XV. Des mansionnaires
XVI. Des hebdomadiers, et de ceux qui avaient le soin d'enterrer les morts.
I. Les primiciers et les secondiciers \ienneiit d'être plusieurs fois nommés : il en faut dire un mot, et leur joindre dans ce même chapitre les sacristains, les trésoriers, les scévophylaces ou gardes de vaisseaux sacrés.
II. Quand le diacre ou archidiacre de Constantinople, en même temi)s qu'il était promoteur des conciles, a été nommé primicier des notaires, il est assez clair qu'il était comme le président du collège des notaires, et par conséquent il était écrit le premier dans le catalogue, à quoi servaient alors des tables de bois couvertes de cire, sur lesquelles on écrivait. Voilà d'où vient le nom de primicier. Ainsi, dans toutes les sortes d'offices ou de dignités qu'on comnmniquait à plusieurs personnes en un même temps, le premier était appelé le primicier. Dans le même concile de Constantinople, sous Menas (Act. 5), on trouve, parmi lessouscri|)tiuiis de quelques suppliques, un prêtre primicier de la laure de saint Sabas, et un simple moine primicier de son monastère.
III. Dans l'Eglise latine, saint Grégoire parle aussi du primicier des notaires, Primicerius notariorum. Il parle ailleurs de son second, Secundicerius. Patérius même avait eu cette dignité. « Hanc epistolam Paterio secundicerio nolario Ecclesiae nostrœ scribendam dictavimus, cui et subscripsimus (L. n , ep. 22 ; I. vi,
ep. 29; I. ix, c. 22, 33). » Jean Diacre dit de même: « Patérius notarius, qui ab eo secundicerius factus, etc. (L. ii, c. It). » Ce qui pourrait être une preuve que ce n'était pas l'antitiuité qui leur donnait ce rang, mais leur mérite et le jugement du prélat.
IV. L'Eglise de France avait aussi ses primiciers , puisque saint Rémi , archevêque de Reims, se plaignait que l'évêque Falco, qui avait entrepris de créer des archidiacres et un primicier des lecteurs dans une église qui n'était pas de son diocèse. « Archidiaconos inslitueris, primicerium scholae clarissimae, militiaM(ue lectorum (Conc. Gall., tom. i, p. 20a).» Voilà des primiciers et des secondiciers dans le collège des lecteurs, dont la dignité est conférée par l'évêque.
V. Mais que dirons-nous du primicier qui se lit dans le titre de la lettre écrite en Angleterre, après l'élection et avant le couronnement du pape Jean IV, où nous lisons en têtel'archiprêtre, puis Jean, diacre, élu pape, suivi de Jean, primicier : « Joannes primicerius et servans locum sanctaî Sedis A})ostolicœ (Baronius, an. U39, p. 0, 7); » et enfin de Jean , conseiller du Siège Apostolique? 11 est certain que ces quatre dignités gouvernaient le Siège Apostolique, et même l'Eglise universelle, pendant que le Siège romain était vacant. Cette lettre, écrite en Angleterre, pour y terminer plusieurs différends, en est une preuve.
