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DES CHAPELAINS ET ARCHICHAPELAINS

souvent arrivé que le même était archichapelain et chancelier, oTi premier nMaire. Et cela pourrait bien être émané de là première lignée.

X,. Si les actes de la vie de saint Didier, évêque de Cahors, sont véritables, le frère et le prédécesseur de ce saint avait été, ayant son épiscopat, abbé de l'oratoire royal, au temps des rois Clotaire II et Dagobert. « Rusticus' abbatiam palatini oratorii gegsit (Le Cointe, an. Eccïes. Franc, an. 617, n. 7).-» Cette qualité fut aussi en usage sous la lignée de Charlemagne (Gall. Christ, tom. ii, p. 460).

On trouve une concession du roi^héodoric III • à Aiglibert, évêque du Mans, où il est nommé archevêque, et il lui est permis de fcire battre monnaie, ir est appelé ailleurs archichapelain et prince des évêques ; enfin il est dit que le pape lui accorda le pallium (Le Cointe, an. Ecoles. Franc, an. 685, n. 10,11). S'il était bien constant qu'il eût été afchichapelain de nps rois, cela lui aurait apparemment procuré tous les autres avantages, et les titres d'archevêque et de prince des évêques» c'est-à-dire premier évêque de la province. Nous éclaircirons toul cela dans la suite.

XI. Il faut demeurer d'accord «pie toutes ces preuves n'ont rien de convaincant. Hais dans un si grand éloignement et dans une si grande disette d'écrivains, il n'est pas juste d'en exiger davantage, pour se laisser persuader qu'il y avait déjà une chapelle daijs le palais de nos rois, avec un clergé qui lui était propre et particulier, dont on tirait un nombre considérable de savants et de saints évêqueç, quand rincUnation des rois favorisait le vrai mérite de la science, de la vertu et de la religion.

XII. Il nous reste à dire un mot des confes-seurs des rois. .11 est fort probable qu'ils en avaient déjà un, qui leur était particulièrement attaché. Outre ce qui en a été dit, voici ce que le cardinal Baronius a extrait de la vie de saint Viron, évêque en Ecosse. 11 quitta son évêché, et se retira en France, où Pépin l'ancien l'attira auprès de sa personne, le choisit pouf son confesseur, et commença dès lors à lui communiquer les plus grandes affaires qu'on mettait en délibération.

e Dux Pipinus tantae eum venerationi habuit ut tanquam prœsuli anims sus, vitœque patrono, propter eximiam sanctifatem , sua illi peccata conflteri ^olitus sit ; nec erubuerit ad jEaciendam confessionem detractis calceis, eum adiré, ejusqueoris imperio parère. Ssepius etiam

volebat eum interesse communibns consultationibus majorum (Baroniuç , an. 631 ,n. ^.9

Xlil. Passons del'empire français à celui des Grecs. L'empereur Constantin allant combattre Licinius , mena des évêques avec lui , et fit dresser un oratoire ou un pavillon séparé, où la' croix de J. - C. était gardée avec respect, etoù il allait employer des armes qu'il croyait bien plus invincibles .que celles de ses armées.

Voici ce qu'en dit Eusèbe : < Cum prœcationibus se tune maxime indigere intelligeret , sâcerdotes Dei secum duxit ; éos yelut ôptimos animse custodes adesse coram et secum versari debere existimans, etc. Et crucis quidem tabernaculum fixit extra castra, ubi pure et caste degens, preces ad Deum f undebat ; exemple veteris illius prophetœ, quem tabernacùlam extra castra constituisse, divina. testantur ora« cuta (De vita Conslaiit., 1. 11, c 4, 12). 1»

