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X. XI. Diverses remarques sur les offices divins

XII. XIII. Nouvelles preuves de Grégoire de Tours, pour l'obligation de l'office qu'on récitait en particulier, et aux heures propres, et de nuit même.

XIV. Nouveaux exemples et nouvelles preuves de la même obligation, avec diverses particularités des heures canoniales.

XV. Ferveur et ponctualité admirable de saint Germain, évèque de Paris, à réciter son office.

I. Le concile d'Agde i(Can. xxx) ordonne ou suppose que les mêmes offices se chantent dans toutes les églises, avec des psaumes à deux chœurs, auxquels tous les ecclésiastiques assisteront, et qui seront terminés par des collectes, ou oraisons : « Quia convenit ordinem Ecclesiae œqualiter ab omnibus custodiri, studendum est, ut sicut ubique sit, et post antiphonas collectiones per ordinem ab episcopis vel presbyteris dicantur : » qu'on ajoutera des hymnes propres à tous les jours de la semaine à matines ou laudes et à vêpres : « Et hymni matutini vel vespertini diebus omnibus decantentur : » qu'après les hymnes on ajoutera des versets et des répons tirés des psaumes : « Et in conclusione matulinarum, vel vespertinarum missarum post hymnes capitellade psalmis dicantur. » Enfin, qu'au dernier des offices qui terminerait le jour, après la collecte ou oraison, révèque bénirait le peuple. Car cette bénédiction publique dans Téglise était encore réservée à l'évêque. « Et plebs collecta oratione ad vesperam ab episcopo cum benedictione dimittalur. »

Le concile 1" d'Orléans (Can. xxvi) réserve encore à Tévêque cette bénédiction : « Cum ad celebrandas missas convenitur, etc. Ubi episcopus fuerit, benedictionem accipiat sacerdotis. » Mais ce même concile (Can. xxviii), après avoir parlé de la célébration des rogations, donne aux évêques le pouvoir d'y faire assister les clercs, et de punir les désobéissants, ce qui se doit apparemment étendre à tous les offices de [l'église, a Clerici vero qui ad hoc opus sanctum adesse contempserint, secundum arbitrium episcopi ecclesiae suscipiant disciplinam. »

Mais cette obligation des clerc? est marquée bien plus clairement dans le concile d'Epaune (Can. xxv) : « Sanctorum reliquiae in oratoriis villaribus non ponantur, nisi forsitan clericos cujuscumque parochiœ vicinos esse contingat, qui sacris cineribus psallendi frequentia famulentur. »

Ainsi comme on ne pouvait consacrer d'autel, qu'on n'y enchâssât les reliques des martyrs, il ne pouvait y avoir d'autel ou d'église, qu'il n'y eût un office réglé, et des bénéficiers assidus à y assister : « Psallendi frequentia. »

11. Ce même concile (Can. xxvii) déclare que toutes les églises d'une province doivent se conformer aux offices de la métropolitaine : « Ad celebranda divina officia ordinem, quem melropolitani tenent provinciales observare debebunt. »

Comme ces offices devaient avoir été concertés et examinés dans le concile provincial , selon les canons d'Afrique, et comme tous les évêques de la province s'assemblaient deux fois l'an dans les conciles, enfin comme ils devaient beaucoup fréquenter leur métropoHtain , et qu'il fallait durant ce temps-là assister aux offices de l'église, toutes ces raisons rendaient l'uniformité des offices presque nécessaire dans la même province.

