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X. XI. XII. Xill. Autres preuves de divers auteurs

XIV. XV. On passe dans l'Orient, et on y remariine la même assiduité du peuple aux ofGces. Pourquoi on institua plus tard

dans l'église le cbant de tierce^ sexte et none^ où les laïques ne pouvaient pas aisément se trouver.

I. Les laïques mêmes faisaient paraître une assiduité aux ofQces divins qui nous persuade encore mieux de celle des ecclésiastiques.

Saint Jérôme, pour exprimer la conversion des Huns, aussi bien que des autres nations barbares, à la religion chrétienne, dit qu'ils apprenaient le psautiejr. a Hunni psatterium discunt (Epist. vu), s 11 suflisait donc d*étre

L'ASSIDUITÉ DES LAÏQUES AUX OFFICES DIVINS, btc.

fidèle pour être obligé au culte diyin par uoe psalmodie religieuse.

Le concile II de Tours (Can. ly), suppose que les laïques assistent aux Tigiles même de la nuit et aux autres offices, quand il leur défend de s'y mêler avec les clercs et les chantres, qui sont les plus proches de Tautel, à moins qu'on ne les laisse approcher pour recevoir TEucharistie.

<K Ut laici secus altare, quo sacra mysteria celebrantur, inter clericos tam ad irigilias, quam ad missas, stare penitus non prœsumant. Sed pars illa quse a cancellis versus altare dividitur, choris tantum psallentium pateat clericorum. Ad orandum vero et communicandum laicis et feminis, sicut mos est, pateant Sancta Sanctorum. »

J'ai dit qu'on laissait approcher les laïques et les femmes mêmes pour recevoir la communion, car on mettait encore une différence et un intervalle considérable entre les clercs et les laïques même pour la communion. Quoique les laïques approchassent de l'autel pour communier, ils n'en approchaient pas de si près que les clercs, ils n'entraient pas dans le sanctuaire où les prêtres et les diacres communiaient, ils ne s'avançaient pas même jusqu'au lieu où les moindres clercs recevaient la communion. Témoin le concile de Brague (Can. xiii) : a Placuit ut intra sanctuarium altaris ingredi ad communicandum non liceat laicis, vins vel mulieribus, nisi tantum clericis, sicut et antiquis canonibus statutum est. »

Le concile lY de Tolède (Can. xvii), veut que le prêtre et le diacre communient à l'autel, le clergé dans le chœur, le peuple hors du chœur. m Eo videlicet ordine, ut sacerdos et levita ante altare communicent, in choro clerus^ extra chorum populus. »

Les évéques du concile in Trullo (Can. lxix), interdirent à la vérité l'entrée du chœur à tous les laïques, mais ils exceptèrent l'empereur de cette défense pour se conformer, ce qu'ils disent, à l'ancienne tradition, a Nulli liceat, qui quidem sit in laicorum numéro, intra septa sacri altaris ingredi; nequaquam tamen ab eo prohibita potestate et autoritate imperialî , qaandoquidem voluerit creatori dona offerre, ex antiquissima traditione. »

IL On sait que saint Ambroise fit sortir l'empereur Théodose du chœur, après qu'il eut fait son offrande, et que cet empereur voulant après cela user de la même modestie à Constantino-

ple, et Nectarîus le priant de ne pas sortir du chœur, il lui répondit qu'Ambroise lui avait appris la différence d'un empereur et d'un évoque, et qu'il ne connaissait qu'Ambroise d'évêque (Theodoret., 1. v, c. 17).

Voilà ce que Theodoret dit à cette occasion, à quoi se rapporte ce qu'en a dit Sozomène , qui en parle plus nettement. Il dit qu'Ambroise jugeant que ce ne pouvait être que la flatterie ou le renversement de l'ordre qui eût donné place à l'empereur entre les ecclésiastiques, changea cet ordre ou plutôt corrigea ce désordre en plaçant l'empereur devant le balustre^ en sorte qu'il fut placé devant les laïques, mais après le clergé; que Théodose approuva ce règlement, que ses successeurs le confirmèrent, etqu'on l'observait encore de son temps.

