‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 146 sur 297 · IX. Comme la fin de ces ordonnances et l'in · texte numérisé non relu

IX. Comme la fin de ces ordonnances et l'in

tention de nos rois a été toute sainte, il ne faut pas tant déplorer le retranchement qui a été fait de l'autorité ecclésiastique que le mauvais usage que les ecclésiastiques faisaient de ces administrations, ou la négligence des évêques à y remédier, puisque ce sont là les causes véritables de ce retranchement.

Le concile de Trente a laissé les administrateurs laïques : ainsi il ne choque pas ces ordonnances ; mais il a rendu aux évêques toute, ou presque toute leur ancienne autorité, en leur donnant le droit de visite et de se faire rendre compte dans toutes sortes d'hôpitaux.

C'est à quoi il faut espérer que l'usage da royaume s'accommodera enfin. Si ce concile ne donne nul pouvoir aux évêques sur les hôpitaux, que les particuliers peuvent ériger sans l'intervention des évêques, et qui ne sont par conséquent que des lieux profanes, les évêques ne laissent pas d'y exercer d'ailleurs leur autorité selon le même concile (Sess. xxii, c. 9), puisqu'après la mort du fondateur, ils doivent veiller sur l'exécution de leur pieuse volonté; ils doivent contraindre les exécuteurs négligents à faire leur devoir, après cela ils deviennent euxmêmes les exécuteurs; enfin ils peuvent obliger les administrateurs de leur rendre compte tous les ans, selon le concile, à moins qu'il y eût une clause contraire dans la fondation (Fagnan. , 1. ni. Décret. , part, ii, p. 202 , etc., 306, etc,) » (1).

(1) n n*ett pas inQtile de UToir que soas le Dom générique dliôplttttz étaient compris plasieun Mrtet de lîeaz pleax dont on rencontre la désignation dans lea auteurs et qu'il est importact d'ex pli* quer. Le Xenoftoehium était un lieu où les pauvres pèlerins, voyageurs, piétons, étaient hébergés gratuitement; le Ptoehotrophium donnait la nourriture aux pauvres, aux mendiants, aux indigents; le Brephotrophium recueillait tous les petits enfants des pauvres et lea DOttiriiaatt ; VOrphanolrophium était le refuge des orphelins; le Oerontocomium recevait les vieillards et les infirmes de la vieillesse j le Nosoeomium était le lieu destiné aux malades; le Goptophronium était une maison ubi, dit un canoniste, feminœ debilium sustenta^ triées habitant. Il y avait encore les Léproseries destinées à ce genre de maladie, et lea Aumâneries où l'on distribuait des secoure eu nature à toua les pauvres. Outre l'ordre de Sa:nt-Jean-de-Dieu, conaacré au service des hôpitaux, il y avait encore l'ordre des Jésuaies, fondé par saint Jean Colombin, qui desservait les hôpitaux, et dans tea couventa ae livrait à la pharmacie et distribuait giatuitement dea remèdes à tous les pauvres. Sur la demande de la république de Veniae, qui voulait s'approprier les biens considérables des Jéauatet pour la guerre contre les Turcs, Clément IX supprima cet ordre en 1668. Il possédait plu^ieura maisons à Rome, entre autres le cou- Tent et la belle église des saints Jean et Paul sur le mont Cœlius. Les hôpitaux, comme les monastères et les évéchés, pouvaient être corés primitifs, et alors la paroisse était régie par an vicaire perpétuel à portion congrue, à la domination dea recteuxa da rii6pital, lana passer par le concours requis pour les cona*

La révolution a complètement sécularisé les hôpitaux, et le dergé, qni les avait presque tous fondés, n'a plus aucune part d'action dans ces établissements. En abolissant les dîmes, l'Assemblée nationale, par décret du 11 août et 21 septembre 1789. ordonna que désormùs l'Etat pourvoierait à l'entretien des hôpitaux. Par un autre dénet de décembre 1789, elle confia l'inspection et l'amélioration da ces établissements aux administrations départementales. Le 16 juillet 1791, la Convention réunit l'actif et le paroif des hôpitaux au domaine national. Aujourd'hui tou.s les hôpitaux et hospices publics sont des établissements civils, quelles que soient leur origine ei leur destination. Dans les dépar ements, ces éiablissements charitables aoot sons la direction des préfets, dans les communes, sous la direction d'une commission de cinq membres nommés par le préfet. On a en telle» ment peur de l'action du clergé dans ces asiles ouverts à toutes les souffrances, que, même dans les bureaux de bienfaïunce des coni> munes ruralea, le curé ne fait pas partie de la comoussion administrative.

Quant à l'exercice du culte dans les bôpitanx, d'après une ctrctilaire ministérielle du 14 septembre 1803, leurs chapelles peuvent éire érigées en cures, ou en succursales, ou en chapelles domestiques. Les frais du culte doivent être afleclés sur les revenus généraux de 'l'établissement. Le service intérieur des hôpiiaux peut être confié à dea sœurs de charité, sur la présentation et la surveillance dis la commission adi&inisiratiT« de rétablissementt

(OcAHDILi.)

DES BASILIQUES ET DES CHAPELLES, btg.

aod

Page 1