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DE L ORIGINE DES CARDINAUX

1. II. Un évêque, un prêtre et un diacre cardinal, n'est autre que le titulaire et comme l'époux de chaque église, distingué des autres, qui n'y ont pas la même attache.

111. IV. V. VI. Cela est justifié par une infinité de preuves tirées des lettres de saint Grégoire.

vu. Cela regardait toutes les Eglises, et non pas la seule Eglise de Rome. Exemples dans l'Eglise de Rome de prêtres et de diacres, et même de sous-diacres cardinaux.

VIll. IX. Le même style était commun aux anciens papes.

X. Comment il n'y avait point encore d'évêques cardinaux dans le clergé de Rome, et comment il commença d'y en avoir.

XI. XII. Grande autorité des prêtres et des diacres cardinaux de Rome, et leur incorporation avec les évèques.

Xlil Leur éminente dignité et leurs obligations proportionnées à cette élévation.

L 11 faut reprendre ici l'origine de la dignité du cardinalat et son ancienneté.

Comme cette dignité est devenue aujourd'hui bien plus éclatante et bien plus recommandable parmi nous , j'aurais tâché d'en retracer l'origine avec beaucoup d'exactitude, et l'orner de curieuses recherches s'il nous était resté sur ce sujet plus de monuments de l'antiquité. Mais ceci a eu le sort des plus grandes choses et des plus anciennes, qui est que l'origine nous en est ordinairement cachée.

II. Le nom de cardinal se lit très-souvent dans les lettres de saint Grégoire; mais il n'y est nullement réservé à l'Eglise romaine, et il n'est pas même fort facile d'en déterminer précisément la signification. Rien ne paraît plus probable que d'entendre par un évêque, un prêtre ou un diacre cardinal, celui qui est le titulaire et le principal bénéficier d'une église.

Une église était quelquefois commise à un évêque pour im temps seulement, jusqu'à ce qu'il eût été rétabli dans la sienne, dont il avait été chassé, ou jusqu'à ce qu'on eût fait l'élection canoniqued'unévêiiuedanscetteéglise vacante, et alors on ne pouvait pas l'appeler évêque cardinal de cette église, qui lui était simplement donnée en commande, et dont il n'était pas titulaire. Si on la lui conférait pour toujours, sans que de son vivant ou (lùt en élire un autre; alors il était fait évêque cardinal de cette église, il y était pour ainsi dire cardinalisé, Incardinabatw\ selon le langage de saint Grégoire.

U y avait aussi quelquefois plusieurs prêtres

dans une église, mais il n'y en avait qu'un de De ces deux évè(jues l'un fut lait commencaidiual, c'ost-a-dire de titulaire, (|ui en était dataire pour un tem[»s, l'autre L'ardhtal ou principalement investi, qui l'épousait en quel- titulaire perpétuel de l'église d'Aléria : o Neque manière, et qui contractait avec elle une cessarium duximus Martinum fratrein et coeinséparable union et une obligation très-étroite piscopum nostrum ibidem cardinalem constid'y résider. Les autres prêtres de la même tueresacerdotem.Leoni verofratri etcoei)iscopo église n'étaient que ses aides et pouvaient plus nosiro operam ejus visitationis injungere (L. i, facilement passer a d'autres emplois. ep. 77, 78). »

lien était de même des diacres : de plusieurs IV. Januarius, archevêque de Cagliari, avait diacres d'une église il n'y en avait qu'un de reçu dans son clergé le diacre Libérât, ordonné canlinal ou [irincipal béuétlcier, chargé du par un autre évèque. L'ambition de ce diacre soin de cette église, les autres étant plus à la étranger lui fit briguer la première place main de l'évèque pour toutes les occurrences entre les diacres de cette église; saint Grégoire diverses, quand il était nécessaire de les en- ordonna que pour l'humilier on ne lui donnât voyer ailleurs ou de les applii[uer à quelque que la dernière, à moins que le prédécesseur autre fonction. Par exemple, les diacres que le de Januarius ne l'eût fait diacre Cardinal de pape ordonnait pour les envoyer nonces à Con- son église, ou que Januarius même, après une stantinople, ceux à qui on commettait la con- longue é[»reuve de sa vertu, le voulût luiduite d'un hôpital ou d'un monastère, n'étaient même cardinaliser , c'est-à-dire l'approprier pas diacres cardinaux, parce que leur ordina- pour jamais à son église, et lui donner la prition ne les rendait pas titulaires, et comme mauté entre ses diacres ; ce qu'il ne pourépoux inséparables d'une église. rait faire qu'après avoir reçu l'agrément de

