‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 225 sur 291 · DU CLERGÉ OU DU CHAPITRE DES ÉGLISES CATHÉDRALES · texte numérisé non relu

DU CLERGÉ OU DU CHAPITRE DES ÉGLISES CATHÉDRALES

tiir (Aiigust. contra I*armen., lib. 3, cap. ii). » Sévère Sulpice remarque que saint Martin confiait l'examen et le jufrement dos causes à ses prêtres |)Our s'o(cu[)er lui-même de la prière avec plus de liberté : « Cum quidam in alio secretario presbyteri sederent , vel salutationibus vacantes, vel audiendis negoliis occupati, Marlinum vcro u?(|ue in eam lioram, (jua solemnia pojiulo ajji oonsuetudo deposceret,sua solitude cobibebat (Dialog. îî). »

Saint Jérôme dit que c'était vraiment le sénat de l'Eglise : « Et nos babemus in Ecclesia senatum nostrum, cœtum prcsbyterorum (llieron., in c. ni Isaiœ). » Saint Rasile dit la

même chose : tÔv (Tjvï'^^picv toù rfiaf-l'jTSf.oj xarà -niv

wo'xiv (Basil, epist., cccxix).

Saint Cyprien communiciuait jusqu'aux moindres cboses à ses prêtres et à ses diacres, et il délibérait avec eux sur tous les points importants de sa conduite. C'est avec les prêtres et les diacres qu'il veut qu'on traite de quelle manière il faut recevoir les pénitents : « Deinde sic collatione conciliorum cum episcopis, presbyteris, diaconis, confessoribus pariter astantibus laicis facta, lapsorum tractare rationem (L. i, ep. u; 1. ii, ep. vu; 1. iv, ep. ii). » Si les confesseurs avaient part à cette délibération, c'était la victoire qu'ils avaient remportée sur les ennemis de la foi qui leur avait acquis ce privilège extraordinaire.

Ce saint prélat avait fait, dès le commencement de son épiscopat , la sage et sainte résolution de ne rien faire sans l'avis de ses prêtres et de ses diacres : « Ad id vcro quod scripserunt corn presbyteri nostri, solus rescribere nihil potui, cum a primordio episcopalus niei statuerim nihil sine consilio vestro et sine consensu plebis mea privatim sententia gerere (L. in, ep. x). »

Il leur communiquait toutes les ordinations et toutes les promotions qu'il faisait, comme quand il éleva le prêtre et le confesseur Numidicus cà la dignité de prêtre ou de cbanoine de Carthage. Car c'était une grande élévation d'être incorporé au chapitre ou au clergé de la cathédrale : « Admonitos nos et instructos scialis dignatione divina,ut Numidicus presbyter ascribalur prcsbyterorum Carthaginensium numéro; et nobiscum sedeat in clero, luce clarissima confessionis illustris (L. iv, ep. x). »

Ce n'est donc pas sans raison que saint Ignace dit que les prêtres sont les conseillers

de l'évêque, qu'ils ont séance près de lui, et qu'ils ont succédé au sénat apostolique, ajap&j-

àrc<TTc.'>.(.)v(E|)ist, ad Trallianos).

Mil. Ce (jue nous venons de dire montre clairement (jue le clergé supérieur de chaciue ville é|)iscopale composait un corps et formait le conseil de révê([ue, gouvernant avec lui et sous lui tout le temj)orel et le spirituel du diocèse.

Voilà la nature des chapitres en ces premiers siècles : voilà leurs occupations, voilà le rang et l'autorité sublime (ju'ils avaient. Ils ne vivaient pas en comnuinauté, non plus (jifà présent; mais ils possédaient en comnum tous les revenus de l'église, chacun en recevant les distributions manuelles proportionnées à son ordre et à son travail, comme nous dirons en son lieu. Ils étaient liés entre eux et avec leur évêque par une société très -étroite et trèsnécessaire , pour le maniement de toutes les affaires spirituelles et temporelles du diocèse ou de la province.

La différence la plus considérable de ces anciens chapitres d'avec ceux de ces derniers siècles est en ce que les anciens chapitres : 1° n'étaient composés que de prêtres et de diacres; i° ces prêtres et diacres étaient les curés et les pasteurs de toutes les paroisses de la ville épiscopale; ou s'il n'y avait point do paroisses distinguées de la cathédrale, ils en exerçaient toutes les fonctions; 3" leur ordination même était ce qui leur donnait cette qualité, cette charge et celte autorité.

Le presbylérat et le diaconat, aussi bien que l'épiscopat , était non-seulement un ordre , mais aussi un bénéfice, et un bénéfice chargé du soin des âmes à proportion de l'ordre. Le clergé de l'Eglise romaine n'est encore à présent composé que de prêtres, et de diacres cardinaux, titulaires des anciennes paroisses de Rome, et concourant, sous le pape et avec le pape, dans les consistoires, pour la résolution de toutes les affaires qui ressortissent à Rome. Et ce clergé de l'Eglise romaine est dans le temps présent l'image vivante et le parfait modèle du clergé ancien de toutes les villes épiscopales.

Socrate dit qu'après la mort d'Atticus, évoque de Constantinople, les prêtres Philippe et Proclus étaient les plus favorisés des nobles : mais que Sisinnius, qui était le prêtre ou curé d'une église du faubourg où tous les ans le

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