DU CLERGÉ DU PALAIS OU DE LA CHAPELLE ROYALE
mais de l'Eglise même qui a perdu son pasteur, et que i*OQ ait égard dans ces élections^ non pas à la faveur du prince ou aux recommandations des courtisans, mais au témoignage du clergé et du peuple et au jugement du métropolitain.
« Adjungens sacrorum canonura promulgatas super electione canonica autoritates^ et ostendens quod nonepiscopi de palatio praecipiantur eligi^scdde propF)aqualibetEcclesia,etquod de ordinando episcopo, non régis vel palatinorum débet esse commendatio, sed deri et plebis electio, et metropolitani in electione dijudicatio, deinde terreni principis consensio, et sic fleri episcoporum manus impositio, etc. (Ib.j.»
YUl. Tous les évêques ne témoignaient pas dans les occasions cette inflexible fermeté. Les prélats étaient souvent tirés de la cour et du palais pour aller gouverner les Eglises. Le successeur de Hincmar, le saint et célèbre Foulques fut de ce nombre : a Successit Fulco, vir valde nobilis, et palatinis assuetus ofQciis , » dit Flodoard (L. iv, c. 1).
Il est vrai que le clergé du palais était toujours le plus florissant du royaume et le plus renommé en science et en piété. Hincmar y avait été admis, et pendant qu'il était encore simple ecclésiastique : a Sub canonico habitu educâtus , indeque eductus, in palatio domni Ludovic! imperatoris non modico tempore mansi, » et depuis qu'il eut pris Tbabit de religion dans Tabbaye de Saint-Denis : a Eiinde assumptus famiiiaribus obsequiis praiifati imperatoris, ac episcoporum conventibus^ pro sola obedientia mihi iojuncta inserviens, post aliquot annos monasterii quietem repetii. a
IX. Les abbés et les religieux composaient toujours une partie du clergé royal du palais , afin d'y pouvoir réunir tout ce qu'il y avait de plus pieux et de plus éclairé dans l'état ecclésiastique et parmi les religieux. Nous avons vu l'abbé Fulrad^ l'abbé Hilduin, et peutrétre aussi l'abbé Hugues, pourvus de la charge de grand chapelain. Nous venons d'y voir Hincmafi élant encore religieux de Saint-Denis.
Dans le concile de Cologne, tenu en 887, sous Fempire de Charles le Gros, assistèrent plusieurs abbés, et entre autres Folcroy, abbé du palais d'AiX'la-Chapelle : « Folcharius, Aquisgrani paiatii abba^^ » Louis, abbé de Saint- Denis, était chancelier ou secrétaire du roi Charles le Chauve : « Epistolare in palatio gerens offlcium , » dit Pabbé de Ferrières dans
une de ses lettres (Lupus, epist. xxvii, xxv). Le crédit qu'il avait auprès de ce prince dans Je maniement de toutes les affaires ecclésiastiques, éclate merveilleusement dans plusieurs autres lettres de cet abbé^ qui le regarde comme le protecteur de toutes les personnes religieuses dans \q% affaires qu'elles ont en cour.
L'abbé Angilbert avait tenu ce même rang dans la cour de Cbarlemagne ; voici comme le pape Adrien en parle dans une de ses lettres à ce prince: a Angilbertus , abbas, et minister capeliae, qui pêne abipsis infantile rudimentis, in palatio vestro enutritus est, et in omnibus consiliis vestris receptus est (Du Cbesne , tom. u, p. 351). 0 Le père le Cpinte a justiûé la supposition de cette lettre (Le Cointe, an. 792, 796). Hincmar n'aurait pas oublié de mettre Angilbert entre les archichapelains s'il Tavait été. Mais on ne peut douter qu' Angilbert n'ait passé la meilleure partie de sa vie dans le palais de Cbarlemagne, et qu'il n'ait passé de là à l'abbaye de Saint-Riquier. Comme AugiL bert ne fut jamais archichapelain, il faut conclure que plusieurs de ceux qui éclatèrent dans le palais par leur piété et par leur doctrine, ne furent jamais chapelains et n'eurent aucune relation avec Tarchichapelain.
L'abbé d'Aniane, Benoit, qui réforma tous les monastères de France et qui composa la concorde des règles, passa la meilleure partie de sa vie dans le palais impérial, y faisant en quelque manière la fonctign de premier ministre dans toutes les causes ecclésiastique^.