m. Justifions cette proposition par les lettres l'évèque qui avait ordonné Libérât, et qui,

de saint Grégoire. L'évêché de Piombino va- par conséquent . l'eût toujours pu rede-

cant, ce saint pape écrivit à l'évêtiue de Ro- mander.

selle d'aller gouverner celle église en qualité « Liberatus, qui diaconi fungi perhibetur

de visiteur et non pas de titulaire, « Yisitator officio, si a decessore tuo non est factus cardi-

accedas :» et d'y ordonner un prêtre C«rf//«rt^ nalis, ordinatis a te diaconibus nulla débet

et deux diacres. « Ut unum cardinalem illic ratione praeponi, etc. Liberatum ultimum inter

presbyterum, et duos debeas diaconos ordi- diaconos stare constitue, etc. Cujus tamen si

nare (L. i, epist. 45). » Ce prêtre Cardinal ne, obedientia fueris invitatus, et eum post haîc

peut être autre que le curé et le principal tilu- cardinalem facere volueris, nisi pontiflcis sui

iairc de cette église, qui était encore plus concessionem solemni more raeruerit, absti-

nécessaire pendant la vacance du siège. nendum ab orani ejus incardinalione memine-

L'église d'Aléria étant vacante depuis long- ris (L. i, ep. 81). » temps, ce pape la confia enfin à Léon, évèque Voilà des évêques, des prêtres et des diacres en Corse, mais il ne l'en rendit pas évèque titu- cardinaux, dans le sens que nous avons exposé, laire oa cardinal ^ quoiqu'il lui écrivît en ces En voici d'autres semblables. Ce pape témoitermes : « Cunctis rébus suprascriptœecclesiœ, gna être bien aise que l'évèque Paul fût deut proprium te volumus uti pontificem, usque mandé par ceux de Naples pour être leur ad secundam nostram epistolam (L. i, ep. 76).» évèque cardinal : « Quod eum cardinalem de- Par sa lettre suivante il ota cet évèque com- sideratis liabere episcopum. gratulamur (L. n, mandataire, et y établit un évèque Cardinal, ep. 0). » Il demanda néanmoins du temps pour en y transférant Martin, évèque d'une ville de en délibérer.

Corse, entièrement ruinée : « Quoniam eccle- Il écrivit à l'évèque de Rimini de consacrer

sia Tamitana, in qua dudum fuerat honore l'oratoire bâti par une dame illustre, mais de

sacerdotali fraternitas tua decorata, ita est, ho- n'y point établir de prêtre cardinal. « Nec pre-

stih feritate diruta, ut illuc ulterius spes re- sbyterum constituas cardinalem (Epist. ix), »

meandi nulla rcmanserit; in ecclesia Aleriensi, parce que cette dame devait se contenter, ou

quœ jam diu pontificis auxilio deslituta est, d'entendre la messe dans les églises connnu-

cardinalemtesecundumpetitionistuœmodum, nés, ou de demander un prêtre à l'évèque,

hac autoritate constiluimus sine dubio sacer- toutes les fois qu'elle désirerait l'entendre dans

dolem. » son oratoire [L. vu, ep. 72, 85; 1. vin, epist. 3).

DE L'ORIGINE DES CARDINAnX.

Ce prôtre cardinal n'est autre qu'un bénéficier titulaire.

