‹ Ancienne & nouvelle discipline de l'EgliseChapitre 233 sur 297 · CHAPITRE CINQUIÊMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÊMB

DB» siHUIAIBSS AVX ÙJSÈM SI OBmiHB SIÈCLBA.

I. ba séminirt ^iscopftl des'jeane^ clercs, 'en Espagne. • 11. CoDformité de la CQBdmte dto ces sémioiires av^la Tia religieuse des moines. ,

m. Description admirable de ce même séminaire et d'un 6lre, où l'évè^ds ^vai^ en communauté avec tous ses prêtres et ses diacres.

IV. En France, ces deux séminaires étaient réunis en tm dans b inaison épiscopale»

V. Vi. Exemples tirés de Grégoire de Tonit, dee séounaifes oik les cbanoines vivaient en communauté.

Vil. \ltl. En Angleterre, la vie de communauté fut établie par Augustin et par un grand nombre d*évèques qm furent see itmlateurs.

IX. Peinture merveilleuse ^u séminaire de saint Grégoire le Grand dans son palais pontifical^ composé de clercs et de mo^ nés très-savants et très-vertueux.

X. Ce grand pape était lui-même le sepériear, le/direeCenr et le théologien de c^et incomparable séminaire.

XI. Les évèques d'Afrique avaient leurs séminaires, même dane leur eidl. Celui de saint Fulgeoce était composé d^évêqués, de clercs et de moines. Le mariage a banni les séminaires da .dergé oriental.

I. Les séniinaires et Ie9-€ODgrégation8 ecclé- Biastiques étaient/ comme nous venons de vpir/

la retraite et Técole dès dèrcs qu*on ordonnait dès leur première enfance.

Le concile II de Tolède (Can. i), commande expressémeiit que ces jeunes enfants qui auront été tonsurés et ordonnés lecteurs, soient élmés dans un séminaire, en la présence de Tévéque,, sous la conduite -d'un sage directeur, et que si^ à rftge de dix-huit ans, ils prennent une sainte résolution dé consacrer toute leur vie à ta continence, on les éprouva ebeore deux ans avant que de les faire sous-diacres.

« De his quos voluntas parentun a j^rimis infànttée annis in clericatu» ofQcio, vd monachaii'pôsuît, paritei^'staiuimus observandum, ùt mox cum detonsi^ vel* ministerio lectorum contfaditi fùerint, in domoecclesisssul^episcopâli pnesentia a prœposito sibi debeanter«diri. At ubi octavum decimum 'astatis suœ anmini compleverint , si gratia eis castitatis Deo inspî-

Th. — ToMB 11.

DES CONGRÉGATIONS. — CHAPITRE CINQUIÈME

rante placuerit, hi tanquam appetitores arctis* simnB \itae levissimo Domini jugo subdantur; ac primo subdiacooatus mmisterium, probatione habita professioais sus a vigesimo anii» suscipiant. »

II. Ce canon fait remarquer les merveilleu:;^ rapports qu'il y avait alors entre la profession sainte do ces jeunes clercs et celle des moines.

Il dit que les parents consacraient leurs enfants à Dieu, en les dévouant dès leurs premières années à la cléricature ou au cloître. Que les jeunes clercs étaient nourris dans un séminaire comme dans un cloitro. Que s'ils embrassaient la continence à Tâge de dix-huit ans, on éprouvait encore durant deux ans la fermeté de cette résolution sainte. EnQn, qu'après cela ils devaient se considérer comme des personnes engagées à mener une vie austère, à marcher par le chemin étroit des vertus évangéliques , et à porter le joug du Seigneur, que la seule charité rend doux et léger. «Tanquam appetitores arctissimao vilœ levissimo Domini jugo subduntur. i»

IIL Le concile IV de Tolède (Can. xxi, xxn, xxm), fait voir comment un double séminaire, run dans la maison épiscopaleméme,oùrévêquoj accompagné de ses prêtres et de ses dia* cres, répand sur eux et avec eux, sur tout son diocèse , une odeur de vertu et de piété qui ferme la bouche à la plus noire médisance. L'autre dans une autre maison près de l'église^ où tous les jeunes clercs vivent sous là direction d'un saint vieillard qui ne les perd jamais de vue^ et qui ne veille pas seulement sur leur personne et sur leur vie , mais aussi sur les affaires temporelles, s'il en est besoin. Enfin ^ s'il y a des prêtres ou des diacres à qui leur inûrmité ou leur grand âge ne permette pas de vivre en communauté avec Tévcque^ ce concile leur permet de vivre en particulier, pourvu qu'ils soient, accompagnés et éclairés de quelque autre ecclésiastique qui puisse être, ou le témoin de. leurs vertus, ou le censeur dç leurs vices.

