CHAPITRE SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME
l'assiduité des laïques aux offices divins, d'ou on peut encore conclure celle des ecclésiastiques, aux sixième, septième et huitième siècles.
I. Les laïques assistaient aux offices du jour et de la nuit. dans l'église le chant de tierce, sexte et none, où les laïques
IL Ils n'entraient point dans le chœur, si ce n'est pour com- ne pouvaient pas aisément se trouver, munier, et l'empereur pour faire son offrande.
III. Pourquoi saint Basile n'imita pas saint Ambroise. j j^gg laïques mêmes faisaient paraître une
IV. V. Diverses preuves de Grégoire de Tours, pour 1 assis- • i •■ - r.<^ ^^ • ■ j
tance du peuple aux offices du jour et de la nuit. assiduité aux offices divins qui nous persuade
VI. VIL Vives instances de saint Eloi et de saint Césaire pour encore mieux de Celle des ecclésiastiques.
Siint lérôiuo nour oxnnmer la conversion
VIII. Et pour porter les laïques à la lecture des livres saints. ' ' ' '
IX. Saint Césaire fait dire à l'église tierce, sexte et none des IIuilS, aussi bien que des autres nations
pour le peuple. barbares, à la religion chrétienne, dit qu'ils
X. Xi. Xli. XIII. Autres preuves de divers auteurs. „ • * i i- n • u • XIV. XV. On passe dans l'Orient, et on y remarque la même ^PPrenaient le psautier. a Ilunni psalterium
assiduité du peuple aux offices. Pourquoi ou institua plus tard discunt (Epist. Vil). » 11 suffisait donc d'être
L'ASSIDUITÉ DES LAÏQUES AUX OFFICES DIVINS, etc.
fidèle pour (Mre oblige au culte divin par une psalmodie religieuse.
Le concile II de Tours (Can. iv), suppose que les laïques assistent aux vigiles même de la nuit et aux autres offices, quand il leur défend de s'y mêler avec les clercs et les chantres, qui sont les plus proches de l'autel, à moins qu'on ne les laisse approcher pour recevoir l'Eucharistie.
« Ut laici secus altare, quo sacra mysteria celebrantur, inter clericos tam ad vigilias, quam ad missas, stare penitusnon prcTsumant. Sed pars illa quœ a cancellis versus altare dividitur, choris tantum psallentium pateat clericorum. Ad orandum vero et communicandum laicis et feminis, sicut mos est, pateaut Sancta Sanctorum. »
J'ai dit qu'on laissait approcher les laïques et les femmes mêmes pour recevoir la communion, car on mettait encore une différence et un intervalle considérable entre les clercs et les laïques même pour la communion. Quoique les laïques approchassent de l'autel pour communier, ils n'en approchaient pas de si près que les clercs, ils n'entraient pas dans Je sanctuaire où les prêtres et les diacres communiaient, ils ne s'avançaient pas même jusqu'au lieu où les moindres clercs recevaient la communion. Témoin le concile de Brague (Can. xiii) : « Placuit ut intra sanctuarium altaris ingredi ad communicandum non liceat laicis, Tiris vel mulieribus, nisi tantum clericis, sicut et anliquis canonibus statutum est. »
Le concile IV de Tolède (Can. xvn), veut que le prêtre et le diacre communient à l'autel, le clergé dans le chœur, le peuple hors du chœur. « Eo videlicet ordine, ut sacerdos et levitaante altare communicent. in choro clerus, extra chorum populus. »
Les évêques du concile in Trullo (Can. lxix), interdirent à la vérité l'entrée du chœur à tous les laïques , mais ils exceptèrent l'empereur de celle défense pour se conformer, ce qu'ils disent, à l'ancienne tradition. « Nulli liceat, qui quidem sit in laicorum numéro, intra sepla sacri altaris ingredi ; nequaquam tamen ab eo prohibita potestate et autoritate imperiali , quandoquidem voluerit creatori dona offerre, ex antiquissima traditione. »
IL On sait que saint Ambroise fit sortir l'empereur Théodose du chœur, après qu'il eul.fait son offrande, et que cet empereur voulant après cela user de la même modestie à Constauliuo-
ple, et Nectarius le priant de ne pas sortir du chœur, il lui répondit qu'Ambroise lui avait appris la différence d'un empereur et d'un évêque, et qu'il ne connaissait qu'Ambroise d'évêque (Theodoret., l. v, c. 17).