Yoiçi comme l'auteur de sa vie en parle : a Quia pro multis causis imperatori necessarius erat, placuit imperatori, ut non procul a palatio provideret locum aptum sibi, etc. Cœpit vir Dei palatinas terere fores, etc. Omnes qui aliorum passi incommoda, imperialia pelebaut suffragia, cum ad eum accédèrent, alacriter susceptos osculabatur, eorumque querimonias in schedulis im pressas, tempore opportuno offerebat imperatori, etc.. Sanctus vir usque ad obitumsuum in palatio régis pro augmento fldelium, non pro terrenis rébus persevuravit. »
Les deux abbés de Corbie, Adélard et Vala, occupèrent pendant un temps un des premiers rangs dans lés conseils et dans le palais de Louis le Débonnaire.
X. On trouvera sans doute moins étrange que les évêques et les conciles aient souffert qu'on envojât quelquefois du palais les pas.
teurs deS'Eglises épiscopaled et abbatiales^ si l'on considère que c'est du clergé du palais que la réformation du ctergé et de Tétat monastique s*était répandue dans tout le royaume.
Nous venons de parler de l'abbé d'Aniane, qui fut le réformateur universel de tous les monastères de France. On peut donner la même louange à Tévêque de Metz Crodogangus, dont la règle fut le modèle et la source de tout .le rétablissement de Fancienne piété dans le clergé. Cependant il avait passé du palais à Té* piscopat : a Hic in palatin majoris Caroli^ ab ipso enutritus, ejusdemque referendarius extitit; ac demum Pipini régis temporibus pontificale deeus promerait (Du Chesne^ tom. u, p. 204). 0
XI. Entre les lettres de Gerbert, qui fut depuis pape^ il y en a qui soot adressées à des moines du palais : Palatino monacho (Epist.
xxi).
Balsamon tient que dans FOrient les moines et les clercs, avec la permission du patriarche et des éyêques, s'attachaient à la cour ou à la maison d'un grand sans craindre de blesser les canons, parce que ce n*était pas la cupidité, mais la charité et Tobéissance qui les engageait dans ces emplois, a Quidni îiet ex canone? Propter banc enim causam patriarcba Lucas permisit monacho et sacerdoti perpetuo versarl cum logotheta cursus^ et una cum eo in prœsidio versari, et scribsB ofâcio fungi. »
Cet auteur conclut de là que les évêques ont le peuvoir d'appliquer les moines et les clercs à ces sortes d'occupations, d'où ils peuvent répandre une odeur de sainteté parmi les laïques; mais que les rois possèdent cette même autorité avec bien plus de justice : a Nota ergo quod suasione et probatione episcopali^ multo autem noagis regia^ et monachi et clerici sine prajudicio facient qu(B eis permissa fuerint, cujusmodicumque lea sint (In Synodum Constantin^^ can. iv). »
XII. Après tout cela, les évêques ne laissaient pas de témofgner beaucoup de répugnance lorsque l'élection canonique,t|ui se devait faire dans une Eglise vacante, était ou prévenue, ou troublée par la nomination que le prince faisait d'un de ses chapelains.
Outre ce qui a été rapporté de Hincmar et de sa vigoureuse conduite durant l'espace de trente-cinq ans, voici comme le concile III de Valence, tenu en 855 (Can. vu), allie la vigueur avec la condescendance dans ces péril-
leuses rencontres, où il faut ménager la sainte sévérité des canons et Fautorité souveraine des rois.
Il ordonne que dès qu'un évêché sera vacant, on demandera au roi la liberté d'élire, et qu'on élira le plus digne qui se pourra trouver dans la même Eglise, ou dans le voisinage. Que si le prince envoie un de ses ecclésiastiques pour être pourvu, les évêques examineront rigoureusement si sa suffisance et la pureté de sa vie répondent à cette haute dignité , et s'il n'y a point eu de tl^afic simoniaque dans sa nomi« nation. S'ils le trouvent indigne d'un si haut ministère , le métropolitain et les évêques animeront le clergé et le peuple pour aller faire leurs remontrances au prince, et iront euxmêmes à la cour détourner de l'Eglise une calamité qui en attirerait indubitablement beaucoup d'autres. Les termes de ce canon se trouvent dans le second tome de cet ouvrage, livre II, chap. 22, num. 7.
Ce eoncile tâche de conserver à l'Eglise la liberté des élections, mais si le roi nomme pour évêques les clercs de son palais, il se rend à cette nomination, pourvu que la personne nommée ait les qualités nécessaires pour uu si divin ministère.
