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DE L'ASSISTANCE AU CHCEUR

et à qui il en devait rendre grâces, a Ecclesiam vespere et mane , nocturnisque horis et sacri^cii iempore frequentabat^ interdum cum clericis in Dei laudibus modulando, interdum eiiam YÎces cantons explebat (An. 1065, 1. VI, de rébus Hisp., c. 13). » Voilà ce qu'en dit RoderiCy archevêque de Tolède. Jean, roi d'Aragon et de Sicile, qui commença de régner l'ao 1458, se fit admirer par la même assiduité à Tofflce divin, a Quotidie rébus divinis, et sacris interfuit (Marinœus Siculus, lib. \n). d

Hais il ne se peut rien ajouter à ce que les historiens rapportent de l'incomparable Isabelle, reine de Castille et d'Aragon. Elle prenait plaisir d'entendre bien prononcer le latin^ au temps même qu'elle ne l'entendait pas. Mais enfin, après avoir mis fin à quelques guerres, elle s'adonna à la grammaire latine, nonobstant l'accablement des affaires, et y fit de si grands progrès que dans l'espace d'une année elle acquit l'intelligence des orateurs latins et la faculté même de les interpréter. a Quamobrem scientiœ cupidissima , bellis in Hi>pania jam confectis, etsi multis magnisque negoliis occupata : grammaticse tamen lectionibus operam dédit. In quibus per unius auni spatium tantum profecit, ut non solum latinos oratores intelligeret, sed etiam libres interpretari facile poterat (Marinaeus, 1. xxi). o

&tte vertueuse princesse était toujours présente aux offices de sa chapelle, elle corrigeait elle-même toutes les fautes qui se faisaient en la prononciation, enfin elle ne manqua jamais de dire toutes les heures de l'office canonial. « Semper enim sacris rébus et di vinis officiis aderat. In quibus si quis forte sacerdotum suorum, qui sibi rem divinam celebrabant, aut horas canonicas et psalmos canebant, errasset in syllaba, persentiebat, et tanquam magistra discipulum admonebat. Quse prœter multas extraordinarias et votivas orationes, horarium quoque sacerdotum more quotidie persol- Tebat. »

YI. Il est temps de passer de l'Occident à rOrient, et nous ne pouvons le faire plus heureusement qu'avec Godefroy> duc de Bouillon, qui mérita de conquérir la Palestine et la sainte cité, plutôt par ses prières que par ses armes. Ce pieux prince mena avec lui en Orient un bon nombre de saints religieux, avec lesquels il célébrait les divins offices pendant tout le voyage, a Adduxerat peregrina-

tîonem ingressurus, de claustris bene disciplinatis, monachos viros religiosos, et sancta conversatione insignes, qui toto itinere horis diurnis et nocturnis, ecclesiastico more divina illi ministrabant officia (Vuillelm. Tyr., 1. ix, c. 9). » Ce prince religieux trouva la même pratique de piété entre les princes chrétiens de rOrient.

La princesse Anne Comnène faisant une admirable peinture de son aïeule, mère de l'empereur Alexis, nous Ta représentée dans une assiduité et une application continuelle aux offices du jour et de la nuit (Alexiad., 1. ni, p. 88, 89). a Pleramque noctis partem divinis hymnis, juxta descriptionem ecclesiasticam in diurna toto anno pensa dispensatis, intègre reddendis ac celebrandis insumebat. Tum non exiguum spatium somno detractum fundendis privatis ad Deum precibus et œterœ religioni dabat, etc. Solebat avia mea non totum negotiis sœcularibus diem impendere, sed statis quotidie horis sacris operam dare, sacrificioque liturgico juxta usum canonicum interesse (Pachym. in Andron., 1. u, c. 32). »

Il serait inutile de nous arrêter à un plus grand nombre d'exemples , puisqu'on peut voir dans le livre de Codin De officiis Constantinopolitanis (Cap. vi et seqq.), non-seulement les jours de fêtes, où l'empereur venait en cérémonie à l'église et y assistait à toutes les heures canoniales , matines , prime , tierce , sexte, none et vêpres, mais aussi la différence de ces jours solennels d'avec les autres, auxquels il assistait sans pompe et sans cérémonie.