Le concile II de Vaison nous montre pour-

DE L'ORIGINE DE L'OFFICE CANONIAL, etc. 209

tant que chaque province faisait gloire d'em- cime avec deux psaumes, « Septem antiphonaî

prunter et d'ajouter à ses ollices ce que les explicentur binis psalmis » ; en octobre huit

autres avaient d'excellent. Ce concile (Can. ut, antiennes, chacune avec trois psaumes, «Octo-

rv, v) ordonne qu'à l'iniitalion de Rome, de bris octo ternis psalmis » ; en novembre neuf

l'Italie et de l'Orient, on chantera avec une antiennes ; en décembre dix antiennes, cha-

pieuse et mélodieuse réitération le Kijrie elei- cune suivie de trois psaumes, « Novembri no-

son à matines , à la messe et à vêpres. « Ad vem ternis psalmis , Decembri decem ternis

matutinum, ad missas et ad vesperas; » qu'on psalmis». Autant en janvier et février jusqu'à

dira le Sonctus aux messes soit du matin, Pâques; ainsi toutes les matines du Carême

soit du soir ou du carême, soit des morts : « In étaient de trente psaumes, distingués par dix

omnibus missis, seu in matutinis, seu in Qua- antiennes.

dragesimalibus, sive in illis, quœ pro defuncto- On ne défendait pas d'ajouter à ce nombre

rum commemoratione fiunt; » qu'on récitera ou d'en diminuer, pourvu que ce fût la sagesse

le nom du pape à la messe ; enfin qu'on ajou- et la piété, non pas l'indiscrétion ou la paresse

tera au Gloria Patri le Siciit erat , suivant qui fissent ce changement. « Sed ut possibilitas

l'exemple de Rome, de l'Italie, de l'Afrique et habet, qui facit amplius pro se, et qui minus,

de l'Orient. ut potuerit. » Mais ce concile ne peut souffrir

Cela fait voir que si l'on ne se conformait qu'aux autres mois de l'année on dise moins

pas entièrement aux offices romains, du moins de douze psaumes à matines , tant parce que

qu'on s'en approchait toujours de plus en plus; l'ange du ciel détermina autrefois ce nombre

en effet, toutes les raisons qui déterminaient aux solitaires de l'Orient , comme nous avons

une province à suivre certaines pratiques, exci- dit ci-devant , que parce que l'office de sexte

talent toutes les églises de l'Occident à les em- étant de six psaumes, et celui de vêpres qui se

brasser, afin qu'il n'y eût, autant que cela se disait à douze heures, c'est-à-dire à la dernière

pouvait, qu'une manière uniforme dans les heure du jour et qu'on appelle pour cela Duo-

mœurs et dans la célébration de l'office partout décima^ étant de douze psaumes , on ne pou-

rOccident. vait pas en donner moins à matines.

III. Ce concile commence à distinguer la « Superest ut vel duodecini psalmi expedianmesse des autres offices, et d'appliquer singu- tur ad matutinum , quia Patrum statuta praelièrement au divin sacrifice ce mot qu'on ceperunt , ut ad sextam sex psalmi dicantur donnait indifféremment à tous les offices de cum Alléluia, et ad duodecimam duodecim , l'église. Le concile 111 d'Orléans (Can. xxiv] fit itemque cum Alléluia, quodetiamangelo ostenaussi la même distinction, ordonnant que la dente didicerunt. Si ad duodecimam duodecim messe se dirait à l'heure de tierce aux princi- psalmi, cur ad matutinum non itemque vel pales fêtes, afin que l'évêque pût plus commo- duodecim explicentur. »

dément se trouver ensuite à vêpres. V. Il faut remarquer dans les termes de ce

IV. Mais le concile II de Tours, tenu en 567, canon : 1° Que le terme de Matutinum se prefit un règlement bien plus important pour le nait déjà dans l'usage qui nous est resté pour nombre des psaumes de chaque heure cano- l'office de la nuit, qu'on célébrait avant le jour, niale. 2" Que les psaumes étaient aussi déjà distin-