Voilà ce que Theodoret dit à cette occasion, à quoi se rapporte ce qu'en a dit Sozomène , qui en parle plus nettement. 11 dit qu'Ambroise jugeant que ce ne pouvait être que la flatterie ou le renversement de l'ordre qui eût donné place à l'empereur entre les ecclésiastiques, changea cet ordre ou plutôt corrigea ce désordre en plaçant l'empereur devant le balustre, en sorte qu'il fut placé devant les laïques, mais après le clergé; que Théodose approuva ce règlement, que ses successeurs le confirmèrent, et qu'on l'observait encore de son temps.
« Moris erat, ut imperatores dum sacris intéressent, in sacrario sederent, majestatis crgo a populi consortio separati. Ambrosius autem considerans cam consuetudinem vel ex assentatione, vel ex ordinis perlurbatione esse natam, imperatori in ecclesia locum assignavit ante sacrari cancellos, ita ut populum imperator, imperatorem sacerdotes ordine sedis antecederent. Hanc autem oplimamconstitutionem Theodosius imperator approbavit, et successores ejus corroboraverunt, ac nos eam ex eo usque tempore conservatam cernimus (Sozom., 1. vu, c. 23). »
Théodose le Jeune, dans une loi qui se lit après le concile d'Ephèse, et qui regarde les asiles, proteste qu'il n'approchait de l'autel que pour faire son offrande, et qu'il se retirait dabord. « Ad sacra altaria munerum tantummodo offerendorum causa accedimus, et cum circumseptum sacrorum aditum ingressi sumus, statim egredimur, nec quidquam ex propinqua divinitate nobis arrogamus. »
En effet, le canon du concile in Tndlo, dont nous parlons, ne permet pas à l'empereur de s'arrêter dans le sanctuaire, mais seulement d'y entrer pour faire son offrande.
111. Si saint Basile fil arrêter l'empereur Valens dans le chœur des ecclésiastiques, après qu'il eut fait ses présents à l'autel, comme Theodoret le raconte , il faut croire que ce fut par la même sage condescendance , qui lui fît recevoir à l'autel les offrandes de celui qui était le plus cruel persécuteur de la piété et de la véritable religion. « Valens recte ad templutn se confert, et consueta dona allari offert. Basilius autem eum intra sacra aulœa, ubi ipse se-
dcbat^ vcnire jubet, etc. (L. iv, c. 17). » On ne peut tirer à conséiiuence cette séance, non plus (jue rofïrande qui l'avait précédée.
IV. II est temps de finir cette agréable digression, et de retourner où nous en étions touchant Tassistance du peuple aux offices de jour et de nuit. Nous apprenons de Grégoire de Tours le concours du peuple pour assister aux heures canoniales de la nuit et du jour : « Venientibus ad matutinos hymnos populis (L. Il hist., c. 7). » Et ailleurs : « Signum ad matutinas inotum est, erateniin dies Dominica (L. ni, c. 15). » Et encore ailleurs : « Pridie calendas Februarias, cuni die Doniinico ad urbeni Turonicam ad matutinas signum commotum fuisset, et populus surgens ad ecclesiam conveniret (L. vi, c. 25). » Et dans un autre ouvrage : « Noctem Dominicam dum sacrosanctis \igiliis populi fides devota concélébrât, increpita est mulier, cur reliquis nocturnas excubias Deo exhibentibus, illa deesset (De glor. martyr., 1. ii, c. 9). » Et plus bas : 8 Ad beati martyris basilicam vigilias fideliter celebravit (Cap. ii). » Et plus bas : « Ad festivitatem beati martyris dévolus pauper advenerat, ac vigiliis immobilis instans, noctem cum cœteris orando deduxit. Inlucescente vero cœlo ad metatum digressus (Cap. xxi). » Et encore plus bas : « Exacta cum sacris hymnis, modulisque cœlcstibus nocte, celebratis etiam missarum solemniis (Cap. xxxv). » Et en un autre de ses ouvrages : « Celebratis in ejus honorem vigiliis, cum arcbipresbyter loci Eulalius clericos convivio invitasset (De glor. confess.,
On faisait des festins aux jours de fête, et surtout après les vigiles, comme ces derniers passages en font foi. Dieu y a quelquefois autorisé par des miracles ces réjouissances dont la sobriété, la modestie et la piété étaient le principal assaisonnement.