Paschase Radbert a excellemment représenté dans la vie de Vala, abbé de Corbie, les seciets gémissements , et les plaintes de cet abbé sur les dérèglements et l'ambition de quelques-uns des chapelains du prince. .Ils ne s'engageaient dans ces emplois que par des motifs d'ambition ou d'avarice. On pouvait dire qu'ils n'étaient ni clercs ni moines , puisqu'ils n'étaient sujets ni à un évêque, ni à un abbé. Ainsi ils n'étaient d'aucun ordre , aussi vivaient^ils sans ordre et sans règle.
a Praesertim et militiam clericorum in palatiO; quos capellanos vulgo vocant , quia nullus ordo est ecclesiasticus ;, denotabat plurimum. Qui non ob aliud serviunt, nisi ob honores Ecclesiarum, et quaestus saeculi , ac lucri gratiàm sine probatione magisterii atque ambitiones mundi. Quorum itaque vita neque sub régula est mpnachorum , neque sub epîscôpo militât canonice, prœsertimcum nuUa aliasint tyrocinia Ecclesiarum y quam sub his duobus ordinibus. Aiebat namque idem , quod aut canonicus quisque esse deb«ret, aut laicus^ aut monachus. Quod si neutrum ; jam sub nuUo monstratur ordine^ quia videntur esse sine capite (Sac. Bened,^ t. iv, p. 495}* »
bu CLERGÉ DU PALAIS OÙ DE LA CHAPELLE ROYALE.
Paschase ne condamne pas ces emplois, purs- «que le palais des princes chrétiens a tolijours eu ses chapelains et son clergé^ et que ces places ont été si souvent remplies par d'excellents et de saints ecclésiastiques. Mais il avertit ceux qui s'y engagent de Textrême danger où ils sont de n'y être attirés que par une secrète cupfdité des richesses de ce monde et des dignités ecclésiastiques.
Ce reproche que leur fait Paschase, de vivre dans une entière indépendance des évéques^ montre qu*on avait mal observé le règlement contraire , dont il a été parlé ^ et que le clergé du palais tâchait de s'affranchir de Tobéissance canonique que tous les clercs doivent à révêque , pour ne relever que de Farchichapelain.
XIII. L'empereur Charles le Chauve déclara dans le concile de Toul, l'an 859 (Conc. apud Saponarias), que selon la coutume des rois ses ancêtres, il avait donné l'archevêché de Sens à Ganelon, clerc de sa chapelle, avec le consentement des évêques de la province.
a Juxta consuetudinem prœdecessorum meorum-regum, Weniloni tum clerico meo, in capella mea mihi servienti , qui more liberi clerici se mihi commendaverat , et fidelitatem sacramento promiserat , consensu sacrorum episcoporum ipsius metropolis , ad gubernandum commisi , et apud episcopos , quantum ex me fuit , ut eum ibidem arcbiepiscopum ordinarent, obtinui. »
Ce clerc de chapelle avait prêté serment de fidélité au roi. D'où on peut conjecturer que c'était une loi générale , et que c'était apparemment cet engagement qui portait le souverain à confier les places les plus importantes de l'Eglise de son royaume à ceux qui lui étaient attachés par un lien si étroit et si saint. Il y a aussi quelque sujet de croire que les peuples élisaient plus volontiers ces ecclésiastiques du palais royal, tant pour faire une élection qui ne fût pas constatée par le prince, que pour flatter le prince dans ses inclinations, en choisissant ceux qui probablement lui étaient agréables. C'est ainsi que le clergé et le peuple de Châlons élurent pour leur évêqueVillebert, prêtre de la chapelle royale : a Quondam sacri palatii presbyterum (Surius, die 49 Maii, c. iv, xni; Junii die 5, c. Ti). »
Saint Dunstan s'étant atfaché à l'archevêque de Cantorb'éry après qu'il eut reçu les ordres inférieurs, fut par lui-même présenté au roi
et appliqué ensuite au gouvernement du palais, et des affaires d'Etat; ce fut par ce degré qu'il s'éleva à l'archevêché de Cantorbéry.