« Ut excludatur deinceps omnis nefandœ suspicionis occasio^ et ne detur ultra sœcularibus locus obtrectandl, oportet episcopos testimonium probabilium perscoiarum conversaaioais et vit» in conclavi suo habere^ ut et Deo placeant per conversationem bonam , et eccleai» per optimam famam. Similiter placuit^ ut ^uemadmodum antistites, ita jpresbyteri atque 'evitaB quos forte inflrmitas aut œtatis gravitas

in conclavi episcopi manere non sinit , at et iidem iacellulis suis testes vitse habeant, tîtamque suam sicut nomine , ita et merîtîs teneant. »

Entre les prêtres et les diacres , il n'y avait donc que ceux que leur vieillesse ou leur infirmité excusait qui pussent se dispenser de demeurer et de vivre en communauté avec leur évêque, a quos forte infirmitas, aut aetatîs gravitas, in conclavi episcopi ihanere non sinit. > Encore étaientrils eux-mêmes obligés de se faire un petit séminaire dans leur propre maison, et d'y vivre en commun avec un ou plusleucs ecclésiastiques;

Quant au séminaire des moindres clercs voici ce que le même concile en ordonne. « Prona est omnis setas ab adolescentia in malom. Ob hoc constituéndum oportuit, ut si qui in clero pubères, aut adolescentes existunt, omnes m uno conclavi atrii comnu)rentur , ut lubrics œtatis annos non in luxuria, sed in discrpiinis ecclesiasticis agant, deputati probatissiœo seniori, quem et magistrum disciplinsB, ettestem vitœ habeant. Quod si qui ex his pupilli existunt, sacerdotal! tutela faveantur, ut et vita eorum a crimmibus intacta sit, et res ab injuria improborum. d

§i entre ces jeunes clercs il y en avait d'indociles, on ne les renvoyait pas, pour ne pas les exposer au torrent de l'iniquité du siècle, ou même à devenir des apostats de la profession cléricale, mais on les domptait en 168 enfermant dans des monastères, c Qui aufem bis prœceptis resultaverint, monasteriis deputentur, ut vagî^ntes animi et superbi severiori régula distringantur. »

IV. L'Eglise de France n*élait pas moins zélée pour la régularité de 'ses séminaires, mais je ne sais s'il y en avait de deux sortes^ comme nous venons de voir qu'il y en avait en Espagne.

Le concile II de Tours (Can %if}, rassemble les prêtres, les diacres et les plus jeunes clercs dans la maison de Tévêque,. comme une troupe d'aiïges qui doivent le garder, et qui ne doivent pas souffrir qu'il y demeure ^aucune femme, afin que celte conipagnie toute céleste d'ecclésiastiques, ne rencontre rien qui puisse le moins du monde souiller sa pureté.

a Licet episcopus Deo propitio clericorum suorum testimonio ç^^uS;Wrat, quia cum iUo tam in cella, quam ubicumque fuerit, sui habitent ; eumque presbyteri , et diaconi vel

SSMINAIAES AUX DIXIÈME £T SEPTlËMyS SIËCLE"?.

deince]^ déHeorum turbft Juiilôfmii Deo otiore tonserveirt : sic tamen propter aelotem Deum nestrum iam Jonge àbsint episcopus et conjiix, mansionis propinquifate divisi, ut nec hî qui ad spem recuperandam clericorum ser- ▼îtute nutfiuntoT^ famularam propinqua contagioDe polluantur. »

le doute si ces paroles, a Hi qui ad spem recuperandam clericorum servitute nutriuninr, » se doÎTent entaDdre des clercs mêmes qui sont dans un séminaire, comme une seconde ])épinière de ces divines plantes qui doivent wn jour peupler et enrichir tout le champ de l'Eglise î ou des esclayes qui les servaient, et qui en même temps étaient si saintement instruits, qu'on eu faisait sMYent de très-bons ecclésiastiques.

