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ORIGINE DE QUELQUES PARTICULARITÉS DE L'OFFICE DIVIN

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doubles, lorsqu^on les célébrait deux fois en un même jour en deux différentes églises. Origine très-ancienne^ puisqirAlcuin semble attribuer ces anciennes cérémonies à TËglise romaine. Prudence, avant lui, dans la description qu'il a faite de la passion de saint Pierre et de saint Paul, et de la célébration de leurs fêtes^ avait insinué que TofAce se célébrait deux fois ce jour-là, parce que le pape allait d'abord à l'église de Saint-Pierre et ensuite à celle de Saint-Paul, et célébrait Tofûce dans chacune de ces églises le même jour. Voici les termes de Prudence : <x Transtiberina prius solvit sacra pervigil sacerdos ; mox hue recurrit duplicatque nota. Hœc didicisse sat est Romffî tibi : tu domum reversus , diem bifestum, si colas^ mémento (Pétri Stephanon). jd Cet auteur appelle diem bifestum ce que nous appelions duplicem festum.

Revenons à Alcuin. Cet auteur remarque (Cap. xxvni), que dans l'Eglise de Rome on éteignait toutes les lumières le vendredi saint à l'heure de sexte, et qu'on les rallumait à l'heure de none, pour représenter l'éclipsé du soleil au temps de la Passion.

 l'égard de ce qu'il ajoute de la messe des présanctiflés du même jour du vendredi saint, où sans consacrer, le prêtre consume le pain consacré du jour précédent avec du vin qui ne se consacre point , on pourrait douter si cette addition n'est pas effectivement une addition étrangère et d'un siècle postérieur à' celui d'Alcuin, puisque le cardinal Humbert combattit avec tant de force la messe grecque des présanctiflés , dans la dispute qu'il eut avec eux à Constanlinople, environ l'an 1050.

On pourrait néanmoins dire que les Romains ne regardaient pas celte cérémonie sacrée, comme une messe, mais comme la communion simple du prêtre, avec lequel tout le peuple communiait aussi , comme le dit le même Alcuin : a Sanctiflcatur vinum non consecratum per sancliflcatum panem. Tune communicant omnes cum silentio et expleta sunt universa. »

V. La règle de Crodogangus ordonne aux chanoines de faire , en s'éveillant, les mêmes prières qui se font au commencement des nocturnes ou des veilles de la nuit; ce qui donne lieu de conjecturer, qu'on a fait dans la suite des temps en public et en commun, ce que chaque particulier pratiquait auparavan en secret.

« Nocturnis horîs cum ad opus divinum de nocte surrexerit clerus, primum signum sibi sanctœ Crucis imprimat, per invocalioncm sanctœ Trinitatis; deinde dicat versum. Domine, labia mea, aperies, et os nieum annuntiabit laudem tuam. Deinde psalmum, Deus in adjutorium meum intende, totum cum gloria. Et tune provideat sibi corpoream necessîtafem naturœ, et sic ad oratorium feslinet, psallendo psalmum. Ad te. Domine, levavi aniniam meam, etc. (Cap. xiv). » Chacun se prosterne en arrivant au chœur, et adore Dieu en esprit, attendant que le signe ayant été donné on commence le chant des louanges divines.

VI. En hiver, on ne se levait selon cette règle qu'à deux heures après minuit : « A kalendis Novembribus usque in Pascha, oclavo horanoctis surgendum est, ut modice amplius de média nocte pausentur, et jam dîgesti ad vigilias surganl (Cap. xv). x> On prolongeait et on raccourcissait Tofâce selon le temps qui restait jusqu'au jour, au gré de l'évoque ou du supérieur : (cUtquadragintaaut quinquagintci psalnios possinl cantare, secundum quod vi* sum fuerit, et hora permiserit (Can. xlii). >

VII. Le concile de Francfort défendit le cuite des nouveaux saints qui se glissait facilement dans les églises particulières^ en un temps où il n'y avait point encore de loi ni de coutume qui réservât au pape seul l'autorité de cancjoiser les saints. < Ut nulli novi sancti colantur, aut invocenlur^ nec memorisB eorum per lias erigantur ; sed hi soli in Ecclesia venerandi sunt, qui ex autoritate passionum et yiiœ mérite electi sunt. t>

Ce canon fait connaître que l'Eglise rendait un culte public, non-seulement aux martyrs, « ex autoritate passionum, » mais aussi à des confesseurs illustres, <c vilœ merito. d

Il n'était pas besoin d'une grande discussion pour les martyrs, mais il y avait des recherches à faire et des surprises à éviter pour !a canonisation des confesseurs , et ce furent ces difficultés et les abus populaires tant de fois condamnés par les conciles qui obligèrent enfin l'Eglise de se reposer sur son chef de toutes les diligences et de toutes les informations qui sont nécessaires pour un sujet d'une si grande conséquence.

Photius, patriarche de Constantinople, montra bien qu'il n'avait ni le pouvoir légitime^ ni la religion nécessaire pour cette divine fonction quand il canonisa^ par une lâche et sacri-

lége flatterie, Constantin, fils aine de l'empereur, lui dédiant des temples et des monastères.