V. Le même auteur, parlant d'une reine qui avait eu recours à saint Martin : « Deducfa in vigiliis nocte, et orationibus ac profluis lacrymis, mane oblatis muneribus multis, in honorem beati confessoris missas expeliit celebrari (Mirac. beati Martini, 1. i, c. 12). » Et plus bas : « Mulier clauda, ad beati Martini pedes deposita, nocte tota cereum manu pro voto detinuit, nobis in basilica vigilanlibus, mane autem facto, moto malutinis signo, etc. (L, n, c. 11). » Et plus bas : « Nox erat illa vigilia transitus confessoris. Media3 noctis tempore
transacto, stupente populo, etc. (Cap. xxxi). » Et ailleurs : Veniens ad cellulani Comlatensem, in qua lectus beati viri habetur, dum ibidem nocte Dominica vigiliœ celebrarentur, subilo oraiite populo, sensit, etc. (Cap. xlv). » Et en un autre endroit ; « In una Dominicarum nocte, etc. Interea beati signum movelur horis matutinis, adgregatur et j)opulus, vigiliisque celebratis, virtus sancti clarificata perpatuit (L. ni, c. 23). »
Tout ce détail nous fait connaître que les veilles des grandes fêtes et du samedi au dimanche on passait les nuits entières en prières dans l'église, que le peuple s'y trouvait avec le clergé, que les particuliers passaient aussi la nuit dans les lieux de dévotion, pour acquitter leurs vœux, qu'à la pointe du jour on sonnait matines, c'est-à-dire les laudes, et que le peuple y accourait, même en hiver.
VI. Saint Eloy, évêque de Noyon, dans un de ses sermons adressés au peuple et aux pénitents, déclare que tous les fidèles doivent aspirer à cette prière continuelle à laquelle l'Apôtre les a conviés, et que le plus propre moyen d'y arriver, c'est d'assister à toutes les heures canoniales qui sont répandues dans toutes les parties du jour et de la nuit.
« Cui ergo dicendum est, Oporlet semper orare et non deficcre, nisi ei, qui canonicis horis quotidie juxta ritum ecclesiasticœ traditionis, psalmodiis precibusque consuelis Dominum laudare, et rogare non desistit. Et hoc est quod psalmista dicebat : Benedicam Dominum in omni tempore, semper laus ejus in ore ineo (Hom. xi). »
VII. Saint Césairc, évêque d'Arles, remontrait à son peuple qu'il ne devait sortir de l'église qu'après la consécration du corps et du sang de J.-C, après TOraison dominicale et après la bénédiction. « (}ui vult missas ad integrum cum lucro suœ anima3 celebrare, usque- ([uo oratio dicatur, et benedictio populo detur, humilialo corporectcompuncto corde se débet in ecclesia continere (Ilom. xii). »
Ce Père passa bien plus avant, car il protesta qu'on pèche, si on n'emploie la journée entière du dimanche à écouter Dieu par la lecture, ou à lui parler dans la prière : et il en conclut que l'on a donc bien tort d'y plaindre une heure ou deux à la messe : « Ad extremum si toto die Dominico leclioni insistere et Deo supplicare negligimus, non leviter in Deum peccamus : quantum mali est, si vel unius, vel
L'ASSIDUITÉ DES LAÏQUES AUX OFFICES DIVINS, etc. 231
duarum horarum spalio, ciim divina mysteria libenteraudire. Qui verolilteras novit, numquid
celebranlur, in Ecclesia standi palientiain non polest fleii, quod non inveniat libros, quibus
habcmus. » possit Scripturam divinam légère? Tolianms
Il paraît par ces termes que .'c'était dès ce a nobis fabulas vanas, mordaces jocos, sertemps-là un crime de manquer à la messe les mones otiosos, ac luxuriosos , et videamus, si dimanches, quoique les messes durassent une nobis non remanet tempus, in quo lectioni ou deux heures, parce qu'on les disait avec so- divinœ vacare possimus, etc. Quando noctes lennité, et on n'en disait pas si grand nombre longiores sunt, quis erit qui tantum possit comme on a fait depuis. Mais, outre la messe, dormire, ut lectionem divinam vel tribus horis ce Père assure que c'est un péché qui n'est