Saint Mainverc, évêque de Paderborn, avait été dès sa jeunesse clerc de chapelle. « Regia stirpe genitus , evocatus ad palalium , regius capellanus efficitur , ut Deo ordinante longius innotesceret. »
L'auteur de la vie de ce Saint (Cap. lxxxvii) outre saint Mainverc , et saint Aribon , évêque de Mayence, nomme plusieurs autres saints évêques du même temps , qui joignaient une inviolable observation des canons au gouvernement temporel auprès des empereurs, duquel la nécessité du temps ne leur permettait pas de se dispenser, a Secuudas imperii partes sancte et juste administrantes, sacerdotii rigoremnullatenus relaxantes, d
La cour des Olhons était riche et féconde en saints et savants ecclésiastiques. Comme ces empereurs avaient beaucoup de pouvoir dans les élections, on peut croire avec quelque fondement qu'une partie des plus excellents évêques d'Allemagne sortirent de leur palais. Pierre Damien (In vita sancti Roman., c. xxvun témoigne que ce fut dans Toffice même de clerc de chapelle près de l'empereur Othon que saint Boniface, proche parent de cet empereur, conçut ce généreux dessein, qui donna un apôtre à la Russie, et un martyr à l'Eglise. « Cum in capella regia moraretur, etc. (Surius, die 20 Nov., c. m). » .
Saint Btrnard , évêque d'Hildesheim, avait aussi été attaché au palais de l'empereurjOthon IH , dont on le fit ensuite précepteur; il joignit a cette qualité celle de ministre d'Etat après la mort de HmpéTatrice.
Enfin le roi Charles le Chauve ayant nommé, pour les évêchés d'Àutun et de Châlons, deux clercs de son palais,'.fit écrire par Tarchevêque de Sens, Ganelon, à Amulus, archevêque de Lyon, qu'il ne devait faire nulle difficulté de sacrer ces évêques nommés par le roi, et choisis entre les ecclésiastiques de son palais, puisque le pape Zacbarie, et le concile de France soUs le légat Boniface, avaient autrefois donné cette autorité à Pépin, à Non esse noviiium, aut temerarium, quod ex palatio honorabilioribus maxime Ecclesiis rex procurât antistites. Nam Pipinus, exposita necessitate hujus regnî Zachariœ Romano papae, in synodo, etc. (Inter Epist. Lupi, ep. lxxxi). b Ceux qui étaient envoyés du palais (Ex palatio) pour remplir les
DU SECOND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE CENT-ONZlÊME.
é\êchés, étaient probablement des clercs; Crodegand; néanmoins, et quelques autres^ étaient de simples laïqm\^.
XIV. Le moine de Saint-Gallïi observé que la cbapelle du roi a tiré son nom de la cbape de saint Martin, que nos rois faisaient toujours porter dans leurs expéditions militaires, comme un sanctuaire de religion et un augure de la victoire.
a Quemdam optimum dictatorem et scriptorem Caroius Magnus in capellam suam assumpsit, quo nomine Francorum reges, propter cappam sancti, quam secum ob sui tuitionem, et hostium oppressionem jugiter ad bella portabant, sancta sua appellare solebant (L. i^ c, 4; Du Chesne, tom. ii, p. 103, 105). b
Dans le testament de Cbarlemagne, le terme de chapelle est appliqué à tous Its vases d'or et d'argent, aux ornements et aux livres de la sainte chapelle, dont il ne voulait point qu'on fit aucun partage : a Capella, id est, ecclesiasticum ministerium^ etc. (An. 877. Du Chesne^ tom. H; p, 464). »
XV. Charles lé Chauve fait mention de ses aumôniers dans ses capitulaires, et leur ordonne de faire après sa mort les charités qu'il leur avait recommandées : a Si nos in Dei, sanctorumque ipsius servitio mors pra^occupa* yerit, eleemQsynarii nostri, secundum quod illis commendatum habemus, de eleemosyna nostra decertent (Capitul. Baluz.^ p. 242^ 262» 270). »
Il paratty par les mêmes capitulaires, que les évoques, les abbés, les comtes et les gentilshommes avaient aussi leurs aumôniers, et que tous ces aumôniers n'étaient autres que les exécuteurs testamentaires. Ainsi, 11$ n'avaient nul rapport avec les chapelains ni avec Tarchicbapelain.
XVL Les offices de FEglise se chantaient avec une piété exemplaire et avec une sainte majesté dans la chapelle royale : nous Tavons déjà fait voir en parlant du chant des psaumes et des offices de TEglise^ et de Tassistance édifiante de nos rois à tous ces exercices de religion. Nous venons de voir le pape Léon, qui fait espérer que toutes les églises du royaume se confornieraient au changement qu'il jugeait à propos de faire dans les offices de la sainte chapelle.