Le saint pape Martin 1" confirme manifestement cette vérité quand il dit, qu'en l'absence du pape, le Saint-Siège est gouverné par l'archidiacre, l'archiprêlre et le primicier. « Quia in absentia pontificis archidiaconus, et archipresbyler et primicerius locum présentant pontificis (E{)ist. xv). »
VI. Comme nous n'avons pas remarqué dans l'Eglise romaine d'autre primicier que celui des notaires, et que cet office nous a paru si important que ceux qui en étaient honorés
DES PRIMICIERS, PRIMICLERCS, SACRISTAINS, etc. 357
étaient aussi chargés des commissions les plus clericis tribiiatur; ut a primiclero juxta quod
honorables dans les conciles mêmes, nous |)()u- in officio eos praescit esse intentos, ita singulis
\ons croire avec fondement que le primicier dispensetur. »
des notaires passait pour le chef de tout le 11 est donc certain que ce primiclerc était le
clergé inférieur, et ainsi le pape absent était président de tous les clercs inférieurs, et des
représenté, et son siège était alors régi par les sous-diacres même, ce qui pourrait nous per-
trois chefs des trois ordres qui composaient suader qu'il était lui-même ordinairement
tout son clergé, c'est-à-dire par l'archiprêtre, sous-diacre. Car la qualité de primiclerc, de
jiar l'archidiacre et par le primicier; car, nous primicier et de notaire, marquait un office et
avons vu les notaires quelquefois nommés de- non un ordre, et il est certain que cet office
vant les sous-diacres. pouvait être donné à un sous-diacre, puisque
Dans la vie du pape Constantin, par Anastase nous avons vu dans l'Orient les diacres et les
Ribliothécaire, le secondicier même , le défen- archidiacres même de Constantinople être en
seur et d'autres officiers sont nommés avant même temps primiciers des notaires,
les sous-diacres. Ainsi le primicier des notaires Vlll. Carcias a donc eu raison, dans les sous-
pouvait bien passer pour le chef du clergé in- criptions du concile YIU de Tolède, de lire
férieur. Sicuhis primiclerus^ et non i)as Primicerius y
Le conseiller du Siège Apostolique, qui est dont la souscrij)tion suit celle de l'archiprêtre
le quatrième dans la lettre de Jean IV, élu de Tolède. Au concile XV de Tolède, le primi-
pape, était un religieux, et ainsi il représentait clerc souscrit aussi après l'archidiacre. Saint
le corps des réguliers, (lui [)0uvait être consi- Isidore de Séville nomme aussi le primiclerc
déré conmie un quatrième membre du clergé dans sa lettre à l'archidiacre Braulion, et il y
de Rome, selon les diverses divisions arbi- a de l'apparence qu'il faut aussi Wre Primiclc-
traires qu'on y a faites en divers temps. rus, dans les autres endroits où il parle du pri-
VII. Nous trouverons peut-être la confirma- micier, surtout quand il explique au long ses tion de cette vérité dans les conciles d'Espagne, pouvoirs et sa supériorité sur tous les clercs Le concile de Mérida enjoint à tous les évê- mineurs :« Ad primicerium pertinent acolythi, qucs d'avoir dans leurs églises cathédrales un exorcistœ, psalmistae, atque iectores, signum archiprêtre, un archidiacre et un primicier, quoque dandum pro officio clericorum, etc. qui y est néanmoins appelé, selon le style d'Es- (Pag. 616). » Voilà ce qu'il en dit immédiatepagne, Primiclerus, au lieu de Primicerius. ment après avoir parlé de l'archidiacre et de
Voici les paroles du concile . « Sancimus ut l'archiprêtre.
omnes nos episcopi in catbedralibus nostris Après cela, il est indubitable que le primi-
ecclesiis, singuli nostrum archipresbyterum, cier qui gouvernait l'Eglise romaine avec Tar-
archidiaconum et primiclerum habere debea- chiprêtre et l'archidiacre, pendant l'interrègne
mus(Can. x).» ou pendant les longues absences des papes,
Et afin que cette élévation ne leur fît point était le chef de tous les clercs inférieurs, dont
oublier le profond respect qu'ils devai^-nt à le nombre, qui était d'autant plus grand (|ue
l'évêque, qui était l'auteur de leur dignité, et leur dignité était moindre, rendait aussi leur
dont ils étaient comme les créatures, l'obéis- corps fort considérable, surtout si l'on consi-
sance leur est en même temps très-étroitement dère les offices plutôt que les ordres,
recommandée. IX. Ce furent apparemment les clercs infé-
On ne peut pas douter que ce primiclerc ne fut rieurs qu'on commença de nonmier et de coule chef de tous les clercs inférieurs. S'il en naître, plutôt par leurs dignités et leurs offices restait encore quelque doute, il serait entière- (|ue par leurs ordres; d'où naquirent ensuite ment levé par un canon suivant du même con- tant de titres divers de bénéfices et de dicile (Can. xiv), où il est ordonné que les rêve- gnités.
