DES CONGREGATIONS. — CHAPITRE SEPTIÈME
peuple allait célébrer la fête de l'Ascension, accorder même le nom et les honneurs de
l'emporla sur eux, et succéda à Atlicns par la l'ôpiscopat.
faveur du peuple ; ce qui montre que les curés Le concile d'Antioche (Can. xviii), accorde
comi)osaiei»t le chapitre, et cpie les |>rctres ou les honneurs et les fonctions de ré|)iscopat,
chanoines avaient des églises particulières pour tt; naf,; y.%\ -rr? XeiTojp^-a;, à ceux qui auront été em-
lesquelles ils étaient ordonnés. « Sisiunius péchés, par des obstacles insurmontables, de
presbyter non in ulla ecclesia intra urbem prendre possession de leurs évêchés.
ordinatus, sed in suburbio, etc. (Socrat.,1, vu, X. Ce n'étaient pas ces deux seuls accidents
c. 26). » (jui réduisaient les évêques à être incorporés
Hilaire, sur la première lettre de saint Paul à dans le clergé des églises cathédrales: de
Timothée, dit que dans chaque cité il doit y n'avoir pu surmonter les obstacles qui traver-
avoir un évèque, sept diacres, et un nombre saient la prise de possession de leur évêché, et
de prêtres, afin qu'il yen ait deux pour chaque de se rencontrer dans une ville, où il y avait
église : « Septem diaconos, alicjuantos presby- déjà un évêque catholique ; en voici un troi-
teros, ut bini sinl per ecclesias. » Saint Augus- sième qui est accompagné des marques d'une
tin fut d'abord le seul prêtre de Yalérius ; et piété extraordinaire. On ordonnait souvent des
lui, étant évêque, eut neuf prêtres dans son évêques contre leur volonté ; leur extrême
chapitre, outre les diacres. Voyez sa lettre cent- humilité, et l'amour de la retraite l'emportait
onzième. quelquefois sur les lois de l'obéissance; ainsi
IX. Les prêtres et les diacres de la ville épis- on les laissait jouir du nom, des avantages
copale avaient une éminence et une supériorité et du rang d'évêque dans la compagnie des
sur les prêtres et les diacres de la campagne, prêtres.
c'est-à-dire sur les curés des paroisses des Tel fut Eustathe, métropolitain de Pamphylie, champs. Aussi le concile de Néocésarée (Can. à qui le concile d'Ephèse (Act. 7) adjugea tous xni), défend aux prêtres ou aux curés de la cesavantages : «Sedquiaadversusejusanimum campagne de célébrer la messe dans l'église a rébus gerendis alienum non admodum decathédrale, l'évêque ou les prêtres de la ville certareoportuit, sed miseraripotiussenem, etc. étant présents : que s'ils sont tous absents, il le Justum rectumque definimus; ut nomen retileur permet. neat episcopi et honorem et communionem :
Pour l'honneur du clergé de la ville, des tô -rii; èttic^t:^; ôvoaa , )cal -rr; tEu-w xal tyîî y.otvwvîaç. Ce
évêques y étaient souvent comme associés par mot honor riar,, exprime tous les émoluments
divers accidents, et ils ne se croyaient pas dés- temporels, qui consistaient alors en distribu-
honorés de rentrer dans une si auguste com- fions plus amples.
pagnie, dont ordinairement ils avaient été Enfin, ce concile défend seulement à Eustathe
tirés, et qui avait tant de part aux pouvoirs, de donner les ordres, et de sacrifier par sa
aux fonctions et à l'éclat de la dignité épisco- propre autorité, [at, -/.sipoT&vEïv [ayi -ou upoup-fEiv à^l^ia; ài
pale. esvTtaç ; le consentement de l'évêque du lieu
Le concile d'Ancyre (Can. xvui] déclare que étant nécessaire pour l'une et l'autre de ces
les évêques qui n'auront pu se faire recevoir deux fonctions.
dans les villes pour lesquelles ils avaient reçu XI. Nous ne pouvons pas mettre dans ce
cet auguste caractère , pourront entrer dans la même rang les évêques que leurs crimes
même compagnie de prêtres, tôv rpsapjTspcv, de avaient rendus dignes dedéposition. Lasainteté
laquelle ils étaient sortis, et y jouir des bon- de la prêtrise ne souffre pas qu'on en juge
neurs et des avantages de l'épiscopat, pourvu dignes ceux qui sont indignes de l'épiscopat.
qu'ils demeurent unis et soumis à l'évêque Ainsi ceux que Pholius, évêque de Tyr, avait
diocésain. ordonnés évêques, ayant été dépouillés de
Le concile de Nicée (Can. vin) ordonna que ré|)iscopat, et renvoyés à l'ordre des prêtres
les évoques novatiens se réunissant a l'Eglise, par Eustache, évêque de Béryth, les légats du
dont ils s'étaient séparés, conserveraient leur pape et les autres évêques du concile de Calcé-
rang et leur dignité, s'il n'y avait point déjà doine (Act. 4), cassèrent cette sentence, et
un évêque catholique dans la même ville : que déclarèrent que selon les lois de l'Eglise, c'était
s'il y en avait un, ils auraient rang parmi les un sacrilège, Upoauxia, de condamner un évêque
prêtres, et l'évêque catholique pourrait leur pour quelque crime, et le laisser dans les fonc-