Quoi qu'il en soit, ce concile (Can. xiii) yeut que révêque ne soit servi et gardé que par ses êcclésiastk]ue8, auxquels il donne le pouvoir de bannir toutes sof*le^ de femmes de la maison épiscopale, qui esiaussi la leur. « Habeant mitiistri EcdesisB, utiqne clerici, qui episcopo seivittnt, et eum custodire debent, licenti«.m extraneaB mulieres de trequentia cohabitation is ejicere. »

Y. Néanmoins ce canoa ne dit pas amsi formellement que celui de Tolède que tous les ecclésiastiques sont obligés de se joindre au séminaire de révêque. Je ne sais même si Ton peut rapporter à cela ce qu'a écrit Grégoire de Tours, de Tun de ses prédécesseurs, nommé Baudin, entre lequel et lui il n'y a eu que Conthaire et Euphroaius qui aient occupé ce siège. < Hic instituit mensam canonicorum. »

n 7 a beaucoup d'apparence que calut la vie commune que ce bon évêque institua entre ses ecclésiastiques, car il les faut tous con^prendre sous ee nom de chanoines (Hist. 1. x). Nous serons peut-être persuadés de ces deux proportions, que tous les ecclésiastiques d'un évêque étrient appelés chanoines, et qu'àTqurs, aussi bien qu'ailleurs, ils vivaient en communauté, si nous faisons réflexion sur ce que le même Grégoire de Tours dit dans un autre endroit du saint abbé Patrocle, qu'ayant reçu la tonsure de Tévêque de Bourges Arcadius, et quelque temps après le diaconat^ il s'adonna à une si ^étroite abstinence, qu'il ne se trouvait jamais au réfectoire avec les autres clercs; ce dont l'arcbidiacralui fit une sévère réprimande, lui remontrant que la singularité était toujours vicieuse dans les communautés (Vitœ Patrum)

n est vrai que ce saint ne se rendit pas à ces remontrances, mais c^est parce qu'il aspirait et s'exerçait déjà pour la vie des solitaires.

€ Ita vacabat jejuniis, ut nec ad convivium mensae canonic» cum reliquis accederet cleri- «is. Quod audiens archidiaconus , frendens contra eum, ait : aut cum reliquis fratribus cibum sume, aut certe discede a nobis. Non enim rectum videtur, ut dissimules cum his habere vidum, cum quibus ecclesiasticum implere putaris officium. b

VI. Il y avait donc et en Espagne et en Fsaoce des séminaires et des communautés, où tout le clergé d'une ville vivait avec Tévêque dans une même maison, mangeait dans le même réfectoire, et apparemment, parce que c'est une suite comme nécessaire, possédait tout en commun, sans qu'aucun de ces bénéficiers reçût aucun revenu ecclésiastique, ou aucune distribution en pariiculier*

En effet, cette table des chanoines, « Mensa canooioa, mensa canonicorui^, p dont Grégoire de Tours vient de parler, n'était eoâretenue que des revenus de TEglise, et tous les ecclésiastiques étant obligés d'y prendre leur réfection, com.me l'archidiacre de Bourges vient de nous assurer, pourquoi leur eût-on encore donné une portion des revenus de TE^glise, dont tout le superflu, après l'entretien des ..clercs et des égjisep, est dû aux pauvres ?

VU. Si ce raisonnement ne parait pas con* vaincant,. on sera peut-être persuadé par Texeniple de l'Eglise anglicane, lorsqu' Augustin, eniioyé parle grand suint Grégoire, lui vint donner une seconde naissance.

Ce grand pape prescrivant à Augustin les divines règles sur lesquelles il devait former cette nouvelle Eglise, lui ordonna de ne pas faire quatre parts des revenus et des offrandes de l'Eglise, comme on faisait ailleurs, mais d'y vivre en communauté avec tous les ecclésiastiques que leur ordre ou leur piété avait engagés à la continence, selon sa première pratique dans le monastère où il avait été élevé, et selon la pratique sainte de l'Eglise naissante. Quant aux autres clercs d'entre les mineurs qui ne voudront pas se lier à une perpétuelle continence, il leur donnera leurs distributions, les laissera marier, et ne laissera pas après cela de veiller sur eux pojur les faire vivre saintement, dans l'observatioa des règles ecclésiastiques, dans le chant des psaun^es, et dans la fuite de tous les dérèglements du siècle.

DES CONGIIËGATIOIIS. — GUAPIXaE ONQUiËME.