pas non possit aut ipse légère, aut alios legentes léger, « non leviter in Deum peccamus, » c'est- audire, etc. Novimus aliquos negotiatores, qui à-dire, que ce n'est pas une des moindres fau- cum litteras non noverint, requiruntsibi merles entre les vénielles, de s'absenter de tout cenarios litteratos, et cum ipsi litteras nesciant, l'office canonial les jours de dimanche, et ne aliis scribentibus ratione sua ingentia lucra pas employer saintement toute cette sainte conquirunt. Quare ergo non cum pretio et journée. Les fidèles avaient encore en main les mercede rogas , qui tibi debeat Scripturas Ecritures, et ils les lisaient dans leurs maisons, divinas relegere, ut ex illis possis prœmia « Nam lecliones sive propheticas, sive apostoli- œlerna conquirere? Vos ergo fratres rogo et cas, sive evangelicas eliam in domibus veslris, admoneo, ut quicumque litteras scitis , Scriaut ipsi légère, aut alios Jegenles audire potes- pturam divinam frequentius relegatis : qui vero lis. » non scitis, quando alii legunt, intentis auribus
VIII. Ce Père emploie des termes et des ar- audiatis. Lumen enim animte et cibus a^lernus,
guments bien plus pressants en un autre ser- non est aliud, nisiverbum Dei, sine quo anima
mon pour porter tous les laïques à la lecture nec videre potest, nec vivere, etc. Quam mulli
des Ecritures et à la psalmodie durant le jour rustici, et quam multa mulieres rusticanoB can-
et la nuit, sans que les plus grossiers puissent tica diabolica et turpia et amaloria décantant?
s'en excuser. On pourra facilement après cela Ista possunt tenere, atque parare, quae diabo-
conjecturer quelle nécessité on imposait aux lus docet, et non possunt tenere, quod Christus
clercs de s'y appliquer, puisqu'on usait de si ostendit? Quantocelerius et melius quicumque
pressantes exhortations envers les simples fîdè- rusticus, vel quœcumquc mulier rusticana ,
les et envers les laboureurs mêmes. quanto utilius poterit et Symbolum discere et
Tous ceux qui savent lire, dit ce Père, peu- Orationem Dominicam , et aliquas antiphonas
vent aisément avoir les livres saints, et ils doi- et psalmum quinquagesimum, vel nonagesi-
vent s'y appliquer. Ceux qui ne savent pas lire muni, et parare, et tenere, et frequentius dicere,
doivent avoir quelqu'un qui leur lise les vérités unde animam suam et Deo conjungere et a
du ciel et de l'éternité, puisqu'ils n'épargnent diabolo liberare possit (Hom. xx). »
rien pour avoir des gens de lettres pour dé- On peut lire les autres homélies de ce Père,
brouiller leurs procès, et les aider à conserver où il convie les fidèles de venir avant le jour
ou à acquérir les biens périssables de celte vie dans l'église, d'y fléchir les genoux toutes les
mortelle. fois que le diacre dit flectamus geiiua , et de
Quand les nuits sont les plus longues, il n'y a baisser la tête toutes les fois qu'il dit, iiiclijiate
personne qui ne puisse lire ou se faire lire crt/>î7« res^m Deo (Hom. xxxni, xxxiv). Mais la
pour le moins l'espace de trois heures. Il n'y a remarque qu'il ne faut pas omettre est des
point de paysan si grossier, ni de femme si dernières paroles de ce Père, où il remontre aux
ignorante, qui ne puisse apprendre et réciter plus ignorants et aux plus grossiers qu'ils
souvent le Symbole, l'Oraison Dominicale, le peuvent au moins apprendre le Symbole, l'O-
psaume cinquantième, le nonantième; ces raison Dominicale, le Miserere^ et par la fré-
divins cantiques ne sont pas plus difficiles à queute répétition de ces ])rières s'entretenir
apprendre, ni moins délicieux que tant de longtemps avec Dieu (Hom. xx). C'est à quoi on
chansons profanes, dont les chrétiens déslio- s'est réduit dans ces derniers siècles; et c'estce
norent leur bouche et leurs oreilles. que ce Père avait commencé d'établir.
