XI. Ce même auteur, dans la vie qu'il a écrite Ecritures
de sainte Radegonde, nous représente cette « Nequaquam litteras noverat, sed Scripturai sainte reine aussi ponctuelle à réciter ses heu- sacrœ sibimet codices emerat, et religiosos res canoniales qu'aurait pu être le plus fervent quosque in hospitalitatem recipiens hos code tous les ecclésiastiques , dans le temps ram se studiose légère faciebat. Factumque est même qu'elle était encore dans le palais royal utjuxta modum suum plene Scripturam sa- (L.i,c. 2; Surius, August. die 13). Elle ne crai- cram disceret, cum sicut dixi, litteras funditus gnait point la nuit et le jour de quitter la com. ignoraret. Studebat semper in dolore gratias pagnie et la table du roi pour aller à l'écart agere, hymnis Deo et laudibus diebus ac nocrendre ses devoirs au roi du ciel. tibus vacare, etc. Cum jam se morti proximum a Decursum vero decantando , etsi scderet in agnovisset peregrinos viros, atque in hospita-
l/ASSIDUITÉ DES LAÏQUES AUX OFFICES DIVINS, etc.
litatem receptos admomiit, ut sur^erent et ciini eo psalmos decantareut (i)ialog., 1. iv, c. 14). »
XIV. Disons un mot de l'Eglise grecque, où le concile in Trullo (Can. lxvi), nous apprend que le peuple devait passer toute la semaine de Pâques, et il faut juger de même de toutes les fêtes et tous les dimanches de l'année, en prières, en |)salmodie et à lire les Livres saints. « A sancta Cbristi Dei nostri resurrectionis die usque ad novam Dominicam diem tota sej)timana in Ecclesiis vacare fidèles jugiter oportet psalmis ethymnis et spiritalibus canticis, divinarum Scripturarum lectioni mentem adliibentes, et sanctis mysteriis jucunde foventes.
Justinien a dit, dans le chapitre précédent, que c'était une loi indispensable pour les ecclésiastiques de chanter les divins offices dans l'église, puisque les laïques mêmes leur en donnaient l'exemple par leur tîdèle assistance. C'est l'argument que nous faisons valoir dans ce chapitre pour montrer que les bénéficiers étaient indubitablement obligés à l'oflice canonial, puisque les évêques zélés pressaient avec tant d'instance et avec une sainte imporlunité les personnes séculières même de s'y trouver.
XV. Celui qui a composé la vie de saint Porphyre, évèque de Gaza, nous décrivant les veilles de la nuit que ce saint prélat indiqua une fois pour une nécessité extraordinaire, dit qu'on y fit trente prières et trente génuflexions durant cette nuit, outre les prières ordinaires des veilles. Mais l'admirable Jean l'Aumùnier, patriarche d'Alexandrie, nous apprendra bien mieux l'assiduité des fidèles aux veilles saintes de la nuit. Il fonda deux petits monastères près de deux oratoires d'Alexandrie, afin que les moines y fissent les offices de vêpres et de la nuit à son intention, et lui en cédant le mérite, eussent pour eux tout le fruit de leurs autres prières en particulier. Cet exemple de veiller
les nuits en psalmodiant se répandit dans toute la ville d'Alexandrie, qui devint comme un grand monastère, où de toutes jiarls le chant des psaumes rompait agréablement et saintement le silence de la nuit.
«Vespertina et nocturna vigilia mihi apud Deum imputetur. Quidcjuid vcro in cellulis veslrisollicii feceritis, pro vestris sit animabus; hoc autem fecit, volens soUicitioresefficere Dei amicos monachos. Unde et permansit Deo talis grata constitulio ordinum, et ad similitudinem monasterii ex bis civitas pêne vivit, in diversis locis pervigiles hymnodias Deo referons (Cap.