V. L'église et la ville de l'évoque Jean ayant été ruinée, ce i)ape le cardinalisa dans l'église de Scjuillaci, à condilion que si sa première église où il avait été |»reniierenient évc(iue cardinal se rétablissait, il y retournerait, « Pr()|)lerea te Joanneiu ab liostibus cai>tivata; Lusitanœ civitatis ci)iscopuni, in vS(iuillatina Ecclesia cardinalem necesse duximus constituera sacerdotem; ila tamen ut si civitateni illani ab bostibus liberam effici et ad prioreni statuni revocari contigerit, ad eam in qua prius incardinatus es, ecclesiam revertaris. Sin auteni prœdicta civitas continua calamitate captivitatis premitur in bac in qua a nobis ordinatus es, incardinatus debeas Ecclesia pernianere (L. n,ep. 25). »

VI. Ceux de Terracine ayant perdu leur pasteur, demandèrent pour leur évèque cardinal l'évêque de Fondi, dont la ville avait été désolée par les barbares. Saint Grégoire accorda leur demande, en unissant ces deux évêcbés en la personne de ce prélat. « Defuncto Petro pontifice suo, te cardinalem sibi postulant constitui sacerdotem, etc. Te nostra autoritate in Tarracinensi ecclesia cardinalem constituimus sacerdotem, etc. Sic ut Fundensis ecclesiœ pontifex esse non desinas (L. ii, Ind. 13, epist. xui). »

Un prêtre curé ayant été injustement déposé, ce i)ape le fit rétablir, et ordonna que celui qu'on lui avait donné pour successeur fût fait prêtre cardinal dans quelque autre église vacante. « In alia quacumque vacante ecclesia eum volumus cardinari (L. ni, ep. W). »

Fortunat, évèque de Naples, demanda à ce saint pape le pouvoir de transférer et de cardinaliser dans son église un diacre de l'église de Yeuafre : « Ut Gratianum Ecclesia) Yenafranae diaconum tuœ concederemus ecclesiœ cardinandum (L. v, ep. 11). » Ce pape l'accorda, parce qu'il n'y avait point alors d'évêque dans Yenafre. « Habituro licentiam diaconum illum, nostra interveniente autoritate, ecclesiœ tuée constituere cardinalem. » Il ordonna à l'évoque de Firmo de bénir un oratoire, après avoir reçu les contrats et les bienfaits des fondateurs, et d'y établir un prêtre cardinal. « Presbyterum te quoque illic constituere volumus cardinalem (L. ix, ep. 12). »

H y avait donc de deux sortes d'oratoires, les uns sans prêtre cardinal, dont l'évêque li-

rait les revenus, et y envoyait un pnMre pour célébrer les divins mvsteres (piand on le demandait; les autres avec un prêtre cardinal, c'est-à-dire, (pie les uns avaient un prêtre titulaire, et que les autres n'en avaient point.

L'évêque de Syracuse avait donné la prêtrise à un religieux (|ui était déjà sons-diacre de sa catbédrale, et l'avait établi comme curé dans une possession de l'Eglise. Ce religieux se trouva accablé de mélancolie dans ce nouvel emploi; le pape pria l'évêque de l'en retirer, et de le faire prêtre cardinal de sa cathédrale (L. M, ep. 3()).

Yll. Nous n'avons encore remarqué des cardinaux, que des évêques, des prêtres et des diacres, et même hors de l'Eglise romaine. Jean Diacre, dans la vie de ce grand pape, nous en fait voir dans l'Eglise romaine et même dans le sous-diaconat. Il assure que ce saint pape, pour remplir les grandes dignités des ■ autres églises vacantes, n'épargnait pas même les cardinaux de son église, non plus que les religieux de son monastère.

« Et si quando nécessitas ordinandi sacerdotis obrepsit, neque cardinales ecclesicC su.-c, neque monaclios monasterii sui penitus excusavit, quo minus illis Ecclesiam regendam committeret : qui exemplis et verbis pariter illam œdificare melins potuissent. Nam ut pauca de multis contingam , ex presbyteris cardinalibus ecelesi;e su.t consecravit e|)iscopos Bonifacium Kegii, Habentium Perusii, et Donum Messanœ Siciliœ. Ex subdiaconibus vero Gloriosum Ostiae, Faustum Capua), Petrum Treeis, et Castorium Arimini. Solis diaconibus Aposlolica} Sedis super hac quodammodo parte parcebat; quorum cum decem et novem plenitudine redundaret, ipse Bonifacium, Florentium et Epipbanium consecravit.»