II ordonna que dans l'église de Saint-Martin gués des antiennes, qui n'étaient plus que des et dans toutes les autres, « tam in ipsa sancta motets qui servaient à les entrecouper deux à basilica, quam in ecclesiis nostris » , on chan- deux, ou trois à trois. Car originairement chanterait tous les jours de fête à matines douze ter des antiphones n'était autre chose que psaumes avec six antiennes, a sex antiphonœ chanter les psaumes à deux chœurs, binis psalmis » ; que cela s'observerait tout le 3" Cet usage nous est demeuré de composer mois d'août, parce qu'il y avait des fêtes à cha- les matines fériales de douze psaumes et de les que jour , « toto Augusto manicationes fiant , couper deux à deux par six antiennes, quia festivitates suntetmissœ sanctorum (Can. 4° Si ce concile ne parle pas des laudes, prixvin). » Que les autres mois suivants les offices me, tierce, none, c'est ou qu'elles n'étaient pas de la nuit seraient plus longs, à proportion que encore instituées à Tours, ce qui est difficile à les nuits devenaient plus longues. Ainsi en croire, ou bien qu'on ne les chantait pas en septembre on chanterait sept antiennes, cha- public, car il y avait des monastères où les pe-

Th. — Tome II. U

tites hcHires ne se disaient (m'en parlienlicr , trouver aux offices [)ublics , et il n'est pas

ou enfin que ce concile ne parle que des heures croyable qu'on les lînf légitimement dispensés

et des offices auxquels il veut faire quel(|ue de la loi indispensable de la prière,

changement. Aussi il ne parle de sexte et de Les offices publics de l'Eglise n'étant insli-

vcpres que par occasion , afin d'en tirer des tués que pour porter à la prière tous les

preuves i)our régler les matines. fidèles et encore plus les ecclésiastiques , c'eût

VI. Mais ce qu'il y a de |)lus considérable dans été une affectation de parade et de pompe, de

ce canon, c'est l'aHéctation de ces évè(|ues à faire tant de lois pour les prières publi(|iies, et

imiter les offices des solitaires. Ainsi comme on mettre entièrement en oubli celles qui se doi-

ne peut douter que les religieux ne récitassent vent faire en secret.

en particulier les offices qu'un obstacle invin- Yll. Je ne sais si on pourrait appliquer à cible les avait empêchés de chanter avec les cela le canon du concile 11 d'Orléans (Can. autres au chœur, il faut conclure la même xiv) : « Clerici qui officium suum implore dechose des bénéficiers. spiciuiit, aut vice sua ad ecclesiam venire de-

Le concile s'en explique assez clairement, trectant, loci sui dignitate priventur. »

en commandant à celui qui dira moins de douze Ce terme d'office était déjcà singulièrement

psaumes à matines, de jeûner ce jour-là au consacré aux heures canoniales, comme il a

pain et a feau : « Quicumque minus, quam été, et comme il sera encore aisé de le remar-

duodecim psalmos ad matutinum dixerit, je- quer. Mais il est certain que le concile II de

junet usque ad vesperam, panem cum aqua Vaison (Can. i), n'aurait pas si instamment

manducet, et non sit illi altéra in illa die ulla recommandé à tous les curés d'élever dans

refectio. » leurs maisons autant de jeunes lecteurs qu'ils

Tous ces termes montrent évidemment qu'on pourront; de leur apprendre le psautier, de

n'y parle que d'un particulier. En elfet, tout leur faire lire l'Ecriture, et de les instruire

un chœur ne peut pas un jour plutôt qu'un saintement dans la loi du Seigneur, s'il n'a-

autre diminuer le nombre des psaumes , et vait eu dessein que ce fussent là les moyens et

être puni d'une semblable peine. Ce qui suit les aides les plus propres pour les appliquer à

montre encore clairement qu'il ne s'agit que la prière et à l'œuvre de leur salut, afin qu'ils

des particuliers : « Et qui hoc facere contem- pussent un jour travailler aussi au salut des

pserit, una hebdomada panem cum aqua man- autres.

ducet. » 11 n'est pas même sans apparence que « Juniores lectores quantoscumque sine

c'est à la ferveur ou à l'indévotion des particu- uxore habuerint, secum in domo recipiant, et,

liers qu'il faut appliquer ces paroles précé- eos quomodo boni patres, spiritaliternulrientes,

dentés : « Ut possibilitas habet, (jui facit am- psalmos parare, divinis lectionibus insistere, et

plius, pro se, et qui minus, ut potuerit. » in lege Domini erudire contondant, ut et sibi

