et leur lit apprendre villes d'un même pays et d'une même proie chant et les cérémonies de l'Eglise romaine, vince, qu'il ne se pouvait faire qu'elle ne eauce qu'on n'avait point encore vu dans l'Eglise sût ou du scandale, ou de l'incommodité entre de Metz. « Ipsumque cleruni abundanter lege les églises si voisines, et dont les ministres sont divina Romanaque imbutuni cantilena , mo- obligés d'avoir beaucou[) de communication rem atque ordinem Romano^ Ecclesia3 servarc entre eux.

pra?cepit (Du Chesne , hist. Franc, t. ii , Cette variété pouvait produire avec le temps

p. :20i). » une division très-dangereuse dans la doctrine

IL On ne peut pas douter que ce n'ait été le même de la foi, qui est renfermée dans les di-

ménie pape Etienne qui, pour satisfaire aux verses parties qui composent les offices et les

pressantes instances du roi Pépin, donna des prières de FEglise. Ce ne fut donc pas sans

chantres romains et introduisit la psalmodie beaucoup de raison que ces deux grands rois

romaine dans les églises de France, Ainsi, ce témoignèrent tant de passion pour faire recevoir

que Paul, diacre, semble rendre propre à Cro- dans toutes les Eglises de leurs Etats, non-seu-

dogangus et à l'église de Metz fut en effet com- lemeut le chant, mais aussi les offices de l'E-

mun à la plupart des évéques et des chapitres glise romaine, afin d'établir en même temps

de France. une entière uniformité entre elles, et une par-

Charlemagne en rend un irréprochable témoi- faite conformité avec la doctrine de l'Eglise

gnage dans ses capitulaires : « Monachi ut romaine, dont la foi a toujours été la plus

cautum romanum pleniter et ordinabiliter per pure, comme dans sa propre source,

nocturnale vel gradale officium peragant, se- C'est ce que nous apprenons de l'empereur

cundum quod beata^ memoriae genitor noster Charlemagne même en ces termes. « A cujus

Pepinus rexdecertavitutfieret, quando Gallica- Romanœ Ecclesiœ sancta et veneranda coin-

num cantum tulit, ob unanimitatem Aposto- munione multis recedentibus , nostraî tamen

licœ Sedisetsanctœ DeiEcclesifc pacificamcon- partis niuuiuam récessif Ecclesia, sed ea apo-

cordiam (Capit. Car. Mag., 1. i, c. 80; Capitul. slolica traditione instruente , et eo a (juo est

Aijuisg., an. 780, c. Lxxx). » omne donum optimum, tribuente, scmper

Le moine de saint Call attribue à Charte- suscepitreveranda charismata.Quœdum apri-

magne ce qui convient à Pépin son père, lors- mis fidei leinporibus cum ea perstaret in reli-

qu'il dit que le pape Etienne accorda douze gionissacrœ unione , et abea populo distaret,

chantres romains aux instantes prières du roi quod tamen contra fidem non est, in officio-

Pépin, après l'avoir couronné roi. « Adhuc rumcelcbratione, vener. mem. genitoris nostri

omnes provincias , imo regiones. vel civitates illustrissiniiPipini régis cura et industria, sive

in laudibus divinis , hoc est in cantilena^ mo- adventuin Gallias sanctissimi viri StephaniRo-

dulationibus ab invicem dissonare perdolens , manœ urbis antistitis, est ei etiam in psallendi

23G DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHA1>ITRE QrATRE-VINGTIÈME.

ordiiie copulala : iit non esset dispar ordo romains, (|ni avaient été instruits dans Técole

psallcndi, quibus erat coniparardor crcdendi : du saint pape Gréj^oiro , et (|ui apportèrent

et qutc unitae erant unius sanctœ Icgis sacra avec eux deux antiphonairesnotés de la propre

lectione, essent etiam unitœ unius modulatio- main de saint Grégoire, de la note romaine :

nis veneranda Iraditione, nec sejungeret offi- l'un d'eux fut établi à Met/, l'autre à Soissons,

ciorum varia celebralio , quos conjunxerat afin (pie dans toutes les Eglises de France les

unicœ fidei piadevotio (L. i. Contra S\nodum anfi[)lionaires et les cbantres fussent corrigés

Grœcorum de imagin.). » sur les Romains.