nus de l'Eglise seront divisés en trois parts, Il ne faut pas facilement croire que leur aml'uue pour l'évêque, l'autre pour les prêtres et bition fût le principe de cette nouveauté : on les diacres, l'autre pour les autres clercs à ipii leur donnait plutôt ces noms qu'ils ne les prêta distribution en sera faite par le primiclerc, naient. Mais leurs offices étant en beaucoup selon la connaissance qu'il a de leur travail et plus grand nombre que leurs ordres, et euxde leur diligence. « "Tertia subdiaconibus et mêmes paraissant en beaucoup d'occurrences
dans les fonctions de leur office et de leur dignité phitùl (|iie dans celle de leur ordre, l'usaj^^e s'introduisit nécessairement et insensiblement de les nommer |)lutùt par les noms de leurs dignités que de leurs ordres.
X. L'archidiacre, dans les âges précédents, avait eu la juridiction et la supériorité immédiate sur tous les clercs inférieurs; au lieu que nous voyons, dans celui-ci que nous développons, cette supériorité résignée à une nouvelle dignité, qui est celle du primicier.
La raison de ce changement est que Tarchidiacre avait acquis une nouvelle autorité sur les prêtres mêmes, sur les paroisses et les curés de la campagne, sur l'archiprètre même, et enfin sur tout le diocèse, comme le vicaire-général et l'offlcial universel de l'évêque. Or, il s'en fallait beaucoup que, dans les siècles précédents, son pouvoir eût eu la même étendue; ainsi il fut nécessaire de lui donner comme un substitut, pour l'intendance qu'il avait auparavant exercée sur les clercs inférieurs (L. ii, c. 23).
XL Quant aux sacristains, Théodore, lecteur, parle d'un trésorier des vases sacrés qui est aussi sacristain. Ce Macédonius qui succéda h Euphémius, patriarche de Constantinople, était prêtre et sacristain de la grande église.
L'empereur Anastase, qui avait placé Macédonius dans cette dignité, le trouva dans la suite plus zélé à en faire valoir les droits qu'il ne s'y était attendu ; il l'en chassa donc avec aussi peu de sujet qu'il en avait eu lorsqu'il chassa son prédécesseur pour le mettre en sa place. Il donna à ce Macédonius pour successeur l'impie Timothée, prêtre et sacristain de la même église.
Cyrille, moine, qui a écrit la vie de saint Euthime, remarque qu'Euthime avait prédit au prêtre Anastase, chorévêque et sacristain de l'église patriarcale de Jérusalem, qu'il serait un jour le chef de cette église patriarcale : ce qui nous fait voir de quel poids était la dignité de trésorier, et qu'on la donnait toujours à des prêtres.
Jean Diacre, dans la vie de saint Grégoire, parle de celui qui est appelé Sacellarms. Je ne sais si ce ne serait point le clerc de chapelle ; car nous avons dit ailleurs que les évoques avaient une chapelle domestique dans leur palais épiscopal.
Anastase Bibliothécaire, dans la vie du pape Constantin, nomme le sacristain ou clerc de
chapelle^ Sncellarius, entre les officiers du bas clergé (jui suivirent le [lape à Constantinople. Ce Sacellariiis, ou [)lutot Sacccllarins pourrait néanmoins bien être le trésorier du prélat. Car saint Grégoire même nomme le trésor de l'église Saccus. En voici les termes : « Nos sacculum ecclesiae lucris turpibus nolumus inquinare (L. i, Ep. xlu). »
Jean Diacre, dans la vie de ce pape, donne clairement la qualité de Saccellarius au trésorier de l'église ou à l'aumônier : « Gregorius juxta consuetudinem praicepit sacellario, ut duodecim peregrinos ad prandium invitaret (L, H, c. xxni). B
Saint Grégoire dit lui-même que, comme l'empereur avait un trésorier pour ses armées d'Italie, il était lui-même en quelque manière son trésorier pour les profusions qu'il fallait faire aux Lombards à Rome : « Sicut in Ravenufe partibus dominorum pietas apud primum exercitum Italiœ sacellarium habet, qui causis supervenientibus quotidianas expensas faciat : ita et in hac urbe in causis talibus eorum sacellarius ego sum (L. iv, ep. xxxiv). »