Cette liberté ne peut guère convenir qu'à dignos successores provideant, etc. »

des particuliers en secret. Et quelle apparence Vlll. Le môme concile II de Tours (Can. xix),

y a-t-il que l'on punît si rigoureusement ceux après avoir déposé les clercs majeurs qui au-

qui diminueraient au chœur le nombre réglé ront violé la continence avec leurs femmes,

des psaumes , et qu'on laissât impunis ceux leur permet néanmoins d'assister aux offices

qui, n'assistant pas au chauu^, ne feraient ab- avec les lecteurs. « Eo permisse, ut inler lecto-

solument aucune prière? il est vrai que tous res in psallentium choro colligatur. »

les clercs assistaient aux heures du chœur, et Ces paroles, aussi bien que celles qui ont

que leur nombre était grand, comme ce con- déjà été rapportées, « Chori psallentium cleri-

cile même nous apprend, par l'ordre qu'il corum, » font voir (jue ce n'étaient encore que

donne (Can. iv), que depuis le balustre jus- les lecteurs, les psalinistes et les autres clercs

qu'à l'autel, on n'admette que les clercs qui inférieurs qui chantaient les divins offices. Or,

composent le chœur des chantres : « Pars illa qui pourra croire que l'obligation de la divine

qua^ a cancellis versus altare dividitur, choris psalmodie, qui est la plus sainte de toutes, ne

tantum psallentium pateat clericorum. » Mais fût que pour les derniers et les plus jeunes du

il était impossible que de ce grand nombre de clergé?

clercs il n'y en eût toujours que leurs occupa- Il faut donc reconnaître que bien que par

tions ou leurs infirmités empêchaient de se office ce fussent proprement les clercs mineurs

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qui fussent chargés de la psalmodie publique, defendat, quod esse cognoscilur. Ad quid erit

comme n'ayant presque pas d'autre occupation, in ecclesia Dei, si non fuerit ad legendum exer-

les clercs majeurs ne laissaient pas de s'y trou- citatus? » Ces paroles, « légère et implere offl-

ver quand ils n'étaient pas occupés ailleurs, ou cium, » me paraissent assez probablement se

de faire les mêmes prières en particulier, après devoir expliquer de la récitation des divins offi-

leurs occupations finies, comme étant les plus ces.

étroitement obligés de s'occuper de la prière. XI. Le concile de Màcon tourna en ridicule

IX. Durant la tenue du concile de Tours à les accusations formées contre saint Colomban, Paris, en l'année 577, Grégoire de Tours qui y sur ce ({u'il disait à la messe un plus grand assistait, et de qui nous en avons l'histoire, dit nombre d'oraisons que ne portaient les règles que P'rédégonde l'envoya visiter une nuit dans comnumes , et il jugea que c'était plutôt le sa maison, après qu'il y eut dit ses nocturnes louer que l'accuser, de dire qu'il priait plus ou ses matines : « Ea vero nocte decantatis Dieu que les autres.

nocturnalibus hymnis, ostium mansionis no- Saint Avit, évèque de Vienne, a parfaitement

stne gravibus audio verberibus cogi, missoque expliqué et justifié le terme de messe, Missa,

puero nuntios Fredegundis régime adstare co- terme qui a été autrefois employé pour signi-

gnosco (L. V, hist. c. 19). » fier tous les offices de l'Eglise. Car ce mot était

Voilà donc un évèque de Tours, qui étant à ordinaire parmi les Romains, dans le palais

