DE L'OMGINE DES CARDINAUX
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déjà à Touloir être associés au clergé de Rome, surtout pour Féiection du pape, et que cet ^antage fut réserré aux évêques les plus proches de Rome^ qui étaient par conséquent plus souvent à Rome^ et étaient conviés, selon l'ancienne coutume, à assister à toutes les délibé^ rations du clergé romain.
Ces évêques voisins s'étant accoutumés durant une longue suite d'années à assister aux synodes et aux délibérations du clergé supérieur de Rome, commencèrent insensiblement à ne faire plus qu'un même corps, et à concourir toujours aux décisions importantes, surtout à l'élection du pape^ puisque les suffragants d'une métropole avaient toujours eu part à Féiection du métropolitain.
Xf. Avant que cette incorporation des évêques voisins avec le clergé romain, et cette affectation du titre de cardinal aux prêtres et aux diacres du Siège Apostolique eût été faite , on ne laissait pas de remarquer une grande et fort singulière autorité dans le clergé du Siège Apostolique, et une grainde communication de ce collège illustre avec celui des évêques.
Anastase Bibliothécaire , dans la vie du pape Anastase II, dit que plusieurs prêtres et autres clercs se séparèrent de la communion de ce pape parce qu'il avait communié avec les communicateurs d'Acacius, sans avoir pris l'avis des évêques, des prêtres et du clergé de l'Eglise catholique : « Hulti ^ clerici et presbyferi se a communione ipsius ejecerunt, eo quod cornmunicasset sine consilio episcoporum , vel presbyterorum, vel cleri cunctœ Ecclesiœ Catholica^ diacono, qui communis erat Acacio. d
Le pape Symmaque fut rétabli sur le trône pontifical par les. -évêques, les prêtres et les diacres : « Ab omnibus episcopis et presbyteris et diaconis, et omni clero vel plèbe redintegratur Sedi Apostolicœ Symmachus. d
Les conciles romains de ce pape se trouvent souscrits par un grand nombre d'évêques d'Italie, par soixante-sept prêtres de Rome, qui marquent tous leur titre ou leur église dans leurs souscriptions, et enfin par les diacres qui marquent les régions dans lesquelles on les avait distribués par toute la ville de Ronie.
Dans le. IV* concile romain sous ce pape y les prêtres cardinaux de Rome sont simplement appelés 4 Ecclesiarum per omnes Romanae civitatis titulos presbyteri, homiues secundi in Ecclesia ordinis. » Ce qui fait voir encore que les diacres n'avaient point de titres , qu'ils
étaient régionnaires et non pas titulaires, c'està-dire partagés et attachés aux sept régions de la ville, et non pas à des églises particulières. Les acclamations de ces conciles se font ordinairement par les évêques et les prêtres, a Ab universis episcopis et presbyteris acclamatum est, etc. » Ce qui montre l'alliance des évêques^ avec le collège des prêtres de Rome.
Le pape Hormisde adresse plusieurs lettres et en reçoit où sont nommés premièrement deux évêques, puis deux diacres et ensuite un prêtre (Ep. lxu, etc.). Un ordre si souvent répété ne vient pas du hasard ou de la faute des copistes. Il y a donc lieu de conjecturer que ces diacres étaient du clergé de Rome, et que dans cette légation on leur donnait rang devant un prêtre qui n*en était pas.
On a pu remarquer, dans tous les conciles généraux, les prêtres de FEglise romaine, et quelquefois les diacres aussi associés aux évoques, dans la légation du pape et dans la présidence au concile. Voilà à peu près les origines de cette association, et pour afnsi dire de cette incorporation de quelque évoque avec le clergé de l'Eglise romaine.
XII. Il est vrai que te titre de la dispute de Rustique contre les Acéphales, lui donne la qualité de diacre cardinal de l'Eglise romaine ; mais il y a un juste sujet de douter si ce titre hors d'œuvre n'a point été ajouté par une main plus récente et moins exacte.
Ce savant diacre ne prend pas lui-même le titre de cardinal dans la préface de son ouvrage, où il s'excite et s'anime lui-même à une générosité et .à une grandeur d'âme qui soit proportionnée à la haute dignité et aux étroites obligations d'un diacre de la plus grande Eglise du monde.
a Mémento christianum te esse atque diaconum, et hoc summœ totius universitatis Ecclesiae. Si importabile onus est ordinis, quare ullo modo adgressus es dignitatem? Semel diaconuâ factus , ejus votis obligatus es Deo , alioqui debuisti prius refutare hujusmodi gradum. j»
Voilà l'élévation et en même temps les obligations importantes et indispensables des diacres de l'Eglise romaine de soutenir la cause de J.-C. au péril de leur vie. Facundus, évêque d'Hermiane, en parle en ce sens : a Venerabiles Pelagius et Anatolius Romani diaconi, debitam offlcio suo et loco soUicituàinem pro Ecclesia Dei gerentes, etc. (L; iv, ç. 3). » Comme si la suprême dignité du Siège Âposto-
DU SEœND ORDRE DES CLERCS. — CHAPITRE CENT-SEIZIËME.
lique lejaillûmi jusque sur le clergé supérieur de TEglise romaine.
Saint Grégoire semble Tavoir conçu de la sorte, quand il ne donne d'autre qualité au saint et illustre Pascbase que celle de diacre du Siège Apostolique : a Paschasius hiyus Apostolicae Sedis diaconus (Dialog., 1. iy, c. 40]. »
XIII. En effet, qui peut douter que ce clergé de TEglise romaine, ou ce collège de prêtres et de diacres 9 ne fût participant de la suprême gloire du Siège Apostolique , dans la juste proportion que le clergé de chaque église épiscopale ou métropolitaine participe aux aTantages de son prélat?
On en sera pleinement convaincu, pour peu qu'on fasse réflexion que ce collège des prêtres et des diacres^ depuis rétablissement de TEi^Hse romaine par saint Pierre, gouvernait rEg^lise romaine, et même l'Eglise universelle avec le pape ; qu'il continuait de la gouverner durant les interrègnes qui étaient quelquefois loDgs, qu'il présidait aux élections des souverain pontifes, qu'il les élisait ordinairement de scm propre corps, qu'il composait le synode ordinaire du pape où se traitaient toutes les grandes causes de l'Eglise, soit pour la foi, soit pour h discipline*