« Moris erat, ut imperatores dum sacris intéressent, in sacrario sederent, majestatis ergo a populi consortio separati. Ambrosius autem considcrans eam consuetudinem vel ex assentatione, vel ex ordinis perturbatione esse natam, imperatori in ecclesia locum assignavit ante sacrari cancellos, ita ut populum impera^ tor, imperatorem sacerdotes ordine sedis antecederent. Hanc autem optimam constitutionem Thcodosius imperator approbavit, et successo» res ejus corroboraverunt , ac nos eam ex eo usque tempore conservatam cernimus (Sozom., 1. vu, c. 25). »

Théodose le Jeune, dans une loi qui se lit après le concile d'Ephèse, et qui regarde les asiles, proteste qu'il n'approchait de l'autel que pour faire son offrande, et qu'il se retirait d'abord, a Ad sacra altaria munerum tantummodo offerendorum causa accedimus, et cum circumseptum sacrorum aditum ingressi sumus, statim egredimur, nec quidquam ex propinqua divinitate nobis arrogamus. »

En effet, le canon du concile in TrtdlOy dont nous parlons, ne permet pas à l'empereur de s'arrêter dans le sanctuaire, mais seulement d'y entrer pour faire son offrande.

III. Si saint Basile fit arrêter l'empereur Valens dans le chœur des ecclésiastiques, après qu'il eut fait ses présents à l'autel, comme Theodoret le raconte , il faut croire que ce fut par ta même sage condescendance , qui lui fit recevoir à l'autel les offrandes de celui qui était le plus cruel persécuteur de la piété et 4e la véritable religion, a Valens recte ad templum se confort, et consueta dona altari offert. Basilius autem eum intra sacra aulœa, ubi ipse se-

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débat, venire jubet, etc. (L. iv, c. 17). » On ne peut tirer à conséquence cette séanoo, non plu9 que Toffrande qui Tarait précédée.

lY. Il est temps de finir cette agicdble digression, et de retourner où nous en étions touchant Fassistance du peuple aux offices de jour et de nuit. Nous apprenons de Grégoire de Tours le concours du peuple pour assister aux heures canoniales de la nuit et du jour : aVenienlibus ad matutinos hymnos populis (L. II hist.y c. 7). » Et ailleurs : a Signum ad matulinas motum est, erateniin dies Dominîca (L. ni, c. 15). » Et encore ailleurs : « Pridie calendas Februarias, cum die Dominico ad urbem Turonicam ad matutinas signum cornmotum fuisset, et populus surgens ad eccle* siam conyeniret (L. vi, c« 25). » Et dans un autre ouvrage : a Noctem Dominicam dum sacrosanctis vigiliis popuii fides devota concélébrât, increpita est mulier, cur reliquis nocturnas excubias Deo exbibentibus, illa deesset (De glor. martyr., 1. u, c. 9). d Et plus bas : « Ad beati martyris basilicam vigilias fideliter celebravit (Cap. u). » Et plus bas : a Ad festivitatem beati martyris devotus pauper advenerat, ac vigilii^i immobilis instans, noctem cum cœteris orando deduxit. Inlucescente vero cœlo ad metatum digressus (Cap. xxi). » Et encore plus bas : a Exacta cum sacris hymuis , modulisque cœlestibus nocte , celebratis etiam missarum solemniis (Cap. xxxv). » Et en un autre de ses ouvrages : a Celebratis in ejus honorem vigiliis, cum arcbipresbyter loci Eulalius cle* ricos convivio invilasset (De glor. con{ess., c. v)»»

On foisait des festins aux jours de fête, et surtout après les vigiles^ comme ces derniers passages en font foi. Dieu y a quelquefois autorisé par des miracles ces réjouissances dont la sobriété, la modestie et la piété étaient le principal assaisonnement.

