XV. Des chanceliers
I. Je ne sais si nous devons mettre les notaires dans le rang d'offices , plutôt que de bénéfices, quoiqu'il soit difficile de distinguer les offices des bénéfices dans les premiers temps , où tous les bénéfices n'étaient que des administrations et des offices pour des gens qui faisaient une communauté. Car ordre, office et bénéfice n'étaient alors qu'une même chose exprimée par différents noms.
Les jeunes enfants commençaient ordinairement leur apprentissage dans la cléricalnre par l'office de lecteur ou de notaire. Les notaires écrivaient, par notes abrégées, ou les actes publics, ou les mandements des évêques.
Evodius, évêque, écrivant à saint Augustin, lui parle d'un jeune enfant qui lui servait de notaire et de lecteur : « Erat strenuus in notis, et in scribendo bene laboriosus, studiosus quoque esse cœperat lectionis , ut ipse meam tardi. tatem causa legendi nocturnis horis exhortaretur. Nam aliquando tempore noctis mihi ipse legebat, cum omnia siluissent , etc. ( Epist.
AugUSt. CCLVIIl). »
Saint Augustin ayant assemblé son clergé et son peuple, et leur faisant élire le prêtre Eradius pour son coadjuteur , fit faire un acte de
cette élection par les notaires de l'église : « A notariis ecclesise sicutcernitis excipiuntur quaî d ici mus, excipiuntur quœ dicitis, ecclesiastica gesta conficimus, etc. (Epist. ex), »
Ennodius, dans la vie qu'il a écrite de saint Epipbane, évêque de Pavie, raconte que ce saint évêque, ayant été fait lecteur à l'âge de huit ans, appritensuite et exerça l'office de notaire jusqu'à l'âge de seize ans : « Annorum fere octo lectoris ecclesiastici suscipit officium, ctc.Notarum in scribendo compendio, et figuras varias membrorum multitudinem comprehendentes brevi assecutus, in exceptorum numéro dedicatus enituit , cœpitque jam talis excipere, qualis possit sine bonorum oblocutione dictare. Igitur processu temporis et laboris ad sextumet decimumsetatisannum divino favore perductus, cana consiliain annis puerilibus meditabatur. »
Ces offices de notaires en public ou de secrétaires en particulier, n'étaient pas seulement des degrés pour monter aux ordres supérieurs, mais aussi des études et des exercices pour s'en rendre capables, comme il paraît par celui dont parlait Evodius , qui était autant son disciple que son lecteur et son secrétaire, « nec volebat prœterire lectionem, nisi intellexisset, et tertio et quarto repetebat, et nec dimittebat, nisi sibi apparuisset, quod quserebat. Ceperam eum non quasi puerum , et notarium habere, sed amicum quemdam satis necessarium et suavem. »
Cela paraît encore mieux par saint Epiphane, qui acquit la sagesse des vieillards dans les exercices de sa plus tendre enfance et fut enfin ordonné sous-diacre à l'âge de dix-huit ans. « Cana consiiia in annis puerilibus meditabatur. » Tant il est vrai que la maison de l'évêque était une école de vertu et de sagesse.
Le pape Gélase ordonna qu'un moine ne pût être prêtre, s'i n'avait passé par ces offices inférieurs de lecteur, ou de notaire, ou de défenseur , « continuo lector, vel notarius , aut
362 DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CIIAlMTliE CENT-QUATUIÉME.
certe defensor effectus, post très menses existât d'Afrique les afTaires de leur Eglise ; et il écri-
aculylhus. » vit à Colombe, évèquc de Numidie (L. i,
Eniiodius dit que le saint religieux Antoine, cp. 75) d'assembler un concile dès que son car-
dont il a écrit la vie , fut d'abord mis au rang tulaire serait arrivé en Afrique, d'y déposer
des notaires par son oncle, l'évêque de Cons- l'évèque Maximien, s'il était convaincu d'avoir
tance. «Inlerexceptoresecclesiasticoscœlesteni favorisé la création d'un évèque donatiste, et
mililiam jussit eum ordiri. » de vider avec le même cartulaire en particulier
Mais le |)ape Léon nousapprendra bien mieux tous les autres différends qui pourraient être
l'importance de cet office, dans les lettres ou il survenus.