Ces paroles nous font connaître que ce ne « Mox petiit domnus rex Carolusab Adriano

fut pas seulement le chant de l'Eglise romaine papa cantores, qui Franciam corrigèrent de

que ces grands rois voulurent établir dans tout cantu. At ille dédit ei Theodorum et Benedi-

leur royaume, mais qu'ils tâchèrent en môme ctum, Romanœ Ecclesiaî doctissimos cantores,

temps d'y en faire recevoir tous les divins of- (jui a sancto Gregorio eruditi fuerant ; tribuit-

fices, afin de mieux alTermir l'uniformité in- que autiphonarios sancti Grcgorii , quos ipse

variable de la foi dans toutes les Eglises. notaverat nota Romana.Dominus vero Carolus

En eflet, ce fut en ce temps-là que les Grecs revertens in Franciam , misit unum cantorem

commencèrent à contester sur la procession in Métis civitate, alium in Suessionis civitate,

du Saint-Esprit, que plusieurs Eglises d'Occi- prœcipiens de omnibus civitatibus Franciac ma-

dent faisaient procéder du Fils dans l'addition gistros scholœ, autiphonarios eis ad corrigen-

qu'elles avaient faite au symbole ; au lieu que dum tradere, et ab eis discerecantare. Correcti

les Orientaux conçurent une égale aversion sunt ergo antiphonarii Francorum quos unu-

pour cette addition, et [)our la doctrine même squisqueproarbitriosuo vitiaverat, veladdens,

qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils. vel minuens, et omnes Franciaî cantores didi-

Cette conjoncture ne faisait ([ue trop voir, cerunt nolam Romanam, quam nunc vocant

combien la variété des offices divins pouvait notam Franciscam (Du Chesne, Hist. Franc,

être dangereuse à l'unité d'une même foi. tom. n, p. 7o]. »

IV.Charlemagneachevaheureusementceque Le même auteur dit que cela n'arriva Pépin avait si sagement commencé, et fit éta- qu'après une longue contestation des chantres blir l'ordre et le chant romain, non-seulement romains et des français , qui avaient suivi dans les Eglises de France, mais aussi dans Charlemagne à Rome; que ce prince pieux celles d'Italie, qui avaient jusqu'alors résisté à termina le différend, en faisant voir aux un dessein si avantageux, dans celles d'Aile- chantres français que, comme les eaux ne sont magne, de Saxe et de quelques pays du nord, jamais plus pures que dans leur source, ainsi Voici ce qu'en dit Charlemagne dans la suite le chant grégorien conservait sa première pudu même discours. reté dans l'école de saint Grégoire. « Quis puce Quod quidem et nos, collato nobis a Deo rior est et quis melior, aut fons vivus , aut riregno Italiae fecimus, sanct.x' Romanœ Eccle- vuli ejus longe decurrentes? etc. Revertimini siœ fastigium sublimare cupientes, reverendis- vos ad fontem sancti Gregorii , quia manifeste simi papfc Adriani salutaribus exhortationibus corrupistis cantilenam ecclesiasticam. » parère nitentes : scilicet ut plures illius partis Enfin, il ajoute (jue ce fut à Metz où le chant Ecclesiœ, quœ quondam Apostolicse Sedis tra- grégorien monta à un plus haut point de perditionem in psallendo suscipere recusabant, fection, et qu'autant que l'école de Metz cédait nunc eam cum omni diligentia amplectantur ; à celle de Rome, autant elle surmontait toutes et cui adhtcserant fidei munere , adhœreant les autres écoles de France. « Majus magiste- (juoque psallendi ordiiie. Quod non solum om- rium cantandi in Métis civitate remansit , nium Galliarum provincial', et Germania, sive (|uantum(jue magisterium Romanum superat Italia, sed etiam Saxones, et quaedam Aquilo- Metense in arte cantilena>, tanto superat Menaris plagœ gentes, per nos Deo annuente ad tensis cantilena cicteras scholas Gallorum. » fidei rudimenta conversac, facere noscuntur L'harmonie des orgues accompagnait quelque- (Ibidem).» fois celle de la voix, et elle nous était aussi V. La chronique d'Angoulême (Anno 787) venue de Rome. « Similiter erudierunt Roparticularise davantage cette histoire. Charte- mani cantores supradicti cantores Francorum magne obtint du pape Adrien deux chantres in arte organandi. »

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