Yoilà les prêtres, diacres et sous-diacres cardinaux de l'Eglise romaine, dont ce saint pape voulut bieh priver son église, pour ne pas souffrir que les autres fussent plus longtemps privées de pasteurs.

Le même Jean Diacre remarque que saint Grégoire ne chargeait jamais aucun de ses cardinaux d'un évêché sans les y avoir fait consentir, de peur que cette i)romotion ne leur i)ariit plutôt une déposition : « Ne sub hujusmodi occasione, queuKiuam eliminando deponere viderelur. (L. m, c. 8, 10). »

Il le prouve par l'exemple d'un sous-diacre cardinal, qui ne voulut jamais accepter un

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évêcliô pour lequel il avait été élu, et auquel de l'Eglise romaine qui a été remarqué dans

ce saint pape ne voulut jamais le forcer; et par les lettres de saint Grégoire, et ([ue, juscpi'à ce

la lettre de ce même pape à Jean, évèque de temps-là, le titre de cardinal n'était nullement

Syracuse, qu'il prie de faire prêtre cardinal de alîecté au clergé seul de l'Eglise romaine,

son église le religieux Cosme, (|ui en avait été Jean Diacre vient de montrer que de son

premièrement sous-diacre , et ([ue le défunt temps on honorait communément de ce titre

évoque avait ordonné prêtre, pour lui donner les prêtres, les diacres et les sous-diacres du

une église de la canqiagne à gouverner, ce que Siège Apostolique. Et avant lui, Etienne IV

ce religieux souffrait avec une extrême dou- avait remarqué la même chose dans un décret

leur. de son synode romain.

Jean Diacre conclut de là (pie saint Grégoire « Si quis ex episcoi)is, vel presbyteris, vel

rétablissait dans le cardinalat ceux qui en monachis, aut ex laicis contra canonum et

avaient été comme dégradés par une promo- sanctorum Patrum statuta prorumpens, in

tion forcée à des cures de la campagne. « Item gradum majorum sanct;c Roman;e Ecclesiœ,

cardinales violenter in parochiis ordinatos id est presbyterorum cardinalium, et diacono-

forensibus, in pristinum cardinem (iregorius rum iri prœsumpserit, et hanc Apostolicam

revocabat. » Ce qui montre que de son temps Sedem invadere ([uilibet ex supradictis tenta-

le titre de cardinal n'était donné qu'aux prê- verit, et ad summum pontificalem honorem

très, diacres et sous-diacres des villes épisco- ascendere voluerit, ipsi et sibi faventibus per-

pales. petuum liât anathema (Colle. Rom., p. 263). »

Le pape Zacharie fait connaître le même II paraît que dans ce décret la qualité de

usage de son temps, dans sa lettre à Pépin : Cffr^^ma/ est atl'ectée aux prêtres et aux diacres

« De presbyteris agrorum, quam obedientiam de l'Eglise romaine, sans qu'il soit parlé des

debeant exli ibère episcopis et presbyteris car- sous-diacres.

dinalibus. » A quoi il rapporte le canon de Le terme d'évêque Cardinal a été employé

Néocésarée, où il est parlé du respect que les au même sens que nous le prenons dans la

prêtres de la campagne doivent aux prêtres de célèbre conférence de Carthage, entre les catho-

la ville (Concil. Call., tom. i, p. 564). tiques et les donatistes, au temps de saint Au-

Enfin, pour ce qui est des évèques cardi- gustin. Pétilien, évêque donatiste, accusant

naux, Jean Diacre ne semble donner ce nom les catholiques d'avoir multiplié les évèques,

qu'à ceux qui ayant perdu leurs églises, étaient môme dans un même lieu, donna le nom de

transférés à d'autres églises vacantes, où ce « Cardinales atque authenticos episcopos » aux

pape lès cardinalisait. «Civitatum desolatarum vrais évèques titulaires, et ne regarda les au-

pontifices Gregorius vacantibus civitatibus in- très, qui étaient surnuméraires, que comme