parle de la légation qu'il envoya pour assister « Si qua damnatorum quorumdam, vel pri-
en son nom au second concile généraUrEplièse, vatorum negotiorum versatur intentio, banc
et pour y soutenir la prééminence du Siège tua fraternitas cum prœdicto cartulario noslro
Apostolique. Car il y envoya un évèque, un privatacognitioneperquirat, et inter utramque
prêtre, un diacre et un notaire. « Eratres no- partem justilia procedente definiat (L. ii ,
stros Julianum episco[)um et Renatum presby- cp. 33). »
terum, et filium nostrum Hilarium diaconum. Ces cartulaires du pape étaient donc comme
cumque his Dulcitium notarium probatœ nobis les ministres et les exécuteurs des ordres du
titlei misi, qui vice mea sancto conventui no- Saint-Siège, et les assesseurs des évêques des
strœ fralernitatis intersint, et communi vobis- provinces oîi ils étaient envoyés. Cela paraît
cum sententiip, quœ domino sunt placilura , encore dans la satisfaction que Maxime, évèiiue
constituant (Ep. x,15).» de Salone, donna enfln au pape saint Grégoire,
Dioscore et la plupart des autres évêques qui avait longtemps combattu sa promotion, orientaux de ce concile se laissèrent aller aux Ce fut encore un cartulaire qui en fut le proexcès ou de tyrannie, ou de faiblesse que tout moteur et le témoin (Reg., 1. vu, in prœfat.). le monde sait, et ensuite le pape saint Léon Ce n'étaient pas seulement les cartulaires de et le synode romain envoyèrent à Constanti- son Eglise que ce grand pape envoyait dans nople deux notaires de l'Eglise romaine , pour tous les royaumes de la chrétienté, pour tray fortilier les fidèles et en repousser la nouvelle vailler à la réforme de la discipline ecclé- Lérésie (Ep. xxui). La grandeur et l'impor- siastique, et à la conservation du patrimoine tance de ces emplois font assez voir de quel de TEglise romaine, qui était celui des pauvres, poids étaient ces offices. et qui était aussi répandu presque par toute la
L'alliance que nous avons vue si fréquente terre, il envoyait aussi des diacres, des sous-dia-
entre les notaires et les lecteurs, nous a fait cres, des défenseurs, des notaires, ainsiqueJean
faire réfiexion sur ces paroles de saint E|)i- Diacrenousrapprenddanssavie;maisilnedon-
phane, qui dit que le lecteur n'est pas partici- nait ces importantes commissions qu'à ceux qui
pant du sacerdoce, mais qu'il est comme le étaient les plus habiles et les plus expérimentés,
scribe de la parole de Dieu. «Quippe lector non «Nihilominus per diversasprovinciaspro custo-
est sacerdos, Uosù;, sed tanquam divini verbi diasacr3ereligionis,rebusquepauperumstrenue
scriba ipau.[xaT£Ù; (In exposit. fidei cath., c. xxi).» gubernandis, Ecclesiae suœ viros industries ,
Aétius , archidiacre de Constantinople , prit rectores patrimoniorum ascivit (L. u, c. 53). »
très-souvent la (jualité de primicier des no- Cette dignité était donc fort considérée à Rome,
taires dans le concile de Calcédoine. Il est III. La dignité de chartophylace a été encore
parlé, dans ce même concile, d'un lecteur qui d'une plus grande considération dans l'Orient,
était aussi notaire. On y lut dans l'action 1 1 Nous avons déjà dit que, dans le concile de
les actes d'un concile d'Anlioche, où paraissait Latranà Rome, sous le pape Martin I", il est
un diacre notaire. Ainsi l'office de notaire était parlé d'Etienne, prêtre, yncelle, et chartophy-
en considération parmi les Grecs aussi bien que lace de Sergius, patriarche de Constantinople.