Si ce trésorier était l'aumônier ou le chapelain, ce nom peut venir de Sacellum. On peut néanmoins le dériver du terme de Saccus, comme il a été dit. Isidore, dans ses origines, favorise ce dernier sentiment : « Fiscus saccus est publicus. »
XII. Ceux que saint Isidore, évêque de Séville, appelle gardes des vaisseaux sacrés : « Custodes sacrorum , custodes sacrarii , » étaient bien différents des précédents , car c'étaient des diacres avancés en âge et d'une probité reconnue, à qui on confiait le trésor des vaisseaux sacrés de l'église : « Custodes sacrarii levita? sunt. Ipsis enim jussum est cnsiodire tabernaculum, et omnia vasa templi; quique ab anno quinquagesimo eliguntur, etc. Ne fidem deserant, etc. (De Offic. Eccl., 1. n, c. IX). »
XIIL Le même saint Isidore parle en un autre endroit du trésorier, dont les pouvoirs sont bien différents : « Ad thesaurarium pertinet ostiarii basilicarum ordinatip, incensi pneparatio, cura chrismatis conficiendi, cura baptisterii ordinandi, prapparatioluminarioruni insacrario et in sacrifîciis (Ibid., p. 610, 693). »
Ces portiers, que le trésorier nommait, étaient apparemment des officiers laïques , bien différents des clercs qui sont honorés du nom de portiers. Ceux que ce même auteur appelle Ua-
DES PRIMICIERS, PRIMICLERCS, SACRISTAINS, etc. 359
5?7/c«^205 , étaient aussi vraisemblablement des allumer les lampes, les remplit d'eau , qui
laïques, qui étaient nommés par le primielerc: s'alluma de même c|uc si c'eût été de Tliuilc
« Rasilicanos ipse constituât, et matriculam (L)ial.,l. i, c. 5); que Tliéodore,gardede l'église
ipse disponat. » de Saint-Pierre, à Rome , Custos ecclesiœ ,
L'office du trésorier est encore expliqué i)lus s'étant levé la nuit pour garnir les lampes,
au long en un autre endroit, où on le charge saint Pierre lui apparut et lui dit: « CoUiberte,
du soin des ornements de toutes les basiliques quare tam citius surrexisti (L. ni, c. :2i). »
où il n'y avait point de |)rètre titulaire. Ce terme de Collibertus, a été donné dans la
XIV. Revenons au garde des vais-^^eaux sacrés, basse latinité aux serviteurs des ecclésiastiques,
Le synode assemblé à Mopsueste, dont on relut apparemment comme ayant été affranchis de
les actes dans le V* concile général (Act. 5), la servitude ancienne, et devenus clients d'es-
conmianda au scévophylace, Ciistos vasorwn, claves qu'ils étaient . il était déjà en usage du
ou au ciméliarque, Ciiniliarch'i, de produire temps de saint Grégoire,
les diptyques sacrés de cette église, pour savoir Enfin ce pa[»e ^Ibid., c. xxv), raconte qu'une
si le nom de Théodore en avait été elVacé, et si fille paralytique priant saint Pierre de la guérir,
on lui avait substitué celui de saint Cyrille il la renvoya à Abundius, garde et mansion-
d'Alexandrie. naire de son église, Custos ecclesiœ^ maiiaio-
Ces deux termes qui se trouvent dans la ver- narhis, qui lui rendit la santé ; que les gardes
sion latine nous feraient douter si c'était un des églises en fermaient les portes, éteignaient
seul office qui portât ces deux noms de scévo- et rallumaient les lampes (Ibid., c. xxiv, xxx
phylace et de ciméliarque. Il est marqué que Epist., l. in, epist. l). Il est facile de conclure
ce Jean ciméliarque était prêtre , aussi bien de là quels étaient les devoirs de ces officiers,
que le ciméliarque de Constantinople, qui est Jean Diacre en parle dans la vie de ce saint
nommé dans la conférence tenue sous Justi- pape, et leur attribue les mêmes offices (L. ni,
nien, entre les catholiques et les sévériens. c. 58). Denis le Petit a traduit mansioiiarht ,
