DES SÉMINAIRES AUX SIXIÈME ET SEPTIÈME SIÈCLES
mie compagnie de clercs , et une troupe de saints moines , dont Tagréable confusion eût été capable, si elle eût trouvé assez d'imitateurs, de remettre Tordre et la discipline dans toutes les églises du monde.
Jean Diacre assure que ce saint pape écarta tous les laïques de son palais, et n'y admit que des clercs et des religieux : a Caeterum prudentissimus rector Gregorius remotis a suo cubiculo sœcularibus , clericos sibi prudentissimos consiliarios familiaresque delegit , inter quos Petrum, etc. Honachorum vero sanctissimos sibi familiares elegit, inter quos, etc.(L. ii, cil).»
11 nomme quelques-uns de ces illustres clercs, qui composaient la sainte famille de ce saint pape : Pierre, diacre, qu'il fait disputer avec lui dans ses dialogues ; Emilien, notaire, qui recueillit sous lui les quarante homélies sur les Eyangiles ; Patérius , notaire , qui a fait ces excellents recueils de ses ouvrages; Jean, défenseur, qui alla en Espagne rétablir révoque de Halaga injustement déposé , et condamner justement àla même peine les évoques qui avaient été les auteurs de cette injuste déposition; le moine Marinien, qui fut depuis évéque de Syracuse et vicaire du Siège apostolique en Sicile; Augustin et Hellitus, quifurent les apôtres d'Angleterre, Claude, abbé du monastère de Classe, qui composa tant d'ouvrages sur les recueils qu'il avait faits des discours de ce pape, quoiqu'il s'écartât quelquefois de la justesse de ses sentiments, a Qui de Proverbiis, de Canticis canticorum, de Prophetis, de Libris Regum , deque Heptateucho, papa disputante, multa licet, non eodem sensu composuit. i>
X. Voilà le plus florissant séminaire et la plus excellente école de la science ecclésiastique et des vertus religieuses qui fut jamais. Ce saint pape en était et le supérieur, et le théologien, et le directeur ; il sanctifiait son palais par la pureté des vertus claustrales, il n'omettait rien dans l'Eglise des fonctions ecclésiastiques; les plus saints religieux et les plus savants ecclésiastiques lui étaient attachés, comn^e à leur père et à leur maître commun , et vivant en communauté avec lui , ils faisaient revivre à Rome le siècle d'or de l'Eglise naissante à Jérusalem sous les apôtres , et à Alexandrie sous révangéliste Marc.
a Cum quibus Gregorius die noctuque versatus , nihil monasticse perfectionis in palatio, nihil ponliflcalis instilutionisinEcclesiadereli-
quit.Videbantur passim cumerudilissîmisclericisadhaerere ponliflci religiosissimi monachi;et in diversis professionibus habebatur vita communis : ita ut talis esset tune sub Gregorio pênes urbem Romanam ecclesia , qualem banc fuisse sub Apostolis Lucas, et sub Marco evangelista pênes Alexandriam Philo commémorât (Ibid., c. 12). »
XI. Cette réunion de la profession religieuse avec la vie cléricale ne florissait pas moins dans les séminaires d'Afrique, où le grand et incomparable saint Augustin avait autrefois donné commencement à tant de congrégations ecclésiastiques, dont son séminaire d'Hippone avait été comme la pépinière.
