XIII. Pouvoirs des archichapelains
I. Fulrad, abbé de Saint-Denis, semble avoir le premier possédé la qualité d'archichapelain des rois de France. Nous avons rapporté ci-devant les endroits où il est nommé conseiller du roi Pépin.
Le pape Adrien V\ lui donna le titre d'archiprêtre de France, et ce fut sur son témoignage et à la prière de Cbarlemagne qu'il envoya le pallium à Tilpin, archevêque de Reims. « Ad petilionem gloriosi régis Caroli, praebente tibi bonum testimonium de sanctitate et doctrina, Fulrado amabilissimo abbate, Francia? archipresbytero^ pallium secundum consuetudinem tibi transmisisse nos meraoramus, etc. (Flodoard., 1. ii, c. 17). »
Le roi Pépin avait obtenu auparavant du pape Paul la permission de retenir dans son palais l'évêque George et le prêtre Pierre : mais ce pape lui avait demandé en même temps, comment sa majesté désirait qu'on disposât de leurs Eglises en les en retirant.
Voici les paroles de la lettre du pape : « Pra^celsa Christian itas vestra petiit a nobis Georgium episcopum et Petrum presbyterum in vestro permanere servitio nos debere concedere. Et quidem pra>cellentissima vestra benignitas agnoscat nos jamdudum de hoc vestrae obtempérasse voluntati. Pro quodirigite nobis quid de episcopatu pnedicti Georgii, et de Ecclesia , qua> prœnominato Petro commissa est, peragere debeamus ; ne amplius illis amotis in nimiam neglectus incuriam deveniant (Codicis Carolini, epist. xxvi). »
II. Charlemagne prit depuis Angilram , évêque de Metz, auquel il fit encore succéder dans cette charge si importante Hildebold , évêque de Cologne, après en avoir obtenu la dispense du pape Adrien I" et des évêques de son royaume.
Le concile de Francfort de l'an 79i jugea cette dispense très-canonique, puisqu'elle était fondée sur les avantages très -considérables que toute l'Eglise retirait de la résidence continuelle de cet évêque dans le palais du prince. « Dixit Dominus rex in eadem synodo , se a Sede Apostolica, id est, ab Adriano Pontifice
tou DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CIIAFIIRE CENT-DIXIÈME.
licontiam hahuisse, ut Angilramnum arcliie|)i- Coloj^ne ; quoiqu'on joignant ce titre avec celui
S(0|)iim in suo palatio assidue haberet, propter d'arcliichapelain, on le nommât quelqueioisar-
iililitates ecclesiasticas. De|)recatus esteamdem clievèciue du sacré palais,
syiiodum, ut eo modo sicul Angilramnum ha- En eilet, dans le concile de Mayence de 813,
biiorat, ila etiam llildeboldum episcopum ha- le même Ilildebold fut nommé archevêque du
bere debuisset; quia et de eodem , sicul de sacré palais, et il fut nonuué avant les autres
Angilramno , apostolicam licenliam habeat. archevêques dans la préface. « Hildeboldus sa -
Onmis synodus consentit et placuit eis, eum cri palatii archiepiscopus , Richolfus et Arno
in palatio esse debere, propter utilitates eccle- archiepiscopi. » Comme le prêtre Fulrad avait
siasticas (Can. lv). » été nommé Archiprêtre de France^ à cause de
III. Il fallait une double dispense pour relà- la charge d'archichapelain : ainsi à cause de la cher l'obligation d'un évêque à résider dans même charge, l'archevêque de Cologne fut son diocèse, et pour lui permettre de résider woxmnè Arclievèque du sacré palais. Maisenliu dans le palais du prince. 2° Le roi ne se con- on revint au titre le plus naturel , qui était tenta pas de l'avoir obtenue du pape, il la lit celui à' Archichapelain.
encore confirmer par le concile national de On le trouve dans Adémar, lorsqu'il décrit
son royaume. 3° Elle ne fut accordée qu'en l'arrivée du pape Etienne IV en France, en SKi,
vue des avantages que l'Eglise en retirerait, au-devant duquel Louis le Débonnaire envoya
4° Le titre de cette dignité n'était pas encore le même Hildebold, « Hildeboldum archica-
certain , parce qu'elle était nouvelle. Fulrad pellanum sacri palatii, » et quelques autres
avait été appelé Archiprêtre de France. An- évêques.
gilram fut nommé Archevêque dans le canon La lettre du concile de Crecy à Louis, roi de
de Francfort, et comme la ville de xMetz n'était Germanie , donna en 858, à l'abbé Fulrad, le
qu'un évêché , quelques-uns ont cru que la titre de grand chapelain , « Summum capel-
seule considération de cette haute dignité dans lanum régis Pipini. »
le palais lui avait donné le nom d'arche- Le même titre est donné par Hincmar à
vêque. Gunthaire, archevêque de Cologne, et grand
Mais Godegrang , son prédécesseur, ayant Chapelain du roi Lothaire ( Concil. Gall. ,
aussi porté la qualité d'archevêque de Metz, tom. m, p. ioT, 159.)
quoiqu'il n'ait jamais été archichapelain , et la Un concile d'Aix-la-Chapelle de l'an 801,
même qualité d'archevêque ayant été donnée l'appelle archichapelain du sacré palais. «Cun-
selon quelques-uns à Urbicius même, qui était tharius Agrippinensis archiepiscopus et sacri
évêque de Metz, avant que les Français eussent palatii archicapellanus (Spicilegii tom. x[i ,
conquis ce pays, il est visible qu'Angilram a p. i22, 123, 120). »
été nommé archevêque, parce qu'il était ar- Dans les rescrits de Charles, le plus jeune
chevêque, et non parce qu'il était archichape- fils de l'empereur Lothaire, en 801 et 802, il
lain (Alcuini Epist. lvui). Godegrang était paraît que Rémi, archevêque de Lyon, était son
proche parent du roi Pépin. Angilram était grand chapelain. « Remigius Lugdunensis Ec-
entré fort avant dans les bonnes grâces de clesiae autistes , nostrique palatii capellanus
Charlemagne. Ce fut ce qui leur fit donner la summus (Ibidem, p. 243). »
qualité d'archevêque de Metz. V. La lettre du roi Charles le Chauve au
IV. Hildebold, (jui succéda dans la charge pape Nicolas découvre un point fort remard'archichapelain à Angilram , quoiqu'il soit (juable, savoir, que l'évêque de Metz Angilram simplement nommé évêque dans une lettre de avait été en même temps archichapelain de Charlemagne, et dans le canon de Francfort, Charlemagne , et apocrisiaire du Siège Apostoest néanmoins appelé archevêque et chapelain li(iue en France, par une grâce singulière que dans la vie de Léon III , par Anastase Biblio- Charlemagne avait obtenue du pape, thécaire, lorsqu'il dit que Charlemagne l'en- Louis le Débonnaire avait obtenu le même voya au-devant de Léon qui venait en France : avantage, et avait fait tomber les deux mêmes « Misit in obviam ejus Hildeboldum archiepi- dignités à Drogon, fils de Charlemagne, archescopum et capellanum, et Aschericum comi- vêque de Metz. « Quœ sedes Metensis postulatem. » La qualité d'archevêque lui est donnée, tione avi nostri divœ memoriœ Caroli imperaparce qu'il était effectivement archevêque de toris honorari ab Apostolica Sede meruit, et