DES CHANTRES ET 0U CHANT DES OFFICES DIVINS
nuerint, graviter ac aevere judieentur, etc. Plug Teliot in lectione et cantu populi œdificar tiouem, quam popularem vanissimnin adulaiionem (Régala Canonicor., c. h, li). »
Ce furent là les sages préceptes que le eon*cUe d'Aix-la-Cbapelle^tennenSld (Can. gxxkvii), sous rempereur Louis le Débonnaire, dcmna aux chantres, les ayant indubitablement eoh^ pruntés de Crodogangus^ qui fut fait évoque de lletz par le roi Pépin le A:e^ sous le règne du« quel il mourut aussi, au rapport de Paul| dincre^ dans son histoire des évéques de Metz»
Ce même auteur raconte que Crododaegus lut envoyé à Rome^ par le roi Pépin, pour con« duire en France le pape Etienne^ selon Far^ dente passion que tous les Français en avaient; qu*après cela , il persuada à tout son clergé de vivre en communauté dans un même cloître , leur prescrivit une règle et leur ât apprendre le chant et les cérémonies de TEglise romaine, ce qu'on n'avait point encore vu dans TEglise de Metz» alpsumque cleruoL abundanter ïege divina Romanaque imbutum cantilena , mo^ rem atque ordinem Romanes EcclesiaB servare prsBcepit ( Du Chesne , hist Franc. , t. ii ^ p* 204). »
IL On ne peut pas douter que ce n'ait été le même pape Etienne qui, pour satisfaire aux pressantes instances du roi Pépin, donna des dbantres romains et introduisit la psalmodie romaine dans les église^ de France. Ainsi, ce que Paul^ diacre, semble rendre propre à Cro* dogangus et à Téglise de Met^ fut en effet com** mun à la plupart des évoques et des chapitres de France,
. CharJemagneen rend un irréprochable témoigaage dans ses capitulaires : < Honachi ut cantom romanum pleniter et ordinabiliter per nocturnale vel gradale officium peragant, secundum quod beatas mem(Hri8B geaitor noster Pepinus rexdecerlavitutfleret, quando Gailica* mun cantum tulit^ ob unanimitatem Aposto* licœ Sedisetsanctae Dei Ecclesia^pacificamcon* cordiam (Capit. Car. Mag., 1. 1, c. 80 ; Capilul. Aquisg., an. 789^ c. lxxx). »
Le moine de saint Gall attribue à Charlemagne ce qui convient à Pépin son père^ lorsqu'il dit que le pape Etienne accorda douze chantres romains aux instantes prières du roi Pépin, après l'avoir couronné roi, a Adhuc omnes provindas , imo regiones, vel civitates in laudibus divinis , hoc est in cantiienœ mo« dulationibus ab invicem disspnare perdolens ,
Stéphane papa, qui deposito et decalvatoîgnavissimo Francorum regeChilderico, se ad regni gubernacula, antiquorum Patrum more perxinxit, aliquos carminum divinorum peritissimos clericos impetrare curavit. Qui bona^ illius voluntati et âtudiis divinitus inspiratis assensom praebens, secundum numerum xii Apostolorum, de Sede Apostolica duodecim clericos doctissimos cantilenie ad eum lu Franciam dlrexit (L. i, c. iO). »
m. Il est bon de faire un peu de réflexion sur les raisons qui portèrent Pépin et Charlemagne à faire ce changement si important dans les offices divins des églises de leur royaume,
La diversité du chant^ des cérémonies et des offices était si grande, non-seulement entre les provinces et les pays , mais aussi entre les villes d'un même pays et d'une même pro« vince, qu'il ne se pouvait faire qu'elle ne cau^ ait ou du scandale, ou de l'incommodité entre les églises si voisines, et dont les ministres sont obligés d'avoir beaucoup de communication entre eux.
Cette variété pouvait produire avec le temps une division très-dangereuse dans la doctrine «lême de la foi, qui est renfermée dans les diverses parties qui composent les offices et les prières de l'Eglise. Ce ne fut donc pas sans beaucoup de raison que ces deux grands rois témoignèrent tant de passion pour taire recevoir dans toutes les Eglises de leurs Etats, non^seu-^ lement le chant, mais aussi les offices de l'Eglise romaine, afin d'établir en même temps une entière uniformité entre elles^ et une parfaite conformité avec la doctrine de l'Eglise romaine, dont la foi a toujours été la plus pure, comme dans sa propre source.