Paris, y récite, ou y chante en particulier ses même des grands, lorsqu'on congédiait l'assem-

heures canoniales, même durant la nuit. Il est blée, et on l'a pris ensuite pour l'assemblée

si vrai que les ecclésiasticjues étaient accoutu- même : « In ecclesiis, palatiisque sive prœto-

més de s'acquitter durant la nuit même de ces riis missa fieri pronuntiatur, cum populus ab

devoirs de piété que les laïques mêmes en pri- observatione dimittitur. Nam genus hoc nomi-

rent occasion de célébrer les veilles de fêtes, nis etiam in saecularibus autoribus invenictis

c'est-à-dire les veillées de la nuit en prières (Epist. i). »

dans leurs maisons, et c'est ce ([ue le synode XII. Mais il est temps de revenir à Grégoire d'Auxerre (Can. ni, v) défendit aux laïques à de Tours, qui nous apprendra quelque chose de cause des désordres qui s'y étaient glissés, plus important pour notre dessein principal, « Non licet compenses in domibus propriis, qui est de faire voir les fondements de Tannée pervigilias in feslivitatibus sanctorum fa- cienne obligation des clercs et desbénéficiersà cere. » Comme il défendit pour le même sujet réciter le divin office (Hist., 1. i, c. 31). II dit de boire ou de manger après la veillée des que dès la première fondation de l'Eglise de grandes fêtes durant la nuit : « In illa nocte Bourges, ou y apprit aux clercs la psalmodie : non licet post mediani noctem bibere (Can. n). » « Ex bis ergo pauci admodum credentes, clerici

Je reviendrai à Grégoire de Tours, quand ordinati, ritum psallendi suscipiunt (L. ii ,

j'aurai dit ce qui me reste à dire des conciles, c. 2:2). »

X. Le concile de Narbonne, tenu en l'an 589 II dit ailleurs que saint Sidoine Apollinaire, (Can. Il), commanda de couper les psaumes évèque de Clermont, fit un jour tout l'office trop longs, en entrelaçant le Gloria Patri. 11 par cœur, parce qu'on lui avait soustrait le défendit aux diacres, sous-diacres et lecteurs livre dont il se servait. « Ablato sibi nequiter de quitter leur aube avant la fin de la messe : libelle, per quem sacrosancta solemnia agere « Ne diaconus, subdiaconus, lector, antequam consueverat, ita paratus a tempore cunctum missa consummetur, alba se prœsumat exuere festivitatis opus explicuit, ut ab omnibus mira- (Can. xu). » S'il ne comiirend pas les prêtres retur; » que ce grand homme avait composé dans cet ordre, c'est qu'il suppose qu'ils y assis- un livre d'offices, « de missis ab eo compositis lent tous en chasuble. Mais ce concile (Can. xi) (L. m, c. 5). » 11 parle ailleurs du chant perpéparle assez clairement de la récitation de l'office tuel des psaumes dans le monastère d'Agaupour les prêtres et les diacres. num, ou de saint Maurice, « Psallentium ibi

« Qui vero diaconus aut presbyter fuerit lit- assiduum instituens (L. iv, c. 6). »

teris ineruditus, et desidiose légère, vel implere Un prêtre orgueilleux faisant une peinture

officium distulerit, et in ecclesia ad omnia uti- avantageuse de sa vie, n'oublie pas le chant

lis non fuerit, ab stipendie rejiciendum et in- continuel des psaumes depuis sa jeunesse;

cliuandum, quoadusque curvatus impleat, et « Nostis me ab initie œtatis meœ semper reli-