parmi les Latins. Dans le sixième concile général (Consult. iv)
II. La dignité des cartulaires, ou des charte- on nomme plusieurs de ceux qui composaient
phylaces, est la plus approchante de celle des le conseil, et qui étaient comme les secrétaires
syncelles ou des protosyncelles. du patriarche de Constantinople; le chartophy-
Saint Grégoire envoya en Numidie un de ses lace y tient le premier rang,
cartulaires, pour y régler avec les évêques «Quidam ex secretario,TivT,;ToùawpêTou,sanctis-
DES CARTULAIRES, CIIÂRTOPHYLACES, etc. 303
simi patriarcluT Constantinopoleos. id est.Gre- La peine que ce concile ordonne à l'avenir
y:orius diaconus et cliarto|)liilax , Anastasius contre les contrevenants, est d'être mis les der-
diaconiis et notariup, et defensor navium, -"/.OIS- niers dans le ranir et Tordre qu'ils tiennent
x^v)co;. Steplianus diaconus et caucellarius.Kavxe).- dans l'Eglise. Le même règlement est aussi
).«tc,-, Dionysius et cancellarius, Anastasius pre- étendu aux autres ordres, d'où on peut pré-
sbyter et monachus (Actio 8). » sumer que les clercs même inférieurs aux
Ces trois qualités de chancelier, de notaire diacres s'étaient aussi quelquefois élevés a'u-
et de chartophylace étaient donc différentes, et dessus de leurs supérieurs, par 1 orgueilque leur
étaient même confiées à des diacres ; mais celle causaient ces offices ou ces dignités dont nous
de chartophylace l'emporte sur les autres. Aussi parlons.
ce même concile (Act. 10), faisant encore plus V. Les chartophylaces, bien loin de déférer à
bas mention de ces trois officiers, met le char- celte ordonnance , et de céder aux prêtres , se
tophylace à leur tête, et lui donne le premier mirent au-dessus des évêques, et se conser-
rang immédiatement après les évêques. vèront longtemps dans cette usurpation. Ainsi
Dans les autres sessions de ce même concile on ne peut douter que ce canon (jue nous
(Act. if>, 13, 14; c'est George, diacre et charto- venons de citer, n'ait été fait principalement
phylace. qui tire des chartes de l'Eglise de contre les chartophylaces, qui après s'être mis
Constantinople, les lettres de Sergius et d'Ho- au-dessus des prêtres, semblaient déjà menacer
norius, et les apporte dans l'assemblée du con- les évêques.