y. Le même auteur, parlant d'une reine qui avait eu recours à saint Martin : « Deducta in vigiHis nocte^ et orationibas ac profluis lacrymis^ mane oblatls muneribus uiultis^ in honorem beati confessoris qiissas expetiit celebrari (Mirac. beati Martini, 1. 1, c. 13). » Et plus bas; a Mulier clauda^ ad beati Martini pedes deposita, niocte tota cereum manu pro voto detinuit, nobisin baisilica vigilantibus, mane au* tem facto, moto matutinis signe, etc. (L. ii, c. 11). D Et plus bas : « Nox erat illa vigilia transitus confessoris. Medi» noctis iempore

transacto, stupente populo, etc. (Cap. xxxi). » Et ailleurs : Yeniens ad cellulam Condatensem, in qua lectus beati viri habetor, dum ibidem Docte Dommica vigilis celebrarentur^ subito orante populo, sensit, etc. (Cap. xlv). » Et en un autre endroit : a In una Dominicarum nocte, etc. luterea beati signnm roovetur horis matutinis, adgregatur et populus, vigiliisque celebratis ; virtus sancti clarificata perpaûiit (L. ui, c. 23). B

Tout ce détail nous fait c<mnaltre que les veilles des grandes fêtes et du samedi au dimanche on passait les nuits entières en prières dans réglise, que le peuple s'y trouvait avec le clergé, que les particuliers passaient aussi la nuit dans les lieux de dévotion, pour acquitter leurs vœux^ qu's| la pointe du jour on sonnait matines, c'est-à-dire les laudes, et que le peuple y accourait, même en hiver.

VI. Saint Eloy, évêque de Noyon, dans un de ses sermons adressés au peupte et aux pénitents, déclare que tous les fidèles doivent as^Â-rer à cette prière continuelle à laqudle TApfttre les a conviés, et que le plus propre moyen d'y arriver, c'est d'assister à toutes les heures canoniales qui sont répandues dans toutes les parties du jour et de la nuit.

a Cui ergo dic^idum est, Oportet s^nper orare et non deficere, oisi ei, qui canonkis ho* risquotidiejuxta ritum ecdesiasticae traditio*nis , psahnodiis precibusque consuetis Domitium laudare, et xogare non desistit. Et hoc est quod psalmista dicebat : Benedicam Dominum io omni tempore^ semper laus ejas in ore meo (Ilom. XI). B

. VU. Saint Gésaire^ évéque d'Arles, remontrait à son peuple qu'il ne devait sortir de Téglise . qu'après la consécration du cûrps et du sang de J.-C., après rOraisqn dominicale et après la bénédiction» « Qui vult missas ad iategrum cum lucro suse anima cdebrare, usquequo oratio dicatur^ et benedictio populo detur, humiUato corpore etcompuneto corde se debéL in ecciesia continere (Hom« xii). 0

Ce Père passa bien plus avant, car il protesta qu'on pèche, si on n'emploie la journée entière du dimanche à écouter Dieu par la lecture^ ou à lui parler dans la prière : et il en condut que l'on a donc bien tort d'y plaindre une heure ou deux à la messe : t Ad extremotn si toto die Dominico lectioni insistere et Deo supplicare negligimus, non leviter in Deum peocamus : quantum maii est^ si vel unius, yel

L^ASSIDUrtÉ' DES LAÏQUES AUX OFFICES WVINS, etc.

daaruin boranim spatio, cum drana mysteria œlebrantur, in Ecdesia standi patieatiam non habemoB. »

II parait par ces termes que (c'était dès ce témps-là un crime de manquer à la messe les dimanches, quoique les messes durassent une ou deux heures, parce qu'on les disait avec so* lennité, et on n'en disait pas si grand nombre comme on a fait depuis. Hais, outre la messe, ce Père assure que c'est un péché qui n'est pas I^er, a non leviter in Demn peccamus, » c'està-dire^ que ce n'est pas une des moindres fautes entre les vénielles, de s'absenter de tout Toffice canonial les jours de dimanche^ et ne pas employer saintement toute cette sainte journée. Les fidèles avaient encore en main les Ecritures, et ils les lisaient dans leurs maisons, c Nam lectiones sive propheticas, sive apostolicas, sive evangelicas etiam in domibus vestris, aut ipsi légère, aut alios legentes audire potestis.»