Saint Gérard; comte d'Aurillac, avait une sainte chapelle, pour ainsi parler, déambula* toire, qui l'accompagnait toujours, et où il
assistait avec ses ecclésiastiques à la psalmodie du jour et de la nuit : o Copia vero clencorum semper eum comitabatur, cum quibus in diyino opère jugiter insudabat. Nocturno tempbre cunctos in oratorio diutius praevenirs solebat, quo expleto solus remanere solitus erat (Bibl. Clun., p. 05, 106). »
Les approches de la mort ne purent radenfir les saintes ardeurs de ce comte pour la psalmodie des ofGces; il les faisait chanter dans sa chambre aux mêmes heures qu'on les célébrait daos l'église : « Jussit ut nocturnale coram se capellaui peregissent, episcopo cum suis in ecclesia illud célébrante. Cum psallentibus aiitem et ipse psullebat, donec post matitunale offlcium omnes etiam diei horas compleret. »
C'est ce qu'en raconte saint Odon, abbé de Cluny, dans la vie de ce saint comte. 11 est aussi remarqué, dans la vie de saint Udalric, qu'il menait partout ses chapelains pour célébrer avec eux le divin service.
Ce qui a été dit de la chape de saint Martin, fait assez connaître que nos rois avaient aussi une sainte chapelle déambulatoire, qui les accompagnait toujours dans leurs campagnes, comme une arche de sainteté et de protection, et qu'on y chantait toujours les offices divins. La remarque de Yalafride Strabon justifie que les reliques des saints martyrs étaient aussi portées avec la cbape de saint Martin. Nous avons ailleurs donné assez de preuves que Tod célébrait continuellement la psalmodie divine devant les saintes reliques.
Les paroles de Yalafride Strabon confirment une partie de ce qui a été avancé dans ces deux chapitres, a Quemadmodum sunt in palatiis comités palatii , qui saecularium causas ventilant ; ita sunt et illi, quos summos capdlanos Franci appellaat, clericorum causas pnr lati. Capellani minores ita sunt, sicut hi quos Vassos Dominicos Gallica consuetudine nominamus. Dicti sunt autem prioiitus capdlani, a cappa beati Martini, quam reges Francorum , ob adjutorium victorise in prœliis solebant secuna habere : quam ferentes et costodientes, cum caeteris sanctorum reliquiis clerici capellani cœperunt vocari (De rebos Eccl., c. xxxi). »
XVIL La chapelle des empereurs de Constantinople ne pouvait p$s être moins prin^ légiée que celle des rois et des empereurs d Occident. Il est fait mention en diverses rencontres du prêtre du palais et des priroicierSy
DU aERGÉ DU PAUIS DU PRINCE, etc.
Q irsmic Toli imXaTtou, U «piufjinxiîpiot (GedreDUS, p. 418, 469, 494.) Les clercs du palais destinés à y chanter les
offices y hni ixxXDatft toù itoXatigu 4»«XXevriç xXTJpixoiy "SQ^
naicnt de leurs maisons dès la troisième veille de la nuit pour y faire leur fonction, mais depuis que les conjuras se furent joints à eux, pour entrer en même temps dans le palais, et y faire mourir Tempereur Léon TArménien, on les logea tous dans le palais même.
Le chef de ce clergé impérial était appelé le protopape du palais, 6 ic^xc/KA'Kkç toD imXatîcu : c'està-dire le premier prêtre (Ibid., pag. 622, 642). Car le nom de pape signifie père, et on Ta appliqué ensuite à tous les prêtres et à tous les curés dans l'Orient.
Oo.conservait aussi dans la chapelle impériale les reliques des saints avec le bois de la vraie a*oix du Sauveur; et dans quelques rencontres le protopape fut envoyé à l'armée avec ce sacré dépôt de la vraie croix, pour faire jurer tous les soldats qu'ils mourraient généreuse-
ment pour la défense de la religion et de l'empire, ce qu'ils jurèrent tous à genoux.
Le saint patriarche Polyeucte eut bien de la peine à souffrir que l'empereur Romain lli du nom, retint dans le clergé du palais un moine apostat ; quelques excuses que ce prince lui fit, qu'on l'avait violenté pour le faire entrer dans le cloître, après la mort de Romain, ce moine fut contraint de rentrer dans son monastère.
Le même patriarche Polyeucte fut encore obligé de se relâcher de son zèle, qui lui avait fait interdire sa communion à l'empereur Nicéphore, pour avoir épousé sa commère spirituelle , après que le protopape du palais Stylien eut juré, quoique faussement, qu'il n'y avait jamais eu d'alliance spirituelle entre l'empereur et l'impératrice (Pag. 649).
Eustasius, protopape, ou le premier des prêtres du palais irpu-roc àvràv ir^oCÛTepcftv, fut fait pa-^
triarche après la mort de Sergius [Pag. 717).