212 DU SKCOND OUDUK DES CLERCS. — CIIAPITUE SOIXANTE-QUINZIÈME.

giosevixisse, vacasse jejiiniis, clocmosynistlole- (De gloria Marlyrunj, I. ii, c. 1, 7?), 80).» ctatiiiii fuisse, contimialas ScT[)ius excrcuisse XIII. Ce même saint prélat parle souvent \ij>ilias, psallenlio vero jugi crcbra perslitisse dans ses ouvrages des miracles de saint Martin, statione nocturna. » et de la gloire des martyrs, ou des confesseurs. Mais il me semble *iu'on ne peut rien soulial- ou des vies des saints Pères, des vigiles, des ter de plus évident (jue ce qu'il dit de ces deux psaumes et des hymnes qu'on y chantait, du évoques, qui ayant été relâchés de l'exil que cours, du chant continuel de quelques églises, leur vie débordée leur avait fait justement des leçons, des passions des martyrs, de la résouffrir, vécurent durant (juclque temps dans citation ou du chant d'une partie de l'office les sentiments et dans les saintes prati(iucs de avant la célébration de la messe : « Lecta igila pénitence, passant le jour et la nuit à réciter tur passione, cum reli([uis leclionibus, quas le psautier. « In tantum compuncti sunt, iitvi- canon sacerdotalis invexit, tempus ad sacrifiderentur nunquam a psallentio cessare, celé- cium offerendum advenif;» des messes du mabrare jejunia, eleemosynas exercerc, librum tin, qui supposaient les vigiles de la nuit :« Re- Davidici carminis explere per diem, noctesqiie novant solemnia et tota nocte in vigiliis excuin hymnis et lectionibus meditando deducere. » haut, mane aiitem facto dum missarum solem- Ils se replongèrent bientôt après dans leurs nia celebrarentur (Cap. xc) ; » de la psalmodie premières débauches, et ne récitant plus leur continuelle des clercs, en quelque petit nombre office, ils semblaient avoir oublié Dieu : « Nulla qu'ils fussent : « Cum i)ortitores reliquiarum prorsus de Deo erat mentio, nullus omnino sancti Gregorii adlocumquemdam Lemovicini cursus memoriœ habebatur, etc. Clericis in Ec- termini advenisscnt, ubi jam pauci clerici conclesia matutinas celebrantibus, hi pocula mis- sertoligneis tabulis oratorio, Dominum assidue cebant, etc. (L. V, c. 20). » precabantur, mansionem postulant; susce- On sait que ce terme Cursus , signifiait tout ptique bénigne, noctem cum cœteris fratribus l'office divin ou les heures canoniales. Cet au- psallendo deducunt (C. ci). » leur se sert ordinairement du terme Officium Voilà un petit oratoire où quelques clercs (L. V, c. 32). En parlant d'une église souillée prient continuellement, récitant leur office aux par un sanglant combat, et où l'office divin heures du jour et de la nuit, cessa, « Locus officium perdidit. » Il est vrai que cet auteur, parlant d'un prêtre Le pieux évêque Grégoire, étant à Paris, et qu'il pensa être noyé, dit bien qu'il avait atlogeant près de l'église de Saint-Julien, y allait taché et pendu à son col le livre des Evangiles, toutes les nuits chanter ses heures nocturnes ou son missel, son calice et sa patène, sans vers le minuit : « Nos média surgentes nocte, parler de son bréviaire (De glor. Confess., ad reddendas Domino gratias, etc. Ingressi c. xxii). Mais s'il disait tous les jours la messe, sumus explere cursum , etc. Nobis psallen- comme ces paroles le témoignent, comment le tibus, etc. (L. ix, c. G). » Ce qui nous montre pouvait-il sans avoir auparavant fait la psalque les ecclésiastiques qui étaient hors de leurs modie ordinaire? Confessons donc que c'est églises, ne se croyaient pas pour cela dispensés pour cela que les clercs devaient savoir le de l'office divin. psautier par cœur, moins pour les offices de Il dit en un autre endroit qu'Injuriosus, (jui l'Eghse , où l'on avait des livres, que pour la fut le quinzième évêque de Tours , ordonna récitation qui s'en faisait en particulier, ou en qu'on dirait à l'avenir tierce et sexte dans l'é- voyageant, en un temps où les livres étaient glise; ce qui nous fait croire qu'auparavant on plus rares et moins commodes à porter, qu'ils ne les disait qu'en particulier, comme il se ne le sont dans ces derniers siècles : «Sacerdos pratiquait en plusieurs monastères : « Hic in- pelago operitur, habens ad collum cum evanslituit tertiam et sextam in ecclesia dici, quod geliorum libre ministerium quotidianum, id modo in Dei nomine persévérât (L. x). » est, patenulam parvam cum calice ( Ibid., Nous en saurions davantage si les malheurs c. xxxi). » Or que les bénéficiers qui voyadu temps ne nous avaient fait perdre les livres geaient s'acquittassent fidèlement des heures que ce pieux évêque avait écrits sur le psau- et de prières canoniales, même durant la nuit, lier et sur les offices de l'Eghse : « In psalterii outre les exemples qui en ont été rapportés, tractatum librum unumcommentatus sum, de en voici un autre du même auteur : « Quidam cursibus ecclesiasticis librum unum condidi presbyter solitarius iter carpens , ad hospitio-

