‹ Ancienne et nouvelle discipline de l'ÉgliseChapitre 41 sur 291 · DU PALLIUM DE L'ÉGLISE LATINE · texte numérisé non relu

DU PALLIUM DE L'ÉGLISE LATINE

du pallium : « Peto ut dum hoc pallium suscipitis, ejus honorem ac genium ex humilitate ■vindiccmus (L. m, ep. i). »

Lorsqu'il envoya le pallium à l'cvcque de la première Justiniemie, il lui écrivit en même temps un sommaire de toutes les vertus épiscopales (L. iv, ep. vni). Il blâma Tévèque de Ravenne de n'être pas excité à Tauiour solide des vertus intérieures, par l'éclat extérieur de ses habits : « Invenio quia honor episcopatus vestri, totus foris in ostensione est, non in mente (Ep. xv). » Il écrivit à Virgile , évèque d'Arles, qu'il devait orner l'ornement même de son pallium par une vigilance infatigable, par une piété tout extraordinaire , par un zèle du salut des âmes vraiment apostolique. « Sed jam nunc studio majori res indiget ; ut cum honor crescit, etiam sollicitudo proficiat; et erga cœterorum custodiam etiam vigilantia excrescat , vitœ quoque mérita subjectis in exemplum veniant, et nunquam sua per suscepti honoris gratiam , sed lucra cœlestis patriaî veslra fraternitas exquirat (Ep. l, li, lui). »

En envoyant ce pallium et h Tarchevéque et au roi qui l'avait demandé , il les obligeait en môme temps de remédier aux désordres qui avaient cours dans le royaume, dont il s'était fait instruire. Il en usait de même envers l'évêque de Corinlhe. 11 promettait l'usage du pallium à Marinien, évèque de Ravenne (Ep. lv), pour s'en servir à la messe, et quatre fois l'an seulement aux processions par la ville , à condition que ce lui serait un nouvel aiguillon pour s'avancer dans les vertus pastorales. « Ut sicut a nobis hujusmodi decoris usum ad sacerdotalis officii honorem largiente Domino percepisti, ita etiam morum atque actuum probitate ad Cliristi gloriam susceptum adornare contendas officium (Ep. Liv). »

Ces termes sont employés dans sa lettre à l'évêque de Syracuse (L.v^ ep.xvni). Il exige la même réformation des désordres de l'Eglise (L. vu, ep. v), en accordant à la reine Brunehaut un pallium pour l'évêque d'Autun ; et écrivant à l'évêque d'xVutun même : « Pallii te usu prœvidimus honorandum ; quod tamen ita tibi dandum esse decrevimus, si prius per synodi defmitionem emendari promiseris, quœ corrigenda mandavinuis (L. vu, ep. cxin). »

Voilà non pas un jurement à la vérité , mais une promesse que ce pape exige de faire corri-

ger dans un synode les abus et les dépravations de la discipline ecclésiasti(|ue du royaume , avant que de lui accorder le pallium. Quand il aurait exigé un serment , quel sujet aurait-on de se plaindre d'un zèle si louable ? Les laïques montaient aux évêchés, ou vendaient à prix d'argent les dignités les plus saintes de l'Eglise, était-ce un grand mal d'exiger une promesse, ou même un serment de corriger de si grands maux? Et par le serment d'obéissance au Saint- Siège , le pape Zacharie et saint Boniface n'entendaient que cette sorte d'obéissance aux décrets du Saint-Siège.

Le même pape envoyant le pallium à saint Léandre , évoque de Séville, déclare que s'il n'y ajoute pas les devoirs de ceux qui le reçoivent, c'est parce que saint Léandre s'en acquittait avant que de l'avoir reçu. « Transmisse pallio valde debui qualiter vobis esset vivendum admonere, sed locutionem supprimo, quiaverba moribus anteistis (L.vii^ep.cxxvi).» Il dit en un mot à l'évêque de Salone, que l'âme et l'esprit du pallium, c'est la justice et l'humilité : « Hujus indumenti honor, humilitas atque justifia est (Ep. cxxx). »

11 envoie le pallium à l'évêque de Palerme, à condition de faire respecter le chef de l'Eglise, et observer les canons : c'est le sommaire de ce que fit Boniface. « Illud autem admonemus , ut apostolicœ Sedis reverentia nullius pra?sumptione turbetur.Tunc enim status membrorum integer manet, si caput fidei nuUa pulset injuria, et canonum manet incolumis atque intemerata semper autoritas (L. xi, ep.

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