cardinare curabat (L. m, c. 13). » des images ou des fantômes, imagines,

VIII. Tout ce que nous venons de rapporter X. La principale réflexion qu'il y aurait à de saint Grégoire sur le cardinalat se trouve- faire sur ces paroles, serait des évèques cardirait sans doute dans les lettres de ses prédéces- naux. Ni saint Grégoire, ni les autres i)apes, ni seurs, si la suite de tant de siècles nous eût Jean Diacre , ne nous ont donné le moindre conservé leur registre aussi entier que le sien, sujet de conjecturer qu'il y eût des évoques Le pape Gélase enjoignit à Jévêque Sabinus cardinaux de l'Eglise romaine. Au contraire, d'ordonner un diacre dans une église dont il ce décret d'Etienne IV montre évidemment était visiteur et non pas titulaire : «Yisitationis qu'il n'y en avait point encore. Lorsqu'il déofflcio, non potestate, proprii sacerdotis (Colle, fend aux évô(|ues mêmes, sous peine d'ana- Rom.Holst.,p.208). » Le pape Pelage ordonna thème, d'aspirer au degré des prêtres, ou des à l'évêque Eleuctérius de bénir un oratoire et diacres cardinaux de Rome, ne nous insinued'en accepter la fondation, sans y établir aucun t-il point que les évèques regardaient déjà avec [)rètre cardinal, se réservant le droit d'y en un œil de jalousie l'éminente dignité des prêenvoyer un quand il serait besoin d'y célébrer très et des diacres du Siège Apostolique, et la la messe. « Nec presbyterum constituas cardi- i)uissance qu'ils avaient d'élire le pape, qu'ils nalem (Ibidem, p. 23i). » élisaient ordinairement de leur corps?

IX. Ainsi on ne peut dire avec vérité que ce On pourrait donc se persuader avec quehjue n'était que le style ancien et l'usage ordinaire vraisemblance que les évê(iues commençaient

DE L'ORIGINE DES CARDINAUX. 4il

déjà à vouloir être associés au clergé de Rome, étaient réijionnaires et non pas titulaires, c'est-

surtoui pour l'élection du pape, et que cet à-dire partagés et attachés aux sept régions de

avantage fut réservé aux évêques les plus pro- la ville, et non pas à des églises particulières,

elles de Rome, qui étaient par consé(juent plus Les acclamations de ces conciles se font orùi-

souvent à Rome, et étaient conviés, selon Tan- nairement par les évoques et les prêtres, « Ab

cienne coutume, à assister à toutes les délibé- univcrsis episcopis et j)resl)Ytoris acclamatnm

rations du clergé romain. est, etc. » (^e qui montre l'alliance des évéciues

Ces évêques voisins s'étant accoutumés du- avec le collège des prêtres de Rome,

rant une longue suite d'années à assister aux Le pape Ilormisde adresse plusieurs lettres

synodes et aux délibérations du clergé supé- et en reçoit oii sont nommés premièrement

rieur de Rome, commencèrent insensiblement deux évêques, puis deux diacres et ensuite un

à ne faire plus qu'un même corps, et à coucou- prêtre (Ep. lxu, etc.). l'n ordre si souvent

rir toujours aux décisions importantes, surtout répété ne vient pas du hasard ou de la faute

à l'élection du pape, puisque les sufTragants des copistes. 11 y a donc lieu de conjecturer

d'une métropole avaient toujours eu part à que ces diacres étaient du clergé de Rome, et

l'élection du métropolitain. que dans cette légation on leur donnait rang

XI. Avant que cette incorporation des évê- devant un prêtre qui n'en était pas. ques voisins avec le clergé romain, et cette On a pu remarquer, dans tous les conciles alîectation du titre de cardinal aux prêtres el généraux, les prêtres de l'Eglise romaine, et aux diacres du Siège Apostolique eût été faite, quelquefois les diacres aussi associés aux évêon ne laissait pas de remarquer une grande et ques, dans la légation du pape et dans la préfort singulière autorité dans le clergé du Siège sidence au concile. Voilà à peu près les origines Apostolique, et une grande communication de de cette association , et pour ainsi dire de ce collège illustre avec celui des évêques. cette incorporation de (|nelquc évêque avec

Anastase Ribliotliécaire, dans la vie du pape le clergé de l'Eglise romaine.

