‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 230 sur 291 · XV. Du nombre des diacres · texte numérisé non relu

XV. Du nombre des diacres

XVI. Autres règlements sur le nombre des clercs de la grande église de Constantinople.

XVII. A Rome, il y avait des congrégations monastiques proche des grandes églises, pour y aller célébrer l'office canonial du jour et de la nuit.

L Les chapitres des églises cathédrales ont été autrefois si unis aux séminaires des clercs et aux monastères des religieux , qu'il nous a été impossible, dans le chapitre précédent, de traiter l'un de ces trois sujets, sans y envelopper les deux autres. Il faut donc ajouter ici ce qui regarde plus particulièrement les chapitres ou le clergé des églises épiscopales, atin de passer ensuite aux monastères.

II. Si l'on considère sans prévention ce que nous venons de dire des séminaires , on ne doutera pas (jue ce ne fussent là les véritables chapitres, et les seules conip;ignies qui composaient tout le clergé des grandes Eglises.

Le concile IV de Tolède veut que tous les prêtres et les diacres demeurent et vivent en conmiun avec révè(iue. sans on excepter d'autres que ceux à qui leur grand âge ou leur infirmité ne permettra pas de persévérer dans

Th. — Tome II.

cette vie commune , et fait vivre tous les moindres clercs dans une même maison pioche de l'Eglise. Peut-on concevoir qu'il y eût un autre clergé ou un autre chapitre que celui-là? Et quand le concile II de Tours ordonne à l'évèque de vivre dans sa maison avec ses prêtres, ses diacres et ses clercs inférieurs, sans y souffrir aucune femme, n'est-ce pas là tout le clergé de cette ville épiscopale? Grégoire de Tours ne leur donne-t-il pas le nom de chanoines, « Mensa? canonicœ , mensa canonicorum, » et ne les fait-il pas vivre en comnmnauté?

11 est vrai qu'on n'y voit point encore ni doyens ni prévôts, ni d'autres dignités, mais seulement des prêtres, des diacres et des clercs; mais on ne peut douter que ce n'ait été la première figure des chapitres. Nous avons vu un prévôt qui conduisait le séminaire des plus jeunes clercs; nous avions déjà remarqué ailleurs un archichanlre; nous avons parlé des archiprêtres et des archidiacres. Voilà les dignités du chapitre qui n'étaient effectivement que des offices ou des administrations.

Mais peut-on rien de plus convaincant que ce qui a été rapporté de l'Eglise anglicane rétablie par saint Grégoire et [)ar saint Augustin, I)Our montrer que le chapitre et tout le clergé de la cathédrale n'étaient autre chose que cette congrégation d'ecclésiasiicjues qui n'avaient tous qu'une même maison et une même table avec l'évèque ?

Cela n'est guère moins clair dans le récit que Ferrand fait des évèques d'Afrique, et surtout de saint Fulgence, qui avait réuni dans une même maison, à la même table, à la même étude, aux mêmes lieux et aux mêmes heures de prière des évèques, des ecclésiastiques etdes moines. Il est vrai que c'était dans son exil en l'île de Sardaigne, mais on peut juger parla de ce qu'il fit en xXfrique après son retour.

Sans (juil soit besoin de recourir aux conjectures, le même auteur de sa vie assure que la douceur d'Hildéricdans les commencements

DES CONciRÉGATIONS. — CHAPITRE HUITIÈME.

de son règne après la mort de son père , ayant rappelé tous ces illustres bannis dans leurs églises, saint Fulgeuce incor[tora en (jnehiue nianièie sou clergé avec son monastère , en renii)lissant de ses moines toutes les places vacantes de son clergé.

« Clericorum "vero si quadefuerunt ministeria reparans, probatos sibi multos ex fiatribus mouachis ad ecclesiasticam niilitiaui translulit, ibi (iuo(|ue cbaritati cousulens , ut iluni pa'ue omnes clericos ex illo monasterio ordinal, antiquîP familiaritatis monente notitia, nulla lis aliqnando monachos et clericos ventilaret (Can. xxix). »

III. Mais ces séminaires ou ces chapitres vivant en conunuuauté étaient rares.

En France saint Rigobert fut le premier des archevêques de Reims qui mit son chapitre en communauté : « Primus fertur comnuine eis instituisse irrarium. » Ce sont les paroles de l'auteur de sa vie chez Bollandus. Mais cela n'arriva qu'après l'an 700.