DE L'ORIGINE DE L'OFFICE CANONIAL, etc. 213

lum cujusdam paupcris Limanici jnansionem Saint Gall, évèqne, étant prêt de rendre rame

expetiit : qua accepta, juxta morein sacerdo- (Ibid., c. vi), demanda ce qu'on chantait à

tum nocte ab statu suo consiirgcns, orationi Téglise, et l'ayant appris il récita lui seul tout

adstitit. » l'oftlce de matines, et l'ayant achevé dit adieu

Ces paroles, «juxta morem sacerdotum , » aux assistants, et s'en alla continuer au ciel sont à remarquer. Elles nous disent clairement une louange éternelle. « At ille i)salmo quinque c'était la coutume de tous les prêtres de se quagesimo et benedictione decantata , et ailelever la nuit pour la prière, même lorsqu'ils luyatico. » Voilà les laudes composées du Miseélaient en voyage. Combien est-il donc plus rere , an Benedicite omnia opéra, et des trois certain qu'ils s'acquittaient encore plus ])onc- psaumes suivants que David même a marqués tuellement des heures canoniales du jour, d'un .4//e/?^/ff; « Cuni capitello expleto ;» voilà lorsqu'ils ne pouvaient assister aux assemblées le petit chapitre de l'Ecriture qui suit. « Conet aux chants publics de l'Eglise? summavit officium totum temporis matutini ;

Je passe beaucoup d'autres endroits qui ser- quo jam extremo perfunctus officio , spiritum

viraient à confirmer les remarques déjà faites , emisit , etc. »

parce que je ne touche qu'en passant tout ce Saint Grégoire , évêque de Langres, demeu-

qui ne regarde pas l'obligation des ecclésias- rant ordinairement à Dijon près du baptistère, y

tiques à l'office et à la psalmodie (C. xxxvni, allait seul toutes les nuits réciter son office,

XLVii, Lxxi, cvi). «Nocte destrato suo nuUo sentiente consur-

XIV. Je n'omettrai pas ce que dit saint Gré- gens, ad orationem Deo tantum teste pergebat, goire de Tours de saint Ambroise, qui ne vou- ostio divinitus reserato, attente psallebat, etc. lait point que le lecteiu' couunençàt les leçons Psallcntium per trium fere horarum spatium qu'il ne lui en eût fait signe : « Cui célébrant! audiebatur, etc. Impleto cursu revertens ad festa Dominicœ diei erat ista consuetudo, ut lectulum, etc. (Ibid., c. vu). » Et parlant d'un veniens lector cum libro, non ante légère prœ- jeune solitaire : « Cum eodem sene duos vel sumeret , quam sanctus nutu jussisset (De très annos faciens , psalterium mémorise com- Mirac. B. Mart., 1. i, c. o). Après qu'on eût lu mendavit, etc. (C. xn). » Et ailleurs parlant de la leçon des prophètes, avant qu'on commen- saint Nizier, évêque de Trêves: « Lectis lectioçàt celle de l'Apôtre , il arriva un jour que ce nibus quas canon sanxit antiquus, oblatis musaint évêque s'endormit, et enfin on l'éveilla neribus super altare Dei , ait sacerdos, non hic en lui disant, « Jubeat dominus lectori lectio- hodie missarum solemnia consummabuntur , nem légère, » etc. Voilâtes bénédictions qu'on nisi communione privati prius abscedant (C. donne aux lecteurs pour lire, et Ja permission , xvu). » ou le commandement qu'ils en demandent. Enfin on ne peut rien voir de plus clair sur