cile, qui les voulait examiner. On l'oblige de Cette élévation insolente des chartophylaces
produire tous les originaux qui étaient dans le au-dessus des prêtres pourrait bien être procé-
chartophylace, ou dans la bibliothèque des pa- dée: i" de ce qu'ils avaient eux-mêmes été
triarches, qui étaient nécessaires pour la justi- prêtres, comme nous l'avons remarqué daus
fication ou pour la condamnation des ouvTages quelques exemples précédents. Ainsi ils précé-
ou des personnes qu'on accusait de l'erreur des daient les autres prêtres, sans la moindre
monothéliles. ombre d'injustice, quoiqu'ils fussent peut-être
IV. Nous venons de voir plusieurs diacres, plus jeunes dans le même ordre,
qui étaient comme les secrétaires du patriarche, Celte préséance dans le même ordre des
et qui avaient pour chef le chartophylace, nom- prêtres, qui leur était accordée en vue de leur
mes avant les prêtres, dans les récits mêmes dignité, passait ensuite dans leur esprit et dans
qui furent faits au sixième concile. C'était peut- l'esprit de plusieurs autres comme un effet de
être une marque de la préséance qu'ils avaient leur dignité et comme une suite inséparable,
prise au-dessus des prêtres à cause de l'office D'où il arriva que les chartophylaces preten-
ou de la dignité dont ils étaient revêtus. dirent ensuite au même honneur, quoiqu'ils
Le concile m Trullo (Can. vu), qui fut tenu ne fussent que diacres,
fort peu d'années après, tâcha de remédiera cet Cette usurpation pourrait être provenue:
abus, et défendit aux diacres, de quelque office ^^ des fréquentes et longues commissions que
ou de quelque dignité qu'ils fussent ornés, de les patriarches et les archevêques donnaient ta
prendre séance devant les prêtres, si ce n'est leurs chartophylaces et à leurs archidiacres. Ils
qu'ils fussent envoyés dans quelque autre ville, s'accoutumaient si bien et eux, et les prêtres
par leur patriarche ou par leur métropolitain , mêmes à cette préséance irrégulière qu'elle
et qu'ils représentassent sa personne. ne leur paraissait plus irrégulière ; leurs yeux
« Quoniam in nonnullis Ecclesiis diaconos et leurs esprits étant accoutimiés à n'avoir plus
officia ecclesiastica, covôc-.x ixxxr.cxcmx.à, habere d'égard qu'à la dignité, sans considérer l'ordre
didicimus; et ex hoc nonnullos eorum arro- qu'elle obscurcissait par l'éclat de ses rayons,
gantia et licentia fretos ante presbyteros se- et qu'elle faisait perdre de vue.
dere ; statuinuis, ut diaconus etiamsi in digni- Enfin cette éclatante dignité ayant une fois
tate, ÈvàvWxTt, id est, in officio quovis sit ébloui les yeux des hommes et ayant fait ou-
ecclesiastico, ante presbyterum ne sedeat, prne- blier le rang des ordres sacrés, les chartophy-
terquam si proprii patriarchœ vel metropolitani laces montèrent au-dessus des évêques avec la
vices gerens, adsit in alla civitate, super aiiquo même facihté qu'ils s'étaient élevés au-dessus
capite. Tune enim ut locum illius impleus ho- des prêtres.
uorabitur. » VI. Le nom même de cartulaire ou de char^
lo[)hylace est une preuve que cet office coin- rence que les diacres régionnaires étaient cliarprenait aussi celui de bibliothécaire. Ce qui a gés du soin des pauvres, au lieu (jue les sousété dit du sixième concile en est encore une diacres, ou notaires régionnaires, avaient été iii;ni|ue certaine pour l'Eglise grecque. destinés originairement pour recueillir les
Constantin Manassès raconte qu'au temps de actes des martyrs.
Léon d'isaurie la bibliothèque de Constaiiti- VIII. Rien ne peut mieux apprendre quelle
nople était gouvernée par douze personnes était la dignité des notaires que les em[)lois
d'une science et d'une probité singulières, et (|ue importants et les commissions extraordinaires
les empereurs mêmes n'entreprenaient rien dont le même saint Grégoire les honorait,
d'important sans les avoir consultées : « Tanta Diverses personnes lui ayant porté leurs plaintes
in opinione virtutis erant, ut ne ipsi quidem ou leurs accusations contre la conduite de l'ar-
imperatores, novi quidquam et inusitati sibi chevê(jue de Cagliari, en Sardaigne, ce pape
agendum putarent, illis in consilium non adbi- envoya Jean , notaire du Siège Apostolique ,
bitis. » Ces saints et savants hommes défendi- « sedis nostrœ notarium, » pour éclaircir tous
rent la foi de l'Eglise contre cet empereur ces différends et pour obliger cet archevêque
ennemi des sacrées images, et couronnèrent à justifier son innocence (L. ii, ep. 3i).