Théodore, lecteur, nomme aussi deux prêtres Ieîra5aaovâp.o;du concile de Calcédoine. 11 en est
et scévophylaces de Constantinople, qui furent aussi fait souvent mention dans le concile de
faits patriarches (L. n). Constantinople tenu sous Menas. Et il se pour-
Les Grecs se servaient aussi du nom latin de rait bien faire que cet officier^ à qui l'on don ■
Sacellarius, comme il est notoire que l'empire nait le nom de mansionariiis, était le portier,
romain s'étant étendu dans l'Orient, et sur- Saint Paulin proteste que s'il se soumit avec
tout depuis la translation du siège de l'empire peine à la prêtrise, à laquelle on le força, ce ne
de Rome à Constantinople, on y fit aussi passer fut pas par dégoût, parce qu'il avait toujours
beaucoup de termes de la langue latine, et sur- désiré de commencer sa conversion par le |)liis
tout les noms des offices. Car il n'en faut pas bas office de l'Eglise, « Ab œditui nomine et
croire Anastase Sinaïte, quand il dit que le ofticio optavi sacram incipere servitutem
terme de Sacellarius vient du syriaque (Viœ (Epist. vi). » Il est probable néanmoins que
Dux., c. n) ; à moins que de faire allusion au c'étaient quelquefois des prêtres même qui fai-
terme de sacciis. Dans ce sens le terme de saient celte fonction. A peine peut-on douter
saccus , étant devenu commun à toutes les que les mansionnaires des Grecs ne fussent prè-
nations et à toutes les langues, pour exprimer très.
la même chose, si on le reprend dans son ori- Saint Jérôme loue le saint prêtre Népotien
gine, il sera vrai de dire, qu'il dérive de la du soin et de l'adresse qu'il avait à orner les
langue hébraïque ou syriaque , car ce que nous églises avec des fleurs, et d'autres ajustements
ap[)elons en latin saccus porte le même nom d'une agréable verdure, a Quod basilicas ec-
chez tous les peuples ; mais il n'est |)as égale- clcsiîc et martyrum conciliabula diversis flori-
ment certain que le mot de trésor public ait la bus et arborum comis, vitiumqne pampinis
même signification chez toutes les nations. adumbravit; ut quidquid placebat in Ecclesia,
XV. Saint Grégoire le Grand fait souvent tam dispositione, quam visu, presbyteri labo-
mention àcsMansiounaires, etde ce qu'il en dit rem et studium testarctur (In Epitaphio Xepo-
on pourra conjecturer quel était leur office. Il tiani). »
raconte que Constance, mansionnaire de l'église Tous ces termes irjoau.ovâpio; , Mamionarms,
de saint Etienne, n'ayant plus d'huile pour y Mdituus , marquent la résidence que ces ofû-
DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CllAlMTRE CENT-TROISIÈME.
ciers devaient faire dans l'église qui leur était cuniniise. Je ne les ai pas appelés sacristains, parce que ce nom sied mieux au garde des vases sacrés.
Je n'ai pu exprimer le scévophylace des Grecs par un autre terme plus propre que celui de sacristain, parce que cet oftîce n'était pas connu dans l'Occident, et c'était le diacre ou l'archidiacre, ou l'évêque même qui en faisait la charge. Car Optât raconte comment Mensurius, évèque de Carthage, étant obligé d'aller se présenter aux empereurs païens, confia tous les ornements sacrés à des vieillards d'une fidélité éprouvée, à ce qu'il pensait, pour les rendre à son successeur s'il ne revenait pas ; il ne revint pas : on rendit, ou plutôt on dut rendre le tout à Cécilien qui lui succéda (Optatus, contra Parmen., 1. ii).
XVI. L'évêque de Chypre qui a écrit la vie de saint Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie, parle des Hebdomadiers (Cap. xui), et il raconte comment ce saint prélat ayant une fois interrompu la célébration du sacrifice, entra dans la sacristie, in cimiliachium, et envoya vingt hebdomadiers pour chercher un ecclésiastique qu'il voulait obliger de se réconcilier avec lui.