Nicétasqui a écrit la vie du patriarebe Ignace, déteste avec raison cette impudente flatterie, a Quem Photius audacissimus in gratiam imperatoris per se in Sanctorum censum relatum, templis cœnobiisque ad aucupandam bominum gratiam colère nihil veritus est. »

VIII. Le chapitre ou l'assemblée générale des abbés de France qui se tint, sous Louis le Débonnaire, l'an 817, ordonna qu*à Toffice des Morts on ne dirait point l'invitatoire ni le Gloria, a Ut psalmus invitatorius etgloria pro defunctis non dicatur (Can. lxyiu, lxix, lxxiv). dQu'ou lirait le martyrologe dans le chapitre après prime, puis on lirait un article de la règle ou le sommaire de quelque homélie : a Ut ad capitulum primitus martyrologium legatur, et dicatur versus, deinde régula, aut homilia quslibet legatur, deinde : Tu autem, Domine, dicatur. » Qu'on dirait à la messe Sanctm debout et le Pater noster à genoux, a Ut ad missam Sancius stantes, et Pater noster genuflectentes dicant. »

Hérard, archevêque de Tours, a remarqué, dans son capitulaire aux curés, que le prêtre célébrant ne doit commencer la récitation secrète du canon de la messe qu'après qu'il a lui-même achevé de chanter le Sanctus avec le peuple. Car le peuple chantait le Kyrie, le Sanctus j le Pater, et le Symbole ; les psaumes n'étaient chantés que par les clercs.

a De oratione Dominica et Symbolo, ut memoriier omnes teneant, et Gloria Patrij ac SanctuSj atque credulitas, et Kyrie eleison^ a cunctis reverenter canatur. Psalmi similiter distincte a clericis. Et ut Sécréta presbyteri non inchoent, antequam Sanctus flniatur, sed cum populo Saîictus cantent (Cap. xvi). »

Valafride Strabon a cru que l'on ne commença de chanter le symbole à la messe qu'au temps et à l'occasion de la condamnation de l'hérésie d'Elipand, évêque de Tolède, et de Félix, évêque d'Urgel ; et il a estimé qu'on préféra le symbole du concile de Constaiitinople à celui de Nicée, parce qu'on le jugea plus propre à Tharmonie du chant (Cap. xxu). On pourrait avoir eu aussi égard à ce que le symbole de Constantinople est plus étendu que celui de Nicée.

Ce même auteur (Cap. xxi] rapporte que le pape Léon célébrait quelquefois sept, huit ou neuf fois la messe en un même jour. C'est ce

même pape Léon qui donna la licence de chanter le symbole dans les lieux où c'était la coutume, quoiqu'on ne le chan tât pas à Rome, mais qu'on le récitât seulement comme il le confesse lui-même dans la conférence qu'il eut avec deux évêques envoyés par Charlemague l'an 809.

IX. L'auteur de la vie de saint Odon, abbé de Cluny^ raconte le changement qui se fit aux offices de saint Martin de Tours. Les antiennes étaient si courtes, que Toffice entier ne répondait pas à la longueur des nuits. Us y remédiaient en réitérant Tantienne après chaque verset des psaumes, mais cette réitération était également pénible et ennuyeuse.

c Officii antiphons brèves sunt, et ejus temporis longiores noctes ; volentes officium ad lucem usque protendere, unamquamque antiphonam per singulos psalmorum versus repetendo canebant. Fiebat nempe eis labor improbus (Surius, Nov. die xvni, c. v). »

Enfin, ils contraignirent saint Odon, malgré toutes ses excuses, de leur composer des antiennes plus longues et un office entier qui pût remplir la longueur de ces saintes nuits.

Le canon xxxu du concile in Trullo fait mention de la messe de saint Jacques^ premier évêque de Jérusalem et frère du Seigneur.

Balsamon ajoute que l'Eglise d'Alexandrie conserve aussi une liturgie particulière qu'elle prétend être de saint Marc, mais qu'il est étrange que ces deux églises ne se soient pas conformées à toutes les autres qui se sont attachées à la liturgie de saint Basile et à celle de saint Chrysostome.

Il raconte qu'un jour il en porta lui-même ses plaintes au synode et à l'empereur au temps que le patriarche d'Alexandrie, étant venu à Constantinople , prétendait y célébrer la messe selon les cérémonies et la forme d'Alexandrie. Ce qu'on l'empêcha de faire, et on lui fit promettre de ne plus l'entreprendre.

Le même Balsamon tâche de prouver par le canon lxxxv des Apôtres et par le lix de Laodicée que ni saint Jacques^ ni saint Marc n'ont jamais composé ces liturgies^ puisqu'elles n'ont pas été mises au rang des ouvrages des Apôtres et des Ecritures canoniques dans ces deux canons (Balsamon, in suppl., p. 1115; Juris Orient., 1. 1, p. 362, 363).

Il infère de là que toutes lès Eglises doivent se rendre imitatrices de celle de Constantinople qui est la nouvelle Rome, et embrasser les

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