C'est de IfL que sortait cet empereur, pour fondre sur ses ennemis avec une assurance certaine de la victoire : « Exinde veiut divino actus impuisu, prosilireextabernacùlo solebat, et signe dato , etc. » Eusèbe remarque cela encore plus expressément au tempsde la guerre .des Perses : < Tabernaculum in speciem ecclesiœ ambitioso cultu ad hujus belli usum praeparavit , in que preces ad Deum victoris autorem una cum episcopis fundere deCreverat. ». ' -

Socrate en dit autant (L. iv , c. S6 ; Socrat., 1. 1) c. 14). Si ce prince avait un oratoire, des évêques et des ecclésiastiques dans son camp, comment n'en aurait-il pointeu dansson palais? Cette conjecture a quelque apparence de probabilité, mais elle est très- incertaine. La nécessité était toute évidente dans le camp, et elle ne paraît pas dé même dans le palais, surtout en un temps et en un siècle où h peine les moines et les religieuses avaient des oratoires domestiques. Si Constantin ne fut baptisé qu'aux derniers moments de sa vie,* et si par conséquent il n'assistait pas au saint sacrifice , bien loin d>f participer , quelle apparence y a-t-rl qu'il eût un oratoire et un clergé dans son palais ? Il faut dire la même chose des empereurs du même siècle, qui affectèrent de ne se faire baptiser qu'à l'extrémité de leur vie.

XIV. Constance, néanmoins,, n'était jamais sans évêques, et saint Athanase remarque qu'il n'avait jamais parlé à l'empereur Constance , seul à seul, mais que révêque du lieu avait toujours été présent : t Neque ille mocom

«olus iinquatn Terba miFcait, sed semper cum epif^copo ejus loci, ubi agebat (Apolog. i). i>

Oueiques-uns ont inféré de là .que Tèvéque du lieu était Tévéque de la cour^ et comme rarchichapelaia des empereurs. Mais nous aTons fait voir, en parlant des apocrisiaires à Constantinople, que Févéque de Constantinople faisait cette fonction de terminer les causes ecclésiastiques du palais, et d'introduire les évêques auprès des empereurs.

XV. On peut nous opposer ce qui est rapporté parEusèbe, que Constantin avait fait piettre une image de la croix dans une des plus magnifiques chambres de son palais^ et qu*il attendait de ce signe salutaire une inirincible protection pour sa personne et pour son empire.

a'Tantus divini numinis amor imperatoris ânimam occupàverat, ut in tôtius palatii eminentissimo cubiculo, in maxima tabula, quaa in medio lacunaris inaurati expansa est, signum Dominicse Passionis ex auro, pretiosisque lapidibus elaboraium infixerit. Atque boc tanquam praesidium ac tutelam impcrii piissimus princeps siatuisse mihi Yidetur (De yiia Constant.; 1. m, c. 49). »

C'était une riche représentation de la croix, et la chambre du elle était pourra passer pour un oratoire dans le palais; mais Eusëbe ne parie ni d'autel, ni de prêtres, ni d*évôques^ ni de clergé.

XVI. Il est Trai que dans un autre endroit il dit que Tempereur avait fait comnle une église dans son palais, où il lisait et expliquait luimême les Ecritures, et où il faisait des prières publiques avec ses courtisans, a In palatio quamdam \elut ecclesiam Dei çpnstituit, etc. Prœibat çunctis qui in ecclesiam îllam erant ascripti, et sacros codices in manus sumens, oracula a Dco édita altenloanimo meditabatur; post bscsolemnes preces cum auiicorum cœta recitabat (L. iv, c. 17). »

Il ajoute que Constantin avait donné TintendaQce spirituelle de 3a maison à des diacres et à des sousKliacres de grande vertu, a Diaconos et Deo consecra'os ministres, qui vitse gr<i\itate et reliqiiis virtutibus ornati esseut^ totius domus custodes urdin^vit. »

Il faut avouer que tous, ces passages, bien confroiités les uq9 aux autres, semblent nous* arracher cet aveu qu'il y avait un oratoire dans, le palais impérial de Constiiutiuople, dès le règne de Constantin, quoii^u'oa n'y célébrât point les saints mystères.