Il est aussi très-probable que c'étaient des laïques qui étaient officiers de l'église, et servaient par semaines, comme dans toutes les règles des moines il est parlé du tour que les religieux doivent garder entre eux, pour servir par semaines dans les plus bas offices.
Saint Epiphane a mis au rang des officiers de l'Eglise, plutôt que des clercs, ceux qui étaient destinés à enterrer les morts. 11 les appelle KoTvîaT»; , Laborontcs , qui mortuomm cadavera curant (Expos, fid., n. 22). Mais il ne donne pas un autre rang aux portiers que nous mettons entre les clercs, et saint Jérôme honore de ce même nom ceux qui sont chargés
du soin des sépultures; c'est-à-dire, de faire les fosses, d'ensevelir et d'enterrer les corps et les mettre en terre. « Clerici quibus id oflicii erat, cruentum linteo cadaver obvolvunt, et fossam humum lapidibus construentes , ex more tumulum parant, etc. Recens a clericis cespes ostenditur, etc. (De muliere septies icta). »
Voilà ce que saint Jérôme dit de cette femme qui survécut à ses funérailles, parce que sept coups d'épée de la main du bourreau n'avaient pu lui abattre la tête. Or, si les clercs faisaient ces fonctions pour les victimes de la justice publique, on ne peut douter des autres fidèles. On en doutera bien moins quand on apprendra du même saint Jérôme que les évêques ne crurent pas déshonorer leurs têtes couronnées en les soumettant au cercueil de la sainte et illustre Paule. « Translata episcoporimi manibus et cervicem feretro subjicieutibus, cum alii pontifices lampadas cereosque prccferrent, alii clioros psallentiumducerent in média spelunca ecclesiae salvatoris est posita (In Epitaph. Paulse). »
Saint Grégoire, évêque de Nysse, témoigne qu'ils portèrent, lui et l'évêque du lieu , un côté du cercueil de sainte Macrine , l'autre côté étant porté par deux des plus considérés entre les ecclésiastiques, quoiqu'il y eïît sept ou huit stades jusqu'à l'église des iMartyrs, où on devait l'enterrer, et où ceux dont elle avait pris naissance étaient déjà enterrés.
11 est donc certain que saint Epiphane et saint Jérôme ont eu raison de dire qu'il y avait des clercs dont l'office était d'enterrer les morts (In vita sanctse Macrinae). Car ce n'était pas par office, mais par l'excès d'une humble piété que ces évêques s'abaissaient à rendre ces mêmes devoirs à des personnes d'une sainteté extraordinaire (1).
(1) D'après Galletti, dans son savant livre del primicero, les premiers dignitaires du sicré palais de Latran, durant l'époque carlovingienne et longtemps après étaient : lo le primicerius notariorum, appelé quelquefois primicerius sanctœ Sedis. 11 avait le gouvernement de la chancellerie et de la secrélairerie d'Etat, la surveillance de toutes les autres charges et dignités ; c'était réellement ce qu'aujourd'hui on appelle le secrétaire d'Etat avec toutes ses attributions; 2o le seiundicerius, qui é^t le vicaire du premier; aujourd'hui il est appelé substitut du sedretaire d'Etat. On sait que de nos jours l'habile cardinal Antonelli a pour substitut Mgr Bérardi, archevêque de Nicée ; 30 l'Arcarius, chargé de l'administiation des revenus publics ; c'était
le ministre des finances; 4o le sacceUaritts, ainsi appelé du mot saccellus, bourse, parce qu'il était le payeur général de la milice et des fonctionnaires, le distributeur des aumônes et des largesses des papes; 5o le proioscriniarius, était le chef des archivistes et le conservateur des titres et papiers publics ; 60 le primicerius defensorum était le chef des avocats préposés à la défense des églises, des pauvres et des établissements charitables ; 7o le nomenclator avait pour fonction d'annoncer les personnes admises à la table du pape ou introduites à l'audience, de recevoir les pétitions, de les classer, de les jirésenter en temps opportun, de soigner les intérêts des veuves et des orphelins auprès du pape. (Dr André.]
DES CAUTLLAIRES, CHAUTOPUYLACES, etc.