Anastase II, dit que plusieurs prêtres et autres XII, Il est vrai que le titre de la dispute de

clercs se séparèrent de la communion de ce Rustique contre les Acéphales . lui donne la

pape parce qu'il avait communié avec les com- qualité de diacre cardinal de l'Eglise romaine ;

municatenrs d'Acacius, sans avoir pris l'avis mais il y a un juste sujet de douter si ce titre

des évêques, des prêtres et du clergé de l'Eglise hors d'oeuvre n'a point été ajouté par une main

catholique : « Multi clerici et presbyteri se a plus récente et moins exacte,

communione ipsius ejecerunt, eo quod com- Ce savant diacre ne prend pas lui-même le

municasset sine consilio episcoporum , vel titre de cardinal dans la préface de son ouvrage,

presbyterorum, vel cleri cunctaî Ecclesiœ Ca- où il s'excite et s'anime lui-même à une géné-

tholicse, diacono, qui communis erat Acacio. » rosité et à une grandeur d'àme qui soit pro-

Le pape Symmaque fut rétabli sur le trône portionnée à la haute dignité et aux étroites

pontilical par les évêques, les prêtres et les obligations d'un diacre de la plus grande Eglise

diacres : (( Ab omnibus episcopis et presbyteris du monde.

et diaconis, et omni clero vel plèbe redinte- « Mémento christianum te esse atcjue diaco-

gratur Sedi Apostolicœ Symmachus. » num, et hoc summa] totius universitatis Eccle-

Les conciles romains de ce pape se trouvent sia?. Si importabile onus est ordinis, quare ullo

souscrits par un grand nombre d'évêqucs d'Ila- modo adgressus es dignitatem ? Semel diaconus

lie, par soixante-sept prêtres de Rome, quj factus, ejus volis obligatus es Deo , alioqui

marquent tous leiu' titre ou leur église dans debuisti prins refutare hujusmodi gradum. »

leurs souscriptions, et enfin par les diacres qui Voilà l'élévation et en même temps les obli-

marquent les régions dans lesquelles on les gâtions importantes et indispensables des

avait distribués par toute la ville de Rome. diacres de l'Eglise romaine de soutenir la

Dans le IV^ concile romain sous ce pape , les cause de .I.-C. au péril de leur vie. Facundus,

prêtres cardinaux de Rome sont simplement évêque d'Hermiane, en parle en ce sens : « Ve-

appelés « Ecclesiarum peromnesRomanœcivi- nerabiles Pelagius et Anatolius Romani dia-

tatis titulos presbyteri, homines secundi in coni, debitam officio suo etlocosollicitudinem

Ecclesia ordinis. » Ce qui fait voir encore que pro Ecclesia Del gerentes, etc. (L. iv, c. 3). »

les diacres n'avaient point de titres , qu'ils Comme si la suprême dignité du Siège Aposto-

liqiie rejaillissait jusqiies sur le clergé supérieur (le l'Eglise romaine.

Saint Grégoire semble l'avoir coneu de la sorte, quand il ne donne d'autre (jualité au saint et illustre Pascliaee ((ue celle de diacre du Siège A|)Ostolique : « Pascliasius luijus Apostolicit Sedisdiaconus Dialog., 1. iv, c. 40). »

Xlll. En eiret, qui peut douter que ce clergé de l'Eglise romaine, ou ce collège de prêtres et de diacres, ne fût participant de la suprême gloire <lu Siège Apostoli(|ue , dans la juste pro|)ortion (jue le clergé de clia(|ue église é[)iscopale ou métropolitaine participe aux avantages de sou prélat ?

On en sera pleinement convaincu, pour |)eu qu'on fasse réflexion que ce collège <les [irètres et desdiacreSj depuis rétablissement de l'Eglise romaine par saint Pierre, gouvernait l'Eglise romaine, et même l'Eiilise universelle avec le l)a[)e ; (ju'il continuait de la gouverner durant les interrègnes (jui étaient qucl(|ueI'ois longs, qu'il présidait aux élections des souverains l)onlifes, (ju'il les élisait ordinairement de son propre corps, qu'il composait le synode ordinaire du |)af)e où se traitaient toutes les grandes causes de l'Eglise, soit pour la foi, soit pour la discipline.

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