VIII. Ce Père emploie des termes et des arguments bien plus pressants en un autre sermon pour porter tous les laïques à la lecture des Ecritures et à la psalmodie durant le jour et la nuit^ sans que les plus grossiers puissent s^en excuser. On pourra facilement après cela conjecturer quelle nécessité on imposait aux clercs de s'y appliquer, puisqu'on usait de si pressantes exhortations envers les simples fidèles et envers les laboureurs mêmes.

Tous ceux qui savent lire, dit ce Père, peuvent aisément avoir les livres saints, et ils doivent s*7 appliquer. Ceux qui ne savent pas lire doivent avoir quelqu'un qui leur lise les vérités du ciel et de l'éternité, puisqu'ils n'épargnent rlén pour avoir des gens de lettres pour débrouiller leurs procès, et les aider à conserver ou à acquérir les biens périssables de cette vie mortelle.

Quand les nuits sont les pins longues^ il n'y a personne qui ne puisse lire ou se faire lire pour le moins l'espace de trois heures. Il n'y a point de paysan si grossier, ni de femme si ignorhnte, qui ne puisse' apprendre et réciter sentent le Symbole , rOiaîson Dominicale, le psaume cinquantième^ le nonantiëme; ces divins cantiques. ne sont pas plus difficiles à apprendre, ni moind déMciwx que tant de chansons profanes , dont les chrétiens déshonorent leur bouche et leurs greiUes, . .

« Lectioiieiudivinametiftmsialit^nepciens litterasnon poiestlegara,pote8t tamenlegentem

libeoter audire. Qui verolitteras no^t, numquid potest fleri, qnod non invenial libres, quibus possit Scripturam divinam légère? Tollamus a nobis fabulas vanas, mordaces jooos, ser* mones otiosos^ ac luturiosos , et videamus, si nobis non remanet tempus^ in qno lectioni divinœ vacare possimus, etc. Quando noctes longiores sunt, quis erit qui tantum possit dormire^ ut lectionem divinam vel tribus horis non possit aut ipse légère, aut alios leg^ites audire, etc. Novimus aliquos negotiatores, qui cum litteras non noverint, requiruntsibi mercenarios litteratos, et cum ipsi litteotfi nesciant, aliis scribentibus ratione sua ingentia lucra conquirunt. Quare ergo non cum pretio et mercede rogas , qui tibi debeai Scriptaras divinas relegere, ut ex illis possis prsemia œterna conquirere 7 Vos ergo fratres rogo et admoneo^ ut quicumque litteras scitis , Scripturam divinam frequentius relegatis : qui vero non scitis, quando aliilegunt, intentisauribus audiatis. Lumen enim animsB etcibusseternus, non est aliud, nisi verbum Dei^ sine quo anima nec videre potest, nec vivere, etc. Quam multi rustici, et quam multa mulieres rusticanœ cantica diabolica et turpia et amatoria décantant? Ista possunt tenere^ atque parare, quse diabolus docet, et non possunt tenere, quodCbristus ostendit? Quanto céleri us et melius quicumque rusticus, vel quœcumque mulier rusticana, quanto utilius poterit et Symbolum discere et Orationem Dominicam , et aliquas antipbonas et psalmum quinquagesimum, vel nonagesimum, et parare, et tenere, et frequentius dicere, unde animam suam et Deo conjungere et a diabolo liberare possit (Hom.^ xx). »

On peut Hre les autres homélies de ce Père, où il convie les fidèles de venir avant le jour dans réglise, d'y fiéchir les genoux toutes les fois que le diacre dit flectamus germa , et de baisser la tête toutes les fois qu'il dit, inclinate capiia vestra Deo (Hom. xxxiii, xxxrv). Mais la remarque qu'il ne faut pas omettre est des dernières paroles de ce Père, où il remontre aux plus ignorants et aux plus grossiers qu'ils peuvent au moins apprendre le Symbole, l'Oraison Dommicale, le Miserere^ et par la fréquente répétition de ces prières s'entretenir longtemps avec Dieu \Hom. xx). Cest i quoi on s'est réduit dans ces derniers siècles; et c'est ce que ce Père avait comiBencé d'établir.

