‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 111 sur 297 · V. Diverses particularités de ce changement · texte numérisé non relu

V. Diverses particularités de ce changement

VI. Le plus grand pape et le plus grand empereur, saint Grégoire et Charlemagne, se sont extraordinairement appliqués à la réformation du chaut et des offices. Charlemagne était lui-même modérateur du chœur.

VU. La chapelle da palais royal était la règle et le modèle des antres églises.

VIIL Le sacramentaire de saint Grégoire apporté en France.

IX. Nonobstant tous ces efforts, il nous resta beaucoup de traces de Fancienne diversité.

X. Agobard justifie l'Eglise de Lyon, dont tons les offices étaient tirés de l'Ecriture^ excepté son antipbonaire> dont Agobard corrigea les erreurs.

XI. Combien il importe, selon le même Agobard, qu'on 8*ap- ]>ligue encore plus k la contemplation de la Térité, qn'aa chant.

L Entre les clercs ou les bénéOciers inférieurs, dont il a été traité en général dans les chapitres précédents, les chantres demandent des éclaircissements singuliers , tant à cause du chant de l'Eglise, qui nous fournira la matière de ce chapitre^ qu'à cause des offices divins, où nous nous trouverons engagés par une suite nécessaire.

L*évéque Crodogangus nous a laissé les règles que les chantres devaient observer dans la récitation et le chant des psaumes, afin que par là douceur de leur voix et la suavité de leur psalmodie, ils ne cherchassent pas à flatter les oreilles, mais à toucher le cœur des fidèles.

C'est pour cela qu'on élevait moins la voix dans le chant des psaumes et qu'on affectait une simplicité et une modestie plus grande que dans les autres parties de Toffice divin. Ce qui donne sujet de croire que ce chant modeste et édifiant approchait beaucoup d'une simple récitation , ce que saint Augustin a autrefois loué dans l'Eglise d'Alexandrie au temps de saint Athanase.

Les chantres doivent avoir beaucoup d'é-

gard au nombre des clercs , et à la qualité des offices, et à la longueur ou à la brièveté du temps pour prolonger ou pour accourcir le temps de la psalmodie. D'où il résulte que quelques offices étaient chantés plus solennellement que les autres^ et encore plus solennellement dans les églises où le clergé était plus nombreux que dans les autres , et que tous les clercs joignaient leur voix et leur chant à la psalmodie dont les chantres étaient les maîtres et les modérateurs.

Enfin, il y avait toujours une école où les jeunes chantres apprenaient, des plus avancés, ce qu'ils devaient un jour pratiquer et enseigner aux autres. L'humilité que ce prélat recommande particulièrement aux chantres est une preuve et de l'estime qu'on faisait de celte profession et du danger qu'il y avait que la vanité ne s^y glissât.

«Cantores itaque non propter donum sibi collatum se caeteris superbiendo prœferant, sed bumiliter socios exhibeant. Et providendum est illis^ quando temperate, quando submisse divinum agatur ofûcium : scilicet ut secundum numerum clericorum , et officii qualitatem, et temporis prohxitatem, tantom protendant et moderentur voces cœterorum. Sonum etiam vocalium litterarum bene et ornate proférant. Hi vero qui hujus artis minus capaces sunt, donec erudiantur, melius convenit, ut sileant, quam cantare volendo quod nesciunt, aliorum voces dissonare compellant Psalmi namque in ecclesia non cursim , aut in excelsis j atque inordinatis seu intemperatis vocibus, sed plane et lucide cum compunctione cordis recitentur, ut et recitantium mens iUorum dulcedine pascatur, et audientium aures iilorum pronuutiatione demulceantur. Quoniam quamvis cantilenœ sonus in aliis officiis excelsa soleat fieri voce, in recitandis tamea psalmis hujusmodi vitanda est vox, etc. Si vero cantores superbi extiterint , et artem quam divioitus adjuti didicerunt, aliis insinuare re-

Page 1