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DE L'ASSISTANCE AU CHŒUR

des œi^oris Ecclasise ex more exurrexissent, atque ipsius ecclesias portas, quibusque ad matutinales laudes properantibus aperuissent, etc. (L. ii, c. 8]. »

II. Le grand et admirable saint Louis, roi de France, obtint permission de faire porter FEucbaristie dans son vaisseau sur mer, où il faisait cbanter les beures canoniales, avec la messe même, excepté le canon, par les prêtres et les ministres, vêtus en babits de cérémonie. < Ubi quotidie divinum ofûcium solemniter audiebat^ videlicet omnes boras canonicas, et prseter canonem, quse pertinebant ad missam, sacerdote et ministris sacris yestibus iudutis, secundum quod congruebat diei (Du Cbesne, tom. y, p. 360, 267). s

Ce saint roi faisait assister les princes, ses enfants, dès leur jeunesse, à toutes les heures canoniales, surtout à compiles, avec lui tous les soirs après son souper^ où il faisait chanter l'antienne de la Vierge, qui eut depuis cours dans le reste de l'Eglise, et ensuite on donnait Teau bénite. Enfin il obligeait ses fils à réciter en particulier Tofûce de la Vierge.

c Volebat etiam quod pueri , jam adultae œtati propinqui, quotidie non solum missam, sed et matutinas ac boras canonicas cum cantu audirent; et quod ad audiendum sermones secum adessent. Volebat etiam quod singuli lilteras addiscerent, et boras beats Virginis decantarent, ac ut essent semper cum ipso ad completorium, quod post cœnam suam quotidie solemniter decantari faciebat. In fine cujus specialis antiphona B. Marise alla voce cantabatur. Dicto vero completorio cum pueris in caméra revertebaiur , et aqua benedicta a sacerdote circa lectum suum et per cameram aspersa , residebant pueri circa ipsum, etc. » C'est ce qu'en dit Nangis.

Le palais de l'empereur Théodose le Jeune^ qui passait en son temps pour un sanctuaire de piété , et presque pour un monastère , cédera sans doute à celui de saint Louis , si nous y ajoutons encore ce que raconte le même Guillaume de Nangis, qu'il entendait tous les jours chanter tout TofQce canonial et celui de la Sainte Vierge , ou qu'il le récitait en particulier avec son chapelain, aussi bien que roffice des Morts ^ outre deux ou trois messes qu'il entendait tous les jours.

c Omnes boras canonicas, etiam de beata Virgine cum cantu quotidie audire volebat : etiamsi eas in itinere equitando audire con-

tingeret^ nibilominus eas inter se et capellanum suum tam de die, quam de beata Virgine submisse dicebat. Insuper officium Mortuorum quotidie cum novem leclionibus , etiam in festis quautumcumque solemnibus dicebat cum capellano suo. Raro accidebat, quin quotidie duas missas audiret, et fréquenter très, vel quatuor (Ibid., p. 369). »

Un autre moine de Saint-Denis ajoute qu'allant en voyage il disait secrètement avec son chapelain les heures canoniales en leur temps propre; que pendant ses maladies il faisait réciter Toffice du jour et de la Vierge par deux religieux auprès de son lit, disant luimême alternativement son verset, ou substituant un clerc à sa place, si la violence du mal lui ôtait la liberté de la voix ; enfin qu'il faisait chanter ses matines fort matin, et s'y trouvait avant tous les autres, a Quautumcumque infirmus aliquando : boras solemniter cantari faciens, in capella habebat duos religiosos, vel alios, qui boras juxta lectum suum de beata Maria dicebant, dicens cum eis versus sibi contingentes, etc. (Ibid., p. 400). d

Nangis et cet autre moine de Saint-Denis ont tiré mot à mot ce que nous avons rapporté d'eux, de l'écrit de GeofiTroy de Beaulieu, dominicain et confesseur de ce saint roi : d'où il parait que les jeunes enfants apprenaient à lire dans les livres de Toffice de la sainte Vierge, et n'apprenaient à lire que pour s'acquitter de ce glorieux tribut de la piété chrétienne. Car c'est le sens véritable des paroles de cet auteur.

Il parait encore que les enfants des princes et des souverains mêmes, quelque jeunes qu'ils fussent, assistaient aux offices de l'église , et disaient en particulier celui de la Vierge. Ce même auteur raconte (Ibid., p. 448, 456), que ce saint roi s'accoutuma durant quelque temps à se lever à minuit , à cbanter ses matines avec ses chapelains dans sa chapelle, et à prier ensuite autant de temps que les matines duraient dans l'église cathédrale, a Aliquanto tempore in consuetudinem duxit, circa mediam noctem surgere ad matutinas a ( capellanis suis et clericis in capella cantandas, ^ ut post matutinas rediens, etc., tamdiu in ora- ' tione permanere volebat^ quantum duraverant in Ecclesia matutinae. b