IX. L'auteur de la vie de saint Césatre (Gap, VI) qui avait été' son disciple^ assure qu'il tns«

titua que les clercs chantassent tous les jours tierce, sexte et none dans Téglise de Saint- Etienne , afin que les laïques et tes pénitents pussent tous les jours assister à tout l'office divin, a De cunctorum profectibus soUicitus et providus paslor; mox instituit, ut quotidie tertiae et sext» et nonae officium in sancti Stephani basilica clericicum hymnis persolverent, ut si quis forte sœcularium vel pœnitentium sanctum opusexercere cuperet, absque excusationealiquaquotidiano possetofficio interesse. »

Le zèle infatigable de ce saint n'en demeura pas là : il faisait chanter les laïques dans l'église aussi bien que les clercs, afin que les psaumes et les hymnes, ou les proses en grec ou en latin fussent leur unique et leur céleste occupation dans les églises, a Voluit vero atque etiam compulit laicos et saeculares homines, psalmos et hymnos promere, altaque et modutata Yoce, instar clericorum^ alios grœce^ alios latine prosas et antiphonas decaniare, ne illis spatium suppeteret ad fabulas in ecclesia effutiendas(Cap. vm).i>

Enfin ce saint évoque voulut que les malades qui étaient dans l'hôpital entendissent le divin office qu'on chantait dans la grande église, et ^grotis vero mire consuluit, amplissimis eis assignatis œdibus in quibus sine ullo strepitu divina officia, qusB in basilica peragebantur, auscultare possent. »

X. Saint Germain, évêque de Paris faisait paraître la même sainte ardeur de porter les laïques à l'assistance et au chant des offices divins. Venantius Fortunalus a fait une description admirable du clergé de Paris et de ses offices : il n'y oublie pas ceux de la nuit, et la foule du peuple qui chantait avec le clergé : a Flagranti studio populum domus irrigat omnis, certatimque monent, quis prior ire valet. Pontificis monitis clerus, plebs psallit, et infans, etc. Sub duce Germano felix exercitus hic est, etc. (Poematum, 1. ni). »

XI. Ce même auteur, dans la vie qu'il a écrite de sainte Radegonde, nous représente cette sainte reine aussi ponctuelle à réciter ses heures canoniales qu'aurait pu être le plus fervent de tous les ecclésiastiques, dans le temps même qu'elle était encore dans le palais royal (L.i,c. 2; Surius, August. die 13). Elle ne craL gnait point la nuit et le jour de quitter la com. pagnie et la table du roi pour aller à l'écart rendre ses devoirs au roi du ciel.

a Decursum vero decantando , etsi sederet in

prandio excusans se vegi aliquo casu ut redderet debitum, se subducebat convivio, quo egressa Domino psalleret, etc. Itidem nocturne tempore cum reclinaret cum principe, rogans se pro humaqa necessitate velle consurgere, et levans, egressa cubiculo, tandiu secreiim orationi incumbebat, etc. b

On ne peut douter que ces saintes pratiques des laïques, des grands seigneurs, des dames et des reines même, qui récitaient l'office de l'Eglise aux heures réglées» ne fussent une imitation de ce que le clergé pratiquait.

XII. On a donné un traité des vigiles sous le nom de saint Nizier, évêque de Trêves, où il parait que tout le peuple y assistait debout, qu'on y permettait néanmoins aux infirmes de s'asseoir; enfin qu'on veillait deux fois la semaine» une partie de la nuit du samedi et de celle du dimanche. aVigilare itaque debent sedentes, si stare non prae valent, etc. Nec onerosum vel difficile videri débet, etiam delicatis et infirmis corporibus, in septimana duarumnoctium, id est, sabbati atque Dominicœ portionem aliquam Dei ministerio deputare, etc. (Spicilegii, tom. m, pag. 2, 3, etc.). »