a Vigilia Nativitatis, imperatore ad matutinum secundum usitatam sibi consuetutinem non egresso, sed , etc. In quotidianis matutini et vesperarum circumstationibus, postquam, etc. At in magnis festis, etc. Canuntur igitur horse ut moris est, prima, tertia, sexta, nona, etc. »

VU. On peut dire avec vérité, quoique ce soit à notre confusion, que les chrétiens orientaux des derniers temps, et du temps présent, ont été et sont encore plus fidèles à cet ancien usage de piété que les Latins. 11 y a parmi eux un grand nombre de laïques qui récitent tous les jours avec beaucoup d'exactitude leur horloge, nom qu'ils ont donné à leur bréviaire et aux heures canoniales , qu'ils récitent au temps propre de toutes les heures, quoiqu'elles soient moins éloignées les unes des autres que parmi les Latins. Les jours de fête et de

286 DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHAPiTRE QUATRE-VINGT-NEUVIÈME.

dimancbe tout le peuple vient à Téglise dès les deux heures après minuit, et assiste à toutes les heures du jour (ChytraBUs, xxi).

Le père Jérôme Dandini , dont on nous a depuis peu traduit le \o;age du Hont-Liban^ dit que parmi les Maronites, « le peuple se trouve présent aux offices aussi bien que les prêtres qui y sont obligés à cause de leur caractère, et ils chantent tous ensemble les mêmes heures. Il y a toujours un grand concours de peuple à minuit (Ch. xxv). »

Le traducteur ajoute dans ses savantes notes que « les Maronites retiennent encore aujourd'hui l'ancienne coutume de chanter l'office divin dans les églises , et personne ne s'en dispense. Car les laïques croient y être autant obligés que les ecclésiastiques. »

Le père Vansleben, qui vient de nous donner la belle et curieuse histoire de TEglise d'Alexandrie, nous y exprime le sentiment et la pratique des Cophtes en ces termes : a La récitation des prières que nous appelons l'office est dans leur sentiment une chose très-nécessaire et un devoir très-juste ^ et même un de leurs auteurs dit que les laïques aussi bien que les clercs sont obligés de dire tout Toffice. Mais un autre dit qu'ils ne sont obligés qu'à trois heures^ à celle du coucher du soleil^ à celle de l'aube du jour et à tierce (Part, ii, ch. i6). » C'est-à-dire à vêpres, à matines et à la messe, à laquelle on joint tierce.

Ce sentiment des nations séparées depuis tant de siècles de TEglise latine, montre quel a été autrefois le consentement de toutes les Eglises avant cette séparation.

VIII. Après avoir parlé du célibat des clercs et de leur obligation à réciter l'office divin, je ne puis mieux finir ces deux matières et ces deux obligations que par une lettre d'hes de Chartres à Galon, évêque de Paris.

Il dit en termes formels que la cléricaturea été instituée pour la psalmodie et pour la célébration continuelle des louanges divines : de quoi il est impossible que les clercs s'acquittent, s'ils sont engagés dans les chaînes et dans les servitudes du mariage. Si les laïques mêmes, pour prier un peu de temps, se séparent pendant ce temps du commerce conjugal, les clercs consacrés à une psalmodie continuelle doivent aussi se dévouer à une éternelle continence.

a Ad hoc enim institufa et clericalis militia, ut psalmodiée et hymnodiœ quotidianum Deo oflerat sacrificium ; quod oflerre jure nonpoterit, cui ut plus placeat uxori, quam Deo, lenocinante uxore, et fallente carnis voluptate, operam dare necessarium erit. Cum enim secundum Apostolum non concedatur laids orare nisi eo tempore quo continent : quanto magis semper debent continere , qui tam pro suis, quam proaliorum delictisjubentur orare (Epist. €GXX] I B

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