XVn. C'est peut être encore dans cet oraidre domf'stique div palais, qu'Eu èbe fit lui-méoe ces belles et savantes pré<lications que Cons^ tantin voulut entendre debout avec le reste dt l'auditoire^ sans vouloir jam lis ^'asseoir, par un sentiment religieux d un très-profond respect pour la parole de Dieu (L. iv, c. 33).

C'était certainement dans cet oratoire qae l'empereur Tbéodose le Jeune chantaH l^s heures canoniales avec les princesses ses sœurs, ayant fait de son palais impérial comme ua monastère, et comme ua sanctuaire de piété. a ]^U6 regia'ndn dissiipilis fuit mooa^erio. Nam primo diluculo ille ipse cum sororibos suis hymnos alternatim recitavit. Quin etiam sacras litteras memoriter recitavit, » ditScmle (L.'vu, ep. 22).

XVIII. Sozomène assure que ce pieux empereur dressa un oratoire dans son palais^çt qu'il fit toujours porter unr pavillon qui ressemblait à une église dans ses armées, où il faisait célébrer les divins mystères par les prêtres et les diacnis qui le suivaient. Ce qui fut imité par les régiments des armées, qui eurent depuis un pavillon, consacré à la prière, et des prêtres et des diacresuponr y célébrer.

a. In palatio^xtruxit oralorium. Et tabemaculum ecclesiœ figurara exprimens, cum coatra hostes prslio contenderet, secum circumferre con^uevit, ad eum flnem, ut peque siM . in solitudine vitam agenti, neque. exercilui deesset œdes sacra, in quo quidem de^rent Deùm laudibus efferre et sacra iny^^teria percipère. Nam sacerdotes .et diaconi,quisecun<ium Ecclesiœ institutum ista munera obirent tabe^ nacùlum assWue secuti sunU Ex eo tempore uiilitares romanorum ordines , sioguli sihi tabernaculum separatum constnixeruût , habueruntque secum sacerdotes et diacooos, ad rem divinam faciendamdesignatos (L. i,c.8).i

Rien, n'est plus précis que ce passage de Sozomène, mais n'a-t-U rien agouté de son cbef aux actions 4e piété de Constantin? N'aur;ût-il point attribué à ce grand em|>ereur des faits par lesquels ses successeurs^ont enchéri sur sa piété? ll*est assez ordinaire aux écrivains.* donner aux pnmiers auteurs de quelqueacli<Hi mémorable, toutes les circonstances et méin^ les augmentations qui ont- été faites ])ar ci'^ qui ont suivi leur exemple. 11 faut donc demeurer daccord, que cet usage dont parte âozoniène^ était pmtiqué au temps qu'il ^i^^^' mais on le peut soupçonner d'avoir ua P^^

DES ARCmCHÂPELAINS OU GRANDS CHAPELAINS.

ajusté les coutumes du siècle précédent à cellçs de son temps.

xix. Eusèbe ajoute à cela que les enfants du grand Const^^ntin obéirent fort religieusement aux dernières instructions de Tempereur, leur père, par une application toute entière à la piété, et en faisant garder dans le palais les mêmes exercices de la religion qu'on pratique

dans les églises. «Hi patris exhortationes longe superabant, mentes semperad pittàtem intentas faabentes, eà Ecclesiœ ritus in ipgo palatio

cum suis omnibu9.obseryantes.dPallade nomme un prêtre, qu'il appelle prêtre du palais, entre les ecclésiastiques qui eurent part à la persécution de saint Ghrysostome.

C3HAPITRE CENT-DIXIÈME.

i>BS ABGHICflAPBLAmS OU GKANPS GHAPEtAINS SOUS L'iimRB DB GHAKLBMAGNB^

I. Lh archicbapelams furent d'abord ^68 prêtres et des abbés.

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