« Lectionem divinam etiamsialiquis nesciens IX. L'auteur de la vie de saint Césaire (Cap.
litteras non potest légère, potest tamenlegentem vi) qui avait été son disciple, assure qu'il ins-
titua que les clercs chantassent tous les jours prandio excusans se re^'i aliquo casu ut redde-
tierce, sexte et none dans l'église de Saint- ret debituni, se sul)ducebat convivio , (luo
Etienne, afin que les laïques et les pénitents egressa Domino psalleret, etc. Ilidem nocturne
pussent tous les jours assister à tout l'office tempore cum reclinaret cum principe, rogans
divin. « De cunctorum profectibus soUicitus et se pro humana necessitate velle consurgere, et
providus pastor ; mox instituit , ut quotidie levans, egressa cubiculo, tandiu secrctim ora-
terlia^ et sextœ et non^c officium in sancti Ste- tioni incumbebat, etc. »
phanibasilica clericicum hymnispersolverent, On ne peut douter que ces saintes pratiques
ut si quis forte sœcularium vel pœnitenlium des laïques, des grands seigneurs, des dames
sanctum opusexercere ciiperet, abscjue excusa- et des reines même, qui récitaient l'office de
tione aliquaquotidiano possetofficio interesse. » l'Eglise aux heures réglées, ne fussent une imi-
Le zèle infatigable de ce saint n'en demeura tation de ce que le clergé pratiquait,
pas là : il faisait chanter les laïques dans l'église Xll. On a donné un traité des vigiles sous le
aussi bien que les clercs, afin que les psaumes nom de saint Nizier, évêque de Trêves, où il
et les hymnes, ou les proses en grec ou en paraît que tout le peuple y assistait debout,
latin fussent leur unique et leur céleste occu- qu'on y permettait néanmoins aux infirmes
pation dans les églises. « Yoluit vero atque de s'asseoir ; enfin qu'on veillait deux fois la
etiam compulit laicos et sœculares homines, semaine, une partie de la nuit du samedi et de
psalmos et hymnos promere, attaque et modu- celle du dimanche. « Vigilare itaque debent
lata voce, instar clericorum, alios gracce, alios sedentes , si stare non praîvalent, etc. Nec
latine prosas et antiphouas decantare, ne illis onerosum vel difficile videri débet, etiam deli-
spatium suppeteret ad fabulas in ecclesia efîu- catis et infirmis corporibus, in septimana dua-
tiendas (Cap. vni). » rumnoctium, id est, sabbati atque Dominica3
Enfin ce saint évêque voulut que les malades portionem aliquam Dei ministerio depu-
qui étaient dans l'hôpital entendissent le divin tare, etc. (Spicilegii, tom. ui, pag. 2, 3, etc.). »
office qu'on chantait dans la grande église. Un auteur anonyme de la vie de saint Léger,
« iEgrotis vero mire consuluit, amplissimis eis évêque d'Autun, dit qu'Ebroïn fut tué un di-
assignatis œdibus in quibus sine ullo strepitu manche matin lorsqu'il pensait aller à matines
divina officia , qu;r in basilica peragebantur, selon la coutume. « Dies agebatur Dominica,
auscultare possent. » ideoque processurus erat ad matutinarum
X. Saint Germain, évêque de Paris faisait sulemnia (Scccul. Bened., tom. ii, pag. 694). » paraître la même sainte ardeur de porter les XIll. Saint Grégoire pape nous a fait voir, en laïques à l'assistance et au chant des offices di- la personne de saint Servule, la pratique de vins, Venantius Fortunatus a fait une descrip- ces admirables conseils, que saint Ccsaire dontion admirable du clergé de Paris et de ses nait aux plus ignorants et à ceux qui ne saoffices : il n'y oublie pas ceux de la nuit, et la valent pas lire. Car ce saint serviteur de Dieu foule du peuple qui chantait avec le clergé : ne savait pas lire, mais la vraie piété, toujours « Flagranti studio populum domus irrigat om- ingénieuse, lui fit trouver un innocent artifice nis, certatimque monent, quis prier ire valet, pour devenir savant dans les Ecritures et dans Pontificis monitis clerus, plebs psallit, et in- la psalmodie, en exerçant l'hospitalité, et en fans, etc. Sub duce Germano felix exercitus hic faisant exercer la charité spirituelle à ses est, etc. (Poematum, 1. m). » hôtes, par la lecture qu'ils lui faisaient des