C'est ce que nous apprenons de l'empereur Charlemagne même en ces termes, c A cujus Romame Ecclesite sancta et veneranda cornmunione multis recedentibus , nostrœ tamen partis nunquam recessit Ecclesia , sed ea apostolica traditione instruente , et eo a quo est omne donum optimum, tribuente, semper suscepitreveranda charismata. Quaîdum aprimis fideitemporibus cum ea perstaret in religionissacrsB unione, et abea populo distaret^ quod tamen contra fldem non est, in officiorum celebralione, vener. mem. geniloris nostri illustrissimiPipini régis cura et industria, sive adventu in Gallias sanctissimi viri Stephani Roman» urbis antistitis, est ei etiam in psallendi
236 DU SECOND ORDRE DES aERCS. — CHAPITRE QUATRE-VINGTIÈME.
ordine copulata : ut non esset dispar ordo psallendi, quibus erat compar ardor credendi : et qus units erant udîus sanctae legis sacra lectione, essent etiam units unius modulationis ireneranda traditione, nec sejungeret officiorum \aria celebratio , quos conjunxerat unies fldei pia deyoiio (L. l Contra Synodum Graecorum de imagin.). ]>
Ces paroles nous font connaître que ce ne fut pas seulement le chant de l'Eglise romaine que ces grands rois Toulurent établir dans tout leur royaume, mais qu'ils lâchèrent en même temps d'y en faire recevoir tous les divins offices, afin de mieux affermir l'uniformité invariable de la foi dans toutes les Eglises.
En effet, ce fut en ce temps-là que les Grecs commencèrent à contester sur la procession du Saint-Esprit, que plusieurs Eglises d'Occident faisaient procéder du Fils dans l'addition qu'elles avaient faite au symbole ; au lieu que les Orientaux conçurent une égale aversion pour cette addition, et pour la doctrine même qui fait procéder le Saint-Esprit du Fils.
Cette conjoncture ne faisait que trop voir combien la variété des offices divins pouvait être dangereuse à Tunité d'une même foi.
IV. Char lemagne acheva heureusement ce que Pépin avait si sagement commencé, et fit établir l'ordre et le chant romain, non-seulement dans les Eglises de France, mais aussi dans celles d'Italie, qui avaient jusqu'alors résistée un dessein si avantageux, dans celles d'Ailemagne, de Saxe et de quelques pays du nord. Voici ce qu'en dit Charlemagne dans la suite du même discours.
« Quod quidem et nos, coUato nobis a Deo regno Italiaî fecimus, sanctse RomanaB Ecclesiae fastigium sublimare cupientes, reverendis* simi paps Adriani salutaribus exhortationibus parère nitentes : scilicet ut plures illius partis Ecclesiae, qus quondam Apostolic<e Sedis Iradiiionem in psallendo suscipere recusabant, nunc eam cum omni diligentia amplectantur ; et cui adhœserant fldei munere, adbœreant quoque psallendi ordine. Quod non solum omnium Galliarum provincisB, et Germania, sive Italia, sed etiam Saxones, et quœdam Aquilonaris plagae gentes, per nos Deo annuente ad fidei rudimenta conversse, facere noscuntur (Ibidem), d
V. La chronique d'Angoulême (anno 787) particularise davantage cette histoire. Charlemagne obtint du pape Adrien deux chantres
romains, qui avaient été instruits dans Fécole du saint pape Grégoire, et qui apportèrent avec eux deux antiphonaires notés de la propre main de saint Grégoire, de la note Romaine : l'un d'eux fut établi à Metz, l'autre à Soissons, afin que dans toutes les Eglises de France les antiphonaires et les chantres fussent corrigés sur les Romains.
< Hox petiit domnus rex Garolus ab Adriano papa cantores, qui Franciam corrigèrent de cantu. At ille dédit ei Theodorum et Benedictum, Romanse Ecclesise doctissimos cantores, qui a sancto Gregorio eruditi f uerant ; tribuitque antiphonarios sancti Gregorii, quos ipse notaverat nota Romana. Dominus vero Carolus revertens in Franciam, misit unum cantorem in Hetis civitate, alium in Suessionis cîvitate, prœcipiens de omnibus ci vitatibus Francise magistros scholae, antiphonarios eis ad corrigendum tradere, et ab eis discere cantare. Correct! sunt ergo antiphonarii Francorum quos unusquisquepro arbitriosuovitiaverat, veladdens, vel minuens, et omnes Francise cantores didicerunt notam Romanam, quam nunc yocant notam Franciscam (Du ChesnCi Hist. Franc, tom. II, p. 75). »
Le même auteur dit que cela n'arriya qu'après une longue contestation des chantres romains et des français, qui avaient suivi Charlemagne à Rome; que ce prince pieux termina le différend, en faisant voir aux chantres français que, comme les eaux ne sont jamais plus pures que dans leur source, ainsi le chant grégorien conservait sa première pur reté dans l'école de saint Grégoire. « Quis purior est et quis melior, aut fons vivus, aut rivuli ejus longe decurrentes? etc. Revertimini vos ad fontem sancti Gregorii, quia manifeste corrupistis cantilenam ecclesiasticam. »
Enfin, il ajoute que ce fut à Metz où le chant grégorien monta à un plus haut point de perfection, et qu'autant que l'école de Metz cédait à celle de Rome, autant elle surmontait toutes Iesautresecoles.de France. cMajus magisterium cantandi in Métis civitate remansit , quantumque magisterium Romanum superat Hetense in arle cantilenae, tanto superat Hetensis cantilena cœteras scbolas Gallorum. » L'harmonie des orgues accompagnait quelquefois celle de la voix, et elle nous était aussi venue de Rome. « Similiter erudieruut Romani cantores supradicU cantores Francorum in arte organandi. »