11 distingue ailleurs les vigiles qui sont les l'obligation des clercs à apprendre le psautier nocturnes, des matines, qui sont les laudes, que ce qu'il dit de saint Léobard : « Cum reliât se disent le matin: « Vigilias implevimus, quis pueris ad scholam missus, quempiam de mane autem facto, signo ad matutinas com- psalmis memoriœ commendavit, et nescieus se moto, reversi sumusdormitum (^. II, c. 1,19]. clericum esse futurum, jam ad Dominicum Mais, pour ne pas m'éloigner trop de mon des- parabatur innocens ministerium (Cap. xx). » sein principal, ce saint évêque raconte que Tout ce que nous venons de rapporter dans saint Portieii ayant été fait clerc et puis abbé, les trois nombres précédents est tiré de Gréil vint un jour à la cour du roi Thierry qui pas. goire de Tours.

sait en Auvergne ,' pour obtenir de ce prince XV. Nous ne pouvons omettre ce qui est rap-

quelque soulagement aux pauvres (Vitœ Pa- porté de saint Germain, évêque de Paris,

trum, c. v). Un grand seigneur, un matin, le Ses voyages ne l'empêchaient pas de réciter

priant de prendre du vin, il s'en excusa sur ce son office, les rigueurs de la saison, la pluie et

qu'il n'avait pas encore fait la révérence au roi la neige ne l'empêchaient pas de le réciter la tête

et qu'il n'avait pas encore récité son office, nue: «Qui equitans in itinere, semper de Deo

« Quod nec régi dignum prapbuisset occursum, aliquid aut verbo contulit , aut cantavit. Cur-

et quod his omnibus potius erat, nec dum sumnudocapite dicens, etiamsi nix, aut imber

adhuc Domino psalmorum decantationem de- urgeret (Surius, die 28. Mail, c. lxxvui, lxxix,

bitam exolvisset. » lxxxii). » Il récitait les heures de la nuit dans

son oratoire, avec les siens qu'il prévenait assez souvent par une longue psalmodie, avant que de les éveiller, sans ([ue la rigueur du froid pût attiédir les ardeurs de sa dévotion : « Quantam vigiliaruni curani semper inipenderit, (|uis enarret, aut (juis toleratos algores ardore fidei prœdicet, etc. Qui celebrata vigilia remeans ad lectuluni, quasi nihil egerit, tune primuni reliquos excitabat. » Dès les trois heures du matin il entrait dans l'église et n'en sortait point (jue tout le service ne fût achevé : « Ter-

tia noctis hora ecclcsiam ingrcdiens, non est egressus ulterius psallenlium ab ordine, donec claresccnte jam die decantatus solenniiter cursus univcrsus consummaretur ex canone. »

Toutes ces expressions sont anciennes et font foi de la vérité de cette histoire.

11 est difficile que ceux qui ne sont point préoccupés, puissent se persuader, après cela, (ju'on ne regardât alors le chant ou la récitation des heures canoniales, que comme une dévotion libre et arbitraire (I).

(1) Saint Agricol, moine de Lérins, monta sur le siège épiscopal d'Avipnon en 638. Or, voici ce que la Chronologia Liriiiensis dit de ce saint évoque : « Volait lieras oanonicas et divina officia, mystcria deinceiis in eadem eoclesia, codem modo quo soient in nionastcriis, alternis videlicet cantibus recitari : nondum enim in his partibus invaluerat ille mos, quem, aliquot ante annos Damasus, pontifex maxi-

nuis, invexerat, posteaque Pipinus rex in intimam Galliam, Ronria

intulit, cum Avenione diu viguisset. » L'histoire ecclésiastique a en L'Ilot constate que l'usage de chanter à deux chœurs les messes et les divins offices, par l'organe de tous les fidèles, commença dans la cathédrale d'Avignon dans la moitié du vil' siècle, (Dr André.)

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