« Ho8 Sedis Apostolicœ est, ordinatis episcopis prascepta tradere, utin omnistipendioquod accedit, quatuor debeant fieri portiones^ etc. Sed quia fraternitas tua monasteriireguliserudita^ seorsum fleri non débet a clericis suis in Ecclesia Anglorum banc débet conVersationem instituerez quae initio nascentis EcclesidB fuit Patribus nostris, in quibus nuUus eorum, ex his qui possidebant, aliquidsuum esse dicebat, sed erant eis omnia communia. Si qui irero sunt clerici extra sacros ordines constitutif qui se eontinere non possunt, sortiri uxores debent, et stipendia sua exterius accipere. Quia et de iisdem Patribus novimus scriptum, quod dividebatur singulis^ prout cuique erat opus : de eorum quoque stipendio cogitandum atque proYidendum est, et sub ecclesiastica régula sunt tenendi, ut bonis moribus vivant, et ca* nendis psalmis invigilent, et ab omnibus illicitis et cor, et linguam, et corpus Deo au tore conservent. Communi aiitem vita viventibus jam de faciendis portionibus, vel exbibenda bospitalitate, et adimplenda misericordia^ nobis quideritloquendum, cumomnequod superest, in causis piis ac religiosis erogàndum est. Domino docente, quod superest^ date eleemosynam (Beda, 1. 1, c. 27). »

VIII. Après cela on ne pourra plus douter qne rétablissement de la vie commune entre les ecclésiastiques n'exclue le partage des biens de TEglise, et ne les conserve tous dans la communauté. On ne doutera pas non plus que TEglise anglicane ne suivit ce modèle de la perfection évangélique des clercs dans son rétablissement par l'admirable et religieux Augustin^ qui répandit sur son clergé les plus purs rayons des vertus monastiques.

Qui peut douter que le célèbre Théodore ne soutînt une discipline si sainte, lui qui avait sucé le lait de la piété et de la vie régulière dans les monastères d'Orient , et que le pape Vitalien chargea de l'archevêché de Cantorbéry, d'où il gouverna si saintement toute l'Eglise d'Angleterre ? Ce fut lui qui porta sur le trône épiscopal lie célèbre Céadda, dont le même Bède témoigne qu'il avait toujours avec lui un séminaire de saints ecclésiastiques : « Fecerat sibi mansionem , non longe ab Ecclesia , in qua secretius' cum paucis , id est , septem sive octo fratribus, quoties a labore et ministerio verbi vacabat^ orare ac légère solebat (L. 4, c. vui, m). »

Céadda avait aussi été tiré d'un monastère ,

aussi bien que l'admirable Aidan, qui ani( établi la demeure de l'évèque et de tout son clergé dans le plus fameux des monastères d'Angleterre , avec l'abbé et les moines , sur lesquels aussi l'évêque avait une douce et aimible surintendance. « Si quidem a temporibos antiquis in insulaLindis farnensium episcopos cum clero et abbas solebat manere cum nionachis, qui tamen et ipsi ad curam episcopi familiariter pertinerent. Quia nimirum Aidaa, qui primus ejus loci episcopus fuit , cum monacbis illuc et ipse monachus adveniens, monachicam in eo conversationem iastitoit, qu»modo et prius beatus pater Augustinus in Cantia fecisse noscitur^ scribente ei reverendissimo papa Gregori»^ quod et supra posuimus

(L. IV, c. LXXXVll). »

Bède dit ailleurs : a Una eademque babitatio utrosque simultenet, etc. Omnes loci ipsius antistites usque bodie sic episcopale exerceûi ofûcium^ ut régente monasterium abbate, omnes presbyleri, diaconi, cantores^ lectoreS; caelerique gradus ecclesiasticî , monachicam per omnia cum ipso episcopo regulam servent (Beda^ in vita sancti Cutberti^ c. xxi).»

IX. Quant à l'Italie , dont le pape ordoimait plus communément les évêques , il est tort probable que les séminaires et les congrégations ecclésiastiques y étaient plus rares, puisque saint Grégoire vient de nous assurer q^ les papes, entre les règlements qu'ils prescrivaient aux évêques en les ordonnant, leurapprenaient à partager en quatre portions i» revenus de leurs églises, et que ce partage pwsuppose que les clercs ne vivaient pas en communauté ni entre eux, ni avec leurs évêqoes.

Il est vrai que le saint évêque de VerceU Eusèbe avait fait une sainte alliance entre la vie monastique et la profession cléricale :Djais ce qui a ^té ci-devant rapporté du pape Csï^ tin, fait bien voir que les papes n'a>^^°:^ extrêmement favorisé ce mélange de ces professions saintes , mais difl'érentes.

Saint Grégoire, qui signala les coronj^aments de sa conversion-par la fondation monastères en Sicile , et d'un septième a iw ^ où il se consacra lui-même à Dieu » "^ ^ ^ tenta pas, lorsqu'il fut monté s«rl^7°l*^ tolique , de faire cette sainte union dej^^ cléricale avec la régulière dans 1 Ang ^^ n la fit, et la fit éclater sur le plus gra^ ^

tre du monde , en vivant ^^'^^l^à^^ palais à Rome, comme dans un oionaswnî

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