leur vie par un glorieux martyre. Le neveu de Tévèque de Siponto étant accusé
Quant à l'Eglise occidentale, il n'en est pas d'avoir violé la fille d'un diacre, saint Gré-
de même ; comme les cartulaires n'y ont goire y envoya le notaire Pantaléon pour s'en
jamais eu le crédit qu'ils avaient dans l'Orient, informer, et si le crime était avéré , obliger
aussi on ne leur a point affecté la dignité ce jeune homme d'épouser la fille ; ou , après
de bibliothécaire. Anastase Bibliothécaire dit la peine du fouet, le renfermer dans un monas-
(jue Grégoire II, avant son pontificat, avait été tère pour y faire pénitence (L. ii , ep. 40 , i2).
bibliothécaire n'étant encore que sous-diacre. Mais tous les notaires n'étaient pas appelés à
« Subdiaconus atque sacellarius factus, biblio- ces grands emplois.
theccT est illi cura commissa ; deinde ad dia- Un sous-diacre de Sicile n'ayant pu serésou-
conatus ordinem provectus est. » dre à la continence, qu'on recommençait à
VU. Jene m'arrêterai pas davantage aux chan- exiger avec plus de sévérité, il se démit des
celiers de l'Orient, que nous avons vu à Cons- fonctions du sous -diaconat, et se contenta
tantinople être des diacres et des officiers du d'exercer l'office de notaire. « Usque in obitus
secrétariat sous le chartophylace. 11 vaut mieux sui tempus, notarii quidem gessit officium,
venir aux notaires, qui étaient plus connus et et a ministerio subdiaconi cessavit (L. m ,
plus ordinaires dans l'une et dans l'autre ep. 3i). » Ce qui ne se peut entendre que des
Eglise. fonctions ordinaires des notaires, qui n'étaient
Jean Diacre nous a déjà assuré que le pape pas si relevées, qu'on ne donnât cet office même
saint Grégoire envoyait aussi des notaires de à des enfants encore fort jeunes, dès qu'ils
l'Eglise romaine, avec des commissions exttaor- avaient appris l'art d'écrire, avec la vitesse
dinaires pour faire corriger les divers abus qui admirable et les abréviations étudiées dont ils
se glissaient dans la discipline des provinces faisaient profession,
éloignées. Saint Grégoire même parle de ces jeunes
Entre les syncelles ou les confidents de ce notaires. « Irrisiones illas, quas habere notarii
saint pape, le même Jean Diacre a donné rang adhuc pueri soient (L. iv, ep. 15) ; » ce qu'on
à Emilien, notaire, qui recueillit ses quarante pourrait néanmoins entendre de ceux qui ont
homélies sur les Evangiles, étant assisté de ses appris cet exercice, quoiqu'ils n'en aient pas
compagnons, et c'était la la propre fonction des encore la charge.
notaires : « Qui quadraginta homilias Evange- IX. Les notaires étaient ordinairement les
Ui cum sociis suis excepit; » et à Patérius, no- secrétaires des évêques, auxquels ils dictaient
taire, qui a fait cet excellent extrait des ouvrages leurs lettres. « Hanc epistolam Paterio notario
de ce saint pape (L. il, c. il). Ecclesiœ nostrae subscribendam dictavimus
Ces notaires étaient ordinairemont sous- (Dialog., 1, iii, c. 10). » Ils écrivaient aussi les
diacres et régionnaires, c'est a-dire distribués actes publics, comme il paraît par les actes
dans les divers quartiers de Rome, aussi bien d'alîranchissement et de liberté que ce pape
que les diacres régionnaires, avec cette diiïe- donna à quelques esclaves de l'Eglise romaine :
DES CARTULAIRES, CHAHTOI^HYLACES, etc.