Mais comme ce grand roi se levait aussi fort matin, pour s'appliquer aux affaires de son Etat : a Sed cum ipsum uihilominus opor-

terçt propter instantia negotia ad primam surgère satis mane, etc., » ces Teilles furent si préjudiciables à sa santé , qu'il fut eufin obligé de céder aux sages avis de ceux qui lui conseillèrent de se lever pour matines, en sorte que, peu après les avoir achevées, ce fût le temps d'entendre prime, la messe et les autres heures. « Discretorum consilio et precibus adquievit, videlicet quod ad matutinas surgeret tali hora, quod post modicum spatium primam et missas et horas œteras continue posset audire. »

Nous apprenons de là : l"" Quel fut le but des saintes chapelles, dans le palais des souverains et des grands princes. Car c'était uniquement pour y chanter les heures canoniales, où les princes etleur famille assistaient ordinairement. T On y chantait encore l'office de la nuit vers minuit au temps de saint Louis. 3® L'office y était plutôt achevé que dans les églises cathédrales. 4"" Il y a apparence qu'on y changeait le temps des heures du jour^ pour s'accommoder au loisir du prince.

Guillaume de Chartres, jacobin [Ibid., p. 468), qui a aussi écrit la vie de ce saint roi, dont il fut chapelain, raconte que durant sa captivité même, et dans la prison, il disait tous les jours le grand office, selon l'usage de Paris, et celui de la Vierge aux heures propres, outre la messe sans canon, étant assisté d'un prêtre jacobin, et d'un clerc^ qui était lui-même.

a Quantumcumque in illo gravis ergastulo carceris arctaretur, divinum tamen officium secundum morem Parisiensis Ecclesise, matutinas scilicet et horas canonicas tam de die, quam de beata Virgine, et totum officium missœ, absque sacramenti consecratione, exsolvebat horis competentibus (Anuo i250). d

III. Isabelle^ sœur de saint Louis, suivait de bien près son frère, a Elle se levait pour dire a ses matines^ grand pièce devant le jour, et ne c se recouchait point, et était continûment en c oraisons jusques à haut midi, etc. Elle ne a parlait point quand eUe disait ses heures, ni < devant prime, ni puis qu'elle avait dit coma plie, s'y elle n'était malade. »

Ce sont les propres termes de celle qui a écrit sa vie, qui fut sa demoiselle suivante, et depuis troisième abbesse de l'abbaye de Longchamps, que cette sainte princesse avait fondée. Il en faut encore ajouter ces paroles : a Elle a était jusqu'à none^en étude des saintes Ecria tures, si comme de la Bible et des saints

< Evangiles, et des autres tfes des saints, car a elle entendait monlt bien le latin, et ^i bien aFenteodâit, que quand les chapelainss|'y a avaient écrites ses lettres, qu'elle faisait talf^ a en latin, elle les amendait, quand il y^vait 9 aucun faux mot (Du Cange, après la vie de a saint Louis). »

IV. C'était à mon avis cette intelligence de la langue latine, qui était encore alors très-commune, qui faisait qu'un fort grand nombre de laïques assistaient aux offices de l'Eglise, ouïes récitait en particulier.

Aussi le concile de Toulouse, en Tan i^9 (CaB. xiv) , voulant remédier aux désordres où les hérétiques de ce temps-là avaient précipité un grand nombre de fidèles, par la lecture trop licencieuse des livres de l'Ecriture, et des versions nouvelles qu'ils faisaient débiter^ il excepta de sa défense le psautier, le bréviaire et les heures de la Vierge.

<K Prohibemus ne librosveteris Testament!, aut novi , laici permittantur habere, nisi forte psalterium, vel breviarium pro divinis offidis, aut horas beatae Mariae aliquis ex devotione habere velit. Sed ne praemissos libros habeant in vulgari translates, arctissime inhibemus. »

Ce même concile (Can. xxv) ordonna aux fidèles d'assister à tout l'office les Dimanches et les fêtes, a Ex integro praedicationem et divinum officium audiant ; » et aux vêpres même du samedi.

V. Le pieux et invincible Simon de Montfort, si fameux par ses victoires sur les hérétiques albigeois de Toulouse, assistait tous les jours à la messe et à toutes les heures canoniales, persuadé qu'il était que c'était par ses prières qu'il engageait le Dieu des victoires à le favoriser, a Cum esset in bellis strenuissimus, omni tamen die missam et horas canonicas omnes audiebat, semper sub armis, semper in periculo (Anno 1213; Rigord. in Philip. Aug.). »

C'est ce qu'en dit Rigord. Guillaume de Tyr assure que l'illustre chef de nos croisés Godefroy de Bouillon, avait emmené avec lui dans son expédition sacrée une troupe de religieux, pour lui réciter les offices divins aux heures du jour et de la nuit. <k De daustris bene disciplinatis monachos insignes adduxerat, qui toto itinere horis diumis et noctumis ecclesiastico more divina illi ministrabant officia (Vuill. Tyr., 1. ix, c. 9). » Mais cela regarde l'Orient.

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