Un auteur anonyme de la vie de saint Léger, évêque d'Autun, dit qu'Ebroïn fut tué un dimanche matin lorsqu'il pensait aller à matines selon la coutume, a Dies agebatur Dominica, ideoque processurus erat ad matutinarum solemnia (Saecul. Bened., tom. n, pag. 694). »

XIII. Saint Grégoire pape nous a fait voir, en la personne de saint Servule, la pratique de ces admirables conseils, que saint Césaire donnait aux plus ignorants et à ceux qui ne savaient pas lire. Car ce saint serviteur de Dieu ne savait pas lire, mais la vraie piété, toujours ingénieuse, lui fit trouver un innocent artifice pour devenir savant dans les Ecritures et dans la psalmodie, en exerçant l'hospitalité, et en faisant exercer la charité spirituelle à ses hôtes, par la lecture qu'ils lui faisaient des Ecritures.

a Nequaquam litteras noverat, sed ScriptursB sacrse sibimet codices emerat, et religiosos quosque in hospitalitatem recipiens hos coram se studiose légère faciebat. Factumque est ut juxta modum suum plene Scripturam sacram disceret, cum sicut dixi, litteras funditus ignoraret. Studebat semper in dolore gratias agere, hymnis Deo et laudibus diebus ac noctibus vacare, etc. Cum jam se morti proximum agnovisset peregrinos viros, atque in hospita-

L'ASSIDUITÉ DES LAÏQUES AUX OFFICES DIVINS, btg.

litatem receptos admonuit, ut surgerent et cum eo psalmos decantarent (Dialog., 1. iv, C. 14). »

XIY. Disons un mot de l'Eglise grecque, où le concile in Trullo (Can. lxyi), nous apprend que le peuple devait passer toute la semaine de Pâques, et il faut juger de même de toutes les fêtes et tous les dimanches de Tannée, en prières, en psalmodie et à lire les Livres saints. < A sancta Christi Dei nostri resurrectionis die usque ad novam Dominicam diem tota septimana in Ecclesiis vacare fidèles jugiter oportet psalmis et hymnis et spiritalibus canticis, divinarum Scripturarum lectioni mentem adbibentes, et sanctis mysteriis jucunde foventes.

Justinien a dit, dans le chapitre précédent, que c'était une loi indispensable pour les eoclésiastiques de chanter les divins offices dans l'église, puisque les laïques mêmes leur en donnaient l'exemple par leur fidèle assistance. C'est Targument que nous faisons valoir dans ce chapitre pour montrer que les bénéflciers étaient indubitablement obligés à l'office canonial, puisque les évêques zélés pressaient avec tant d'instance et avec une sainte importunité les personnes séculières même de s'y trouver.

XV. Celui qui a composé la vie de saint Porphyre, évéque de Gaza, nous décrivant les veilles de la nuit que ce saint prélat indiqua une fois pour une nécessité extraordinaire, dit qu'on y fit trente prières et trente génuflexions durant cette nuit, outre les prières ordinaires des veilles. Hais l'admirable Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie, nous apprendra bien mieux Fassiduité des fidèles aux veilles saintes de la nuit. Il fonda deux petits monastères près de deux oratoires d'Alexandrie, afin que les moines y fissent les otQcés de vêpres et de la nuit à son intention, et lui en cédant le mérite, eussent pour eux tout le fruit de leurs autres prières en particulier* Cet exemple de veiller

les nuits en psalmodiant se répandit dans toute la ville d'Alexandrie, qui devint comme un grand monastère, où de toutes parts le chant des psaumes rompait agréablement et saintement le silence de la nuit.

c Yespertina et noctuma vigilia mihi apud Deum imputetur. Quidquid vero in cellulis vestris officii feceritis, pro vestris sit animabus; hoc autem fecit, volens soUicitiores efficere Dei amicos monachos. Unde et permansit Deo talis grata constitutio ordinum, et ad similitudinem monasterii ex his civitas pêne vivit, in diversis locis pervigiles hymnodias Deo referens (Cap.

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