« Liberos ex hac die civesque Romanos efficimus, etc. Hancmanumissionis paginam Paterio noiario scribendam diclavinius , et propria manu subscripsimus (L. iv , ep. 25; 1. v, ep. l!2). »
X. Outre ces exercices ordinaires, auxquels les plus jeunes d'entre les notaires pouvaient satisfaire , d'écrire les lettres, de dresser les actes publics, de suivre, en écrivant par notes abrégées, le torrent de l'éloquence d'un évoque qui prêche la parole de Dieu, il y avait des charges extraordinaires qu'on donnait aux plus expérimentés et aux plus habiles; et il yen avait même de deux sortes. Les unes étaient des commissions générales pour veiller dans toute une province, et pour remédier, par l'autorité du Siège Apostolique, aux désordres qui échappaient à la vigilance des évèques ; les autres n'étaient que des commissions particulières, pour quelque occurrence singulière.
Le même saint Grégoire, écrivant à Adrien, notaire de Sicile , c'est-à-dire, qui avait une commission générale dans toute la Sicile , lui dit que si les religieux du monastère du Mont- Gibel se laissent effectivement aller aux dissolutions infamantes dont on lui avait parlé, et dont il avait écrit à l'évêque , il ne manque pas d'y apporter un remède prompt et efficace, et, en corrigeant les défauts spirituels de ce monastère, de prendre aussi soin de ses intérêts temporels.
« De qua re quia fratri et coepiscopo nostro Leoni scripsimus, ut requisita veritate, si ita repererit, districtissima hoc studeat severitate corrigere ; necesse quoque est, ut in hac re tua se experientia ad investigandam verilatem et puniendum tantum scelus, omnimodo sollicitam debeat exhibere (L. vui, ep. 2:2). »
Mais ce ne fut qu'une commission particulière que donna ce souverain pontife , lorsqu'ayant envoyé le notaire Pantaléon, pour prendre soin du patrimoine de saint Pierre, dans le Milanais, il le chargea encore de faire proniptement ordonner l'évêque élu à Milan. « Ut in ordinando eo qui a vobis electus est, nulla possit niora contingere, Pantaleonem notarium noslrum trausmisimus , qui eum , ut moris est, annuente consensus nostri autoritate, faciat consecrari (L. vui, ep. 65). »
XI. Si le caprice des temps avait laissé les registres des autres papes aussi entiers que celui de saint Grégoire, nous y trouverions les marques de la même conduite dans tous ses
prédécesseurs, aussi bien que dans ceux qui lui ont succédé. La collection romaine d'IIolsténius en fait voir quelques vestiges dans les débris qu'il en a conservés.
Le pape Pelage envoyant un prêtre de l'Eglise romaine pour corriger les abus et pour altèrmir l'unité dans une province éloignée : « Pctrum filium nostrum prcsbyterum ApostolicîD Sedis, ad corrigenda ea, qujx; in quœstionem veniunt, duximus dirigendum, etc. Ad ecclesiasticam unitatem , ad correptioneni excessuum, etc. (CoUect. Roman., p. 239), » il lui donna pour adjoint et pour conseiller un notaire de la même église : « Huic projeclum notarium sedis nostrœ adjungendum esse credidimus, ut participalo consilio, quœ rationabilia sunt, exequi non inorentur. »
Ces notaires devaient être dans une grande réputation de prudence et de probité pour soutenir le poids de tant de grandes affaires, et l'honneur du Siège Apostolique qui les revêtait de son autorité : « Faciliorem omnium causarum futurum esse judicantes exitum, si illum ab Apostolica contigisset publiée Sede trausmitti, etc. »
XII. En France, les lecteurs ont souvent fait l'office des notaires. Le privilège de l'abbaye de Saint-Denis accordé par Landry, évêque de Paris, fut écrit et souscrit par un lecteur : « Austrolenus lector jubente Domno Landerio episcopo hoc privilegium scripsi et subscripsi (Du Chesne, Hist. Franc, tom. \, p. 083). »
Grégoire de Tours dit qu'il apprit lui-même cet art étant encore enfant : « Ni h il aliud litterarum prœler notas agnovi, in quarum nunc studio constrictug* affligor (De glor. Confess.,