Le concile d'Agde (Can. xxn), distingue les prèlres et les autres ecclésiastiques de la ville et de la campagne :« Civitatensessivediœcesani presbyteri, vel clerici. » Le concile lldeVaison (Can.xxu) faitlamème distinction des prêtres de la cité et des champs, en leur donnant à tous le pouvoir de prêcher. « Ut non solum in civitatibus , sed etiam in omnibus parochiis verbum faciendi daremus presbyteris potesta-

tem. »

Le concile de Clermont ^Can. xv) les dislingue aussi, et leur donne k tous la qualité de chanoine aussi bien qu'aux diacres : « Si quis ex presbyteris, aut diaconis, qui neque in civitate, neque in parochiis canonicus essedignoscitur, sed in vilUilis habitans , in oratoriis officio sancto deserviens, etc. »

Ce concile distingue les bénéficiers qui servent dans les oratoires particuliers, et qui sont comme des bénéficiers simples, des bénéficiers curés, à qui il donne le nom de chanoines ; et il oblige ces bénéficiers de venir passerlesjours des fêtes solennellesavecl'évêque dans l'église cathédrale : « Prœcipuas solemnitates nullatenus alibi, nisi cum episcopo suo in civitate teneat. »

De ce canon il faut conclure trois choses : 1° que les curés des paroisses des champs , prêtres et diacres, sont appelés chanoines, « in parochiis canonicus ; » 2° que les curés de la ville épiscopale sont compris dans les termes

tout semblables avec les prêtres et les chanoines de la cathédrale; et ainsi ils composaient le chapitre de la cathédrale. 3° Que les bénéficiers simples du diocèse étaient aussi en leur manière du corps du cha))itre, puisqu'ils devaient s'y rejoindre aux jours des grandes solennités.

iV. Le concile 111 d'Orléans (Can. n) prive du nom et des distributions des chanoines tous les ecclésiasti(|ues (|ui ne rendront pas à l'évêque l'obéissance (ju'ils lui doivent, et à leur Eglise l'assistance qu'ils lui ont promise. « Inter reli(iuos canonicos clericos, ne bac licentiaalii vitientur, nullatenus habeantur neque ex rébus ecclesiasticis, cum canonicis stipendia aut munera ulla percipiant. »

Ainsi on appelait chanoines tous les bénéficiers qui avaient part aux revenus et aux distributions de l'église, et qui étaient écrits pour cela In Canone , c'est-à-dire dans la matricule de l'église. Ce qu'on ne jtouvait pas dire de ceux qui desservaient les oratoires ou les chapelles domesti(jues des grands , de la main des(juels ils recevaient aussi ce qui était nécessaire pour leur entrelien, et qu'ils n'abandonnaient que les jours des grandes fêtes , parce que les grands étaient obligés, aussi bien qu'eux, de les venir passer avec l'évêcjue.

V. Au reste, ce concile (Can. xvu), montre manifestement que le clergé de la ville épiscopale était comblé des faveurs et des bienfaits de l'évêque ; c'est à ceux de ce corps que l'évêque donnait des fonds et des terres de l'église pour en jouir comme usufruitiers pendant leur vie, h condition que l'évêque pouvait les échanger pour d'autres de même valeur, et même les leur ôter entièrement , si leur désobéissance menait à mériter ce châtiment.

« Si quid a clericis, de decedentium sacerdotum munificentiis habetur vel possidetur, deinceps a successoribus nullatenus auferatur, ita ut qui decessorum largitatibus gaudent, officia ecclesiae, obedientiam et atîectum sacerdotibus praebeant, etc. Si episcopo placuerit commutare, sine accipientis dispendio in locis aliis commutetur. »

Voilà les prébendes des chanoines de la cathédrale, qui commençaient à se former par les libéralités arbitraires des évêques que leurs successeurs ne pouvaient pas révoquer que par un échange, ou par une sentence jiiridicjue contre un chanoine incorrigible. « Si contumacia accipientis extiterit, erit in arbitrio

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