La cruelle persécution des Vandales n^avait pu empêcher que les évêques d'Afrique ne flssent d'abord ou des séminaires, ou des monastères, dans le lieu même de leur exil, et au milieu des plus affreuses solitudes. C'est ce que Ferrand Diacre raconte de l'évêque Fauste dans la vie de saint Fulgence : a In eodem proinde loco, ubi relegatus tenebatur, monasterium sibi construxerat, in quo spiritudliter vivens apud omnes Christianos honorabilis habebatur (Vita Fulgent. c. iv). »
Saint Fulgence fut son disciple, et ensuite son imitateur, surtout après avoir été forliflé de l'exemple, tant du saint évêque de Syracuse Eulalius, a Qui virtute discretionis super onmia decoratus, monachorum professionem singalariter diligebat, habens etiam ipse monasterium proprium, cui semper adhaerebat, quoties ab ecclesiasticis actibus vacabat, » que de l'évêque Rufinien d'Afrique, qu'il trouva aussi exilé en Sicile, et vivant comme un religieux dans la solitude, <K Vitam monachi laudabiliter gerens (Cap. XII, xin). x>
Aussi saint Fulgence, après sa promotion à l'épiscopat, conserva toutes les saintes pratiques du cloître, et se bâtit aussitôt un monastère : a Nec ita factus est episcopus, ut esse desisteret monachus: sed accepta pontificis dignitate, protessionis prœteritaB servavit integritatem; servata vero professionis integritas plus ornavit pontificis dignitatem. In nuUo loco visus est sine monachis habitare. Propterquodacivibus Ruspensibus hoc primum beneficium ordinatus episcopus postulavit , ut fabricando monasterio locum congruum darent (Cap. xviu, xix, xx]. 0
La vertu de saint Fulgence était trop éclatante pour n'être pas persécutée. Son double
DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE SIXIÈME
séminaire de clercs et de moines l'accompagna dans son exil : a Comitantibus ergo monachis simul et clericis, magister egregius utriusque professlonis extitit, etc. d Dans le Heu propre de son exil il se iit un séminaire d'évêques, de clercs et de moines, les attirant tous à la yie commune, à la lecture et à l'oraison en commun.
c Inter ipsa sane primordia gloriosi exilii , monasteriumcongregare, paucos secum ducens monachos minime potuit ; sine fraterna tamen congregatione Tivere nesciens, coepiscopos suos illustrem et januarium babitare secum persuasit volent^. Quibus unico serviens charitatis affectu^ similitudinem magni cujusdam monasterii, monachis et clericis adunatissapienter efiecit. Erat quippe eis communis mensa, commune cellarium, communis oratio, simul et lectio. »
Voilà un exemple d'un séminaire commjaii aux évéques, aux clercs et aux moines même de plusieurs évêchés. Il suffit de dire que les clercs supérieurs mêmes étaient ordinairement mariés dans TEglise orientale, pour faire comprendre que les séminaires de clercs en étaient bannis. Hais si les éTéques grecs imitaient saint Fulgence, et s'ils faisaient comme lui une partie de leur séjour dans leurs monastères, ils en étaient d'autant plus dignes d'admiration.
Ce saint prélat, après son retour dans son évêché, continua de demeurer parmi ses moines, mais en sorte que sa présence ne diminuait en rien l'autorité et les fonctions de l'abbé, d Postquam cathedram sedit, adliuc inter monachos babitare desideravit. » (1).
(1) C« qui est dit M da célibat dans l'Oocldent, ■! ftiTor&ble à favginentâtioii do Moeidoce, doos engage à compléter une mte précédente, relatlTe à la grave question du célibat portée dorant les tribaoaox dvila. Noot terkniniont en disant qu'il se manifestait une tendanoa qui était de nature à inquiéter les catholiques, et noufc en donnions pour preuve que le tribunal de Péri^ueux avait porté un arrêt de partage^ c'est-à-dire qu'il ùUlait reveoir sur la question en i'a4i<>^80*i^t un membre de la magistrature. Les craintes que nous exprimions se sont réalisées; le tribunal a rendu un arrêt qui auto* rise le prêtre Brou de Laurière à contracter mariage. Cet arrêt a porté ses fruits. Le 32 juillet 1864, le tribunal civil d'Angouléme était féuni pour décider si l'abbé Chatagnon, prêtre interdit, pouvait oon«
traindre l'offlcler de l'état-civtl k célébrer son mariage. «Floaiems tri-
• banaux de première inatance, disait l'avocat, ont décidé en laveor « de la liberté do mariage des prêtres dégagés des devoiia et des < obligatioDB jde leur mioittère. Ils leur ont reconnu ies droits de « tous les citoyens, et récemment encore un tribunal voisin, appéits»
• naot également au ressort de la cour mipériale de Bordeaux, a
• proclamé le même principe. « Tandis que nous rédigeoni cette note supplémentaire, nous apprenons que le tribunal d'AigoalèiBe a heureusement rendu on arrêt qui rejette la demande du prêtre susdit. Mais hélas! il n^en est pas moins vrai que d'autres tribonaax oui légalement ouvwt U Toi« qui peut meatr... Diea sait oh.
(DrAHMÉ.)